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L'Ombre
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MessageSujet: Le Vague à l'Âme    Sam 22 Mar 2014 - 15:19

Le Vague à l'Âme




L'Esprit Océan était en colère. Contre les hommes, contre ses deux-pattes insolents, irrespectueux et profondément sales. Leur âme même était sale. Lui savait que ces pauvres mortels étaient tous nés de la mer. A l'origine du monde, à l'origine de la vie se trouvait l'eau, son eau, de laquelle chaque être vivant trouvait sa source. L'homme n'était homme que grâce à lui. Et la seule façon que ledit homme avait trouvé d'exprimer sa reconnaissance, c'était cet irrespect enraciné, décuplé chaque siècle d'avantage, et transmis aux générations comme un gène maudit. Déchets, pétrole, produits chimiques se déversaient chaque jour un peu plus dans ses eaux ancestrales et pures, souillant son habit, empoisonnant ses enfants.

L'Esprit Océan était en colère, oui. Mais plus encore, il était blessé. La pollution des hommes était une flèche toxique plantée en son cœur. Il craignait, il craignait pour ses filles. Il avait raison. Pour la première fois, une fille ne sut pas naitre. Le choc était tel que l'Esprit Océan fut sur le point de recouvrir la terre entière de son manteau aquatique, tsunami planétaire et dévastateur. Les hommes devaient payer. Les hommes devaient mourir.

Mais d'abord, il devait annoncer la nouvelles à ses filles. Il devait les rassurer, les consoler, et surtout les réunir. Chacune devait être présente pour dire adieu à leur cadette, mort dans l’œuf avant même d'éclore. C'est lui qui l'avait senti. Son regard aussi invisible qu'impénétrable scrutait la coquille noircie de son enfant. La petite sirène avait été étouffée en son intérieur, intoxiquée par la souillure des hommes. Sa perle avait pâlie, puis s'était craquelée, et avait fait apparaitre le corps juvénile d'une toute jeune sirène. Corps mort. Jamais encore l'Esprit Océan n'avait accouché d'un enfant mort-né.

Il appela ses filles, toutes ses filles. Qu'elles fussent jeunes ou anciennes, simples ou doyennes, solitaires ou soudées, gaies ou mélancoliques. Aucune ne saurait ignorer l'appel de leur père. Une complainte profonde résonna dans l'Océan tout entier. Chacune comprit qu'une chose très grave s'était passée. Chacune viendrait, aux côtés de leur père, leur dieu. Chantant, pleurant pour leur sœur disparue avant même d'ouvrir les yeux. Leurs larmes grossiraient la mer qui s'agiterait, grise, noire, dévorée de douleur.



Ce RP permet d’introduire votre personnage et ne concerne que les sirènes. Anciens comme nouveaux peuvent y participer, mais il ne s’agit pas d’un RP de groupe, aussi une seule réponse doit être donnée. La lecture des post précédents le vôtre n’est pas obligatoire. Il s’agit avant tout de faciliter l’intégration dans l’univers.




Dernière édition par L'Ombre le Dim 7 Juin 2015 - 16:21, édité 3 fois
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Ancienne Sirène
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MessageSujet: Re: Le Vague à l'Âme    Sam 22 Mar 2014 - 15:47


Un appel, plus puissant et plus profond que n'importe quel autre ébranla l'esprit de la sirène. Son père l'Océan, venait de lancer un message à travers son immense corps marin, la touchant directement, au plus profond de son coeur. Quelque chose venait de se produire, un événement suffisamment grave et important pour qu'un esprit, aussi vieux et aussi détaché que son créateur, lance une sommation à toutes ses filles. Ce cri, raisonnant à travers les vagues, était si fort qu'il arracha brusquement Aigue-marine à l'obsession de sa vie. Le choc de l'appel la figea, alors même qu'elle s'apprêtait à dévorer un bout de marin qu'elle avait tué quelques jours auparavant. Sans un mot, sans même réfléchir, elle su qu'elle devait se rendre au près de ses soeurs, immédiatement. Laissant son repas tomber à terre, Aigue-marine se lança dans l'eau, prête à rejoindre le lieu de rassemblement.

