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Carne
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MessageSujet: Salt scales   Mar 28 Juil 2015 - 0:31

“Deux scorpions dans le même trou s'accommodent mieux
que deux soeurs dans la même maison.”

Proverbe arabe




- As I glance once upon the foam
40' beneath my feet
The coldest calm falls...


La voix s'élève par dessus les silhouettes décharnées d'un autre monde. Objets voyageurs. Objets globe-trotteurs. Sans voile, ni vapeur. Torturés par abandon drastique. Évacués par chasse d'eau. Tourbillon. Tourbillon. Et le Pays de Jamais devient le pays des surplus de la consommation.

-Through the molten veins
Cooling all the blood to slush
That congeals around the brain.


Au milieu des cadavres de ferraille et de plastique, il y'a ceux de chairs. Organiques. Croustillants sous la dent et émouvants au palais. Du moins le seront-ils bientôt. En attendant, ils prennent le soleil, ligotés et encore frais. Le petit garçon est évanoui, tant mieux pour lui. L'adolescente, elle, a les yeux grands ouverts et observe leur tourmenteur.  
Il est grand.
Il est blanc.
Il est tatoué.

-La la la la la...40' remain...

Il finit d’équarrir un gros poisson, assis en tailleur sur un vieux pneu.  Il s'y prend avec soin. Coups de poignet fluide et gestes rompus par l'habitude. La sirène assassinée est exposée toute crue, sur une toile de voile blanche. Chaque organe est soigneusement sectionné, trié, pour ne laisser que le muscle vivace et juteux. Le prédateur suce le bout de ses doigts pour en enlever le sang.

- Salt scales upon my drying arms
Burn my back beneath the burning rays
Lookingdown, looking down
Down, down again...


L'albino se penche doucement vers la jeune fille. Elle est pas loin d'être nubile, pauvrette bientôt désabusée. Il  pose sur elle un regard dépourvu d'aménité. Pur. Sans une once de vilénie ou de sadisme. Sa voix est douce, caressante, comme les flots de l'océan.

-La la la la la...40' remain.

Elle sent son souffle iodée sur son visage, constate les dents incisives, presque pointues. Un sanglot d'angoisse s'étouffe dans son bâillon. Carne lui flatte le crâne en ébouriffant sa chevelure sombre.

-Shhh... Shhhh....Petite bête apeurée, ta viande ne doit pas être trop dure. Pas trop nervée. Reste calme et tout ira bien.

Soudain le pirate lève la tête, aux aguets, comme un lémurien. Le vent lui apporte une fragrance étrangère, de safran et de parfum. De shampoing. Il se redresse couteau en main et sourire disparu.
Il voit flou.
Mais il sent.
Il sait.

- Tshhhh....
fait-il comme un malpropre, en époussetant l'air du  plat de la main. Chuis occupé, là. Tu vas tout me les chambouler avec ton sourire au curry.

La gamine est dans l'incapacité de voir à qui il s'adresse. Mais il est fou de toute manière, non ? Il pourrait très bien se causer à lui même cet ersatz de démon blanc.







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MessageSujet: Re: Salt scales   Jeu 30 Juil 2015 - 21:49




Pendus par les racines, deux bouquets accrochés à sa ceinture.
Saponaire.
Crocus.
Dans ses mains : quelques fleurs rouge vif aux pétales montés en épi. À l’aide d’un fil de pêche, les mains habiles nouent les tiges ensemble.
Malik incline la tête, hume.
Gingembre. Mais c’est doux, doux…
Le gingembre se marie autant aux poissons qu’aux viandes rouges, même pâles. Mais Malik ne cueille pas pour cuisiner. Malik fait plutôt dans la concoction florale. Dans le baume et l’eau de toilette. Parfumeur autodidacte, qu’il est. Du plus loin qu’il se souvienne, du moins.
Et qui débarque sur la plage comme arrivé d’un autre monde, d’un univers à l’autre, c’est un passage.

Tu cuisines, Carne? demande-t-il simplement au pêcheur, arborant un large sourire curry adouci dans le coco.

C’est un vent du Sud, la voix de Malik. Et par temps de cueillette, plus encore.
Il achève de nouer une boucle autour de son bouquet en se rapprochant, puis le fixe auprès des autres, sur sa hanche droite, à l’opposé de sa nimcha. Dont la lame, aujourd’hui, ne s’est pourléchée que de la sève de quelques fleurs sauvages...

De la sirène éventrée aux gamins, ses yeux glissent, évitent soigneusement le visage paniqué de la jeune fille. Mais il a très bien vu, la jeune fille.
Sa chevelure sombre, aussi.
Il s’approche davantage, calme, ravi, d’être tombé sur scène si originale. Du Carne de choix.
En s’accroupissant auprès de la demoiselle on ne peut plus en détresse, Malik prend soin de taire son ravissement et de lui préférer un sérieux tout en douceur.

C’est ta sirène, là. Et ta tête, qui vont lui faire perdre la sienne.

Il ponctue ce trait d’humour d’un sourire à l’adresse de la gamine apeurée. Les yeux aussi tendres qu’un filet mignon, le Scorpion caresse doucement les cheveux noirs. Et puis, du tranchant de son charme, lui adresse un clin d’œil complice.

T’en fais pas. Qu’il lui murmure.

