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Ancienne Peau-Rouge
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MessageSujet: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Mar 11 Aoû 2015 - 19:49

Précisions:
 

Le Bois Joli. Rien qu'entendre ce nom faisait naître, en Hyène Ricanante, des frissons de dégoûts. Sincèrement les tribus n'auraient elles pas pu choisir un autre terrain neutre pour mener les festivités ? Probablement que les Hurons avaient remporté le choix du lieu. Ils n'y avaient qu'eux pour apprécier une Nature aussi... calme. Aussi... adorable. Hyène ne cessait d'entendre les oiseaux gazouiller. Ce qui lui donnait la furieuse envie d'en embrocher un avec une flèche, et de le faire cuire. Juste pour le plaisir. Oh, bien entendu, elle le dévorerait jusqu'au dernier pilon – aucune viande ne se perd. Mais les Hurons n'allaient sûrement pas apprécier,. Quant aux Delawares ils pourraient y voir un signe – les oiseaux demeuraient leur apanage, et en manger un sous leurs yeux équivaudrait à une déclaration de guerre.

A défaut de pouvoir extérioriser sa frustration par la chasse, Hyène surveillait les Peaux-Rouges qui venaient rejoindre le cercle. Tracé au sein d'une clairière ombragée il délimitait l'espace réservé aux Peaux-Rouges, et surtout permettait de tracer un simulacre d'estrade où pourrait venir se placer tout individu qui voudrait prendre la parole. De ce qu'avait entendu Hyène, ce rassemblement permettrait de faire la paix entre les trois tribus. Du moins, pour un temps.

Une perspective qui ne l'amusait pas.

La paix, il n'y avait rien de plus dangereux. La paix vous faisait perdre vos réflexes, vous poussait à vous empâter, à devenir de simples larves. La guerre, elle, vous permettait de demeurer aux aguets, d'amener chaque matin une nouvelle aventure.

La voix rauque, la chasseuse se permit de hausser le ton pour se faire entendre.

« Si j'comprends bien, on a d'cidé d'faire la paix. Entre nous. Mais rien n'empêche qu'on fasse la guerre aux autres... »

Sentant les regards glisser sur sa personne, Hyène amorça un pas. Puis deux. L'un amenant l'autre, elle se rapprocha de la foule, ouvrit grand les bras pour mieux marquer sa présence.

« L'Croquemitaine a pris des nôtres. D'chaque tribu. L'a disparu. Grand bien nous fasse. Les pirates, eux, sont toujours là. Ils prennent nos enfants, nos femmes, nous les renvoient à jamais... »

Blessés.

« Changés. On devrait profiter, trouver une occasion, d'les faire payer. »

Hyène brandit le poing au ciel.

« D'faire justice ! »

De récupérer la hache de guerre, la planter dans chaque tribu et de la laisser là, jusqu'à ce que le Jolly Roger ait payé son tribut.
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Capucin Farouche
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Mer 12 Aoû 2015 - 20:33



La hache de guerre

Entre Peaux-Rouges



Capucin Farouche a suivi le groupe. Les Piccaninny, que la paix n’intéresse point trop pourtant, sont venus en nombre. Capucin, méfiant et sauvage mais non moins intrigué par tout type de rassemblement, a filé dans les hauteurs et accompagné la procession jusqu’au Bois Joli, attrapant des lianes et glissant sur des branches tandis que ses congénères foulent le sol de leur pas noble.

Il ne connait pas le Bois Joli autant que la Jungle. Le Bois est plus petit, plus clair et plus… ordonné, peut-être. Ça, ça le met un peu mal à l’aise. Le chaos fourni de son berceau est sécurisant. Toutefois, il a suffi qu’il aperçoive une petite meute de loups et un groupe de daims alertes pour qu’il comprenne que le Bois des fées n’est pas un endroit hostile. Il essaye même de choper au passage l’une d’entre elles, car son désir de croquer leur chair n’a toujours pas pu être rassasié… Elle lui échappe, et après quelques acrobaties vaines, il vient s’écraser sur le sol. Il ne pousse même pas un cri, et peut-être est-ce préférable, puisqu’il s’est réceptionné sur ce qui ressemble à du crottin. Lorsqu’il relève son visage crasseux, les pieds d’une sqaw passent devant ses yeux obstrués de mèches éparses. Il la reconnait rien qu’à la démarque, c’est celle au rire bizarre, au rire comme une musique pas belle. Comme une Hyène.

Se redressant aussi souplement qu’un singe, il trottine derrière elle, un peu à l’écart, évoluant pieds nus parmi les fougères et les racines, grognant sur les sylvains qui sont venus les observer.




Capucin s’est de nouveau perché sur une branche. C’est une branche vaguement en U. Il grignote des fruits, complétant ainsi sa palette faciale de nuances violacées. Il observe les peuples se retrouver, intrigué autant par l’excentricité des Delaware que par la sérénité des Hurons. Il écoute distraitement les conversations, dont les mots lui échappent souvent, et lorsqu’il les connait, il met tant de temps à les mettre dans l’ordre puis à en concevoir nettement le sens global, qu’à la fin il n’a quasiment rien compris.

Lorsque Hyène parle, il arrête son geste, et le fruit plein qui occupe sa bouche est oublié. Il se laisse absorber par son discours, dont la violence l’excite.

A la fin, il demande néanmoins, plus à lui-même qu’à un compagnon inespéré, de sa voix basse, un peu rauque :

Quoi être justice...?



Codage by TAC








Capucin rugit en brown.
.......

cadeau de césar:
 


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Ancienne Peau-Rouge
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Ven 14 Aoû 2015 - 20:58

Le chant retrouvé des oiseaux qui peuplaient la clairière avaient de quoi détourner l’attention de Aigle Rêveur. Un bref instant, cependant. Puisque la situation actuelle était plus que sérieuse, à tel point qu’au sein de cette clairière se trouvait réunie les trois tribus Peaux-Rouges qui peuplaient l’île de Jamais. Au début, l’impression qu’avait ressenti la Delaware lui avait été étrange. Voir ces trois tribus, certes Peaux-Rouges, mais possédant des pratiques et des différences culturelles propre à chaque tribu réunies au sein du Bois Joli, afin de tisser une paix entre eux avait de quoi surprendre.

Comme les autres, elle s’était assise au sein du cercle. L’air un peu grave, la jeune femme parcourut du regard l’assemblée, s’accrochant sur des visages tantôt peinturlurés, tantôt sérieux, tantôt autre. Mille Les voix s’élèvent, les avis avec eux. Durant un moment, l’Indienne n’avait osé piper mot. Principalement parce qu’elle n’aimait pas parler. Elle n’était pas de nature très bavarde. Et cet étrange brouhaha qui émanait du Bois Joli lui était inhabituelle, si bien qu’il lui fallut un temps d’adaptation. Mais les sujets étaient sérieux. Graves. Tout le long, son attention se perdait sur les bribes de paroles qui parvenaient à ses oreilles. Et lorsque la jeune femme aperçut une silhouette dans son champ de vision, elle tourna la tête et observa la Peau-Rouge qui y prenait place. Tout en l’écoutant d’une oreille attentive, la Guerrière observa l’oratrice du regard. Ce n’était pas une Huron, et elle ne l’avait jamais vue au sein de sa tribu. Et puis, au vu de son accoutrement, il ne pouvait s’agir que d’une fière Piccaninny. En l’écoutant, la jeune femme ne put s’empêcher de jeter un regard en direction de Harfang Cendrée. Visible entre mille, tâche lunaire qu’elle était.