Quand enfin la sirène atteint sa destination et que la raison de cette étrange réunion se révéla à elle par la vision d'une perle noire craqueler, les larmes se mirent immédiatement à couler. Une de ses soeurs venait de mourir, mourir avant même d'avoir vécu, avant même d'avoir pu ressentir la joie de nager, de se promener sous les eaux ou encore de chanter. Une tristesse sans nom emplit sans invitation l'être d'Aigue-marine. Devant la violence de ses sentiments à l'égard de cette perle noire, la sirème se mit à gémir, incapable de retenir les cris de douleur qui lui sortaient de la poitrine, la faisant souffrir à chaque fois un peu plus, irritant sa gorge et son coeur. La mort de cette enfant la touchait au plus profond de son coeur, titillant la corde maternelle déviante qu'elle possédait. Devenir mère elle-même était une chose, manger les enfants des autres une autre, mais voir une fille de son espèce ne jamais voir la lumière du jour, voilà qui était un acte sans nom, d'une immondice impardonnable. Pourquoi, pourquoi l'enfant n'avait-elle pas réussit à naitre ?  Cela ne pouvait être la faute de son père, l'Océan prenait soin de ses filles, de chacune d'elles. Qui pouvait bien avoir commit un acte aussi ignoble ? Le monstre à l'origine de l'horreur qui se trouvait devant ses yeux méritaient de payer pour ses actes. Mais pour le moment seules ses larmes et ses gémissements occupaient la sirène alors qu'au milieu de ses soeurs elle pleurait cette fille morte-née.
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Ancienne Sirène
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MessageSujet: Re: Le Vague à l'Âme    Sam 22 Mar 2014 - 22:25



    Une douleur vive dans le cœur. Un sanglot, un gémissement, je ne pu réellement saisir ce qu'était ce son, mais je savais de qui il venait. Notre père l'Océan avait lancé une complainte à l'intention de toutes ses filles. C'était bien la première fois que j'entendais notre père nous appeler ainsi. Un appel insoutenable porteur de mauvaises nouvelles, j'en avais bien peur. J'avais le ventre noué, et aucune envie de me rendre à l'endroit à nous devions aller. Où était-ce ? C'était notre instinct qui nous le dirait, pour sûr. Un frissons secoua l'intégralité de ma colonne pour se prolonger jusque dans mes arrêtes. Je lâchai mon huître perlière, celle que j'essayai désespérément d'ouvrir pour en récupérer mon bien ; la perle. L'huître coula au fond de l'océan du coup.Je me laissai guidée par mon instinct, vers le lieu qui m'offrira un spectacle que je ne voulais pas voir. Je n'étais pas curieuse, tout de suite, ayant plutôt bien déchiffrer le message de mauvaise augure de Père. Mais il fallait y aller. Ma nage était silencieuse, et déjà je pouvais entendre la plainte d'une de mes sœurs. Une chose effroyable était arrivée. J'avais peur, mon estomac était noué, les courants froids que je traversai animaient plus encore mes tremblements... J'arrivai sur les lieux, et mon cœur se serra davantage. Lorsque je vis cette petite perle noire craquelée, je ne compris pas tout de suite. Mon souffle en fut coupé. L'Océan avait mal, nous avions toutes mal, car nous avions une petite sœur qui ne verra jamais le jour, la couleur des coraux ou celle du ciel. Elle était morte, étouffée dans sa perle. On l'avait assassinée. Mes pleures raisonnèrent avec ceux de mes sœurs. Le cœur lourd, les larmes toutes aussi lourdes et à s'en faire saigner les cordes vocales. Si notre chant de tristesse n'atteignait pas encore la surface pour se propager sur l'île entière, cela ne saurait tarder. Nous n'étions pas encore toutes réunies. Nous avions perdu un être cher, qui n'avait même pas eut le temps de découvrir les joies de l'océan. Ma tristesse était grande et profonde. Mais la haine grandissait en moi. Il fallait venger notre petite sœur, par n'importe quel moyen. Faire souffrir les meurtriers, autant que nous souffrons actuellement. Nul n'avait le droit de blesser notre Père de la sorte. Personne.

