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Castor Apaisé
Castor Apaisé

♐ Membre des Hurons ♐


✘ AVENTURES : 117
✘ SURNOM : L'Aurore
✘ AGE DU PERSO : A l’orée de la cinquantaine

✘ DISPO POUR RP ? : pas encore.
✘ LIENS : ♦️ Nouvelle fiche
♦️ Ancienne fiche
Dés à coudre
Feuilles volantes

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MessageSujet: C-M.R // Sea you soon   C-M.R // Sea you soon EmptySam 13 Juin 2015 - 1:23

Christopher-Marie Redskin


Trucs

Surnom : Le papoose
Groupe : Pirate
Age : une petite vingtaine surement
Rôle : apprenti cuistot (officiel), homme à tout faire et plongeur (en vrai) ; ancien mousse
De temps en temps


Révérences

Rupture (nf) : fait, pour quelque chose, de se rompre.

Christopher était rupture. Rupture avec sa culture et sa famille à 7 ans, rupture avec la foi qui l'avait maintenu vivant à 12 ans , rupture avec la mer et son tout petit foyer de deux âmes  à 14 ans.
Il s'était fissuré, avait mué de force et parce que '' c'était la vie'' avait tout recollé tant bien que mal, jetant beaucoup de bouts cassés, emboîtant dans son être d'autres pièces disjointes dont il ne voulait pas se séparer.
A chaque fois, il s'était vu obligé de s'habiller de nouveaux noms toujours différents pour oublier ses anciennes vies, avait apprivoisé ces identités étrangères pour s'apprivoiser. Il avait fait beaucoup d'efforts pour se construire pour  finalement, inéluctablement, devoir tout raser et recommencer .
De ce jeu de déconstruction et de reconstruction, Christopher, avait hérité d'une âme à la flamme branlante, attisée par l'air et affaiblie par l'eau. C'était la voile et le naufragé.

Christopher était Sail, une voile que l'on pouvait d'abord croire sans force, sans volume car on l'avait contraint bien des fois à se replier sur elle-même.
Christopher était Sail, une voile qui, une fois libérée du joug des cordes, d'un élan puissant et gracieux, se gonflait, clamait la vie avant d'avancer doucement au gré des vents.
Christopher, était la voile qui souriait de ses dents blanches sur la peau brune du ciel.
C'était l'homme-à-tout-faire acharné et besogneux, celui qui ne savait rien faire vraiment mais qui faisait tout avec avec la volonté de bien-faire.
C'était la foi dans son Christ, la croyance que chaque expérience, chaque être avait du bon en son sein. C'était cette force étrange de sourire quand on l'acculait, de toujours faire face, le regard humide, crispé, mais décidé. C'était cette détermination à contredire les bourreaux, à dire par le silence : « frappes, frappes, frappes, tu ne me briseras pas ».

Pour beaucoup, Christopher était une âme romantique, un utopiste, un révolutionnaire immobile qui trouvait qu’exécuter parfaitement les choses triviales était déjà une belle  et grande mission. C'était un garçon qui malgré ses pieds sur terre, ne pouvait pas s’empêcher de filer vers les étoiles. C'était l'enfant qui rêve, l'adulte qui croit, l'homme qui aime, l'être qui ploie ;
Qui seul se noie car Christopher, souvent se brisait, naufragé.

Lors d'instants quelconques, entre rires et sifflements, la digue en lui se rompait avec une violence inouïe, submergée par l'inconscient.
Il s’arrêtait dans son mouvement, hoquetait sous la surprise de ce mal-être foudroyant puis, à ceux qui l'entouraient et qui ne comprenaient rien, il souriait. Il souriait comme il souriait lors de ses plus beaux moments, souriait pour de faux pour rassurer, que personne ne s’inquiète et que vite, sous une excuse, il puisse disparaître.  

Libéré du poids des regards, il plongeait du bateau et alors au loin, pour que nul ne puisse l'arracher du sein de la mère, prenait une longue respiration, la dernière pensait-il, et dans les abysses, s'enfonçait.
Il expirait lentement dans l'eau sombre pour expulser le mal-être et la vie ;  fixait les bulles s'échappant de sa gorge alors que son corps, toujours plus lourd, descendait vers le fond.
Cet instant où il sombrait été le plus doux moment de ses angoisses, celui où, contemplant la mort qui l'enlaçait, il se sentait le plus apaisé.

Il touchait toujours le fond quelques instant après ce moment de bien-être, sentait sa colonne vertébrale se heurter délicatement et sous le choc se recroquevillait sur le sable. Tout petit feotus dans cette mer immense, il restait là de longue minutes, les larmes salines mêlées à la mer saline, immobile, à l'écoute du tambourinement de son cœur, seul bruit dans cet océan de silence. Il se détachait de lui-même, se faisait écume sans volonté, et quand l'air venait à manquer, il remontait à la surface pour, de nouveau respirer et s’asphyxier face au monde et à son individualité.
Les larmes, taries dans l'eau, rejoignaient alors ses yeux et de nouveau, il plongeait ; encore et encore jusqu'à ce que son mal-être disparaisse.  

Lors de ces moments, il serait mentir que d'affirmer que Christopher voulait vivre, espérant que quelqu'un vienne le sauver car  il était dénué de toute véritable raison, Être d'émotions pures souhaitant s'annihiler pour ne pas faire face à son  Williwaw, tempête où  tournoyaient, mêlées, culpabilité, tristesse et haine envers celui qu'il était.

Il serait néanmoins tout aussi faux de dire que Christopher ne tenait pas farouchement à la vie car s'il n'avait pas eu cette volonté d'être si profonde, il serait allé à l'encontre du réflexe de survie, et aurait réalisé cette idée noire qui lui murmurait d'attacher une pierre à sa cheville pour ne jamais remonter.  

~~oOo~~


Christopher était de ses âmes un peu felées qui noyaient leur corps pour écoper l'eau d'un cœur chavirant ; d'un cœur en verres pilés, mosaïque terne et colorée qui, chaque jour, dans les instants heureux et dans les instants tristes, se battait  pour se donner le droit de sourire et d'exister.





Unique au monde


Ce que John a laissé derrière lui
Peter peut voler un nom mais ne soigne les blessures que ce nom a infligé. Pourtant, pour oublier son passé, c'est là l'essentiel.

Christopher avait oublié John mais l'enfant qu'avait été John avait perduré.
♦️ De la Residential School et de cinq ans de sermons abberants ingurgités, Christopher a gardé cette croyance qu' ''être amérindien'' est profondément mal. Il en a oublié les raisons, les mots, mais reste le dégoût, la pitié et le rejet envers  sa culture d'antan. C'est une croyance émotionnelle, lie de celle intellectuelle.
Pour dépasser ce blocage qui le fait souffrir, à de maintes reprises, Christopher a essayé d'aller de l'avant. Néanmoins, quelques soit les efforts, toujours, les sentiments despotiques le submergent et le terrassent.