Il suffit parfois d’un germe d’espoir. Qu’elle y croit encore, la proie, qu’elle se préserve au cas où elle devait fuir, au cas où elle devait vivre. Il ne faudrait quand même pas que la chair se gâte avant l’heure.
Ces proies ne sont pas les siennes. Pas plus que le festin qui semble se tramer. Mais c’est une culture, devant ses yeux, qui se déploie. Celle de Carne.
Malik est de ceux qui tendent le doigt vers le glaçage. Connaitre le goût du bleu, du rouge. De ces gamins qui portèrent un ver de terre à leurs lèvres. Et bien qu’il ne soit plus un gamin, Malik n’en est pas moins toujours le très obligé de la curiosité de ses sens.
La tablée de Carne est un tableau, un parfum singuliers.  

À nouveau debout, Malik s’écarte et va traîner autour de la sirène, intrigué, touriste. S’accroupissant cette fois auprès de la carcasse, il soulève un pan de peau et incline la tête afin de mieux voir l’intérieur de la cage thoracique.
Du menton, il indique les organes sur la toile. Ou les gamins.
Enfin, par-là.

Loin de moi l’idée de sous-estimer ton appétit, Carne, mais... Tu manges tout?

Sincèrement intrigué qu’il est, le Scorpion, il tâte la queue de la sirène.
Qu’en est-il de la chair, Carne?
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Carne
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MessageSujet: Re: Salt scales   Sam 1 Aoû 2015 - 19:19

Froncement de nez.
Moue boudeuse.

Malik a cette manière infecte de sentir bon, tout le temps, avec acharnement. Fleurs, épices, sable chaud. Poudrière de fragrances qui masquent le gout, le remugle rance de la bidoche : où est la sueur ? Où est le sang ? Où est la bête ? Carne secoue la tête vaguement dépité.

- Tu cuisines, Carne ?
-  Pourquoi ?


Haussement de sourcil et suspicion. Partager ne le gêne pas. Mais user de Malik dans sa tambouille peut-être nocif. "Sourire de Curry" sait être un exhausteur de gout comme il arrive à le trucider.

- Une sirène ça s'mange cru,
fait-il tout haut,comme si il se causait à lui même.  En fines lamelles, fraiches.

Le voilà qu'il recommence son manège, le Beau. Le scorpion empoisonne la chair. D'avantage si elle est femelle. La gamine a subtilement changé de fumet. Carne le sent, là, au détour de ses narines. Derrière le paravent de fleurs et de safran, la gosse exhale un parfum nouveau. Un parfum de femme. Tiédeur sordide de son sexe qui faisande entre ses cuisses, coeur aromatisé à la chamade, souffle rendu piquant par le désir.
Espoir sucré.
Sirupeux.
Dégueulasse.

Carne lève les yeux au ciel.

- Malik, merde ! Tu fais chier !  Voilà c’est foutu maintenant . Regarde comme elle te reluque, les tétons qui pointent et la peau grêlée d'envie. Tu leur fais toujours ça : Tu changes la saveur de la viande. Là elle est toute postillonnée de lubricité fondue.

Offusqué, le Pêcheur enjambe le petit qui pionce et attrape la fille par la chevelure, avec la même délicatesse qu'un boucher qui déplume de la volaille. Il lui lèche la joue et crache dans le sable aussitôt.

- Pouah ! Gout princesse de chevalier blanc.

Il désigne Malik du menton.

- Tu l'trouves blanc d'cul, lui ?

L'adolescente frémit et ses longs cils noirs s'humidifient. Carne l'abandonne , là, avec un reniflement dédaigneux.

- Loin de moi l’idée de sous-estimer ton appétit, Carne, mais... Tu manges tout?
- Quoi ? T'as la dalle Scorpion ? On fait moite-moite s'tu veux, chuis pas chien avec la confrérie d'la flibuste. Quoi qu'tu serais le premier à vouloir tester d'mes p'tits plats !


Rire grinçant.
Rire qui fend sa tronche d'une rigole escarpée secouée de dents. Carne tape dans de dos de son camarade, toute animosité visiblement oubliée. Il change vite le bougre, comme la surface de l'eau.

- J'te laisse la Perdue s'tu veux. Y parait qu'tu cuisines pas comme moi de cette barbaque là ! Hey !







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MessageSujet: Re: Salt scales   Mar 4 Aoû 2015 - 15:38


Pourquoi?
Haussement d’épaules.
Pour tout, pour rien…

Malik, merde ! Tu fais chier ! Voilà c’est foutu maintenant. Regarde comme elle te reluque, les tétons qui pointent et la peau grêlée d'envie. Tu leur fais toujours ça : Tu changes la saveur de la viande. Là elle est toute postillonnée de lubricité fondue.

Malik ne regarde pas. Désintéressé. Carne est un peu susceptible, dans son genre. Malik le trouve à la limite geigneur. Comme un gamin qui joue avec ses trucs et qui a du mal à partager.
Il s’occupe plutôt à s’imaginer comment on découpe la queue d’une sirène. Et ce qu’on y trouve. Beaucoup de chair? Des os? Il fait lever une écaille avec ses doigts. Énorme, cette écaille. Et elle a une jolie couleur.

Quoi ? T'as la dalle Scorpion ? On fait moite-moite s'tu veux, chuis pas chien avec la confrérie d'la flibuste. Quoi qu'tu serais le premier à vouloir tester d'mes p'tits plats !
Tu m’en vois surpris.