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MessageSujet: Re: Le Vague à l'Âme    Mer 26 Mar 2014 - 18:51


L'appel. Il est là.

Ses tentacules se tordent et convulsent. O est cachée, tapie au fond de l'eau, à fleur de corail. Des pointes de cheveux jusqu'à la moindre parcelle de peau, elle est noire. Noire d'abysse, noire de deuil, noire de haine. L'Océan pleure sa fille manquante et crie sa souffrance à toutes les autres. Pleurez avec moi, mes filles. Partagez ma peine. Plus que quiconque, la doyenne en ressent l'impact. Ses tripes se nouent comme un étau et l'achèvent de douleur.

L'Océan pleure, et O avec lui.
L'Océan hurle, et O avec lui.
L'Océan réclame vengeance, elle sera la première à prendre les armes.

Déchiqueter Broyer Ronger Détruire Annihiler Disséquer Écarteler Exterminer Ravager Noyer Etouffer Massacrer Eviscérer Tuer

Ses yeux, pour une fois, ne sont pas emplis de sereine quiétude mais bel et bien écarquillés de Haine pure. Vengeance ! Un violent frisson la parcourt. C'est presque un spasme, tant elle en tremble. L'appel. Et ce leitmotiv d'émotions, comme une ritournelle malsaine qui la hante encore et encore et encore et toujours. Ces maudits Debouts au coeur pétrolé paieront mourront et verront leur déchéance, elle les étouffera, les noiera, les submergera lentement. Inexorablement. À l'image des marées, à l'image de l'Océan.

Il convoque ses filles, O se fait son héraut et joint sa voix à la Sienne. Implacable et furieuse, elle transmet à ses cadettes l'appel de leur Père, la souffrance devant l'innommable, l'amputation par cette absence, la rage à l'état brut. C'est comme un passage à tabac : sans avertissement et sans délicatesse.

Pleurons notre soeur, et vengeons-là dans leur sang.

Deux yeux noirs pour contempler le monde et souhaiter sa perte. Deux tâches d'encre pour anticiper celle-ci et s'en réjouir avec cette hargne propre à la douleur. Un regard à l'humanité morte qui refuse de céder et de se détourner. Ne pas oublier. Ne pas céder face à cette perte, ne pas baisser la nuque. Cette plaie est trop béante pour être ignorée. Elle la marque trop à vif, comme si c'était son propre flanc dont la vie s'écoulait.

C'est la mort des temps heureux.

O se déplace, amplifie sa haine et sa douleur. Elle en inonde les esprits de ses soeurs, de chacune d'entre elles qui est à portée. Mourir avant même d'avoir vécu, s'éteindre sans avoir pu briller.. Les pétroleux paieront. Elle purifiera le monde de leurs existences qui le souillent sans honte ni pudeur.

Ses crocs se dévoilent. C'est une promesse de Mort. Tapie dans l'ombre, O rampe de roche en corail comme une menace de guerre qui gangrène les fonds marins.

Un remous. Un mouvement silencieux. L'ombre se propage.

O, pleine de fiel, veut s'enfoncer davantage au coeur de l'Océan. Mais elle voit ses soeurs réunies, plus haut. Et s'arrête. Non. C'est auprès d'elles qu'est sa place.

La peau endeuillée. L'âme effeuillée de toute sérénité, sombre comme sa carnation d'abysse. La Doyenne s'avance, digne dans la Peine.
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Ancienne sirène
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MessageSujet: Re: Le Vague à l'Âme    Jeu 27 Mar 2014 - 22:51



LOOK EVERYONE THIS IS WHAT HATRED LOOKS LIKE WHAT IT DOES WHEN IT CATCHES A HOLD ON YOU IT'S EATING ME ALIVE & FEAR AND ANGER ONLY MAKE IT GROW FASTER

Je l'avais senti, de toute façon. Ces frissons qui parcourent ma peau nue m'amènent loin dans mon gouffre et ma tristesse. Mais je ne me sens pas vide, plutôt intriquée, même si cette sensation me fait terriblement mal. Il y a un étrange sentiment de satisfaction dans cette douleur qui découpe mon être en petites partie.