♦️ De l'orphelinat de l'assimilation, Christopher a aussi hérité sa rigidité sévère envers les enfants et les adolescents. Pour dire, il ne les aime globalement pas beaucoup. Leur égoïsme, leur effervescence anarchique et leur manque d'esprit communautaire le scandalise. Cependant, cela n'est rien comparé à la façon qu'ils ont de toujours vouloir partager et déverser leur mal-être par des gestes ou des mots.
Ce point gêne Christopher au plus haut degré car il ne veut rien connaître de leur maux. Il a déjà assez de ses problèmes, ne veut pas s’effondrer avec ceux des autres. Quand un pleure de désarroi ou que deux se battent, il fuit, ignore. Il est du plus grand égoïsme.

♦️  Formaté pour obéir, Christopher est trés soumis aux ordres et à la hiérarchie. Même quand il s'insurge pour suivre ses idéaux, se révolter le fait souffrir. Il culpabilise.
Il a par ailleurs de grandes difficultés à remettre en question les propos de ses supérieurs, même quand il sait pertinemment que ceux-ci ne sont pas bons. Cela tend néanmoins à se minimiser avec les années car Christopher veut son indépendance de pensée.

♦️ John n'a pas été habitué aux gestes d'amour alors Christopher n'a jamais su les restituer. Il apprécie beaucoup de personnes mais n'est pas affectueux pour autant. Il est généralement peu tactile et utilisera rarement le terme « aimer » envers une personne. Le meilleur moyen pour déterminer l'affection qu'il vous porte reste encore de lui demander ou d'observer son regard et son sourire.

♦️ Christopher est très poli et dit souvent "Pardon" et "Merci". Peut-être même à l’excès.

♦️ S'il y a bien une chose que le papoose ne supporte pas chez les pirates (en plus d'un sérieux penchant sadique pour certains) c'est bien leur relation à la gente féminine. Il comprend que les femmes  leur manquent car il le ressent aussi  depuis qu'il a grandi, mais à ses yeux, ce n'est pas une raison valable pour briser ainsi un autre être humain.  Parfois, (et Christopher a honte de penser ainsi), il souhaiterait que ça leur arrive à leur tour, qu'ils prennent enfin mesure de leur acte.


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In beginning was the word,
and the word was with the god, and god was the word.

♦️Dans sa vie, le forban a eu beaucoup de noms.
Il est né Wo'pk, a été renommé John au baptême. Il a pris le pseudonyme de Christopher après sa fuite de la Residential School et a reçu celui de Marieen signe de protection et d'amour de la part de celui qu'il considéra comme son père.
A Neverland, les Perdus l’appelèrent Sail alors que les Hurons s'accordèrent sur celui de Mulot Agité. Les Forbans, quant à eux, lui ont imposé en stigmates celui de Redskin
John est par ailleurs le prénom que Peter a volé au garçon car c'est celui qui a laissé sur l'âme de l'amérindien le plus d'empreintes.

♦️ Christopher a un rapport très étroit aux mots et à leur sens. Il adore les décortiquer, comprendre leur subtilité. Cela vient de sa langue natale et a été renforcé par les Évangiles et l'éducation. Il lit et écrit très bien et possède un carnet où il consigne les prénoms et les mots qui lui plaisent. Il y en a de toutes les langues et certains sont suivis de plus de 10 lignes de notes.  (cf, feuilles volantes)

♦️ Christopher est aussi intimement lié à l’évangile selon Jean et à la foi chrétienne. S'il ne se met plus à genoux ni ne joint les mains, dans son esprit, il continue à adresser nombres de prières à son Seigneur car que cela soit hier ou aujourd'hui c'est son Créateur qui guide sa pensée et sa vie.

♦️ L'indien blanc voit le monde à travers un océan de symboles.
Un de ses préférés est celui relatif aux étoiles car, pour Christopher, les filles de la lune sont les Guides des Rois Mages et des marins. Elles sont les seules à apparaitre quand égaré en mer ou sur terre, l'homme est à mille mille de toutes terres habitables.

♦️  A chaque nouvelle Lune, Christopher écrit à Grenouille. Il envoie ses pensées grâce à Gabriel, messagère et une mouette blessée qu'il a apprivoisée du temps où il était au grand-Arbre. C'est une correspondance secrète et heureusement pour la sécurité des deux enfants.

♦️ Christopher est amérindien mais a oublié sa langue natale car Christopher se veut euro-canadien. Il parle anglais depuis la Residential School et, parce qu'il a vécu deux ans sur un morutier breton  sait s'exprimer en français avec un accent atypique et en brezhoneg . Avant son arrivée chez les pirates, il ne connaissait d'ailleurs pas  l'équivalent anglais de nombre de termes marins.  
Il sait d'autres mots et d'autres phrases dans d'autres langues que X ou Y lui ont inculpés, mais tout cela reste rudimentaire.

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Hisse et ho, Santiano!



♦️ Le papoose, en vrai marin, est tatoué. Il a une grande et belle croix dans son dos dont il est très fier mais ne fait jamais ostentation. (cf feuilles volantes).

♦️ Christopher est excellent nageur et est surement le meilleur plongeur et apnéiste de toute l'île.
Il met cette capacité à profit en cherchant entre les récifs des huîtres dont il offre (presque) toujours  les perles à son respectable capitaine.


♦️Lorsqu'il plonge, il attache un baquet à sa jambe à l'aide d'une longue corde. Cela lui permet de transporter ses affaires.

♦️ A force d'embrasser l'océan, la grande bleue l'a imprégné. Le garçon sent le sel,  sa peau et ses cheveux sont desséchés et abîmés et de multiples crevasses qui le font souffrir lézardent ses mains.

♦️ Le Papoose connait chaque récif, chaque crique ou trou d'eau de Neverland (accepté la lagune aux sirènes qui est trop dangereuse). Ses explorations l'ont d'ailleurs amenées à découvrir une cavité uniquement accessible en nageant en apnée cinq minutes sous les rochers ou en entrant par les airs dans un petit orifice de dix centimètres de large.
L'endroit est devenu sa base secrète, uniquement connu de lui et de sa mouette. Il y entasse tout ses petits trésors, les perles qu'il n'a pas donné à Hook et les centaines de papiers que Grenouille lui a envoyé.  

♦️ Par son passé de mousse sur un morutier terre-neuvien, Christopher connait bien les ficelles du métiers de marins et les désagréments qui en découlent. Les mauvaises conditions climatiques (grand froid/tempête...) ne lui font par ailleurs pas peur.

