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Ancien Peau-Rouge
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Sam 29 Aoû 2015 - 16:09

- Peaux-Rouges
La hache de guerre





Avancer dans le Bois Joli ne pose pourtant pas de difficultés à un indien, qu’importe que ses pieds soient nus ou chaussés. Pourtant la démarche de Kokoï Avide est lourde, pénible. Si son corps se tient toujours droit, son regard est trouble, sa bouche pincée autant de la nouvelle qu’il doit apporter à Puma Sanguinaire, qu’au simple fait de devoir rejoindre le conseil de paix.

A aucun moment il n’a eu l’idée de rejoindre le cercle, conscient des propos que les Piccaninny y tiendront au sujet des pirates. L’idée de les combattre ne lui fait pourtant pas peur, qu’importe ces armes de poudre et de feu contre lesquels leurs armes ne peuvent rien. Ils ne manquent pas de courage, ils ne manquent pas de détermination pour faire cesser la cruauté de certains qui agissent envers chaque tribu, comme des conquérants arrachant la vie ou la paix de ceux qu’ils affrontent, souvent innocents. Certains devront tomber face à la guerre, d’autres y survivront, et le tout ne formera qu’un grand cercle, car tel est son ka, telle est la volonté du Grand Esprit. Ainsi sont formés la Lune et le Soleil. Ainsi sont formés les tipis. Tout revient toujours au point de retour. La victoire sera éphémère. Elle n’en demeure pas moins nécessaire.

Mais il pense à Carne. Carne là bas, dans les entrailles du navire. Carne qui n’a rien demandé à personne et se retrouvera au front, une fois la chasse lancée contre le Jolly Roger. C’est pour lui peut-être qu’il se doit d’intervenir. Pour lui, pour Redskin au dos tatoué du Christ. A ceux qui ne sont pas aussi fous et meurtriers que leurs pairs.

Parlera-t-il pourtant contre son chef ? Non. Encore une fois, ça ne sera qu’une pierre d’amertume dans le lit de sa rivière. Cela ne l’empêchera pas de venir à ses côtés. De monter au combat, arme en mains, regard meurtrier. Malgré son calme, c’est un guerrier qui vit en lui.

Les Kokoï tuent, qu’importe leur chant.

Les voix se font entendre. Il happe quelques échos « - les attaques ponctuelles des pirates sont moins mortelles que le serait une guerre ouverte. ». Au vu des mots, peut-être un Delaware.

Kokoï soupire intérieurement. Autant compter sur eux une fois la guerre terminée pour danser et chanter et raconter cette histoire. Pas pour la mener à bien. Les Delaware n’ont pas le goût du sang et du combat impulsif. Ils ne se livrent à la guerre qu’une fois poussés à bout, telle est son idée.

Il apparaît entre les troncs, le guérisseur. Se mêle au cercle, saluant du regard les indiens déjà présents. Il compte le fils de Paon Chamarré, au regard anxieux. Le guérisseur Huron, Bulot Sympathique croit-il se rappeler, qu’il a déjà croisé – de loin – dans la jungle ou dans la forêt. Père et mère sont là, bien évidemment, occupés à festoyer sur les corps d’un lapin. Son chaman aussi.

Il ne prend pas note des autres et rapidement Kokoï s’approche de Puma Sanguinaire. Baissant les yeux en signe de respect, ses tresses basculant sur son visage, sa voix est pourtant claire, quand il annonce.

« Panda Courageux vient de nous quitter. Elle aura réussi à emporter l’un des pirates dans son dernier combat. » La chasseuse a bataillé contre l’importance de ses blessures, des coups de couteaux assénés à son ventre. Nue, déchirée, en sang, elle avait quand même réussit à se traîner jusqu’aux abords du clan.

Il lui avait fallu une journée pour baisser les armes face à la mort. Elle s’était éteinte comme une Picca, dans un dernier hurlement de douleur qui avait semblé un cri de victoire.