Ce fut peut-être pour cette raison que Aigle osa prendre la parole, dès que Hyène se tut.

- Je suis d’accord.

Quelques regards se tournèrent en sa direction. Après de brèves secondes d’hésitations, la jeune femme se redressa et fit quelques pas pour se faire voir de tous. Chacun de ses gestes étaient accompagnés du tintement discret, mais bien présent, des breloques qui la parait et qu’elle ne comptait plus. Elle inclina légèrement la tête, avant de poursuivre sur sa lancée.

- Une tribu seule ne peut pas surmonter en totalité la menace que représentent les Pirates.

Elle le pensait sincèrement.

- Si nos trois peuples s’accordent une trêve, nous pourrions peut-être les dominer. Les Pirates ne peuvent pas rester éternellement dans cette situation, à vivre sans payer les atrocités qu’ils ont pu commettre.

Ne préférant pas s’approcher d’avantage, la Delaware finit par poser son regard sur la foule. La balayant de ses prunelles claires, teintées d’une détermination qu’elle avait décidé de ne pas cacher.

- Cette paix nous accorde une chance. Celle de pouvoir conjuguer nos forces pour que justice soit rendue.

L’Aérienne avait volontairement repris les derniers termes de Hyène Ricanante. Et une fois n’est pas coutume, Aigle avait osé poser le pied sur terre. Et à faire face au sombre visage de l’île, qui s’était à nouveau masqué depuis la fin de la Nuit Éternelle.
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Héron Placide
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Ven 14 Aoû 2015 - 23:21

Il était peu courant que le Héron perde patience, rare qu’il élève la voix. Rare que se fende son masque de sérénité, de bienveillance mais voilà : les temps changeaient, les êtres chers mouraient. Depuis la Grande Nuit, depuis le décès de son père, Héron s’était fait plus ombrageux, moins disposé à être l’oreille qu’il avait pu se targuer - auparavant - d’être. La différence était subtile, nuancée, pourtant ceux qui le connaissaient pouvaient reconnaître que l’Anxieux avait changé, que quelque chose dans son regard s’était fait plus dur, plus noyé. Étonnement, le fils de Chef en avait conscience : il avait prévenu les siens, admettant avec une forme de sagesse qu’il lui faudrait du temps pour se reconstruire. Mais la vie ne pouvait pas s’arrêter : s’il s’était contenté de s’enfuir en lui-même, l’Anxieux aurait fait honte à la mémoire de son père. Héron continuait donc de vivre, évoluant au sein de la tribu avec une grâce d’oiseau blessé mais en voie de guérison.

C’était parce que la vie devait continuer que l’Anxieux suivit les siens, lors du rassemblement qui devait permettre aux Tribus de faire la paix. Souriant à ses connaissances de chaque clan, il s’assit et se fit attentif. Il était encore pâle, le Héron. Un peu plus chétif. Son regard était sombre mais également... grandi.

Lorsque la guerrière - une Piccaninny, de ce qu’il pensait savoir - prit la parole, l’Anxieux l’écouta avec attention et son coeur se serra : ainsi l’indienne profitait de la célébration de paix pour tenter de mener les Tribus à la guerre. Il hésita à protester, se lever à son tour et tordit ses mains, embêté. Le temps qu’il se décide, c’était à Aigle Rêveur de prendre la parole et Héron la fixa, reconnaissant la sagesse de son raisonnement sans pour autant l’accepter. Il ne le pouvait pas, absolument pas : la guerre était et avait toujours été la pire chose à ses yeux, à tel point d’ailleurs qu’il ne savait absolument pas se battre et avait toujours refusé d’apprendre.

Oh, peut-être que le Héron se serait tu et serait simplement parti, si la Nuit et ses victimes ne l’avaient pas forcé à mûrir. Si le chagrin n’avait pas rongé une part de sa patience, obscurcissant son regard. Lorsqu’il se leva à son tour pour se rapprocher des deux guerrières, ce n’était pourtant pas la colère qui s’affichait sur son visage mais... une profonde tristesse.

- Je ne comprends pas.

De toute sa hauteur d’oiseau blessé, Héron Placide contemplait les deux indiennes, jetant parfois des regards à la foule. Il parlait peu en public mais ne craignait pas vraiment de le faire - après tout, il était fils de Chef.

- Si nous sommes ici pour célébrer la Paix, pourquoi parlons-nous de guerre ?

Il recula, observant la foule dans son ensemble.

- La Grande Nuit nous a laissé exsangues, nous ainsi que les autres peuple de l’Île. Ne serait-il pas temps d’arrêter les frais ?

Il inspira profondément, conscient que son trouble se voyait sur son visage.

- Les Pirates ont beau être criminels, ils sont humains pour autant, capable de bien comme de mal. La plupart d’entre eux n’ont rien à voir avec ce qui est arrivé aux nôtres, nous ne pouvons pas juste attaquer le navire et tuer ceux qui nous barreront le passage.

Tuer. Il l’avait dit, le mot honni. Il l’avait craché même, avec un dégoût si grand que sa voix en avait brièvement tremblé. Prenant à témoin les guerrières mais la foule également, il se reprit et poursuivit :

- En partant en guerre, ce n’est pas seulement des innocents que nous pourront tuer, mais également les nôtres car il y aura forcément des pertes dans les deux camps. Je comprends votre désir de vengeance mais... déclencher une guerre maintenant ne ferait que provoquer plus de morts encore. Et je pense que nous en avons eu assez.

Il se tourna vers la guerrière Piccaninny, s’approchant d’elle et la fixant de ses yeux sombres. Il aurait voulu qu’elle puisse le comprendre même si - quelque part - une part moins optimiste de son esprit en doutait. Il ne s’arrêta pas, cependant.

- En tant que formes de vie, les Pirates sont liés à nous comme à tous les autres êtres vivants ici. Ce que nous leur faisons, nous le faisons à nous mêmes.

Il savait, pourtant, ce que les Pirates avaient fait aux leurs. À ses amis, même.

Bravant la distance qui le séparait de la Hyène, le Héron vint saisir sa main dans les siennes en un geste de conciliation, innocent et sans crainte. Stupide dans tous les cas, mais il ne pouvait s’en empêcher.

- Je ne sais pas quelle est la solution, je ne sais pas comment réparer ce qu’ils nous ont fait. Mais j’en suis persuadé : déclarer la guerre ne fera pas revenir nos morts ni ne soignera nos blessés.

Un temps. Se tournant vers les autres, il reprit :

- Les temps à venir devraient être consacrés à la fête et à la guérison, non à faire verser le sang.

C’était ce qu’il pensait, innocemment.

HRP:
 








"Humankind has not woven the web of life.
We are but one thread within it.
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- Chief Seattle
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Ancienne Peau-Rouge
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Sam 15 Aoû 2015 - 16:34

Il était rare qu'on aille chercher Harfang dans la forêt. La Gardienne revenait souvent d'elle-même au village, ombre furtive partageant son temps entre ses rondes dans la forêt, les Loups et les Delaware.
Mais depuis l'attaque du Croque-mitaine, l'indienne d'adoption ne s'était montrée que de rares fois chez les siens. Préférant cacher son visage et couvrir ses oreilles dans la fourrure des Enfants-Loups, pour ne plus les entendre.
Ces cris, ces pleurs de veuves, d'enfants orphelins.
La nuit avait fait des ravages chez les guerriers Delaware, et depuis, le feu Sacré n'en faisait que bruler de plus belle. Colombe Irisée, Veuve Enjouée, puis Grive... Paon Chamarré... Paon qui l'avait sauvée.  et tant d'autres dont la peinture s'était mêlée au sang.
Chaque soir, la fête battait son plein au centre du village, entre amertume et célébration, au point que le son des tambours était devenu assourdissant pour la jeune femme.