♦️ Les sirènes fascinent Christopher. Elles l'attirent et il les fuit car pour le garçon, les filles de l'océan sont une promesse mortelle. Cette certitude, il la tient d'un vieux songe qu'il a fait il y a longtemps, à son arrivée au Pays de Jamais. L'âme en deuil, il avait rêvé du chemin vers l'Océan où deux ans plus tôt, il avait rencontré pierre. Seulement, dans son songe, arrivé sur les berges bleues, il  n'avait trouvé personne, et tristement résolu dans sa solitude, avait embrassé les vagues. Il avait longtemps dérivé au gré des courants avant qu'une sirène apparaisse du néant. Mère et amante, elle l'avait embrassé, enlacé, réconforté.
Elle lui avait dit des mots doux pour mieux l'entraîner vers le fond et dans ses bras, il s'était laissé bercer, absorber, sombrer.

Au réveil, le rêve encore sur les paupières, Christopher avait pleuré car, dans ce songe d'une triste douceur, pour ne plus jamais être seul, il avait accepté de ne  faire qu'un avec la mer,assimilé; dévoré.

♦️ Globalement, Christopher n'est pas un terrien et il n'est pas vraiment à l'aise dans la jungle (sauter de branches en branches, se battre contre des bêtes sauvages, tout ça, ce n'est pas pour lui!). Néanmoins, quand une opération de surveillance des Peaux-Rouges est lancée, c'est souvent lui qu'on choisit (sans lui demander son avis) et ce pour trois raisons :
-Christopher est un peau-rouge que les plus anciens Peaux-Rouges connaissent bien (ce qui fait qu'ils hésitent un peu plus à le tirer comme un lapin)
-Il a une don rare pour se planquer  (la plus belle alternative pour survivre quand le Seigneur ne pourvoit pas de force ses créations)
-Quand il est débusqué, Christopher court. Et Christopher court vite. La fuite, c'est sa spécialité.

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Veillés et alcools

♦️ Christopher est un couche-tôt-lève-tôt. La plupart des soirées, il les passe dans son lit, déjà endormi depuis longtemps alors que les pirates ont à peine commencé à jouer. Ce n'est pas qu'il n'aime pas rigoler avec ses collègues mais c'est que si Christopher ne se couche pas avec le soleil, il est bon pour être dépouillé de son énergie et de sa bonne humeur dans les jours qui viennent. 
Parfois néanmoins, quand une nuit se promet particulièrement mémorable, il prend sur son temps de l’après-midi et fait une sieste pour être en forme pour le soir. 

♦️ Christopher tient très mal l'alcool alors les soirs de beuverie, il possède sa bouteille personnelle qui est rempli d'un cocktail de lait de coco, de jus de citron, de sirop de canne et d'une larme d'eau de mer. 
Les lendemains de cuite, premier levé, il gueule le plus fort possible pour réveiller les forbans. C'est un peu cruel au vu de la gueule de bois de la plupart mais c'est son petit plaisir sadique de personne sobre. 



♦️ Le garçon  n'est ni tactile, ni démonstratif alors il déteste quand les forbans sont saouls et qu'ils le prennent dans leur bras, le câlinent et parfois même, tentent de l'embrasser. Il aimerait bien alors leur mettre un coup de poings dans le ventre et leur dire que « Non, il n'était pas leur Petite Marie, ni leur petite épouse/femme à tout faire » mais telle réaction n'est pas dans la nature du garçon. Il sourit donc aimablement (et de façon crispée), se dégage et fuit dans la cuisine préparer des anti-gueules-de-bois aussi dégueulasses que dégrisant. Vengeance ! 

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Autres informations

♦️Héritage de son bizutage (et car la violence lui fait violence), le jeune forban ne combat avec aucune arme blanche ou à poudre. L'arme qu'on lui a imposée est le plumeau à dépoussiérer (''le meilleur ami du mousse'' qu'on lui a dit). Le papoose a creusé le manche de l'objet pour en faire un réservoir à poivre transformant l'outil de ménage en plumeau à poivre . L'arme, inoffensive à la vie, est redoutable quand il est question de déstabiliser l'ennemi, surtout que Christopher, petit et vif, se trouve être d'une grande dextérité quand il est question de se faufiler entre deux personnes. 
En parallèle, le gamin, grand connaisseur de nœuds sur corde, est en charge, lors des attaques, de ligoter les prisonniers. Parfois aussi, son attirail de combat se complète d'un balais et d'une savonnette humide. 

♦️Redskin a de petits pieds (il fait du 35 pour 1m65) qui bougent tout le temps. Ils sont le meilleur moyen pour connaître les états d'âme du garçon souvent calme d'apparence. Ils tapent la pulsation quand il siffle, trépignent quand Redskin a besoin de bouger ou se frottent l'un à l'autre quand le garçon a besoin d'être rassurer. Par ailleurs, il ne porte jamais de chaussures hormis à  trois occasions : quand il cuisine, lors des combats et des excursion. Cette prudence lui vient d'un vieil accident de couteau qui a coûté la vie à la première phalange du quintus et du quartus de son pied gauche. C'était il y a très longtemps et personne ne s'en souvient vraiment mais il paraît que, ce jour là, devant le drame du pied mutilé, Dogfish s'était mis à pleurer. 

♦️ Depuis que Christopher a grandi suite à sa promotion au sein du Jolly Roger,une barbe naissante (qu'il rase sauvagement chaque matin) est apparue sur les joues du garçon. Car elle est la preuve que son identité passée se fissure doucement, il la déteste presque autant que sa voix mue, déraille, passe du grave au aiguë sans crier garde. Le marin n'a d'ailleurs trouvé comme autre solution que de toujours garder une voix posée et basse ce qui souvent lui donne un air timide et réservé, bien loin de la réalité. 

♦️ En parallèle, le papoose siffle. Beaucoup et très souvent.
Il siffle pour se distraire, se donner du courage, se bercer, ou appeler les oiseaux. Il siffle pour attirer la tempête, pour qu'un jour le Jolly Roger se remette à voguer, entraîné par le vent, amant de tous les voiliers. Il siffle pour se moquer des pirates superstitieux et siffle encore pour qu'un jour, quelqu'un réponde à son cri du cœur car le son est la vraie parole de Christopher, celle forte, claire, dénuée de fausse note. L'appel est l'opposé de sa voix détraquée alors qu'ils partagent les mêmes cordes vocales, paradoxe qui fait penser que la mue de Christopher est surtout dans son cœur.



Neverland, home sweet home?

Comment vois-tu Peter Pan  et le grand arbre ? Quels sont tes sentiments envers lui ?
Approximativement année 1950, 

Désolé les Garçons, je vous ai trahi : je suis parti, j'ai déserté pour rejoindre la mer et je sais que c'est le fil de l'épée qui m'attend quand je vous retrouverais. 