« Panda Courageux a su rendre les coups quand ils l’ont saisi aux abords de la forêt. D’autres n’ont parfois pas le temps d’avoir cette volonté. Ni la capacité. Si les Piccaninny ne craignent pas la Mort, nous ne laisserons pas à ces pirates le soin de décider du moment où nous devrons partir. C’est le respect qu’il faut imposer. La protection de tous. Car eux ne cesseront jamais. »


Puis il revint à Puma Sanguinaire.

« Pardonnez-moi d’avoir dérangé le conseil. Il me semblait important de vous en tenir informé. »



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Ancien Peau-Rouge
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Mer 2 Sep 2015 - 20:43

Bien évidemment, on s'opposa aussitôt à son avis. Bien évidemment, il s'agissait de l'un de ses 'frères', Mamba Corrosif, qui attaqua le dresseur. Cynisme ou sarcasme, pour Ours, c'était la même chose. Plutôt que de répondre, l'Ego noircit son regard et durcit l'expression de son visage. Non, il n'aimait pas qu'on le contredise, et encore plus qu'on le fasse passer pour un idiot, ce qui arrivait régulièrement dans son clan. Ne pas se nourrir de sang et de violence faisait automatiquement d'un Piccaninny un être incapable, voir inférieur.

Le grand Puma Sanguinaire prit la parole. Et comme à chaque fois, tout le monde se tut, porté par sa voix grave et autoritaire. D'entre ses lèvres, les mots sonnaient plus justes, plus vrais. Il savait garder une certaine diplomatie, chose que Mamba ne faisait apparemment rarement usage. Pour un peu, Ours aurait pu acquiescer ses paroles.
Quand son chef s'approcha de lui, le dresseur ne fit rien d'autre que de baisser les yeux en signe de respect, laissant quelques mèches de cheveux lui chatouiller le visage. Il n'avait pas honte de s'être ainsi exprimé. Cela faisait parti de son caractère et de sa nature à toujours contredire les autres.

De nombreuses têtes se tournèrent vers ce Huron. Ours sourit très légèrement en l'entendant parler. Il n'avait compris que l'essentiel. Apparemment, l'Ego avait le même avis que le jeune Huron s'exprimant étrangement. Il n'approuva cependant pas ses dires, mais eut un imperceptible mouvement de tête en le fixant histoire de lui montrer qu'il n'était pas seul à penser cela.

Mais alors la parole fut donnée à cet homme qu'Ours connaissait … Héron Placide, n'est-ce pas ? Le regard du Piccaninny vint fouiller à sa ceinture, histoire de voir s'il n'avait pas sa flûte avec lui, juste par curiosité. Il n'était vraiment pas l'heure de faire ces gamineries. Et puis, ses mots avaient tellement d'impact qu'il n'aurait pas osé agir. Cette fois, il hocha vigoureusement la tête et leva son poing vers le ciel.

- Ouais ! Cria-t-il, suivit par d'autres Peaux-Rouge ne prônant pas la guerre.

Non sans surprise, les avis étaient partagé. Hyène ne se départissait pas de son désir de violence, ce qui fit rouler Ours des yeux. Et il retint un grand soupir quand elle s'installa à ses côtés.

- Et de ton côté, renchérit-il face à sa petite provocation, n'oublie pas de dire adieu à tes proches. J'irai chercher dans ta tente quelques babioles qui me plaisent bien. Tu n'en auras plus besoin, de toute manière.

Ses yeux suivirent inconsciemment le travail qu'elle exécutait sur la viande. Il attrapa les restes d'un lapin qu'il se mit à tripoter en réfléchissant, en écoutant les nouvelles paroles de Boa Nocturne, puis celles, justes et sages, d'un jeune Delaware.

On annonça la mort d'une Piccaninny. L'homme, Kokoï Avide si la mémoire du dresseur était bonne, semblait emprunt de tristesse refoulée, voir de colère.
Par respect – car Ours en possédait un minimum-, il laissa planer un court silence avant d'élever sa voix :

- Pourquoi nous prenons-nous la tête ? Ceux qui désirent se battre n'ont qu'à y aller, - que notre Dieu veille sur leur âme-. Les hommes ne partageant pas cette idée n'ont pas à être obligé : leur force, leur motivation, leur persévérance n'en sera qu'altérée. Si guerre il doit y avoir, guerre il y aura. Et je m'engage à en faire parti.