Le calme des sous-bois ne calmait pas la rage de son cœur, ne remplissait pas le vide de tristesse qu'elle ressentait, mais Harfang Cendrée pouvait oublier un instant. Ne plus penser et agir instinctivement auprès de ceux qu'elle considérait comme sa seconde famille.

Mais une sentinelle du village l'avait retrouvée, et avertit du conseil qui se tiendrait entre les tribus indiennes de l'île. Il allait falloir assurer la sécurité des membres de la tribu, et Harfang était bien décidée à ne laisser personne toucher les Delaware. Ne serait-ce qu'un doigt.
Elle avait alors laissé les Loups, même si elle se doutait que malgré son interdiction, un des Enfants-Loups devait roder non loin du point de ralliement.
Tâche blanche au milieu des peintures aux couleurs chatoyantes, la fourrure sur ses épaules était parsemée de plumes d'oiseaux de nuit, elle se tenait droite, alerte.

La guerrière ne craignait pas tant les Hurons, même si elle les savait coriaces sous leurs airs pacifistes. Les Picaninny c'était une autre histoire... Tribu belliqueuse et dangereuse, Harfang avait du respect pour eux, mais n'hésitait jamais à leur opposer une farouche résistance.

Pendant le discours de l'Acharnée, l'éclat des yeux de la Féroce se fit plus sombre. Plus brillant quand elle évoqua une attaque contre les pirates.
Les Dieux savaient combien Harfang voulait leur faire payer, pouvoir enfin rayer d'un trait sanglant ce souvenir et le noyer dans une vengeance enfin acquise. Les Dieux et les indiens au vu des regards qui se posèrent sur elle.
Une grimace apparut sur son visage.
Une pensée acide lui souffla qu'elle n'aurait pas dû venir. Elle n'était pas un faire-valoir... mais la guerrière Picanniny disait vrai.

Changés. C'était ça, irrémédiablement.
Mais rien n'était si simple.

La jeune femme aurait pu intervenir à ce moment, mais une voix fluette interrompit son élan, et elle leva la tête vers le gamin qui venait de poser une question, tout simple. Mais essentielle.

"- La justice, c'est faire payer le mal qu'on t'a fait. "

Elle avait essayé de répondre le plus simplement possible, mais n'avait pu empêcher sa voix de se charger de rage.

Tour à tour, Aigle Rêveur et Héron Placide prirent la parole, et Harfang les écouta distraitement, songeuse.
Mais la dernière phrase d'Héron lui fit serrer des dents. Elle n'était pas entièrement en désaccord avec son discours, mais ça... non.

La guerrière hésita, du fait de sa condition d'adoptée, mais s'avança à leur hauteur, plantant un regard sans pitié dans celui du fils du Chef de sa tribu.

"- Et on se laisse massacrer en continuant nos célébrations ?  "
Ses yeux chocolat se baissèrent avant de regarder les trois indiens qui avaient déjà pris la parole, puis le reste des tribus.

"- On ne peut pas leur faire croire qu'ils peuvent continuer de nous faire du mal impunément. Mais j'ai une question. Qu'est-ce qui nous garantit que l'un d'entre nous ne nous trahira pas au dernier moment ? "

Elle n'avait pas pu s'empêcher de poser la question. Harfang Cendrée avait bien conscience que c'était jeter de l'huile sur le feu, mais plus qu'un échec, elle ne voulait pas connaître de nouveau la trahison. Et non, malgré la célébration de la paix entre les tribus, ils n'avaient pas sa confiance.
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Boa Nocturne
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Lun 17 Aoû 2015 - 23:42


Les Peaux-Rouges sont en marche.

C'est un grand rassemblement, guerrier ou non, squaw ou papoose. Tout le monde peut venir, chacun est concerné. C'est un jour de Paix, un de plus. Boa suit, Boa marche comme tout le monde. Un peu plus loin, Capucin Farouche suit Hyène Ricanante. Le Chaman reconnait chacun des siens. Et puis Hyène Ricanante prend la parole, Hyène Ricanante parle de guerre et de combat et ses yeux brillent avec éclat. C'est une fière Piccaninny, une guerrière au cœur fier et gonflé d'ardeur. Boa écoute Capucin poser sa question - une bonne question décidément.

Guerrier contre pacifiste, le choc des tribus se fait une foi de plus. Boa écoute les doutes de la Delaware qui mets des mots sur un ressenti probablement général. Ses cheveux blancs ondulent doucement alors qu'il secoue la tête en signe de négation. C'est à son tour de s'avancer, de sortir de la foule. Un signe de la main en signe de paix, un port droit et fier pour rappeler quel est son peuple.

- Les guerriers voudront toujours le combat, les peuples le calme. La guerre a son heure, ce n'est pas à un Homme de la précipiter. C'est aux peuples de la crier.

Boa regarde l'assemblée, et s'arrête sur celle qui a parlé juste avant. Celle qui doute. Celle qui se méfie comme un animal sauvage.

- Les Piccaninny sont un peuple fier et droit. Nous sommes des Guerriers. Pas des menteurs ou des fourbes. Notre bras ne tremble pas au combat, nos foulées ne se détournent pas du danger. Trahir, c'est craindre et donc ruser. Pourquoi nous donner des comportements qui ne sont pas ceux de notre peuple ? Je sais voir l'honneur en toi, même si je ne te connais pas. De demain nul n'est certain. Pourquoi se torturer d'encore un malheur de plus en un jour de Paix ?

Il est calme, Boa quand il dit ça. Calme, et pas agressif. Être issu d'un peuple guerrier ne veut pas dire être incapable de maîtrise ou de réflexion, après tout.

- Nos chemins seront peut-être différents. Mais aujourd'hui c'est d'un même pas que nous marchons. Aujourd'hui nous ne sommes pas Delaware, Huron ou Piccaninny. Aujourd'hui, nous sommes Peaux-Rouge. Il y a un temps pour célébrer les morts. Entendre les bâtons de feu cracher leur poudre et prendre les armes pour les combattre en est un autre.

Boa se tourne vers l'Acharnée. Si belliqueuse, si fière. Si jeune, au fond, avec ses yeux de colères. L'Impassible entend son appel aux armes, sa soif de brandir la hache de guerre contre les Pirates. Mais il entend aussi le message du Delaware, du cœur ouvert. C'est dans l'ordre des choses, après tout.

Léger silence.

- Aujourd'hui ou demain, les Pirates seront là. Il faut choisir quand agir - quand on veut, mais aussi quand on peut.

Les Peaux-Rouges sont en marche. Quelle que soit l'issue du Pow-Wow, les cœurs se révèlent. Boa incline la tête, signe qu'il a terminé pour l'instant. Ses yeux placides contemplent l'assemblée. Il attend, prêt à entendre.
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Ancienne Peau-Rouge
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Mar 18 Aoû 2015 - 18:49

HRP:
 

Hyène ne s'était nullement attendue à tant de réactions. Elle avait lancé cet appel, la rage au ventre, s'apprêtant à essuyer moult quolibets à son encontre. Elle s'était même attendue à ce que le puissant chef, Puma Sanguinaire, lui lance un de ces regards qui vous donnait l'impression de n'être qu'une souris. Une souris écrasée par la masse d'un prédateur.

On l'avait écouté. On rebondissait sur ses paroles. D'autres réclamaient justice, tout autant qu'elle. Il n'y avait que Héron Placide pour s'opposer à ce conflit. Hyène Ricanante s'était retenue de lever les yeux, lorsque le Delaware avait saisi sa main. Il fallait bien plus que quelques caresses pour dompter l'animal en Hyène.