Désolé Peter, je t'ai trahi. Ne me hait pas car, de mon côté je ne te déteste pas. Tu es un bon leader et surement une bonne personne. Je garderais en mémoire ce que tu as fait pour moi.  Je n'oublierais pas que tu as entendu mes pleurs que tu m'as emmené à Neverland pour sécher mes larmes.
Je n'effacerais pas le souvenir de ton accord quand j'ai souhaité me rapprocher des Hurons pour renouer avec mes origines profondes. 
Tu ne dois plus t'en rappeler mais tu avais alors dit ceci : «  D'accord si ça peut t'aider à oublier le monde ordinaire... » 
Quand tu disais cela tu pensais évidemment égoïstement mais je crois que tu pensais également à bien. ça m'avait fait plaisir et j'aurais été heureux si  la suite de ta phrase ne m'avait pas autant chagriné : 
« Mais n'oublie pas que tu restes un garçon perdu. Tu appartiens au Grand-Arbre.» 

Peter, désolé de te le dire dans de telles circonstances, mais je n'appartiendrais jamais au Grand-Arbre. J'aurais voulu y appartenir car tout aurait été plus simple mais j'ai échouer à aimer cette vie car  vois-tu Peter,  le Grand-arbre c'est comme la residential school.

Une fois arrivé, on nous force à oublier nos origines, on vole notre prénom pour le replacer par un autre, conforme à la communauté. Contre une nouvelle vie que l'on nous promet meilleur, on est arraché à tout ce que nous étions, on nous contrains à un rôle que nous n'avons pas choisi. On nous reformate, prisonnier de la volonté d'autres hommes qui ne prennent pas en considération ce que nous avons été. 
Peter, tu dois t'en rendre compte pour mieux comprendre les Perdus : c'est très dur de renaître en laissant sa liberté même si en vrai, je dois le reconnaître, cette condition de captif à présent si évidente  ne m'a longtemps  pas choquée. 

J'avais sept ans quand je suis arrivé là-bas, suite à une loi incontestable qui me dépassait. Je savais que j'y resterais jusqu'à l'âge très lointain de mes quinze ans. J'ai beaucoup pleuré les premiers jours puis je crois que je me suis résigné. Je suis rentré dans le moule que l'école m'imposait.
J'avais cinq ans de vie à l'intérieur de la Residential school quand, je me suis enfui, voulant rejoindre l'océan. C'est uniquement une fois libre que je me suis rendu compte à quel point j'avais accepté cet enfermement, à quel point j'étais perdu sans ces règles qui m'avaient si longtemps imprégné.

Je crois même avoir été triste que personne ne parte à ma recherche pour me ramener à la residential school et me punir à coups de ceinture.
Ça aurait été douloureux mais j'aurais aimé qu'on fasse attention à moi  parce que je travaillais chaque jour pour leur plaire et être le meilleur.  
Inconsciemment, je pensais être précieux à leur yeux mais je me trompais. Un enfant de plus, un enfant de moins, ils n'en avaient rien à faire.
J'étais seul depuis toujours à la residential school.  
J'étais seul au pensionnat comme j'étais seul, fugitif sans poursuivant, sur le chemin de l'océan. 
La seule différence c'était que sur ce chemin, les silhouettes familières avait disparues, remplacées par la liberté douloureuse  et coupable (j'avais l'impression de les avoir tous trahi). 
La culpabilité de l'abandon a été un sentiment détestable qui a perduré jusqu'à ce que je rencontre Pierre et embarque sur le morutier. C'est seulement là-bas que la tristesse s'est dispersée avec les embruns, que j'ai compris que vivre libre c'était vivre pour soi et que dans la vie, il n'y avait jamais rien d'autre que des cohabitations entre voisins. 

Peter, pour vivre j'ai besoin de la mer plus que de toute autre.
C'est surement une erreur que de vouloir s'embarquer sur le Jolly Roger mais j'ai foi en mon choix car il est réfléchi. J'ai longtemps observé leur équipage lors de mes missions d'éclaireur et je crois qu'Hook m'acceptera. Il semble être un bon capitaine, semblable à celui que j'ai connu sur le morutier : Froid, autoritaire, dictatorial même mais qui tient profondement à son équipage, qui le guide avec intelligence vers la réussite.

Peter, aux contacts des pirates du Jolly Ranger, je vais surement apprendre des tas de méchantes choses sur toi et j'en serais, à ne pas en douter, influencé. Peut-être même que parfois, tu me dégoûteras comme j'ai parfois été dégoûté des religieux après avoir entendu sur eux des trucs pas beaux de la bouche des autres enfants de la residential school. 
Pourtant, Peter, je ne pense pas que vous êtes, les religieux et toi,  foncièrement de mauvaises personnes. Vous avez peut-être affichés d'horribles visages avec d'autres (je ne le sais pas, la vérité est rarement dissociable du mensonge) mais vous avez été bons avec moi et pour ces raisons, je vous ais apprécié et je continuerais  toujours si possible, à vous apprécier. 

Sail


Comment vis-tu ton séjour à Never Never Land ? Que représente ce lieu pour toi ? Regrettes-tu ta vie d'avant ? Voudrais-tu pouvoir retourner dans le monde ordinaire ?  
My heart opens wide 
There's sadness inside 
I stand where I am 
And forever I'm dreaming of home 
I feel so alone, I'm dreaming of home


Home.
Foyer dans la langue de Pierre. Un mot que Christopher trouvait très beau car il venait de feu et qu'il désignait aussi l'âtre, les douces flammes faisant évaporer l'humidité du cœur.

Le Foyer, John, l'année de ses onze ans, l'avait désespérément cherché. Il avait tenté de le trouver dans la Maison de Dieu et dans les mots des Évangiles. De longues heures, la tête courbée, les mains jointes et les genoux nus sur le parterre froid, il était parti à sa quête par la prière mais malgré tous ses efforts, la porte du Foyer ne s'était jamais ouverte.  
Il avait longuement pleuré quand il avait compris que ce qu'il cherchait tant n'existait pas à la Residence School, et d'épuisement et de tristesse, s'était endormi, étrangement apaisé.  
Cette nuit-là, l'enfant pour se protéger, s'était mis à renier le Foyer. Il avait abandonné cette idée vaine qu'il ne pouvait  vivre et comprendre et inconsciemment, s'était persuadé que la seule forme de félicité qui existait était l'amour de son Seigneur. Les prières s'en étaient retrouvées intensifiées.

Un an plus tard, John, pour ne pas faillir à sa foi, avait fui et était devenu Christopher-Marie. Ça avait été très dur et très doux à la fois, car la rupture lui avait donné un Foyer, un tout petit havre des deux personnes qui lui  avait semblé très grand et chaleureux pendant deux ans, puis très vide et pesant quand la moitié du foyer avait disparue, noyée. 