Il jeta un coup d'oeil du côté de Puma Sanguinaire pour voir s'il l'écoutait.

- Mais ne laissez pas certains des nôtres mourir alors que leur place ne se trouvait pas sur le champ de bataille.
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Ancienne Peau-Rouge
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Mer 2 Sep 2015 - 21:58

La pique d'Ours amusa Hyène. Il lui en fallait bien plus pour la vexer. Elle en rit, la chasseuse, de son rire animal.

« On pourrait même s' lancer des paris. C'lui qu'y blessera l'plus d'pirates pourra d'mander un truc à l'autre. Un service, un objet, c'que tu veux. »

Pendant que chacun tâchait de faire entendre sa voix, de refréner le mouvement opéré par les  membres les plus violents de la réunion, Hyène menait sa cuisine sans sourciller, ayant fini de dépecer son lapin. Au contraire elle souriait de toutes ses dents, amusée par la tournure des choses. La chasseuse faisait tourner les broches au-dessus du feu, laissant la chair grésiller, la graisse crépiter gaiement.

Elle avait parlé de faire justice, et les plus pacifiques voyaient en cette guerre un souhait de génocide. Hyène n'avait jamais souhaité aller aussi loin. Décimer toute une population avec Hook en prime ? Elle n'avait pas des rêves de grandeurs aussi poussés. Bien les pacifiques, ça, d'exagérer les choses.

« Pis j' vous rappelle qu' l'Ennemi c'est pas qu' les pirates. » Hyène devisait tout haut, se moquant bien d'être écoutée ou non, surveillant scrupuleusement la cuisson du lapin. « Y a aussi les Enfants Perdus qui viennent, parfois, quand Peter Pan veut d'la guerre et d'la bagarre. Mais j'avoue, avec eux, c'est marrant. Puis y a les sirènes, des créatures, et qui sait ce qu' l'île fera naître demain... »

Avisant que les lapins étaient fin cuits, Hyène préleva un bout de viande. Les doigts brûlants, empoissés de graisse fondue, elle avala tout rond le morceau, quitte à se brûler la gorge. La Picca se remit debout, suçotant ses doigts, un à un, avant de reprendre la parole.

« Devriez sourire davantage tous. On veillera à ce qu'y ait pas d' retombées sur les z'autres, vous faites pas du mouron... Ça file des rides. »

Néanmoins le sourire de Hyène s'étiola rapidement. Kokoï Avide débarqua, la mine grave. Avant même que le guérisseur ne prenne la parole, la chasseuse perçut que la nouvelle qui apportait n'avait rien de réjouissant. Le souffle de Hyène se suspendit, se bloqua dans sa gorge lorsque Kokoï prit la parole.

Une guerrière était morte. Dignement. Mais morte tout de même. Hyène baissa la tête, eut une pensée pour Panda Glorieux. Elle se devait d'aller échanger quelques paroles de circonstance avec la famille. Et de fourbir ses armes pour venger cette Picca tombée aux mains d'un ennemi.

« Voilà pour quoi je m' battrais. » La voix de Hyène avait commencé basse, et monta, suivant le mouvement de sa nuque qui se redressait. « Pour tous les nôtres tombés, au détour d'un chemin, qui ont rien demandé. Pour toutes celles à jamais marquées. » Le regard glissa sur Harfang sans s’appesantir. « Pour tous ceux-là, j'irais. Un blessé pour un blessé, un mort pour un mort. Pour équilibrer la balance. »

Hyène avait parlé. Avant de quitter les lieux, la jeune femme salua profondément Puma Sanguinaire. S'excusa de son départ, voulant être auprès des proches de Panda Glorieux, partager leur peine. Son regard capta celui de Mamba Corrosif, lui indiquant qu'elle le laissait agir comme elle l'entendait. Passant auprès de Kokoï Avide, Hyène posa sa main sur l'épaule du guérisseur, glissa quelques mots à son oreille.

« Panda Glorieux sera pas morte en vain. »

Ce n'était pas une promesse, mais une certitude.