Cette sensation qui me force à me lever de mon triste rocher, et de délaisser mon pirate dont les histoires m'ennuient au plus haut point qui me servira sûrement de déjeuner, elle me fait mal. Je sais pourtant ce que c'est : c'est l'appel enragé de mon père, l'Océan. Mais il n'est pas habituel. Il se fait lourd, persistant, alors que mon propre crâne menace d'exploser sous la pression de l'eau et de sa nouvelle étrange odeur. Cela ne fait qu'une centaine d'années qu'elle est comme ça, mais je la sens plus forte aujourd'hui, dans l'étrange tristesse de l'océan si animé à l'ordinaire.

Quelque part, je n'ai pas envie de plonger mon être réchauffé par le soleil dans l'eau qui me refroidira : je sais que je fil qui tend vers les profondeurs ne signifie rien de bon. Quelle lâche je fais, vouloir fuir à la place de voir ce qui m'attend au bout du chemin, et pourtant, mon corps file tout de même à toute vitesse vers la source, se frayant un étroit passage entre mes amis paniqués.

De toute façon, je l'avais déjà senti, ce n'était pas une bonne odeur. Et j'avais raison. Alors que toutes les filles de la mer pleurent dans l’étreinte de notre père, je m'y abandonne aussi en voyant la coquille fendue de la perle dans son coquillage.

Fascinée par la mort... Certes, mais pas quand c'est l'une des nôtres. Je rejoins les bras aigris de notre doyenne et pose ma tête sur ses épaules, comme si elle pouvait faire quelque chose pour cette coquille fendillée. Ma voix déjà habituée à la mélancolie se fait entendre parmi les peines.

Réaliser le deuil d'un être que l'on n'a même pas connu, d'un bourgeon qui n'a pas pu éclore, c'est une des choses des plus horribles. Alors je ne verrais pas cette nouvelle sœur nager parmi notre petite communauté... Et je n'y crois pas. Je lâche O et me met à crier de désespoir, en plus de toute cette peine, se rajoute la douleur de notre père. Immense, profonde : un peu comme celle de ses enfants et des garnements qui ont proféré cette abomination.

Je sens un air de vengeance dans l'eau, mais mon être n'en veut pas. Mon être veut de la vie, il veut que cette vie sorte de la coquille pourtant ouverte. Mais je le sais : ce n'est pas possible.

Morte-née. Quelle contradiction...



CODE (c) MEI SUR APPLE SPRING
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MessageSujet: Re: Le Vague à l'Âme    Mer 28 Mai 2014 - 2:25

Quelque chose. Quelqu'un. L'absence de quelque chose. L'absence de quelqu'un. Celle qui aurait dû être là. La joie. L'allégresse. Le bonheur simple, le bonheur pur qui réchauffe un cœur. Le bonheur simple, le bonheur pur, d'accueillir une sœur. Alors pourquoi ? Pourquoi toutes ces choses n'étaient pas là ? Pourquoi ne ressentait-elle qu'une colère sourde et violente ? Pourquoi ses larmes coulaient, amères, le long de son visage figé par la tristesse ? Pourquoi son cœur battait la chamade d'une haine ardente et insoutenable ? Pourquoi était-il froid de ne plus réussir à battre ? Elle ne comprenait pas. Non. Elle ne voulait pas comprendre. Elle ne le croyait pas. Non. Elle ne voulait pas le croire. Cela n'avait pu arriver. Cela n'aurait dû jamais arriver.

Elle entendait sa voix, hurlante et silencieuse, violente et désespérée. Les eaux s'agitaient, alors qu'il l'appelait à lui, son Père, leur Père à toutes. Quittant son antre, poussée par le chagrin qui déchirait ses membres, elle descendit le cours d'eau de sa cachette, pleurant et enrageant, priant et maudissant. Elle ne laissait qu'une traînée sombre et sale derrière elle, mélancolique, emplit de colère et de rage. Elle hurlait sa haine au monde, ses larmes salées se mêlant à l l'eau douce de la rivière. Elle se jeta dans la mer, à la recherche de ses sœurs. Elle espérait encore, tout en sachant que cet espoir était vain. Puis les derniers fragments de sa raison s'envolèrent.