Elle comprenait le point de vue de Héron Placide, mais ne l'acceptait pas. Bien trop aux antipodes de sa propre pensée.

« J'sais bien qu'les morts ça revient pas. Si c' qu'on commet su' les pirates, ça r'tombe sur nous, alors c' qu'ils font aux nôtres doit retomber sur eux. On donne juste un coup d' pouce. »

Hyène retira sa main de celles du Delaware. Elle se rapprocha de Boa Nocturne. Le chaman avait toujours fait forte impression à la chasseuse. Son savoir allait, bien au-delà, du savoir terrestre. Il détenait des secrets que lui seul pouvait comprendre. Par respect envers le chaman, Hyène se contenta de le saluer d'un hochement de tête.

« L'grand sage a parlé. Et d'ce que j' compte, les voix qui s' sont fait entendre sont majoritaires pour le oui. »

Sauf, évidemment, si d'autres clameurs s’élevaient de l'assemblée. Chacun, en ce jour de paix, était libre de parler à son tour, de donner son avis. Si la guerre était annulée, Hyène se plierait à la décision générale. Même si cette décision lui ferait grincer des dents.

« J' suis pas cheffe. Et j'pense qu'on est tous assez grands pour décider ensemble. » Hyène leva la tête vers Capucin. « Même toi, t'as voix au chapitre. Comme l'a dit Boa, faut décider d'une date. Harfang a raison sur un point. Ces pirates ont p'têtre eu la même idée qu' nous, et vont p'têtre en profiter pour nous attaquer. »

La main de Hyène saisit le poignard attaché à sa ceinture. D'un geste vif, la chasseuse planta l'arme dans le sol, au centre du cercle.

« V'là ma réponse à ces forbans. Et ma réponse à c'lui qui osera trahir la trêve des Peaux-Rouges. Pas d' pitié pour celui qui trahit sa tribu. »

Hyène était pétrie de défauts, comme tout être humain. Mais on ne pouvait renier que son cœur, et son âme, étaient liés à sa tribu. Avant d'être Hyène Ricanante, elle demeurait avant tout membre du clan de l'Ours.
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Ancien Peau-Rouge
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Mar 18 Aoû 2015 - 22:41

Il se massait les temps et ne lésinait pas sur les soupirs désabusés. Légèrement en retrait, Ours Elancé faisait néanmoins aussi parti de l'assemblée, à moitié couché, dans la position de l'irrespect total. Il était arrivé dans la masse, sans rechigner, curieux et surtout, tiré par Féline Azurée qui refusait de le laisser se reposer alors qu'une grande réunion avait lieu. Alors, bien contre son gré, il était là. Mais s'il avait pu se trouver ailleurs, pour sûr qu'il l'aurait fait.

D'abord, il était resté silencieux, impressionné de voir tous ces Peaux-Rouges réunis. Toutes ces ethnies, ces peuples qui se ressemblaient mais qui pourtant restaient si différents. Tout le monde n'était pas là, mais les hommes et femmes présents prouvaient à l'Ego que les Peaux-Rouges étaient bien présents sur l'Île. Non, ils prenaient même une place prioritaire.

L'une des membres du clan de l'Ours, cette Hyène Ricanante, entama un discours, très vite suivie par d'autres personnes, dont Boa Nocturne. Ours Elancé avait remarqué sa présence dès son arrivée : son aura était puissante, et il était impossible de ne pas voir le calme et la sagesse émaner de lui.

L'avis de l'Ego face au sujet de l'assemblée ? Était-ce nécessaire de dire qu'il n'en avait pas vraiment ? Tant que lui pouvait continuer sa petite vie tranquillement, il ne voyait pas pourquoi il fallait laisser éclater la colère.
Le problème en réalité, c'était bien cela : Ours n'avait plus de petite vie tranquille. Il enchaînait les rencontres désagréables avec les forbans, et commençait à collectionner les blessures. Il avait échappé de peu à la mort, et au plus profond de lui-même, il ne souhaitait que la disparition de ces hommes aux sombres desseins.
Mais de nouveau, son avis se divisait : les pirates n'étaient pas tous mauvais. Peut-être même n'étaient-ils qu'une minorité à se complaire dans la sauvagerie. Le choix était difficile.

Il se redressa et rangea ses jambes en tailleur, avant de prendre une grande inspiration et de se lancer :

- Y'a-t-il personne ici capable de faire le tri ? Dans un pommier, certains fruits se trouvent être plus murs que d'autres. Ce n'est pas pour autant que nous les cueillons toutes. Je ne vois aucune différence pour les pirates. Certains sont plus violents que d'autres. Certains n'aspirent qu'à vivre en paix. Peut-être que quelques-uns d’entre-deux ne se sont retrouvés sur ce maudit navire que par malchance.

Il plissa les yeux pour apercevoir plus clairement ses semblables et se mordit la lèvre, à court d'argument. Déjà qu'il n'était pas du genre à donner son avis, parler en plus devant des inconnus était un effort.

- Vous n'apprécierez pas que l'on demande à tout notre peuple, papooses et personnes âgées comprises, de rejoindre une guerre. Et bien, c'est pareil. Il faut savoir observer et séparer les choses.

Ces derniers mots étaient inconsciemment dirigés vers Hyène. D'ailleurs, les pupilles clairs d'Ours Elancé vinrent se figer dans sa direction. Jamais il ne comprendrait toute la rage habitant le cœur de certaines personnes.
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Ancien Peau-Rouge
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Mer 19 Aoû 2015 - 22:56


Mamba n'était là que depuis peu de temps. Évoluant parmi les branchages, il traînait, accroché à son pagne, un duo de lapins qu'il avait chassé quelques instants plus tôt. Si fête de la Paix il y avait, il devait y avoir aussi un buffet. Le chasseur se voyait mal arriver les mains vides.

Il vit en premier Capucin Farouche. Rejoignant la branche où était juché la Bestiole, Mamba Corrosif le gratifia d'un sourire, lui ébouriffant vigoureusement les cheveux. En contrebas lui parvint les brouhahas de la conversation, les paroles du chaman du clan de l'Ours venant le frapper en premier. Bâtons de feu, armes, pirates... Une guerre se préparait ? La langue reptilienne du chasseur vint caresser ses lèvres. Excitant que tout cela.

Juché sur sa branche, Mamba continuait d'observer, spectateur. Comme à son habitude, son épouse se jeta à corps perdu dans la discussion. Sûr que si la guerre était déclarée aujourd'hui même, elle s'élancerait la première sur le champ de bataille.

Par contre, les propos d'Ours Elancé firent tiquer Mamba. Ce dernier avait toujours eu du mal à comprendre la pensée du dresseur de mustangs. Si différente de la pensée du clan. Le chasseur descendit de son perchoir, pliant les genoux pour atterrir sans trop de dommages. Portant la main à son pagne, il en détacha les lapins. Au premier Peau-Rouge qui croisa son champ de vision, il lui lança les proies.

- Pour l' banquet de la paix ! Désssolé pour le retard, y avait du monde dans la forêt aujourd'hui. Mais j'vois que vous parliez déjà de chossses intéresssantes. De guerre. 

Tout en parlant, Mamba s'était rapproché sensiblement d'Ours. Il plongea son regard dans les yeux clairs du Peau-Rouge.