Tout de cool et de sérieux, Malik se relève et pianote d’une main sur son ventre.
Il n’arrive pas à mesurer sa faim.

J'te laisse la Perdue s'tu veux. Y parait qu'tu cuisines pas comme moi de cette barbaque là ! Hey !

Le regard du Scorpion s’aventure de nouveau vers la jeune fille.
Carne fait montre d’une générosité qui n’est pas pour le surprendre un peu. Qu’en fera-t-il? Il l’ignore.
Des yeux, il détaille le gibier offert.
Ça n’a déjà plus de pétales, cette fleur-là. C’est Carne, sans doute, qui les lui a fait tomber en l’arrachant à sa terre, en la traînant jusqu’ici. Ça ne marchera plus jamais comme avant. Ça ne respirera jamais plus comme avant. Ce n’est plus une enfant et ça ne sera jamais vraiment une adulte. Ça empeste la peur. Ça s’est sans doute pissé dessus. Peut-être même plus d’une fois.
Peu importe ce que ç’aurait pu être, c’est gâché. À moins de n’être plus voué, finalement, qu’aux crocs de quelque monstre.
Quelque monstre…
Sera-t-il ce monstre?

Malik ne délibère pas, il examine le morceau de viande qui lui est confié et s’attend saliver. Mais ne salive pas.
Il lève les yeux, croise un nuage du regard.
Allons. Pourquoi se refuserait-il une chrysalide? Car c’est bien ce qu’elle est. Elle que sa mort cerne de tous côtés. Elle qui n’a plus d’autre moyen de tendre ses ailes que de les tendre en elle-même, de sortir de son cocon.
C’était une évidence. Constate platement Malik en regardant par terre. Il allait la tuer depuis le début.

Automate, il retire sa tunique.
Devant Carne, son tatouage ne l’incommode pas. Pas autant.
Le vêtement tombe près de la queue de la sirène, qu’il enjambe en dégainant.
La lame de la nimcha tinte d’aise en voyant le jour.

À son tour, Malik empoigne la jeune fille. Mais lui, c’est par la gorge, juste sous la mâchoire, qu’il l’agrippe. D’un bras il la soulève, jusqu’à ce que ses pieds ne touchent plus le sol. Elle croit qu’elle étouffe. Elle se débat comme elle le peut : peu, devant un Malik tout de pierre.
Il serre un peu plus fort la gorge juste avant d’enfoncer la pointe métallique au bas du ventre. Et il serre encore un peu plus fort en remontant jusqu’au sternum. Ça glisse. La lame fend peaux et chairs comme du beurre.
La chrysalide s’ouvre en vomissant son sang, les yeux révulsés. Le visage baigné de larmes. Petit corps que la vie abandonne pas giclées. Petit corps dont la vie se déverse aux pieds de Malik.
Toute de boyaux.
De la viande.

De fines gouttelettes rutilantes perlent sur le visage du Scorpion et sur son torse brun.
Mais voilà. C’est fait.

La main de Malik s’ouvre d’un coup et le cadavre encore bien chaud tombe à son tour aux pieds du pirate. Ses doigts restent un temps ouverts sur le vide. Comme ses yeux.
Expirant, il fait volte-face, rengaine la nimcha souillée et se rapproche de l’eau. Vite fait, il rince son visage et son torse, s’attardant davantage à ses mains.

Je suppose que je devrais te remercier.

Malik renfile sa tunique.

Mais c'est ta sirène, que je veux goûter.
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MessageSujet: Re: Salt scales   Mer 12 Aoû 2015 - 23:42

Observation.
Amusement.
Délectation.

Accroupi dans le sable, ses pieds nus collants à la silice, Carne pose un regard plein d'intérêt sur le spectacle qu'on lui offre. Menton dans la paume, coude sur le genou, yeux fixés sur autrui. C'est gratuit. C'est nouveau. Il y'a toujours à découvrir autour de soi. Malik est tout en muscles, félin, découplé, gracieux. La mécanique, huilée, roule sur elle même avec ce soupçon d'habitude qui rend tout plus fluide, plus harmonieux. Tout coule comme une vague, une mélopée. Une aubade. Mine de rien, il a l'odeur que sa carcasse impose : tant de grâce méticuleuse ça peut pas puer. Nope ! Ça embaume la fleur et l'encens. Ça se cuit, crouté aux herbes, hum.
Badigeonné d'épices et de lait de coco.
Doré comme un petit pain au four.

Carne rattrape sa salive d'un mouvement habile de langue.

Le spectacle est terminé. Malik a salopé le gibier. Foutre-cul, même un goret est vidé avec plus de respect. Mais le prince a fini de dispenser sa charité. Son aumône putréfie déjà sur le grain. Merde, mec... Y'avait moyen de faire ça bien. Propre, au moins.
Il regarde le scorpion se rincer, se sécher, se faire beau.
Pour qui ? La donzelle est morte !

-Je suppose que je devrais te remercier. Mais c'est ta sirène, que je veux goûter.

Ah.

- Sainte écaille, te découvrirais-tu aut' chose que ton bas-ventre ?

Carne se redresse d'un seul tenant, souple comme un roseau. Il contourne la voile où repose la sirène dépecée avec soin. Son bras dégingandé se déroule, tel un serpent pâle, pour briser la distance qui le sépare de son interlocuteur. Ses doigts se glissent avec aisance derrière la nuque de l'arabe. Son visage  se rapproche. Ce Pêcheur est agile, leste. Inquiétant, peut-être. Il lèche une gouttelette de sang oubliée, entre la pommette saillante de Malik et la naissance de son oreille droite.