Christopher, depuis, n'avait plus jamais retrouvé la porte ouverte du foyer et faute de mieux, avait rejoins Neverland. Il avait été garçon perdu, peaux-rouges et, dans l'espoir d'au moins retrouver la mer, s'était  finalement fait pirate et navigateur immobile. Dans le Jolly Roger, il avait cherché un ersatz d'endroit où vivre mais ne s'était jamais senti « à la maison » car le Pays-de-Jamais, depuis le début, n'avait été qu'une bouée, un substitut pour ne pas plonger sans jamais remonter à la surface.

C'était d'une tristesse infinie à accepter mais peut-être que le seul véritable foyer qui restait encore au garçon était ces profondeurs de l’apnée, cette bulle de 6 mins 50 hors-de-toute-chose et  qui, passé ce délais, se refermait sur vous et vous étouffait. C'était un foyer inacceptable mais pour Christopher, c'était l'Havre de paix. 




Le passé est présent



Première identité : Wo'pk, Enfant d'amérindien  (1915-1922)

Wo'pk a sept ans. Il est enfant de Mik'maq, orphelin de parents mais  fils de toute une communauté soudée que l'homme blanc n'a pas encore christianisé.
Wo'pk a sept ans d'une vie fière et libre, indépendante, à courir, à grandir, à imiter les grands pour un jour le devenir.
Wo'pk ne sait ni lire, ni écrire, ni compter mais il aime écouter les contes des anciens et sait pêcher car son peuple est le protecteur de la mer.

Wo'kp a sept ans. Car il est orphelin et que l'homme blanc est trés puissant, il doit abandonner sa communauté pour rentrer à l'école des Blancs.
C'est un déchirement.


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Deuxième identité : John, Orphelin de Dieu et l'Assimilation (1922-1927)


Mi'kmaq hate Whites and Shubenacadie's school. If the story of Shubenacadie must be written, the History will remember this hatred because it's the majority opinion. But I ask me if the point of view of children like me will be written also.
C-M, july 1929



Wo'pk arrive à Shubenacadie et c'est le dépaysement.
Tout est immense. Les corridors rendent son écho, et tout sent très fort le désinfectant.
L'enfant trouve cela  à la fois merveilleux et très oppressant.

Wo'pk est déshabillé et lavé. Vigoureusement. On lui coupe ses cheveux longs et on lui enroule autour de la tête une serviette empestant une odeur qu'il n'a jamais senti. On lui interdit de l'enlever en prétextant que tous les enfants amérindiens sont sales et qu'il faut donc les débarrasser de leurs poux.

Wo'pk, est rhabillé avec des vêtements et des chaussures bizarres qui serrent bien trop ses membres. Il ne les aime pas car ils sont moches, gris,  impersonnels, copie parfaite que ceux que portent tous les autres enfants.

Wo'pk demande où sont ses anciens vêtements, mais à sa question, personne ne répond. On lui crie dessus dans une langue qu'il ne connait pas et l'enfant se met à pleurer. Il est désemparé car, ainsi déguisé en européen, il ne ressemble à présent plus du tout à un indien.

Wo'pk est baptisé. Il est renommé John et Wo'pk, la lumière du matin, s’éteint.

John reçoit un chiffre. Le 47. C'est le numéro de son lit, de son casier, de ses vêtements et de sa mise en rang. Le numéro de sa vie, le symbole de son incarcération.

~~oOo~~

Ca fait deux semaines que John est à Shubenacadie. Il n'aime pas la vie à l'école-prison. Il pleure souvent, et est puni aussi régulièrement à tel point que sa bouche a toujours un goût de savon.

~~oOo~~

ça fait trois semaines que John est à Shubenacadie. Il ne parle pas. Ni anglais car il ne le comprends pas, ni mik'maq car le gout du savon lui en a dissuadé. Il ne parle plus.  Il est déraciné, loin très loin des siens, et si petit et seul dans la grande école,  fait comme ses camarades : il s'isole.

~~oOo~~

ça fait un mois que John est à Shubenacadie. Il a trop pleuré . Il n'arrive plus à sourire face à l'adversité comme lui ont appris les gens de la tribu.
Il se sent castré dans sa fierté d'enfant mik'maq, sait que d'un instant à l'autre il va vaciller.

John alors s'accroche. Désespérément.
Il se raccroche à ce qui lui reste de plus personnel, à son nom, à John. Il demande son sens aux religieux et pour la première fois, on lui répond : "Dieu est miséricordieux", John est le nom du disciple que Jésus aimait" .
John décide alors de devenir celui aimé par Jesus; par les religieux.
Il travaille dur pour apprendre à écrire et à lire l'anglais. Il prie encore et encore, s’imprègne  toujours plus de la Bible et des sermons.
Il se formate, tue l'indien en lui pour survivre à Shubenacadie.

~~oOo~~

John est assimilé. C'est un indien de corps mais un Blanc de coeur.
Il est imprégné de Shubenacadie et aime ce qui avant lui semblait aberrants. Il s'est habitué à la discipline, au port de l'uniforme, à la mise en rang perpétuelle, à l'alignement des lits, aux emplois du temps stricts rythmé par les sons des cloches.
Il croit que le quadrillage des âmes, la surveillance, l'impérialisme et la punition, sont synonymes de saine vie.
Il pense Obéit, soumet-toi et dieu t'aimera.

~~oOo~~

John est aimé du clergé. Il est protégé et parfois même privilégié.
John est détesté des enfants. Ils sont jaloux car, souhaitant restés indiens, ils n'ont pas réussi à être aimé.
John a de la peine pour eux mais ne sait comment faire pour les sauver. Il  tente de prêcher.
Il répète les mots qu'il a lu dans l’Évangile selon Jean, parle de la puissance de la prière, des qualités du fruit de l'esprit.
Il trouve des excuses aux horreurs de l'école, argumente que ce n'est pas la faute du clergé si tout est si terrible, que l'église les aime mais qu'elle n'a pas les moyens pour correctement les faire vivre.
Avec de belles images, il essaye de rallier les enfants paien du côté des chrétiens.
En vain.

Il échoue toujours jusqu'à ne plus le supporter, jusqu'à s'enfuir loin de Shubenacadie et des espoirs mort-nés.

////////////////////////////////////////////////////////////////////


Troisiéme identité : Christopher-Marie, Fils de la mer (1927-1929)
I recall of this memory as a love story between two lonely humans on a piece of sea.
C-M, july 1929


John court. Encore et encore jusqu'à ce que la mue de John se déchire contre le vent, remplacée par la peau nouvelle de Christopher.

Christopher court. Encore et encore jusqu'à s'effondrer.
Dans un état de demi conscience, il sent son coeur ralentir. Il croit qu'il va mourir, de fatigue, de froid, de soif et de faim.
Il sent, croit, mais ne meurt pas car Pierre passe là. Il le relève.

Pierre est un inconnu, un Blanc mais pas un canadien. C'est un pêcheur français de Terre-neuve qui suite aux aléas de la vie, s'est exilé au Canada.
Pierre est un homme brute mais un homme bon qui ne connait pas cet enfant mais le prend en pitié.
Il le cache, le soigne, écoute son histoire. Il sait qu'il prend des risques face aux législations canadiennes sur les autochtones mais n'en a que faire. Il veut l'aider.