HRP:
 
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Ancienne Peau-Rouge
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Lun 7 Sep 2015 - 12:32


Face aux paroles du chaman aux cheveux de lune, les mots coincés dans la gorge d'Harfang Cendrée se meurent.  
Elle ouvrit la bouche, puis la referma sans qu'aucun son ne franchisse la barrière de ses lèvres. D'un mouvement un peu brusque, la guerrière hocha la tête en plongeant une dernière fois ses yeux dans les orbes sombres de Boa Nocturne.

Signe d'assentiment, et non de résignation.

Étrangement, un autre aurait prononcé les mêmes mots que la Féroce n'aurait pas réagit de la même manière. Mais face à lui, quelque chose en elle lui soufflait que l'homme était sincère.
C'était un chaman, un être relié au plus profond de son âme aux esprits de ce monde. La relation particulière d'Harfang avec Corneille Ardente biaisait la donne, comme si la jeune femme se sentait plus en confiance avec les chamans, qu'avec le reste des tribus.
Instinctivement, la guerrière blanche savait qu'elle pouvait lui faire confiance, en quelque sorte.

Il avait cette sérénité qu'elle n'avait pas.
Ce calme et cette vision globale que la guerrière perdait parfois.
Trop souvent même.

Harfang en profita pour reculer un peu, laissant par son mutisme et son écoute, la parole aux autres.
Quelque part, elle se sentait mieux dans le silence.
Beaucoup intervinrent.
Des Picannniny, virulents et déterminés, face aux questions et à la paix voulue par les Hurons et les plus pacifistes des tribus. La voix rauque du chaman qui intriguait tant la guerrière s'éleva encore une fois. Puis ce fut celle de Merle Oisif, qui malgré son jeune âge, mit des mots sur des choses que les peaux-rouges ne pouvaient nier.
Ils ne s'entendaient pas toujours très bien mais Harfang le respectait un peu.

Se battre encore et toujours.  
Elle ne pouvait se voiler la face sur ses désirs. Sur ce désir de voir la peur et la méfiance dans les yeux de l'équipage de Hook.

Mais c'était un risque à prendre, et le jeune homme confondait génocide et revanche.

Harfang garda le silence lors de l'annonce d'une autre guerrière tombée au combat.
Son regard se voila une seconde, mais elle n'était qu'un élément totalement extérieur. Ce qu'elle pouvait comprendre, trop bien même, était la note de vengeance qui en découlerait.

Le grand peau-rouge à la crête prit la parole, puis ce fut de nouveau Hyène Ricanante, et ses mots de revanche.
D'un mouvement d'épaule qui rejeta la fourrure plus bas sur ses épaules, la guerrière aux esprits désigna le dresseur dont elle ignorait totalement le nom.

"-Il a raison. On ne peut obliger personne à se battre.
Et plus qu'une véritable guerre, il s'agit de leur montrer qu'on les laisse pas faire. C'est une vendetta, qui aura des conséquences oui".
Son regard se posa sur l'apprenti chaman de sa tribu, ferme, une lueur de rage dansante malgré le calme apparent. " Si c'est pas maintenant, ça sera plus tard. Faut pas s'imaginer qu'ils s'arrêteront là. "

Jamais Harfang Cendrée n'avait eu l'intention ni l'impression de parler autant. Mais les mots coulaient, ne semblaient vouloir se laisser dompter.
Une grimace apparut sur son visage, pour elle-même. La guerrière était bien mieux dans son silence.

"-  Vous comptez pas foncer tête baissée ? "
Sa question s'adressait aux volontaires qui s'étaient exprimés jusque là, ainsi qu'à Puma Sanguinaire.
"- C'est une chasse. Les avoir par surprise limitera les morts" .