- Un haut-ventre, hum ? murmure le blafard d'une voix douce.

La relâche est soudaine.
Brutale peut-être. En quelques enjambées, Carne lui tourne déjà le dos et ouvre grand les bras :

-Roi des salopards, consommateur de vagins, tu souhaites gouter l'ambroisie des océan, hey ! Qui suis-je, Ô grande Mère, pour te refuser ce festin !

Violent volte-face.
Sourire aiguisé.

- Mais sache, Sourire-de-Curry, que la boustifaille est moins goutue quand on ne l'a pas soi-même chassée ! Alors tu suivras ma trace, et tu obéiras. Privilège du chasseur.

Ses mains se rabattent sur le visage du Scorpion. Ce dernier sent le claquement d'un baiser humide sur son front.

- Viens donc fils de putain, la Mer est aussi ton berceau.

Carne s'assoie devant la femelle poisson, éventrée et découpée en morceaux. Méthodiquement réduite à de petits tas de choses rougeâtres et flasques. La dissection est presque entièrement effectuée, reste la tête et une partie de la queue.  Le visage du harponneur est sérieux, concentré. Il y'a une certaine prestance dans ce profil effilé, coupé à la serpe.

La majesté de l'homme de foi.

- Je vais te montrer, assieds-toi. Tu feras, l'enfant, sous ma houlette. Et nous ripaillerons ensuite.

Carne ferme les yeux une poignée de secondes.
Il plonge sa main dans la carcasse ouverte et sectionne quelques veines pour en retirer le coeur.

- Ô Grande Mère. Aujourd'hui la chasse ma prodiguée une de tes filles. Ton con humide a charrié cette perle, l'a gonflée de vie et de temps. L'Oubli n'aura pas prise sur elle car à jamais elle fera partie de nous. Sa Grande attente prend fin et son existence voguera dans notre sang pour nourrir tes fils quelques jours de plus.

Sans une once d'hésitation, Carne mord dans l'organe et en arrache un morceau.

-Hasta Siempre.

Il le tend ensuite à Malik.

- Mange,  Ni trop peu, ni pas assez.ordonne-t-il comme un "si tu l'oses".







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MessageSujet: Re: Salt scales   Jeu 13 Aoû 2015 - 16:07


Plus qu’une habitude ou qu’un caprice. La virginité de ses habits, la netteté de sa peau, ce halo parfumé… Tous ces soins, minutieux, précis, instinctifs, à la manière d’un chat faisant sa toilette après avoir arraché les ailes de l’oiseau.
Son pelage ne change pas.
Tout de blanc. Tout de bronze.
Qu’un Scorpion.
Qu’un Malik.

Dont les émeraudes de ses regards ne cillent pas, devant le carnivore. Le drôle d’oiseau qui porte toujours son duvet sur sa tête. Et qui caquette, caquette.  
Mais Malik prête l’oreille, même aux énergumènes. Surtout aux énergumènes, voire. Ça chante des mots qui lui rappellent parfois que les siens lui ont été forcés dans la bouche. Que cette langue, que ces mots qu'il y puise et qu’il consent à l’oreille d’autrui, ne sont qu’un écho déformé de ceux qui murmurent  dans ses silences.

Carne a l’haleine de ce qu’il est. Mangeur de viande.
La soudaine proximité de leurs visages lui fait distendre les narines, tendre son museau vers l’autre, pour attraper un peu plus de cette essence de pêcheur.
Tous les parfums se valent, dans le désert du Scorpion.
Mais la langue. La langue du cannibal sur sa douce basane lui fait écarquiller, à la limite du perceptible, mais déjà de loin outrepassé l’accoutumé, ces félins de yeux qu’il a, l’homme d’un désert.
Bas-ventre, haut-ventre.
Sa tête rebondit sur le vide comme Carne le lâche. D’un regard, il le suit. D’une oreille, il l’entend. Reste là, sur ses deux pieds, là, devant le spectacle du pêcheur. Le spectacle de cette peau blême léchée, dessinée par cet océan qui lui est complice.

Malik baisse un instant les yeux. Sur les mouches qui déjà trouvent refuge dans les chairs de la jeune fille. La jeune fille. Ou, cette carcasse informe, repliée sur elle-même, contorsionnée, le squelette abattu. Tas de viande aux yeux ouverts sur le rien, à la gueule ouverte sur un long, long, long silence. Il n’y a plus que la crinière noire, qui vive encore, entre les doigts du vent.
Il aime cette laideur.
Cette difformité.
Crue, vraie : la vie dans toute sa consistance.
Cru, vrai, ce baiser sur son front.
Non mais, Carne, il faut que tu arrêtes, s’impatientent les yeux du Scorpion.

- Viens donc fils de putain, la Mer est aussi ton berceau.