~~oOo~~

Christopher est mousse sur un morutier aux côtés de Pierre.
C'est une vie de misère mais de solidarité.
Le gamin est toujours le premier levé et le dernier couché. Il travaille dix-huit heures par jour sans que l'activité ne cesse jamais. Il lave la morue machinalement dans le bac d'eau gelé, tente d'oublier les engelures de ses doigts, les douleurs de son dos voûté.
C'est une vie qui apprend à vivre, à se démerder, à accepter la mort des camarades partis en mer, à combattre le froid, à pisser sur ses poignets pour faire disparaître les choux de pue dû au frottement du ciré.
C'est une chienne de vie  qui crie "maximum de rendement pendant le maximum de temps!", qui pue le sel, la morue, l'eau-de-vie et la sueur.
C'est un quotidien sans délicatesse, très loin de l'asepsie de Shubenacadie et dans laquelle pourtant, Christopher arrive à trouver une grande poésie.

C'est deux longues années à en chier mais à se sentir entouré, soutenu.
Deux ans à connaitre la douceur du foyer avant l'arrivée de la crise économique de 29 qui scelle l’arrêt de la pêche à la morue des voiliers cancalais.
Deux ans puis l'Adieu d'un Père, dix lettres et un jeu de mot pour exprimer la pierre qui sombre dans l'eau.

"Sea you soon"



////////////////////////////////////////////////////////////////////


Quatrième identité : Sail, Mulot Agité, Redskin (1929- )

Le morutier n'est plus. Pierre n'est plus et Christopher ne sait pas ce qu'il va devenir.
Par facilité, il voudrait les rejoindre mais son cœur ne veut pas.
Il quitte alors ce monde pour un autre. Il s'envole vers le pays de Jamais.

Il est renommé. Il s'appelle Sail. Il est éclaireur car il l'a demandé.
Il est Garçon Perdu mais le Grand-Arbre ressemble trop à l'école pour qu'il puisse y rester. Il ne veut pas être un orphelin perdu parmi toutes ses vies paumées. Il doit fuir pour ne veut pas faire marche-arrière et se retrouver de nouveau prisonnier.

Sail rencontre Sharpy. C'est l'ancien mousse du Jolly Roger qui a fuit son poste pour rejoindre Peter.
Sail sait que la place chez les pirates est à présent vacante et il y voit une opportunité. Il prépare silencieusement son départ et, une seconde fois abandonne ses amis.  Il retrouve la mer et sur le Jolly Roger devient Redskin.

~~oOo~~

Redskin est un peu trop rêveur, un peu trop enfant pour plaire aux pirates. Il fait de son mieux mais ça ne leur va jamais. Il se fait bousculer, piétiné.
Il encaisse jusqu'à ne plus encaisser.
Il s'insurge et soudainement se fait respecter.

"Ce gamin, il en a"

Redskin n'est ni très grand, ni très fort. Il est bizarrement poète et ne sait pas se battre. Il ne ressemble pas à un pirate mais c'est un bosseur. Alors, Redskin, on le tolère. Puis on l'apprécie. C'est le petit mousse qui n'abandonne jamais.

~~oOo~~

Redskin a sa place au sein du Jolly Roger. Il y tient mais un jour un gamin blond vient lui piquer.
Par ancienneté, Redskin est promu. Il devient apprenti cuisinier. C'est un honneur dont il ne veut pas car c'est une rupture de son identité.
Christopher ne dit rien mais n'accepte rien.
Il serre les dents sur le silence mais son corps le trahit : Redskin grandit.




Bout d'aventure


Grenouille

Que cela soit hier ou aujourd'hui, peu de chose au Grand-Arbre était capable de retenir l'attention de Christopher. L'ancien Perdu se souvenait de certains détails ou grandes lignes de sa vie là-bas mais une brume globale recouvrait les souvenirs de ce temps. Seul un élément, un nom se détachait de la masse sombre de l'oubli car il appartenait à une personne à qui Christopher tenait.
Ce nom se détachant, cette personne favorisée c'était Grenouille.
Le garçon, à l'époque de quatre ans son cadet était arrivé peu après lui et avait attiré l'attention et la sympathie de Christopher dès les premiers mots échangés et ce, pour la raison que Grenouille était français ; le premier depuis la mort de Pierre et donc le seul être qui, par la langue, pouvait un minimum lui ressembler.

Grenouille, c'était au départ l'inavouable bouée, le petit garçon à l'âme farouche et cabossée dans lequel Christopher tentait désespérément de retrouver Pierre.
C'était l'ami distant et fuyant, l'enfant malade, le rêveur mélancolique, le disloqué de la guerre et pour cela, encore, il ressemblait un peu à Pierre.

Grenouille s'était un peu la réincarnation du vieux breton en beaucoup beaucoup plus jeune et déjà bien trop amoché.  Grenouille s'était Pierre, puis doucement, dans la tête de Christopher, Grenouille, s'était détaché du trépassé, était devenu personne à part entière, ami à part entière.

Grenouille était devenu Grenouille car Christopher, aux côtés de Grenouille, avait fait son deuil.

Grenouille c'était devenu la petite main qu'on avait envie de saisir avec enthousiasme pour aller de l'avant alors même que cette petite main, apeurée et brusquée, se dérobait souvent.

Grenouille c'était le collègue des éclaireurs, le compagnon d'explorations réelles et imaginaires bien que les deux enfants se séparaient souvent bien vite, l'un voulant toujours aller vers les côtes alors que l'autre souhaitant rejoindre l'intérieur des terres.

Grenouille c'était surement pas une âme stable, une relation simple ni un compagnon exemplaire mais c'était  l'ami de confiance. C'était l'unique personne qui avait été informé au préalable du plan de désertion du garçon. C'était le seul perdu qui lui manquerait vraiment et pour lequel il se sentait lâche et désolé de partir.

~~oOo~~

Sur le Jolly Roger, Grenouille c'était un échange de courrier  à chaque pleine lune, où chacun falsifiait son écriture,  écrivait en anglais, en faisait attention à ne donner aucun indice de temps, de lieu ni de personne pour que le jour où quelqu'un retrouverait leurs correspondances, personne ne soit inculpé.
C'était un peu compliqué comme un jeu d'agent secret mais ça permettait de donner des nouvelles.