Elle s'arrêta dans sa course sous-marine, paralysée par la peur. Certaines de ses sœurs étaient déjà là. Elle ressentait en son sein le plus profond la tristesse qui les déchirait. Leur chant finit par briser son cœur, et elle éclata en sanglots, enfouissant son visage dans ses mains, griffant sa chair, mordant ses lèvres. Elle se rapprocha de sa sœur, et vit sa coquille noircie, éclatée, et son corps sans vie qui s'en était échappé. S'avançant, elle tendit une main vers elle, effleurant le corps froid de celle qui aurait dû vivre. Ses larmes n'en finissaient plus de couler, alors qu'elle prenait sa sœur dans ses bras, collant son oreille contre sa poitrine, cherchant désespérément le son d'un cœur qui bat. Alors, elle hurla, hurla sa haine, pure et noire, violente et glaciale, incapable de parler. Cela n'était pas possible, cela ne pouvait être vrai.

Elle déposa cette coquille vide, se lacérant le cœur de ses ongles déjà ensanglantés. Elle ne voulait plus vivre, elle n'avait déjà que trop vécu. Elle voulait lui donner son cœur. Elle n'en avait plus besoin. Mais subitement elle s'arrêta, pleurant en silence la tête penchée. Et comme pour la consoler, elle sentit les remous de l'Océan entourer son corps de leur chaleur, mais même son étreinte douce ne parvenait à combler l'abîme qui s'était creusé dans son cœur.

Seule la haine le faisait battre. Seule la vengeance la maintenait en vie.
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MessageSujet: Re: Le Vague à l'Âme    Lun 8 Sep 2014 - 22:08

Saphir nageait tranquillement parmi les poissons colorés de la mer, quand un appel, l'appel auquel on ne pouvait résister, retentit dans les eaux profondes. Mue par un sentiment impérial, la Musicienne se dirigea vers la source de ce cri, presque lourde et étrangement triste. Une mélancolie sans nom la plongeait dans une torpeur sombre. Sa silhouette nageant parmi les remous aquatiques étaient entourée de ses longs cheveux bleu marine, ternis quand ils étaient normalement brillants. Son père Océan l'appelait pour une raison bien triste.

S'approchant de plus en plus, Saphir sentait la détresse de ses sœurs, tout comme la sienne se faisait de plus en plus forte. Elle rejoignit enfin l'attroupement de sirènes et aperçut la perle craquelée et noircie, qui accueillait le corps d'une petite soeur. petite soeur qui ne connaîtra jamais la vie dans l'Océan. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux bleu clair et Saphir prit la dépouille de l'enfant mort-né contre elle, laissant ses sanglots lui échapper.

La Musicienne lâcha le cadavre de la créature marine défunte et se recula, préférant rester derrière ses semblables. Mêlant sa voix à les leurs, elle chanta la tristesse et le désespoir communs des sirènes, qui emplissaient la mer de leur chant mélancolique. la jeune sirène inclina la tête en direction de la surface, laissant sa chevelure couvrir la moitié de son visage. Elle abaissa ses paupières sur ses yeux expressifs mais les larmes salées continuaient à couleur sur son blanc visage, symbole de son immense tristesse.