Pas les blessés. Les morts.
Lucide, amère sur celle-ci, Harfang Cendrée ne doutait pas que leur réussite potentielle se ferait au prix du sang. Le sien, et celui de ses frères de cœur.
Une seule chose était certaine pour l'ancienne sentinelle de Pan.
Elle protègerait les Delaware coûte que coûte.
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Héron Placide
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Lun 7 Sep 2015 - 19:19

Il est surpris, le Héron. Surpris que son discours coléreux ait autant attiré l'attention et triste que même lui doive hausser le ton pour se faire entendre. Mais les choses sont ainsi, ce n'est pas son idéalisme qui les changera. Pourtant Héron est incapable de fatalisme et toujours incapable de se faire à l'idée de violence - malgré toutes les fois où il y fut confronté, directement ou non. Et la considération que l'on accorde à ses paroles ne parvient pas à l'apaiser, ni même à le réconforter : alors que Hyène Ricanante lui parle, l'Anxieux comprend que sa guerre est perdue depuis longtemps alors que celle des siens vient à peine de commencer. Et il ne dit rien, son visage trop transparent reflétant suffisamment sa détresse pour lui, son incompréhension. Un bref instant, il se maudit même lui-même d'être ainsi : des Piccaninny mourront, et alors ? Le Clan de l'Ours n'est pas le sien et pourtant l'Anxieux se peine, sait qu'il ressentira les vibrations de la toile. En cet étrange ainsi, il maudirait presque sa sensibilité aux connexions.

Mais tant pis. Il a perdu.

Baissant la tête, le fils orphelin écoute cependant, yeux fermés, les paroles du Chaman avec attention. Il est étonné, doucement surpris de l'intervention qui suit mais n'en montre rien : ses cheveux noyant son visage son visage ne laissent plus rien deviner de ses états d'âme.

Pourtant, il ressent.

Et il se dit que, Merle comme Boa, tous deux ont raison.

Il souffre le Héron mais il est un peu fier aussi, que Merle ait osé s'exprimer à son tour. Et c'est sans doute parce qu'il souffre, parce qu'il tente de ne pas sombrer, que lorsque la main du Sobre cherche la sienne, il ne la repousse pas.

Que, dans un instant d'abattement, il accepte enfin de saisir la main tendue, de la serrer fort.

Rouvrant les yeux, il observe - désormais en retrait - le restant de l'assemblée s'exprimer. Il y a là le guérisseur Piccaninny, venu annoncer la mort de l'une des leurs. Et - malgré son amertume - Héron parvient encore à s'en désoler. Il en est navré, sincèrement. Mais il ne dit rien. En silence, il voit Ours s'exprimer, Hyène lui répondre et Harfang parler à nouveau. Harfang, son amie. Harfang dont il priera pour la survie, comme tous les autres mais un peu plus fort, peut-être, aussi. Et il sent, le Héron, qu'il n'est pas fait que de lumière et que sa patience s'amoindrit. Alors que s'obscurcissent ses pensées, l'Anxieux se rend également compte qu'il étouffe. Cela ne lui arrivait jamais auparavant, cela est venu avec les conséquences de la Grande Nuit.

Un pas. Lâchant la main de Merle, Héron s'approche des guerriers, les salue en s'inclinant, gravement.

- Soyez prudents.

Elle est éteinte, sa voix. Mécanique. En se redressant, il adresse un regard à Kokoï Avide.

- Je... suis désolé.

Il n'avait rien pu dire de plus, ses mots étaient resté bloqués dans sa gorge. Puis, se détournant de l'assemblée, il fait quelques pas pour se glisser entre les arbres, disparaissant de la vue des Peaux-Rouges en présence. Il est troublé, l'oiseau chancelant au cœur trop grand. Trop troublé pour rester, il a besoin d'air.

Il n'est pas fait que de lumière, le Héron. Et en son âme, c'est le morne calme. Tous les chants se sont tus pour laisser place à l'inquiétude.

Le Grand Silence.

Si grand qu'il ignore même jusqu'où il veut aller. Il veut juste continuer, s'éloigner.

Parfois, même les oiseaux n'ont pas le cœur à fêter.

HRP:
 








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Ancien Peau-Rouge
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Lun 7 Sep 2015 - 20:24

- Peaux-Rouges
La hache de guerre





Si la tribu jugeait le dresseur avec un peu trop de sévérité, le regard que Kokoï posa sur Ours Elancé fut tout sauf dédaigneux, ou amusé. Ses paroles faisaient sens en ces temps troubles. On ne pouvait effectivement obliger un indien à prendre les armes. L’esprit combattif, cette ardeur du sang et de la victoire, le clan Piccaninny le vénérait comme la plus puissante des essences. Mais il n’en était pas de même pour les membres des autres peuples. Et il se trouverait certainement des pirates pacifistes, sages ou conscients, pour éviter le conflit.