« Courrier n°1.
Cher Ami,
Comment vas-tu ?
J'espère que tout le monde va bien au Grand-Arbre.
De mon côté, je vais bien. Mon intégration se passe bien.
J'ai découvert une cavité sur les berges. Elle est pleine de crabes jaunes qui brillent dans le noir. C'est très beau. J'espère que tu pourras un jour venir la voir.
A bientôt j’espère »

« Courrier n°1.
Cher Ami,
J'ai mal. Un groupe de pirate m'a pris comme victime. Même à la Residential School je n'ai jamais vécu cela. Ils me fouettent souvent avec leur ceinture mais le pire ce n'est pas le geste. Le pire c'est le sentiment de haine dans le geste. C'est le mépris qui fouette la chair. »

Grenouille, c'était deux courriers.
Un envoyé, avec des mots positifs, des nouvelles poussives et sans intérêt, question de rassurer.
Un courrier qu'on envoie pas, avec les mots vrais, les mots tristes qui font mal mais que l'on ne dit pas. Un écrit pour soulager, qu'on lave et efface aussitôt à la cendre.


« Courrier n°9.
Cher Ami,
Comment vas-tu ? Moi je vais bien.
J'espère que tout le monde se porte au mieux au Grand-Arbre et que Vxxxxx , Oxxxx, Pxxxxxxx, Txxxx  sont en bonne santé.
Sinon quels nouveaux jeux a inventés Peter ? Quels enfants se sont battus dans l’arène ?
A bientôt j’espère »

« Courrier n° 41
Cher Ami,
Comment vas-tu ? Quels nouveaux jeux a inventés Peter ? Quels enfants se sont battus dans l’arène ?
Je suis désolé pour la mort de Oxxxx. Tiens-moi au courant pour l'infection de Txxxx.
De mon côté, je me suis blessé il y a quelques jours mais rien de grave. Ça cicatrise bien. 
A bientôt»


Grenouille c'était le dernier lien avec le Grand-Arbre, tout ce qui restait de sa vie là-bas. C'était les annonces de décès, la preuve que le temps passait, que ce qu'il connaissait,  doucement, disparaissait.


« Courrier n° 302
Cher Ami,
Comment vas-tu ? Quels nouveaux jeux a inventés Peter ?
Voici un dessin d'un bateau-volant dont j'ai eu l'idée. »

Grenouille c'était l'ami à qui Christopher n'écrivait plus « à bientôt » car, à présent, il avait peur de revoir, que rien ne soit comme avant .
C'était la culpabilité que l'ainé ressentait quand il se voyait grandir, évoluer.

« Courrier n° 689
Cher Ami,
Comment vas-tu ?

Christopher trempa sa plume dans l'encre et la souleva au dessus du bout de tissu. Il réfléchit à ce qu'il allait pouvoir écrire, s'interrompit, releva sa plume en mal de mots et d'images, un fond de tristesse endeuillée stagnant au creux de l'estomac car à Grenouille, il n'avait plus rien à raconter, plus rien qu'il n'avait jamais dit ou qu'il avait envie de conter.

Grenouille, c'était des années de lettres entassées à faire semblant que l'attachement était éternel ;  à tenter de s'accrocher à l'espoir qu'on verrait toujours la lumière du phare sur la terre ferme alors qu'elle était de plus en plus lointaine, de plus en plus pâle.
Grenouille, en vérité, c'était un lambeau de terre fantomatique qui, trop tôt, finirait pas complètement disparaître, noyé par les eaux de Chronos.

Christopher le savait : ce jour de rupture qu'il sentait prochain, il oublierait la terre et deviendrait entièrement pirate.



Invisible pour les yeux

T'as un Pseudo ? DC de Monseigneur et d'Arrow (la Diva et le rabat-joie)
C'est quoi ton Avatar  ? Esteban, d'Esteban , BD de Mathieu Bonhomme.
PS : Merci à Doggy pour la magnifique idée du plumeau.  


Spoiler:
 

Christopher a évolué et est à présent Castor : Nouvelle fiche ♥️






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Merci à Hemeros pour ce superbe dessin de Castor ♥️


Dernière édition par Castor Apaisé le Jeu 24 Jan 2019 - 21:41, édité 8 fois
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Castor Apaisé
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✘ SURNOM : L'Aurore
✘ AGE DU PERSO : A l’orée de la cinquantaine

✘ DISPO POUR RP ? : pas encore.
✘ LIENS : ♦️ Nouvelle fiche
♦️ Ancienne fiche
Dés à coudre
Feuilles volantes

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MessageSujet: Re: C-M.R // Sea you soon   C-M.R // Sea you soon EmptySam 13 Juin 2015 - 1:25

Et car FA me dit que j'ai dépassé la limite de taille autorisée (ahaha, ne me tuez pas).
Voici les futurs feuilles volantes.
=> http://neverneverland.forumactif.org/t1621-a-la-memoire-des-freres#25052






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Dernière édition par Christopher-Marie Redskin le Sam 13 Juin 2015 - 16:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: C-M.R // Sea you soon   C-M.R // Sea you soon EmptySam 13 Juin 2015 - 2:22

Hey j'ai tout lu!
Merrrrrci pour l'image cute.
Et je me sens tellement bien de lire ENFIN cette fiche, vu le temps que tu m'as fait mariner sur skype (j'ai quand même relu les annexes héhé) ! J'aime toujours autant d'amour le petit Christo, et Oz, encore plus!

Bref:

Cette fiche est un monument.

Bon et sinon tu es fou. Je ne savais PAS qu'il y avait une limite de texte sur forumactif, tu as fait quelque chose de jamais réalisé avant je crois. Respect.

C'est trop magnifique, j'adore la fiche, j'adore tout, l'avatar, la playlist.

TOUT TOUT TOUT
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✘ AGE DU PERSO : Quatorze ans

✘ LIENS : you're running on unsolid ground

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MessageSujet: Re: C-M.R // Sea you soon   C-M.R // Sea you soon EmptySam 13 Juin 2015 - 11:29

J'AI TOUT LU YAY
Cette fiche est légèrement merveilleuse. Légèrement.
J'adore particulièrement les révérences mais toute la fiche se lit super bien, j'adore comment t'écris et le personnage est super attachant avec sa rage de vivre. Le background aussi est super bien exploré, crédible et puis ça apprend des trucs, bref j'vais pas m'étendre sur 400 pages mais j'adore Chris voilà tiens, prends des cœurs :
♥♥♥♥♥♥
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Peter Pan
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✘ LIENS : Je suis un petit oiseau à peine sorti de l'oeuf.
→ Et aussi tout ça !

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MessageSujet: Re: C-M.R // Sea you soon   C-M.R // Sea you soon EmptySam 13 Juin 2015 - 21:54

Félicitations mon enfant


Tu es condamné.