Malgré tout, parce qu’il a encore à voir, goûter, sentir, écouter, auprès de Carne, Malik vient, consent à rejoindre ce mentor improvisé et l’imite, obéit, en s’asseyant à ses côtés. Plus que le cadavre, c’est le pêcheur, qu’il observe de biais. Il aime son sérieux. Et détaille les tatouages offerts à sa curiosité. Ces sirènes qui vivent sur la peau de Carne, ces sirènes qu’il a dans la peau, ces sirènes qu’il aime tant qu’il les bouffe.
C’est religieux, cette façon qu’il a, le tueur de poisson, de fermer un instant les yeux avant de récolter le cœur de sa sirène.  La prière qui suit ne l’est pas moins. Et même s’il ne comprend pas toujours tout ce que débite le Pêcheur, Malik sait en apprécier la musique.
Il le regarde mordre dans l’abat.

- Mange,  Ni trop peu, ni pas assez.

Avec sa bouche, s’inclinant quelque peu, Malik vient cueillir le morceau offert.
Il met un temps à mastiquer, ne tient pas à avaler tout rond. C’est pour goûter, qu’il est venu. Et ça goûte. C’est ferreux. Plutôt raide. Mais la texture ne le répugne pas. Non, Malik salive. S’essuie même le coin de la bouche du revers de la main, et finalement, avale.
Maintenant il sait. Il sait le goût du cœur des sirènes. Il sait le goût du cœur de Tempête. N’en sont-ils pas d’autant plus égaux?
Un fin sourire tire le coin de ses lèvres. Il regarde Carne. Et il y a sans doute là quelque chose comme de la gratitude. Mais ça n’a pas besoin de mots. Plutôt, Malik, qui ne se plaît pas seulement à apprendre, mais aussi à tenter l’expérience, pose sa main sur celle de Carne, tient le cœur avec lui. Le porte à ses lèvres, et enfonce ses dents dans la chair, arrache à son tour un morceau, et le tend au Pêcheur.

C’est une communion.
Mais il n’y a pas de « amen » qui vaille.

Carne ne parlait-il pas de festin?
Désireux de comparer textures et saveurs, Malik, entre l’index et le pouce, coince un lambeau tiré de ce qui paraît être un tas de viande de la queue. Peut-être. Il l’étend dans sa main gauche, tire sur l’un des stigmates rouges qui point d’une de ses fleurs de crocus et le pose sur la lanière, qu’il enroule soigneusement autour avant de croquer dedans, tranchant le gastronomique rouleau en deux. Il en mange une demie et offre l’autre à Carne, non sans que ses yeux avouent quelque éclat de malice.
Osera-t-il, le carnassier?

Comme pour banaliser l’offrande, il demande, tout bonnement :

Le garçon aura droit aux mêmes soins?

Il demande cela dit non sans songer que le garçon, lui, n’a pas droit d’accès à la peau de son meurtrier. Pas d’hommage tout de turquoise sur fond de blanc pour les enfants.
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MessageSujet: Re: Salt scales   Dim 16 Aoû 2015 - 12:06

Chaque geste est pesé, mis à l'épreuve par l'habitude. Le rituel a été pratiqué de nombreuse fois sans se départir du respect. Respect du chasseur pour le chassé, respect de la chair. La Chair, fibreuse comme autant de lignes de Vie, est porteuse de sa propre histoire. Il ne faut jamais la négliger, jamais la sous-estimer. Carne est conscient du présent qui lui est fait : vivre un jour de plus , ici, là où l'histoire se réécrit sans cesse, où l'Oubli remodèle la mémoire comme les vagues lèchent le sable et le lisse. Toujours à leur convenance.
La tâche du cannibale va au delà de sa déviance. Elle est sacrée. C’est un acte de rébellion face au pouvoir de l’île, face à Pan, face au Pays où le temps s’est figé. Il remet en route les engrenages des cycles, il avale les jours à venir, il coupe le fil.

Tout cela n'a rien d'un jeu.
Il s'agit là d'un acte de foi.

Malik peut le voir, en prendre la mesure, dans chaque menue expression, chaque mouvement. Ce profil de requin, ce regard d'ambre qui miroite au soleil, cet chevelure neigeuse à l'emporte pièce. Carne est plus qu'un fou. Il n’est pas seulement un pirate. Il est d'avantage qu'un pêcheur.

Il prêche.

Il rompt sa pitance avec une certaine élégance, partage le sel et la viande. Il donne à Malik la béquée et fait de même, le plus simplement du monde. Pour un moment, ils marchent côte à côte.

Sourire.

- Ne sois pas trop pressé, dit-il d'une voix douce et coulante, la main posée doucement sur le poignet de son acolyte.

Il ne dédaigne pas l'expérience culinaire pour autant et accepte le cadeau. Il ne dit mot sur son ressenti. Malik ne peut que déchiffrer.
Néanmoins c'est pour mieux retourner au travail de dépeçage. Il équarrit la peau en grattant sur la queue de la lame de son couteau, pose délicatement les écailles lumineuses en tas et en choisit, cinq, les moins abimées. Il ouvre la paume du Scorpion et les glisse dedans, repliant les doigts délicats du pirate dessus.

Échange silencieux.
Instant de fraternité pure, peut-être.

Carne découpe ensuite le gibier comme le ferait un poissonnier. Il évide, il défait les arrêtes, il débite. Ses mains sont couvertes de sang. C’est comme un ballet d'araignée, de pattes blanches qui pirouettent et moulinent. Le spectacle est fascinant : tout un être désossé, démembré, réduit à sa simple carcasse. A son simple contenant. Après un temps, l'albinos désigne la sirène pour signifier que la tâche est terminé.

Pour cette exuvie.