Une soeur qu'elle ne connaîtrait pas, qui ne découvrira jamais la joie de nager à toute vitesse avec les dauphins, qui ne goûtera jamais la chair des hommes, qui ne pourra jamais se transformer en humaine à la nuit tombée, qui ne fera jamais profiter de sa voix mélodieuse au monde. Une sirène de moins dans ce monde impitoyable et merveilleux à la fois.
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MessageSujet: Re: Le Vague à l'Âme    Lun 8 Juin 2015 - 0:56

Un cri. Un cri déchire soudain le tranquille silence de mon horizon. Un appel boulversant, gonflé de sanglots et qui semble crier vengeance. Je me figeai. Délaissant mes cheveux que je coiffais, je m'élancai dans l'eau. Quelle terrible nouvelle pouvait ainsi broyer le Coeur de notre père ? L'océan tout entier semblait porter le deuil de quelqu'affreux évènement. Presque malgré moi, mon estomac se noua d'angoisse, tandis que je forcai l'allure. Une avalanche de mauvais pressentiments me submergea, alors que les Premiers échos de mes soeurs me parvenaient. Des lamentations. Je n'entendais que cela. J'eu peur soudain. Quelle horrible tragédie s'était abattue sur nous pour répandre tant de Tristesse ? Emportée par ma vitesse presque panique, je distinguai enfin les silhouettes de mes soeurs. C'est la première fois, me semle-t-il, que nous sommes toutes ainsi réunies. Je m'avancai, presque hésitante à présent, regardant autour de moi Avec inquiétude. Vers moi ne se tournaient que des figures éplorés, les yeux gonflés de larmes, les cheveux épars et le visage dévasté. Oui, la nouvelle était vraiment mauvaise, pour que notre beauté légendaire s'efface devant elle. C'est alors que je la vit. La cause de tant de Tristesse, l'Inconcevable. Une perle noire craquelée. Je restai figée. De stupeur, de douleur, de rage. Cela ne pouvait pas être, cela ne devait pas être. Une de mes soeurs, morte avant même de naître ! Morte avant d'avoir vécut, avant d'avoir pu nager Avec les poissons, avant d'avoir senti l'air frais de la Surface sur son visage. Comment était-ce possible, comment était-ce imaginable ?! Je senti la douleur me submerger et deux grosses larmes roulèrent le Long de mes joues. Mais ce fut tout. J'étais trop douloureusement heurtée pour avoir le Courage de joindre mes plaintes à Celles de mes soeurs. Non, outre la douleur, ce spectacle fit naître en moi un sentiment dévastateur qui emplit soudain tout mon Coeur, au Point de le faire presque exploser. De la haine. Une haîne incommensurable Envers les auteurs de ce crime atroce. Oui, je fus soudain prise d'une envie de vengeance terrible, je n'avais pas le Coeur à pleurer, je me devai de venger ma soeur.Quelqu'un devait payer pour cet acte odieux. Je détournai les yeux du lamentable spectacle que toutes regardaient Avec douleur pour les tourner rageusement vers la Surface. Les hommes. En ce Moment, j'aurai voulu pouvoir tous les faire disparaître, rayer cette race maudite du monde. Encore les hommes. Mais ne faisaient-ils donc que semer désolation et Malheurs, ces maudites créatures, cette erreur de la nature ?! Devaient-ils briser, ravager et massacrer tout ce qui se trouve à leur portée ? N'en auront-ils donc jamais assez ?! Toujours les hommes. Comment une espèce aussi sinistre pouvait-elle prétendre gouverner le monde ? Ils avaient osé tuer une des miennes! S'en prendre à nous, le peuple de la mer, à lui l'Océan, celui qui est à l'origine de toutes choses !! N'en pouvant plus de rage et de douleur, je me détournai brusquement de mes soeurs et allai chercher l'apaisement dans quelque sinistre et sanglant festin.
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MessageSujet: Re: Le Vague à l'Âme    Lun 27 Juil 2015 - 1:09


Elle était en train de dormir, lorsque cela se produisit. Elle dormait en serrant contre elle le cadavre éviscéré de l’une des siennes, au fond d’un abysse obscur et loin, si loin des autres Sirènes. Pourtant elle l’entendit comme tous les autres, cet appel monstrueux. Ce cri terrifiant qui balaya tout, même la Faim et la tendresse qui se mêlaient en elle.