- J' sssais pas sssi tu t' sssouviens mais dans la tribu, tout le monde sss' bat. Papoosses, sssquaws, les anccciens... Sss'ils veulent sss' battre on va pas lesss empêcher. Ils sssont tousss entrainés depuis tout p'tit. Y en a même qui sssont morts à l’entraînement. 

Mamba lui-même avait vu certains membres du clan succomber au rude entraînement, en particulier à la chasse à l'essence. Épreuve fatale, entre toutes. Et il était bien placé que la mort était fondamentalement présente au sein du clan. Il avait tué un homme afin de posséder une femme.

Le chasseur haussa les épaules.

- Puis sssi y a vraiment des innocccents parmi les pirates... Sss'ils sssont dignes, ils auront qu'à rejoindre les Peaux-Rouges. En prouvant leur valeur. Ça fera moins d'ennemis sssur l'navire. 

Satisfait par ses paroles, Mamba finit par s'asseoir en tailleur sur le sol. Attendant le verdict de chacun. Et que quelqu'un ait la judicieuse idée de faire cuire ces lapins qu'il avait chassé.
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Puma Sanguinaire
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Dim 23 Aoû 2015 - 0:08
















La hache de guerre
Ft. Les Peaux-Rouges






Je dois admettre que les rencontres entre nos différentes tribus ne me gênaient plus autant qu'elles avaient pu l'être fut un temps. Le fait est que, depuis les récents évènements, beaucoup s'étaient vus devenir plus tolérants vis à vis des autres clans, jugeant qu'après tout nous étions peaux-rouges avant tout. En ce qui me concerne, l'idée d'une alliance inter-peaux-rouges ne m'avait jamais complètement désintéressé tant que notre clan ne se voyait pas marcher sur les pieds par les autres, qui, malgré toute la sagesse et tolérance dont j'essayais de faire preuve, m'avaient souvent échappés : aucuns ne me semblait vraiment réaliste sur le monde qui nous entourait puisque l'un prônait la paix tandis que l'autre était bien plus connus pour ses festivités que pour ses guerriers (quoi qu'ils avaient déjà eu l'occasion de nous montrer leurs maîtrises du combat lorsque le besoin s'était présenté).

Ce fut d'ailleurs pour d'énièmes festivités que nos clans furent à nouveau réunis, au Bois Joli. Mais cette fois, ces festivités étaient différentes. Le trajet ne fut pas bien bruyant, si ce n'est lors des retrouvailles (puisque mine de rien, une réelle amitié soudait déjà les trois clans à travers certains membres). C'est qu'une certaine tension régnait. Beaucoup étaient pensifs quant aux frères tombés aux récents combats. Les pirates retombaient souvent dans les conversations que l'on pouvait entendre. Conversations auxquelles j'avais choisis de ne pas prendre part tout de suite afin de laisser à chacun la liberté de s'exprimer sans être intimidé par ma présence.

J'étais ainsi tout simplement assis, dans le cercle qui s'était formé. Écoutant ce qu'il y avait a écouter bien que tout était assez fouillis ; personne ne semblait vraiment oser prendre clairement la parole. Personne jusqu'à Hyène Ricanante. Elle était une chasseuse très respectée du clan, aussi ne fus-je pas si étonné que cela de la voir prendre la parole la première... Bien que ses paroles furent trop peu modérées à mon goût, par rapport à la situation de rassemblement dans laquelle nous étions tous. Mais je gardais une expression neutre, ou plutôt celle que j'avais lors des graves discussion : uns de ces regards intimidants qui faisait souvent bégayer ceux qui le croisait sans avoir l'habitude.

Mais il fallait dire que la situations s'y prêtait. Comme je vous le disais, les pirates étaient sur le bout des lèvres de tous. La question était de savoir si nous étions prêt à lancer une offensive contre ces derniers, et la réaction générale fut plutôt en la faveur de l'idée... A l'exception de quelques peaux-rouges des Delaware (et de notre Ours Élancé, dont les idéaux ne me surprenaient plus mais m'échappaient toujours).

Quoi qu'il en soit, de cette discussion, je retins essentiellement l'intervention du chaman de notre clan : Boa Nocturne, qui était reconnu et respecté pour sa très grande sagesse, qui moi-même me laissait admiratif. L'impassible était pour moi un précieux conseiller débordant de raison à écouter dans de telles problématique, aussi étais-je entièrement d'accord avec ses paroles. J'attendis quelques interventions de plus avant de me décider à moi aussi prendre la parole ; ce fut finalement juste après que Mamba Corrosif s'assit suite à son argumentaire.

A mon tour, je me levais, puis m'avançais d'un pas vers le centre du cercle, levant les mains pour faire taire les bruits et ne pas avoir à hausser la voix afin de me faire entendre (chose que j'avais rarement besoin de faire).



 
_Je comprends la réticence que l'on peut montrer. La guerre nous à tous déjà fait souffrir, commençais-je en me tournant vers les Delaware ayant fait part de leurs appréhensions. Delaware, Hurons ou Piccaninny. Guerriers ou non, personne n'aime voir partir injustement ses frères de la main des pirates. Nous pensons tous la même chose : une guerre n'est pas souhaitable. Je marquais une petite pause, puis m'avançait lentement vers le centre du cercle en en tournant autour. C'est pourquoi je dis que nous n'avons pas à lancer de guerre. Nous avons à terminer celle qui a commencer il y a bien trop longtemps, et qui n'a jamais vraiment cesser. Conflit direct ou non, combien de nos frères ont-il encore à risquer leurs vies au quotidien, en croisant le chemin de ces vauriens ? Sur ces paroles, j'arrivais finalement au centre du cercle, aux côtés de Hyène Ricannante, à qui j'adressais un regard laissant transparaître un peu de fierté. Assez. Il est temps.

Et sur ces mots, j'attrapais à mon tour une arme à ma ceinture (une hachette), puis imitait la chasseuse en la plantant violemment dans le sol, près du couteaux déjà planté. Ce geste un peu trop violent fut finalement le seul pouvant trahir la neutralité que j'essayais d'afficher depuis le début puisque comme beaucoup le savait, j'éprouvais une haine personnelle envers les pirates qui m'avaient déjà privé de la mère de ma fille. Sur ces belles paroles, je laissais le centre du cercle à qui voulait s'exprimer en allant rejoindre Boa Nocturne, afin d'éventuellement recevoir davantage de ses précieux conseils. Mais avant cela, je m'arrêtais à la hauteur d'Ours Élancé, sans rien dire. Simplement pour marquer le fait que je l'avais écouter, et que même si je n'approuvais pas ses paroles (en tant que Piccaninny), je comprenais sa position. Mais restait en total désaccord avec celle-ci.


 








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Ancien Peau-Rouge
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Mar 25 Aoû 2015 - 13:37

Bulot était arrivé en retard... en retard, très en retard, trop en retard, tout ça parce que les pollens avaient mis du temps à arriver jusqu'à lui.
Bulot était un peu idiot souvent, lucide parfois, et les rumeurs qui courraient dans son clan parvenaient jusqu'à ses oreilles sans jamais entrer dans sa tête. Il ne savait pas qu'une réunion avait lieu, une grande réunion, du genre de celles qui marquaient l'Histoire avec un grand H.
Il ne connaissait pas de grande H.
Il n'aimait pas les armes.

Le faible d'esprit était parti en forêt le matin, tandis que ceux de son clan s'agitaient, prêts à partir. Beaucoup savaient qu'il ne viendrait pas. On ne lui en demandait pas trop, tant qu'il soignait tout allait bien. Il ne participait pas ou peu à la vie de la communauté mais il sauvait ses membres et ce pouvoir qu'il avait faisait de lui quelqu'un de suffisamment indispensable pour être respecté et surtout laissé en liberté.