- Le garçon aura droit aux mêmes soins?
- Chaque proie est un cadeau
, répond-t-il simplement.

Il montre l'enfant, il attend que Malik s'en acquitte. Carne est patient.
C’est un sage qui connait la vertu du temps. Et pour la première fois de sa vie, il tente de partager cette croyance avec un autre.

Lune et Soleil dînent de concert.







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MessageSujet: Re: Salt scales   Sam 22 Aoû 2015 - 23:43


Le goût, l’appréciation de l’hostie, au final, n’a pas d’importance. C’est le geste qui l’accompagne, qui compte. Et ça compte.
Au milieu des choses oubliées, des objets qui n’ont plus de vie, des cadavres dépourvus de viande, ça compte.
Pour Malik. Qui ne cherche pas plus à séduire qu’à être séduit. Pour Malik qui est entré dans ce monde par hasard, et qui se plaît à le traverser sans presse, de son pas de voyageur, de son pas sans attaches qui a tout à apprendre, toujours.
Et s’il s’était pris à espérer quoi que ce soit de Carne, il n’aurait jamais espéré tant.

Ces cinq écailles dont le pêcheur lui fait présent restent quelques instants au creux de la paume de sa main demeurée en suspens. Il sait ce qu’il en fera. En gardera une intacte, auprès d’autres menus trésors. Et il fera des autres les pièces maîtresses de quelques ornements, bijoux… De ces trophées que l’on porte au cou, peut-être.

La carcasse devient le théâtre d’une danse des plus élégantes et l’extirpe de ses plans. Malik range soigneusement les écailles sous sa ceinture.
Cette danse qui prend vie est celle des doigts de Carne dépeçant le corps abandonné et valsant avec la chair comme avec la plus délicate des danseuses.
Malik, toujours bon public, observe avec grande attention la mise en œuvre du savoir-faire du pêcheur.
Pour constater, au final, qu’il y a bel et bien de la beauté, dans ce squelette cueillant le jour jusqu’aux tréfonds de son vide. Il n’avait jamais pris le temps de tant apprécier la charpente des chrysalides, ce qui les tient debout, leurs rouages. Toute une palette de rouge, de rose, de blanc, de jaune, sur traits de blancs.
Blanc comme cet étrange albinos vers lequel le Scorpion oriente son regard, maintenant que c’est terminé.

Il ne saurait dire si la sirène était plus belle avant. Autrement belle, sans doute, mais étrangement plus vide. C’est ainsi écartelée, complètement mise à nue et plus encore, réduite à canevas, qu’elle lui parle le plus et que son charme lui apparaît des plus sincères, brut. C’est d’une touchante violence, ce tableau.
Carne est un artiste,

Chaque proie est un cadeau.

mais ce n’est pas le cas de Malik. Pas à ce stade.
Il sait apprécier l’œuvre d’autrui, mais la sienne n’a pas la même délicatesse. Pas si tard dans le processus.
À la rencontre de la lame et des chairs, Malik ne fait pas dans la finesse.
Aussi met-il un certain temps à lentement se relever, sans quitter des yeux la sirène, étudiant, se remémorant la précision du geste de Carne.
Il consent enfin à détourner le regard. Le garçon est toujours inconscient. Il s’en approche en dégainant son arme encore souillée du sang de la jeune fille. Debout devant l’enfant, il pose la pointe de la lame de la nimcha à la base du cou du petit corps endormi.
Et il attend.
Il respire. Profondément.
Fronce les sourcils. D’incertitude.

Chaque proie est un cadeau, dit Carne. Et répète, et répète, dans l’écho des pensées de Malik, qui ne cille pas, la main crispée sur la poignée métallique. Puis la lame descend jusqu’au sternum, jusqu’au nombril du gamin. Mais sans toucher, effleurant à peine.

Il se rend à l’évidence. Son bras, son arme, s’abaissent, et il regarde Carne.

Je ne saurais pas lui faire honneur, à ce cadeau. Son regard glisse de la sirène à l’enfant, les fuit.

Malik n’a jamais dépecé, avec soin, que du gibier. Et cette proie offerte n’est pas n’importe quel gibier, non ?
Carne a déjà beaucoup offert. Devant cette générosité, le Scorpion s’incline, sérieux, et baisse les yeux, fléchit la nuque.
Fais-le, toi, intime son corps sans qu’il n’entrouvre les lèvres.

Je ne suis pas un pêcheur.

Je suis un veilleur de nuit. Qui veille sur elle comme un amant veille sur sa belle.
Je suis un scorpion. Qui envenime les chairs avant de les mettre à nues.
Peut-être davantage un fait qu’une faiblesse, ça ne s’admet tout de même pas à la légère. Surtout pas devant l’un des siens.

Lune et Soleil, qui pourraient être frères.
Il en faudrait toujours un plus jeune que l’autre.

Malik tourne le dos à Carne, s’éloigne de quelques pas de l’enfant et s’accroupit. De son foulard à sa taille il a sorti une écaille. La poignée de la nimcha enfoncée dans le sable, il appuie, d’un geste doux, tout de minutie, l’écaille sur la fine pointe affûtée. Cela fait, il rengaine l’arme et, de ses doigts fins, dénoue un fil doré qui retenait une tresse dans ses cheveux. Il l’insère dans la minuscule entaille, se relève, tenant le collier devant ses yeux, une extrémité à chaque main.