Elle s’était alors redressée, la Famélique. Yeux grand ouverts dans les ténèbres, elle avait lâché le corps pourrissant comme un enfant se serait séparé de son doudou préféré. Et lorsque le chant d’O se joignit à celui de leur Père, elle s’éleva, vide de pensées. Monter, juste monter. Cesser d’avoir Faim, avoir juste mal. D’un mal nouveau qui la rongeait, qui lui bouffait les entrailles. Tout se serrait en elle, elle nageait pliée. Inquiète, si inquiète. Muette, gorge serrée.

Elle ne comprenait pas et ne pas comprendre... oh, elle l’aurait tant préféré.

C’était rare, qu’elle se retrouve ainsi avec ses soeurs. Elle la bannie, elle le monstre. Mais la peur d’elle n’était plus à l’ordre du jour, seul comptait le chagrin. Et la Haine, dirigée contre une autre espèce, une autre horde.

Des sauvages, ils n’étaient que des sauvages. Alors qu’elle s’approchait de la perle noirâtre et que des larmes d’encre coulaient de ses prunelles, la Famélique se sentit alors si étrangement triste. Si saine en comparaison de ceux qui l’avaient tuée ainsi. Morte dans l’oeuf, petite soeur qu’elle ne pourra jamais traquer. Oh, ce n’était pas parce qu’elle-même était meurtrière qu’elle ne pouvait pas l’aimer.

Elle les aimait tant, ses soeurs. C’était là tout le problème.

Elle aurait tant voulu la toucher, caresser la perle dans l’espoir de lui rendre vie. Mais ses mains étaient crispées, souillées de larmes et de sang. Elle ne pouvait pas se le permettre. Elle n’en avait pas le droit, ne savait rien guérir. Elle était si ancienne, Encre. Et jamais elle n’avait vu de chose pareille. Elle était si ancienne, et c’était la première fois qu’elle voyait une vie ainsi assassinée par l’erreur humaine.

Oh, elle les haïssait tellement.

Joignant sa plainte à celle des siennes, elle rejeta la tête et ouvrit ses poumons pour livrer au monde un chant guerrier, cruel. Sa folie se nourrissait de la haine, la possédait tout entière alors qu’elle sanglotait en hurlant, que ses mains griffues venaient lacérer sa propre peau, nourrissant l’Océan d’un sang noir.

Et elle riait aussi, la Famélique, consommée d’insanité et de colère. Elle riait alors qu’à travers ses paupières s’était imprimé le corps de sa soeur décédée. Oh... ils avaient voulu jouer... qu’à cela le tienne...

Elle avait pris une résolution.

Ces humains-là, elle les mangerait.

Elle les BOUFFERAIT.

Jusqu’au DERNIER.








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MessageSujet: Re: Le Vague à l'Âme    Mar 25 Oct 2016 - 13:05




Un nouveau sentiment


    Elle plongea, nagea peut-être cinq ou dix minutes tant la crevasse était éloignée. En entrant, la lumière de l'extérieur n'était pas assez prononcée, de sorte que seules les silhouettes étaient perçues. C'est alors qu'un étrange poisson attaqua Abysse, qui se recula vivement et sortit de la crevasse. L'animal la poursuivi en dehors et s'arrêta, comme contemplatif. Abysse en fit de même. Cette étrange poisson, semblable à elle... N'était-ce pas une … Soudain, un chant... Un cri de peine et de désespoir. Abysse sortit de ses pensées et nagea aussi vite que possible, laissant tout derrière elle, sa quête et cet animal.Arrivée sur place, elle vit toutes ses sœurs, aucune ne manquait à l'appel, même les bannis, les rejetées. Elle voyait des sœurs qui hurlaient de rage, les yeux baignaient de pleurs. Soudain, alors même qu'elle ne savait ce qu'il s'était produit, des larmes remplissaient ses yeux jaunes. Elle rejoignit un groupe de sœurs anéanties. Et c'est là qu'elle aperçut la raison de ce chagrin communautaire. Devant elle se tenait une perle. Noir. Fissurée. Morte. Son cœur se mit à brûler. Il voulait s'enfuir de sa poitrine. Elle aussi voulait s'enfuir, mais il fallait qu'elle reste. Pour rendre hommage à cette sœur qui ne naîtra jamais. Elle observait la perle, la tête pleine de questions, pleine de « pourquoi »... On lui dit que c'est les Hommes. Les Bipèdes, ce sont eux les monstres qui ont fait ça. Pourquoi... Dans un élan de peine, elle voulut serrer la perle contre son cœur. S'avançant vers elle, Abysse aperçut le corps sans vie de sa jeune sœur. Choc. Pourquoi … Pourquoi cette sirène n'avait-elle pas eu la chance d'ouvrir les yeux ?  Pourquoi son droit à la vie lui avait été arraché ?! Abysse était dévastée. Elle n'avait jamais ressenti une douleur pareille.Elle se recula pour rejoindre à nouveau le petit groupe qu'elle avait précédemment quitté. Les larmes ne coulaient plus, ou difficilement. Un nouveau sentiment avait imprégné son âme. Celui de la colère. C'était tout nouveau pour elle. Elle avait mal, comme si la perte de cet être avait arraché une partie de son corps. Et puis elle voyait ses sœurs détruites. Elle était en colère contre les hommes, elle était en colère contre l'univers, mais pas contre son Père. Jamais contre son pauvre Père.Ouvrant son thorax, basculant la tête en arrière, d'une voix aiguë et accablante, Abysse rejoins le chant funèbre de l'Océan.  