Bulot avait suivi le chant des fleurs et du vent. Bulot avait abandonné ses plantes pour suivre sans savoir où il allait. L'herbe était piétinée, on s'asseyait sur les arbres sans leur demander leur avis, et la forêt se plaignait, outrée, outragée. Du moins c'est ce qu'il croyait. Il ne les comprenait pas parfois ses amis feuillues, plantues, noueuses et pétalées; ils glissaient à ses oreilles une plainte parfois mystiquement difficile à assimiler et son âme voyait là l'outrage et l'appel à l'aide plutôt que le désir d'attirer.

Quand Bulot déboula dans la clairière qui servait de lieu de rencontre il se sentit aussitôt angoissé. les hommes étaient partout et bien peu représentaient son clan. Il ne les connaissaient pas, ils envahissaient ses yeux et son nez, sa bouche et son esprit. Le trépassé laissa échapper un petit gémissement plaintif que le bruit des discussions noya sans difficulté. Une peau-rouge parlait, répondant apparemment à d'autres qui avaient fait entendre sa voix.
Il ne comprenait pas, ces mots humains étaient trop lourds et trop durs pour son esprit doux et louvoyant. La nature traduit pour lui, les arbres glissèrent à son oreille.
"Il s'agit de guerre... de guerre et de morts... on ne se bat plus entre clans donc l'ennemi doit être un autre. Du massacre Bulot... c'est de massacre dont on parle... des blessés, des morts, des plantes utilisées pour soigner, des arbres abattus pour faire des fléches et des bateaux, des flèches et des radeaux. Tu entends la mort Bulot ? Tu l'entends qui tourne autour de nous ?
Tu dois empêcher ça Bulot...
Empêcher ça...
Bulot...
"

La voix s'éloignait après avoir marqué son cerveau, ouvert son esprit. Bulot ne se sentait pas fort. ils savaient parler, ils étaient des chefs et des preux; il était un idiot et un pacifiste, il ne s'était jamais battu. Il faisait l'amour aux arbres et aux roseaux, chantait la nuit dans les marais, courrait le jour dans les forêts.
"Empêcher ça Bulot..."
Il ne s'approcha pas pour parler, resta là où il était vers l'arrière, laissant son regard courir sur tous ces grands peaux rouges. quand il prit la parole sa voix était enrouée et sa langue peinait à tourner, lourde et inhabituée.

"Les arcs."
Oui il commença ainsi. Il posa la main sur un grand arbre à coté... un arbre sur lequel avait grimpé un autre que lui, occupé à piller et manger les fruits. Il sentit la colère et le courage.
"Les arcs, les flèches et les massues... combien tuer d'hommes avant que eux ne tirent dessus ? Avoir poudre bruyante et choses qui crachent le fer. Des blessures que plantes pas guérir, qui rongent l'âme et entraînent  grand voyage. Pirates toujours été plus forts que nous... petites attaques de leur part ne tuer que pas grand monde et souvent ramener siens dans les clans. grandes guerres décimer nous... acte fou. Pas réfléchi. n'apporte que la mort. "
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Héron Placide
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Mer 26 Aoû 2015 - 10:41


Il était inquiet, le Héron, et son inquiétude allait en croissant. En retrait pour laisser parler les autres, il encaissait les objections sans rien dire, yeux grand ouverts, écarquillés comme ceux d’un enfant qui assisterait, sans rien pouvoir y faire, à un grave accident. Et à chaque nouvelle intervention, il voulait parler et répondre à son tour mais... il n’y parvenait pas. La tristesse, le sentiment d’urgence qui étreignait sa poitrine l’en empêchaient, le clouant au sol. Il n’avait pas la présence, le charisme de ces guerriers qui haranguaient. Il n’était qu’un orphelin, un idéaliste naïf terrifié par la simple idée de violence.

Pourtant, il observait.

Quand ce fut au tour de Harfang de se lever, il la reconnut dans sa méfiance, sa vivacité. Leurs idées étaient différentes, cela n’empêchait pas Héron de l’apprécier. Il voulut l’apaiser, tenter. Mais l’ambiance était déjà électrique, il resta en retrait.

Peu après, un homme au visage de squelette s’était présenté. Héron le reconnaissait comme le chaman des Piccaninny mais ne se souvenait plus de son nom. Sa présence, impressionnante et porteuse d’un calme froid, amenait à ses mots un poids certain. À lui, l’Anxieux ne put rien répondre : son esprit bon mais lent dut se concentrer sur ses paroles, sibyllines. Il voulait les comprendre mais mettrait du temps.

Songeur, il vit avec horreur la guerrière qui avait la première fois pris la parole planter son arme au sol - signe évident de guerre. Mais s’ils se battaient... il y aurait du sang. Des morts. Au nom d’une vengeance - un concept qui le dépassait totalement. Mais que pouvait-il dire qu’il n’avait déjà dit ? L’Anxieux se sentait démuni face à la rage des siens et des autres. Pire : il se sentait perdre pied.

Il y eut une nouvelle intervention, d’un Peau-Rouge qu’il connaissait : Ours Élancé, un dresseur de mustangs qui lui avait, plus d’une fois, dérobé sa précieuse flûte. Héron Placide craignit qu’il n’appuie les propos des guerriers mais ses paroles furent sages, faisant écho à l’un des arguments qu’il avait avancé. Étonné mais encouragé, l’Anxieux adressa à l’Ego un regard reconnaissant. C’était bien peu de choses, il ne pouvait faire plus. Mais les paroles d’Ours suffisaient à lui redonner un peu de courage, à lui faire redresser la tête.

S’ensuivit l’intervention de deux Piccaninny. L’un d’entre eux s’adressa directement à Ours en contrant ses paroles alors que l’autre - Puma Sanguinaire, leur terrible Chef - approuvait les dires des guerriers, plantant à son tour son arme au sol. Et Héron les regardait faire, à nouveau absent. Son pauvre esprit tournait à plein régime, cherchait une solution. Il jeta un regard au Chaman des Piccaninny - Boa Nocturne était son nom, il s’en souvenait à présent : avait-il rêvé ou ce dernier ne s’était pas réellement prononcé en faveur d’une guerre ? Il ne savait pas, tout cela était compliqué. Comment ne pas se battre, comment se défendre ? Le fallait-il vraiment ? S’ils laissaient faire les Pirates, ces derniers les décimeraient-ils réellement tous jusqu’au dernier ?

Non, Héron ne pouvait le croire.

Il y avait du bon en ces hommes, il en était persuadé.

Une autre voix s’éleva plus loin, faisant écho au flot peiné de ses pensées. Et - alors qu’il l’écoutait - le Héron hochait la tête, en accord avec l’être étrange mais sage qui venait de s’exprimer. Cette intervention - couplée à celle d’Ours Élancé et à ce qu’il avait cru comprendre des paroles du Chaman - le poussa à s’avancer une fois encore.

Digne, le Héron. Et frêle dans sa carcasse d’oiseau blessé. Et au regard droit, triste mais... si déterminé.

- Si nous partons en guerre maintenant, des gens vont mourir. Des Pirates, certes mais aussi des nôtres. La guerre appelle la guerre, les Hommes ne savent combattre le feu que par le feu : lorsque les Pirates riposteront, leurs armes causeront des dégâts irrémédiables parmi les nôtres. La plupart des êtres présents ici périront, sans plus de chance de pouvoir tenir ceux qu’ils aiment dans leurs bras. Quant à ceux qui survivront, ils seront blessés ou verront leurs proches disparaître. Et tout cela dans quel espoir ? Celui de les tuer tous, de leur infliger le plus de souffrance possible ?