Pour toi. qu’il lâche simplement, un peu gamin, sans le voir ni vouloir.

Tu donnes. Je donne. Je donne. Tu donnes. Je donne.
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Carne
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MessageSujet: Re: Salt scales   Dim 23 Aoû 2015 - 15:35



Carne se pose, regarde, contemple.
Malik vient de prudemment, à tâtons, gagner son respect. A la lisière de son monde, il marche, il explore, maladroitement, certes, et pourtant avec une infinie précaution. Il effleure l'onde.
Le Pêcheur se lève tranquillement lorsque le pirate épicé se refuse à abîmer l'enfant. Tandis qu'il lui offre son dos, Carne porte le petit jusqu’à la toile et l'allonge, tout doucement, à coté de la sirène équarrie.
Il est étonné de sa propre sérénité. Il y'a longtemps qu'il n'a plus eut de compagnon de rituel. Depuis la tribu. Depuis les jumeaux. Depuis Azhéʼé et Amá. Il est déraciné l'enfant lointain, de sa famille de sang, de sa famille de coeur. Il a choisi, oui, il a choisi cette solitude pour poursuivre la Grande Chasse, pour retrouver la catin d'écume qui l'a transformé en monstre. Pour permettre que le vent tourne et que le Temps s'égraine à nouveau. Principe souverain. Manger ou être mangé. Il préfère être un animal plutôt qu'un humain. Libre. Un seul but, pas d'ami.
Pas de liens.

Presque.

Il a un soupir gonflé de sentiments anciens lorsque que le Scorpion lui tend l'écaille sertie. Quelque chose d'enfoui agite ses tripes, strangule son palpitant.
C'est fugace.
C'est assez.
Ses doigts blancs recouvrent les mains gorgées de soleil de Malik- ce même Malik qui détourne le regard comme un enfant gêné- et les guide jusqu’à  sa nuque. Il le laisse lui accrocher son présent, ce fil d'or qu'il accepte.
Ce lien.

Sourire paisible.

Sans forcer, dans un silence qui vibre d'un merci, il l'attire vers le Perdu estourbi, sa main dans la sienne. Il le fait assoir, se glisse derrière lui. Carne sent la mer dans ce qu'il y a de plus primitif. Il est le sel. Il est l'eau. Il est le calcaire qui s’effrite au bord des falaises. Le sable chaud, aussi, quand le soleil frappe et vous sèche. Sa sueur n'a plus d'odeur, elle est délavée par l'océan comme sa peau. L'écaille pendue au cou du blafard miroite à l'orée de la vision de Malik. Penché par dessus son épaule, l'albinos lui tend son couteau.

- Il y a toujours un temps pour apprendre.

Et lentement, il le guide, avec la patience des fleuves, ceux là même qui lorsqu'ils quittent leur lit, retournent toujours là où ils se doivent d'être. Méthodiquement, sans jamais brusquer son élève, Carne lui montre, partage ce bout de savoir.
Je te donne, tu me donnes.
Jusque dans la peau.
Jusque dans les os.
Jusque dans la chair.
Parfois le Pécheur ajoute un mot, en toute quiétude, pour rectifier la trajectoire de la lame, pour retenir Malik lorsqu'il tombe. Il encadre le nouveau-né, comme son Azhéʼé l'a fait pour lui. Carne est un vieillard que le temps a oublié derrière lui.
Parfois, il a ce petit rire candide qui illumine les premières fois. Amusement. Espièglerie. Il se moque affectueusement des geste patauds de celui qui s'applique. Carne est un enfant dont seul le corps a grandi.

Et au fil des minutes ou bien des heures qui s’égrainent, un canevas plus complexe se tisse.
Au fil d'or.







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MessageSujet: Re: Salt scales   Mar 25 Aoû 2015 - 15:53



L'amour est la Sirène, entraînant le pêcheur
Qu'ensorcelle son chant, vers le sable sans fond.
- Agnes Mary Frances Robinson


On éventre des sirènes. On éventre des jeunes filles. On éventre des enfants. Sans ciller. La paupière vaillante, la poigne solide. Le pas sûr, on se fraie un chemin en tranchant les corps, une faux se balançant au-dessus de la tête, comme un pendule, mais qui ne marque pas les secondes. Qui marque les battements de cœur.
C’est ça qui est si beau. De donner la mort. De ne pas la craindre. D’en être difficilement capable, peut-être.  

De donner la mort.  
Comme on donnerait autre chose.
N’importe quoi.
Un collier, par exemple.  
Confectionné avec soin, avec un peu de soi, dedans. Un morceau de casse-tête. Mais la tête, cassée, non, on ne fait pas dans ces jeux là.
Pas Malik.