© Amber E. de l'Internat Sakura
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MessageSujet: Re: Le Vague à l'Âme    Mer 1 Fév 2017 - 19:43

Elle était dans un coin de la lagune, en train de chercher un nouveau coquillage à ajouter à sa collection quand soudainement elle entendit Son appel.  Celle de son Père, l’Esprit Océan, c’était bien Lui, elle n’en avait aucun doute, pourtant Son appel était rempli d’une telle tristesse, d’une telle douleur, quelque chose qu’elle ne pensait pas pouvoir venir de Lui. Qu’a-t-il put arrivé de si terrible qui mette son Père dans cet état ? Le temps n’était pas aux interrogations, pas encore ; son Père a appelé et elle doit répondre à Son appel.

Quand elle arriva au lieu où l’appel l’a guidé, elle vit toutes sœurs rassemblées autour de quelque chose, poussant des complaintes remplies de tristesse ainsi que de colère
Elle se demandait encore une fois ce qui a put donc se passer. C’est à ce moment qu’elle le vit la raison de tout cela. Tout d’abord elle aperçut la coquille, teinté d’une étrange couleur noire et ensuite, juste à coté de la coquille, le corps inerte d’une jeune sirène. Elle était morte… Pourquoi ? Elle semblait sortir tout juste de la coquille…  Ce n’était pas juste ! Elle venait à peine de naitre !  Pourquoi ??

Après un moment, elle comprit peu à peu ce qui s’est passé. Ce sont les hommes. Ils souillent la mer et à cause de cela ils ont empoisonné la coquille où leur sœur devait naitre, la tuant avant qu’elle n’ait vu le jour.
Elle entendait ses sœurs crier vengeance, poussant des clameurs de haine nourrie par le désespoir, leur voix coupées à vif par le deuil. Elle ressentit aussi la colère de son père, sombre et effrayante. Il jura de faire payer les hommes pour ce qu’ils ont fait, de leur montrer ce qu’il en coûte de tuer une de ses filles.

Pourtant, Coquillage ne ressentit pas de haine. Elle se sentait juste vide. Elle devrait haïr les hommes pour ce qu’ils ont fait mais elle n’en a pas la force. Elle pensa juste à sa petite sœur morte née et à tout ce qui aurait put être. Elle aurait eu une nouvelle sœur avec qui jouer, elle lui aurait montré sa collection de coquillage… mais cela ne sera jamais. Sa petite sœur ne jouera jamais, ne connaitra jamais la beauté de ce monde, le chant de ses sœurs et le spectacle du reflet de la lune sur les eaux de la lagune. C’était si injuste…

Elle se raccrocha à la voix de son Père, qui malgré sa colère, essaya de consoler ses filles. Cela n’arrivera plus, Il le promet. Et elle le croit.
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