C’était étonnant, presque violent tant il ne s’y attendait pas, pourtant le fait était là : sa voix s’était élevée soudain, teintée d’une colère flamboyante comme le Grand Brasier. Et le regard du fils du Chef - fils saturé, fils désespéré - s’était nimbé d’ombres alors qu’il prenait à témoin chacun des Peaux-Rouges qui s’étaient levés.

- Quand nous arrêterons-nous, quand s’arrêteront-ils ? Lorsque toutes les peaux seront déchirées, qu’il ne restera pour survivants que ceux qui auront mieux su faire disparaître d’autres êtres vivants ? Déclencher cette guerre n’est pas dans l’ordre des choses. Nous ne sommes pas attaqués en ce moment : crier au meurtre n’est pas utile à notre survie. Ici, il ne s’agit même pas de nous défendre...

Inspirer. Il vacilla soudain, l’Anxieux, sous le poids de sa colère et de son impuissance. Mais il n’en avait pas fini, pas totalement. Alors il respira profondément, se campa sur ses deux jambes et releva la tête. Cela lui faisait mal, d’être là. Il ne s’en rendait compte que maintenant. Mais il ne pouvait pas les abandonner, pas avant d’avoir prôné, jusqu’au bout, la paix.

Ce fut donc d’une voix souffrante mais ferme qu’il asséna ces derniers mots :

- De cette guerre, nous ne récolterons que désolation. La violence ne guérira rien, elle ne fera qu’empirer nos pertes et causera la mort d’innocents. Sur un champ de bataille, personne ne pensera à épargner qui que ce soit car la peur dominera. Ce n’est pas ce que je souhaite ni à mon peuple ni aux vôtres... ni même aux Pirates. Ce n’est pas ce que je souhaite à quiconque.

C’était tout, son amertume avait parlé.

Il était si rare qu’il la laisse s’exprimer.








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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Mer 26 Aoû 2015 - 21:59

Pendant un instant, un fol instant, Hyène crut que l'Invincible refusait de mener la guerre.

Nous pensons tous la même chose : une guerre n'est pas souhaitable.

Le palpitant battait sourdement aux oreilles de la chasseuse. Bien entendu que tout guerre était souhaitable. La guerre rythmait la vie de chaque Piccaninny. Elle était leur source première, l'origine même de leur existence. Ils naissaient guerriers, et mouraient en tant que tels. Les yeux écarquillés, Hyène Ricanante suivait du regard les mouvements de Puma Sanguinaire. Les paroles que prononcèrent le chef résonnèrent jusqu'à elle, se frayèrent un passage dans les réseaux labyrinthes de son esprit.

Nous avons à terminer celle qui a commencer il y a bien trop longtemps, et qui n'a jamais vraiment cesser.

Le regard du chef accrocha le sien. L'ombre du puma engloutit la hyène toute entière. Si violence il y avait dans le regard de l'Invincible, elle était non pas dirigée vers la chasseuse. Pour cette dernière il n'y avait que de la fierté. De la noblesse.

Sous la puissance du regard du Puma, Hyène redevint petite fille. Son orgueil se flattait d'un tel échange. Même dénué de parole, il demeurait immensément riche. Son cœur se gonfla lorsque l'arme du chef rejoignit la sienne.

Le patriarche avait parlé. Les Piccaninny marcheraient sur le sentier de la guerre.

Bien entendu les voix de la paix voulurent se faire entendre. D'abord par la bouche d'un jeune indien, que Hyène ne connaissait guère, puis par celle de Héron Placide. Contrairement à son nom, le Delaware se révéla fougueux. Déchaîné par la volonté de sauver les pauvres âmes égarées. Ses paroles sauraient, probablement, toucher nombre de spectateurs. Néanmoins, pour Hyène, c'était une cause perdue.

Lorsque Héron eut fini sa diatribe, la Peau-Rouge leva la main, faisant comprendre qu'elle voulait parler à son tour. Se rapprochant de Héron, elle posa sa main sur son épaule. Doucement. Comme si elle devait l'apaiser.

« C'est ton choix d'pas faire la guerre. J'le respecte. Je t'emmène pas de force. Alors respecte aussi l'choix des autres. Surtout c'lui d'un chef. »

Après avoir tapoté l'épaule de Héron, Hyène se recula, prenant quelques instants pour se replacer au centre du cercle.

« Chacun est libre de ses décisions. Vous voulez pas faire la guerre ? Y a pas de lézard. Mais l' chef de ma tribu a parlé. Je suivrais donc sa décision parc' qu'on va pas contre l' chef. »

En toute franchise, cette situation l'arrangeait beaucoup. Oh, pour sûr, elle allait risquer sa vie. Peut-être même la perdre. Ou, même, elle finirait avec le cadavre exsangue de son époux dans les bras. Sauf qu'elle ne pleurerait pas sur son dépouille, ne s'arracherait pas les joues avec ses ongles. Elle accepterait, et sera même honorée que son époux soit mort sur le champ de bataille. Comme un guerrier.

Le sourire de Hyène s'étira, dévoilant ses dents.

« C' pas tout ça, mais Mamba nous a ramené de la barbaqu'. La nourriture, ça s'perd pas. »

Délaissant le cercle à qui voudrait parler, la chasseuse alla ramasser les lapins ramenés. Trouvant une place auprès d'Ours Élancé, elle s'assit là en tailleur, sans plus de façon, et commença son ouvrage. La lame coupait, cisaillait la chair, les muscles, les tendons. D'une main empoissée de sang, Hyène tapota la joue du dresseur de mustangs. Maculant sa peau de traces rougeâtres.

« J'suis désolé mon 'tit mais l'chef a dit qu'on f'ra la guerre. Bichonne bien les mustangs avant ton départ. »

Hyène préféra éviter, de préciser, que les mustangs en question ne reverraient peut-être pas leur dresseur. Ça portait malheur de dire ce genre de choses.
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Boa Nocturne
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Jeu 27 Aoû 2015 - 2:08



- Beaucoup de mots ont été dit.

Boa a écouté et si la plupart de ceux qui otn pris la parole sont en faveur de la guerre, d'autres tiennent bon, comme ce Delaware qui soudain montre que son humeur n'est pas que de calme. Silencieusement, Boa salue son courage. Il en faut, pour tenir tête à un grand nombre, à des gens, surtout quand ceux-ci sont impétueux comme Hyène Ricanante.

- La guerre peut-être il y aura. Mais nous avons déjà des blessures. Nous sommes plus faibles qu'avant la grande bataille.

Un regard pour Puma Sanguinaire, regard droit et franc. Fier et direct, aussi. Boa Nocturne ne cherche pas la confrontation, mais à se faire entendre. Encore que nombreux soient déjà décidés quoi qu'il arrive apparemment.

- Nos camps ne sont pas en vrai danger, c'est vrai. Les pirates ne vont pas jusqu'aux tipis, ils s'arrêtent avant. Et sinon, nous les chassons. Les Pirates nous attaquent souvent, mais nous renforcent aussi. Ils sont l'Ennemi, celui qui uni les tribus.

Lentement, Boa lève le bras et désigne l'assemblée toute entière comme pour appuyer ses dires. Aujourd'hui, ici, oui ils sont tous réunis. Pour finalement s'arrêter sur Bulot Sympathique, le dernier arrivé. Comme pour l'intégrer un peu mieux à ce débat dont il n'a pas vu le début. Chez lui aussi il y a de l'ardeur à défendre la vie. Boa se demande. L'ordre des choses, serait-ce de combattre une fois pour toute ? Une voix intérieure lui souffle que cette idée en elle-même est un non sens. Les pirates ont toujours été. Ils seront toujours.