Mais celui que le guérisseur craignait, c’était le chef du Jolly Roger. Le capitaine Crochet.

Qu’un Delaware ou un Huron refuse de prendre parti, c’était un choix à prendre, à assumer au plus tard. Mais quel pirate, même pacifiste, allait oser désobéir aux ordres de faire face au combat quand ce dernier viendrait à naître ?

Le guérisseur ne craignait pas la mort, ni celle de ses proches.

Il avait vécu patiemment dans l’attente de ce cercle, car telle était l’existence de l’indien et de toute chose en ce monde. Mais il se battait aussi pour cette terre, léguée par ses ascendants, prêtée par ses descendants.

Il leur fallait changer les choses, rééquilibrer la donne, montrer aux pirates de quoi les peaux-rouges pouvaient être fiers : leur sens de l’honneur.

Seulement, y’avait-t-il un honneur à trouver du sens dans la mort d’un ennemi ?

Vaste question que Kokoï se refusait encore à poser. L’adversaire sans visage est plus facilement abattu que l’homme dont on connait le nom. Et il y avait deux pirates, là-bas près du rivage, que l’indien ne tenait pas à affronter.

La voix de Hyène Ricanante gonfla, furieuse, vive et déterminée. Il en avait presque oublié ceux qu'il se devait de protéger - qu'importe que la guerrière se targue de dépecer un homme à elle-seule.

A son geste, à cette main posée sur son épaule, il ne pu s’empêcher de relever les yeux pour lui sourire. Et chuchote pour elle seule.

« Il n’y a qu’un chef ici, les autres prendront leur décision sur le tard. Nous serons en petit nombre. Mais nous serons fiers d’avoir agité l’onde. D’autres se souviendront. »
"- Vous comptez pas foncer tête baissée ? " Tournant la tête vers la jeune Delaware au visage grimaçant, Kokoï la jaugea brièvement du regard, mais ne se permis pas de répondre à la place de son chef. Néanmoins, il pinça les lèvres, réfléchissant brièvement à leur devenir dans l'un ou l'autre des deux cas.

L’effet de surprise serait certainement plus dévastateur, mais sur courte durée uniquement.
Alors qu’une attaque visant, non pas les pirates, mais le navire tout entier… pourrait sans doute leur être salutaire.

Cependant, il fallait de la poudre pour ça. De la poudre comme ces tire-feu dont certains pirates se trouvaient armés. L’idée même de la manipuler lui hérissa l’échine.

Mauvaise arme.

S’apprêtant à emboîter le pas à Hyène Ricanante, il fut surprit de l’avancée soudaine du Delaware. Et encore plus des mots que ce dernier murmura à son encontre. Des excuses. Des excuses pour qui ? Pour les morts à venir ou pour les morts passés ? Des excuses pour son absence ? Incertain du sens, mais sentant confusément l’émotion chez le jeune endeuillé, il se permit de hocher brièvement la tête. En signe d’acceptation. De compréhension.

Même s’il n’y avait pas à pleurer les morts. Il n’y avait qu’à défendre leur mémoire, plus que leur assassinat.

Il fallait bien partir.
Il fallait le vouloir, et en être honoré. Ou être honoré.

« L’échec ne s’excuse pas… » Murmura-t-il une fois le Delaware éloigné. « Allons-y. Inaya. » Le surnom, tendre, roula dans sa gorge et fut vite étouffé. Il connaissait la gêne de la Hyène pour cette image maternelle que Kokoï tentait de lui imposer.

La main sur son épaule, comme elle l’avait fait pour lui, il entreprit de quitter le cercle.
Pour un autre.


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L'Ombre
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Jeu 22 Oct 2015 - 15:17

The End


Mais pour cette fois aucune parole,
De paix ne se propagera,
C'est la rage qui comme l'alcool,
Fait exploser le feu en éclats.



FIN DE L'AVENTURE




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