Malik qui en échappant son masque d’homme à ses pieds laisse paraître l’informe chimère qui déforme ses traits. Aussi sauvage qu’innocente, cette bête a le regard d’un gamin et les crocs d’un monstre.
C’est la faute de Carne.
Carne, tu ne sais peut-être pas mais ton pied a buté contre le visage du scorpion, ou a marché sur sa queue, peu importe : il a filé sous une pierre.  
Malik, lui, n’a rien vu.  
Plutôt, il t’a offert un collier.  
Appliqué, il s’est laissé guider jusqu’à toi, son visage près du tien, concentré, il a soigneusement noué le fil d’or sur ta nuque, a bien replacé l’écaille entre tes clavicules.  
Voilà.
Sans te le dire, sans savoir ce que ça signifie, Malik Alakdan t’a, aussi, un peu adopté.  
Adopté.  
Comme dans : te suivre, t’écouter, t’interrompre, un jour, pour pointer, au loin, la queue d’une sirène fouettant les eaux. Un jour, plus tard. On peut encore en rêver, en chantant. S’il te plaît, Carne, en chantant…

Malik hésite, il coule un regard pour la mer, au loin, sa main dans celle de Carne, mais se décide finalement à suivre. À s’asseoir. À prendre le couteau.
Tous ces gestes qu’il a bizarrement l’impression de faire pour la première fois.
Et c’est comme regarder éclore une fleur. Mieux, y participer. Couche par couche, pétale par pétale. Du bourgeon terne, beige…
Devenir coquelicot.  
Sa concentration est telle qu’il entend Carne comme de loin, à travers un filtre, s’amuser de son geste qui se veut sûr, mais qui vacille, parfois. C’est à cause de la lenteur.
La…
Lenteur…
Qui exige de lui fermeté, maîtrise, précision, minutie. Concentration.
Ne t’égare pas, Malik, entend-t-il dans la calme direction de Carne. Et il s’égare peu, revient sur ses pas, marche dans ceux du pêcheur.
Je ne suis pas un pêcheur. Mais je veux apprendre à pêcher.

Il ne sait plus combien de temps il a passé devant le cadavre quand il se voit soudain tenant le petit cœur au creux de sa main. Il le pose précautionneusement sur la toile et constate en même temps les dégâts.
Ses mains sont rouges. Toutes. Ça lui grimpe jusqu’aux coudes. Il ne sait pas mais il en a même sur les lèvres, autour de la bouche, ça lui balafre la joue.
Le sang.

Le soleil a bougé plus qu’il ne le croyait. Il n’a pas vu.  
Mais où tu étais Malik ?

Sur le tout et le rien, ses yeux s’ouvrent plus grands qu’à l’habitude.  
Il prend le couteau par la lame, le serre un peu, juste un peu, juste assez, trop, et le rend à Carne en saisissant son poignet.  

Dormir avant la nuit.

Y’a que ces mots-là. Que ces quatre mots qu’il lui reste après cette communion. Juste ce qu’il faut avant de poser sa main sur le genou de Carne, de s’y appuyer, plutôt, pour rapprocher son visage. Ombre contre lumière, confondre le soleil et la lune.
Et embrasser, joue droite, embrasser, joue gauche. S’appliquer à le faire.
Instinctif. Étrangement familier. Le geste tantôt rebutant revient, ici, de loin, du brouillard d’une mémoire éclopée.

Malik se lève, tourne les talons et lentement, lentement, repart, ses mains se balançant paisiblement au rythme de ses pas.

Ses mains sales.

Nos folies qui s’aiment adoucissent le tranchant de nos traits.
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Carne
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MessageSujet: Re: Salt scales   Mer 26 Aoû 2015 - 15:42

Patience et douceur.
Le temps s'étire. Marée montante. Marée descendante. Malik est un élève studieux, concentré. Son application grise quelque chose d'oublié, loin, dans la caboche du farfadet aux sirènes. Il danse sur des cadavres, souvent. Jamais, pourtant, il n'a osé le menuet, le pas de deux. Il y a quelque chose de gracieux et d'intense dans cet instant d'éternité volée au Pays de Jamais.
Une petite revanche sur le temps arrêté.

Savourer.
Jusqu' à ce que la nuit vous cueille à nouveau dans votre solitaire errance.

-Dormir avant la nuit.

Carne regarde, en silence, le sang qui barbouille le sourire de curry. Il le trouve plus beau et plus vrai ainsi, le prédateur. C’est plus r'posant, hein, que de jouer à l'humain ? L'animal est là. Sans son masque civilisé, dépourvu de son éloquence. Il est là sans fard devant lui.
Grâce à lui.
Le Pécheur va pour esquisser un geste mais c'est Malik qui le devance. Une joue après l'autre, ses lèvres claquent sur sa peau. Un drôle de sourire craquèle la tronche du blafard. Un peu tendre, un peu grave. Un peu troublé aussi.

Reconnaissance mutuelle.

Le Scorpion se lève, un brin groggy peut-être, et s'en va de sa démarche souple et balancée, foulant le sable de ses grands pieds. Il est aussi cuivré que l'horizon. Il n'y a pas d'adieux. Inutiles. Carne le sait au fond de lui, ce n’est qu'un au revoir. Un fil s'est tendu entre eux, noué autours de deux carcasses dépecées.
Un fil d'or.
Plus tard, quand le Scorpion aura rajusté son costume d'humanité autours de sa taille bien faite, qu'il aura retrouvé les pénates de son hamac dans le ventre du Jolly Roger, il y trouvera un petit paquet ensanglanté, emmailloté de toile blanche. Un petit bout de viande de prime abord anodin. Une moitié d'organe.
Un demi-coeur d'enfant.

Qui a dit que la nourriture est plus gouteuse quand elle est partagée, déjà ?


FIN







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MessageSujet: Re: Salt scales   Jeu 17 Déc 2015 - 19:16

The End


Chaque maitre a sa méthode qu'on ne saurait blâmer,
Surtout si maintes fois son rendement fut prouvé.


FIN DE L'AVENTURE




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