J'ai souvent été ému par des fiches mais là j'avais vraiment envie de pleurer (il faut dire que j'écoutais les musiques en même temps, pour ma défense). C'était donc une fiche bâclée, merci de l'info. Ton style est certes dense et en apparence éparpillé peut-être, mais je sais pas, c'est le tien et pour moi ça fonctionne. Christopher est un personne à part, travaillé (plus que ça), profond, captivant, humain (plus que ça ?), on a vraiment envie de le suivre où il va. Et ta narration est toujours impressionnante (pour moi toujours, car je sais que tu es du genre à te défendre de ce genre d'éloge). Je sais pas trop quoi dire excuse-moi ça m'a un peu retourné le cerveau là. Et j'ai appris beaucoup de choses, mais ça c'est encore plus facile que le reste. Merci, et re-re-bienvenue.
(et plus personnellement je suis très touché que Grenouille ait une telle importance dans ton récit, ça va de soit)


_______________________________


Je te serre chaleureusement la main. Cours vite créer ton Dé à Coudre et demander un Compagnon de Jeu afin de vivre une aventure ! Tu peux aussi participer au RP d'introduction spécialement conçu pour les nouveaux arrivants et qui permet d'immerger facilement ton personnage dans l'univers : La Beuverie. A moins que tu ne choisisses de te lancer dans Mission Périlleuse ? Tu peux même rejoindre d'autres rêveurs dans l'Odyssée des Songes. Si tu préfères passer du bon temps en papotant, rejoins sans tarder la Nursery. Quoiqu'il en soit, que ton séjour à Never Never Land soit fabuleux et éternel.










La musique que je joue au gré du vent : Flûtes de Pan
Les dessins que je peins au gré du temps : Crayons de Pan



Je tyrannise en forestgreen.




le merveilleux cadeau de mes enfants trouvés:
 
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MessageSujet: Re: C-M.R // Sea you soon   C-M.R // Sea you soon EmptyMar 16 Juin 2015 - 23:21

Oh shit oh my pan, sacrepan, nom de pan, doux pan !
On m'avait conseillé sur la cb de lire ta fiche, et franchement, je regrette pas de l'avoir fait … j'ai tellement était retourné que je sais pas quoi dire. Christopher semble exister, pour de vrai. Il a une vraie identité, une vraie personnalité, il est humain, vivant, entier. Il est vrai.
Comment t'as fais pour nous pondre ça ? Où t'as été cherché tout ça ? Quelles sont tes inspirations ?

Je suis impressionné.

Ours Elancé applaudit, d'abord avec lenteur, encore chamboulé par la lecture, puis en accélérant peu à peu, avant de se lever de sa chaise pour faire éclater une ovation à lui tout seul.

Je t'aime.
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MessageSujet: Re: C-M.R // Sea you soon   C-M.R // Sea you soon EmptyVen 19 Juin 2015 - 15:15

Oh je n'avais pas vu qu'on avait posté aprés ma validation. huhu ^^

Tout d'abord merci à tous! ♥ ça me fait vraiment plaisir que vous ayez lu cette fiche fort longue (trop longue ok, je l'avoue) mais à laquelle je tiens énormement.

ours élancé a écrit:
Comment t'as fais pour nous pondre ça ? Où t'as été cherché tout ça ? Quelles sont tes inspirations ? 

Je vais essayer de bien répondre à cette question même si en vrai elle n'attend peut-être pas de réponses.

Christopher est au départ né du personnage d'Esteban d'où est tiré les avatars. C'est un petit bonhomme qui en veut mais qui reste faible sur certains aspects. Le genre qui me touche beaucoup trop hihi. En plus il était question d'amérindien et d'un voilier/baleinier donc mon coeur était Bonheur. (d'ailleurs je ramènerais les BD cet été!)

Je suis donc parti au départ sur le fait de faire un amérindien qui avait été marin dans le monde ordinaire (pour faire simple). J'ai commencé mes recherches historiques et je me suis prise des putains de murs car déjà à l'époque, les amérindiens étaient trés surveillés et les voiliers avaient déjà en bonne partie disparus.

Un peu par hasard et suite à de longuuueeesss heures de recherches (j'ai failli abandonner à plusieurs reprises ;^; ) je suis arrivée au contexte actuel, soit école résidentielle canadienne + morutiers à terre-neuve. Et là la grande bataille a commencé.

J'ai beaucoup lu. Des rapports officiels, des témoignages, des histoires... j'ai multiplié les points de vue pour comprendre la vie des marins sur les morutiers ou celles des enfants des écoles dont l'âme a été assinée, faisant des survivants des adultes qui vivaient, se détestaient et se tuaient sous le poids des drames qu'ils ont vécus là-bas.
Autant que possible, j'ai essayé de ne rien oublier comme, par exemple, le regard de ceux qui dirigeaient les résidentials schools et qui ont trés souvent été des bourreaux conscients ou non. J'ai beaucoup remis en question les choses lors de mes lectures, rendant Christo plus profond, moins positif que ce que je souhaitais au départ (bien que les 3/4 de mes idées de bases n'ont pas eu besoin d'être retouchées) ce qui la rendu trés humain.

J'ai aussi essayé de recréer  cette essence qui émane de certains de mes proches, de musiques (merci la playlist) mais aussi de livres.
Comme le dit une BD que j'adore et qui m'inspire beaucoup globalement (et que je ramènerais aussi cet été ), " Muchacho est une histoire de violences. Violences immorale de la répression qui brise l'âme et le corps, violence idéale de l'élan révolutionnaire vers l'improbable liberté, violence de l'homme neuf qui se défait de sa peau d'enfant, violence des sentiments, des désirs, de la passion. Mais au bout du compte, rien n'est violence, tout est humain".

Après, et assez tristement d'ailleurs, Christo m'est semblable sur certains points. j'ai déterré et décortiqué certains de mes souvenirs, et lui ai donné mon lien à l'Amour et à la Vie, mais aussi à la solitude, à la tristesse, à l'eau et à l'apnés. Il a même hérité de certaines de mes spécificités comme le sifflement ou alors les pieds qui bougent trés souvent selon mon état x)

Bref, il m'aura fallu 3 mois de maturation pour créer Christo et ce Petit continuera d'être toujours plus humain car il est ma façon de réfléchir sur le monde, sur toutes ses petites choses triviales auxquelles on ne pense pas mais qui ont un sens et une importance profonde sur l'enfant ou l'adulte que chacun a été, est, ou sera.

Pour conclure sur une phrase encore tirée de Muchacho : Il faut soulever la peau des choses.

Et moi aussi je vous aime ♥






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MessageSujet: Re: C-M.R // Sea you soon   C-M.R // Sea you soon EmptyVen 19 Juin 2015 - 16:26

Oh lala ... Je crois qu'il est décidemment le personnage le plus abouti que tu ai fais, je tire mon chapeau ! (même si j'en ai pas)

C'est rare de voir autant d'implication et de recherches dans la création d'un personnage, j'en suis tout admiratif !

En tout cas, encore bravo, tes efforts ont été récompensé par ce beau portrait.

Et au plaisir de te croiser en rp ~
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MessageSujet: Re: C-M.R // Sea you soon   C-M.R // Sea you soon Empty

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