- La Mort n'est pas à craindre pour notre Peuple, pas plus pour nos guerriers que pour moi. Mais le combat doit être préparé s'il doit y en avoir un. Nos plaies sont fraîches. Courir trop vite contre les cracheurs de feu sera notre fin, comme le gibier perdu se jette dans la gueule du loup. Patience mes frères. Attendons d'être plus forts, et que les esprits nous soient favorables.

Boa observe les pacifistes maintenant, avec un mélange de détermination et de fatalisme. Pas d'animosité contre eux non plus, on pourrait presque croire qu'il comprend leur point de vue sans y adhérer totalement.

- On ne change pas le tigre en chaton. Mais personne ne demande au chaton de devenir tigre. Pour l'équilibre du Grand Tout, les deux doivent être là et se côtoyer. Boa Nocturne a parlé.

Et de nouveau il se tait.
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Ancien Peau-Rouge
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   Sam 29 Aoû 2015 - 1:03

Merle n'avait d'yeux que pour Héron. Il avait écouté les échanges dès l'intervention de la guerrière Piccaninny, celle qui avait appelé à la guerre. Il l'avait écouté gâcher la fête. Car c'était le cœur gai que Merle s'était rendu au Bois Joli pour assister au rassemblement. La paix, c'était tout ce qu'il avait toujours souhaité et, comme l'avait d'abord souligné Héron, puis Boa Nocturne à l'instant, les Peaux-Rouges se relevaient à peine suite à la Nuit qui leur avait arraché tant de frères. N'était-ce encore que son idéalisme qui l'avait laissé croire que personne ne prendrait donc en compte les paroles de la guerrière ? Il aurait cru qu'il ne s'agissait que de bon sens. Son cœur s'était serré en entendant Héron mentionner leurs pertes récentes. Il s'était serré pour Héron, fils de chef, fils sans père. Et il avait pensé à Grive, sa chère Grive. Non, Merle n'avait pas envie de se battre, il luttait déjà pour ne pas se laisser abattre.

Si les prises de position des guerrières Delaware ne l'étonnèrent pas puisqu'elles étaient, précisément, des guerrières, Merle fut surpris de voir ce Piccaninny impertinent, Ours Élancé, énoncer sans honte son opinion contraire à celle de la majorité de sa tribu, mais si similaire à la sienne. Il éprouva un élan de sympathie à son égard. La plupart des Piccaninnys le mettaient mal à l'aise. Jamais il ne comprendrait leur amour de la guerre, pas même leur amour de la chasse. Il grimaça lorsque Mamba Corrosif déposa ses prises toutes fraîches non loin de lui, détourna carrément le regard lorsque la Hyène se mit à les dépecer. Et son regard se posa sur leur chaman. Merle appréciait son apprenti, Capricorne Silencieux, mais même à son égard il éprouvait une certaine réserve. Parce que comme les autres membres de son clan, il tirait son pouvoir de l'abattage d'animaux. C'était un prix que Merle n'aurait jamais pu payer, pensait-il, et ses difficultés occasionnelles à s'intégrer à sa propre tribu lui paraissaient moindres, lorsqu'il imaginait ce qu'il en aurait été s'il était né chez les Piccaninnys. Pourtant, Boa Nocturne ne lui évoquait rien de tel, rien de violent, rien de sombre. Il l'impressionnait, comme Corneille Ardente, par sa sagesse et son air d'avoir vu bien au-delà de ce que Merle pouvait même imaginer. Comment oser se prononcer après cet être si réfléchi ? Merle n'était qu'un apprenti bien loin d'avoir fait ses preuves, qui doutait constamment de lui, qui n'était pas même certain de ses propres opinions.

Mais Héron avait osé, lui, prendre la parole. Il s'était même montré sous un nouveau jour. Merle avait remarqué le changement plus tôt, bien entendu, il n'aurait pas pu en être autrement après la mort de Paon Chamarré. Plus que jamais le Sobre aurait voulu prêter son épaule à son ami, et plus que jamais celui-ci s'était renfermé. Merle ne savait plus comment lui exprimer son soutien. Malgré lui, il s'était distancé du Héron, parce qu'il n'avait pas pu se résoudre à aller s'épancher sur ses propres peines dans cette situation. Or, cela avait toujours été ainsi, en se confiant à lui, qu'il avait su l'approcher. Peut-être s'exprimer maintenant serait une occasion de lui montrer qu'il était toujours là, de son côté, à ses côtés. Il s'avança et se plaça à la gauche de son frère orphelin. Sa voix n'était guère assurée lorsqu'il osa prendre la parole. Juste après « Boa Nocturna a parlé ». Merle Oisif allait parler et il se sentait comme un oisillon à peine sorti de l’œuf. Sa seule stratégie serait l'honnêteté.

Il y a de la sagesse dans vos paroles à tous, et j'éprouve un grand respect pour vous, commença-t-il, son regard s'attardant en particulier sur Puma Sanguinaire, Boa Nocturne, Harfang Cendrée et, moins consciemment, sur Bulot Sympathique, dont l'intervention lui avait semblé sage aussi malgré ses étranges façons. Mais je ne pense pas que qui que ce soit ait absolument raison. Je ne souhaite pas la guerre, je ne souhaite pas participer au massacre d'autres hommes. Je ne souhaite pas non plus voir les membres de ma tribu décimés sous les coups des pirates. Le seul Huron ayant pris la parole – il désigna Bulot Sympathique – a raison : les attaques ponctuelles des pirates sont moins mortelles que le serait une guerre ouverte. Même à long terme. Et je suis d'accord avec toi, Boa Nocturne – Merle inclina la tête avec humilité, n'osant croiser son regard que brièvement –, leur existence fait partie de l'équilibre de nos vies, de l'île. En admettant que nous les détruisions jusqu'au dernier, un nouvel ennemi au moins aussi redoutable prendrait leur place. Il existera toujours un danger. Et nous avons tous aperçu pendant la longue Nuit le genre de danger méconnu auquel on se retrouverait immanquablement confrontés. Si ce ne sont pas les pirates, ce sera les monstres, et si ce ne sont pas les monstres, il y aura autre chose.

Merle sentait la chaleur empourprer ses joues et sa bouche était sèche, pâteuse, mais il avait gagné une certaine confiance maintenant qu'il avait osé prendre la parole. Exprimer ses pensées lui permettait d'y mettre de l'ordre. Il lança un regard dur, mais pas hostile, à ceux qui s'étaient prononcés en faveur de la guerre.

S'il n'y a plus d'ennemi commun, peut-être même finirions-nous par nous entre-tuer, jusqu'au dernier.

Cela lui brisa le cœur d'y penser, mais il sentait, il savait que c'était la vérité. Sa main droite chercha celle de Héron, cherchant autant à lui apporter du réconfort qu'à en recevoir de sa part, suite à cette déclaration si dure. Il voulait croire qu'un monde de paix absolue était possible, un monde où les pirates et les Paux-Rouges seraient alliés... Mais alliés contre quoi ? Boa Nocturne avait raison, la préservation de l'équilibre impliquait un ennemi. Pourquoi toutes les créatures ne pouvaient-elles pas se contenter de vivre en paix ? Merle avait l'impression que quelque chose s'était brisé en lui, lorsqu'il avait admis ceci comme une évidence. Quelque chose de son enfance.
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MessageSujet: Re: La hache de guerre - Ouvert aux Peaux-Rouges   

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