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Grenouille
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MessageSujet: Toi qui n'a pas de bras, comment bercer l'enfant ?    Jeu 11 Juin 2015 - 16:06



Comment bercer l'enfant ?

Grenouille & Moony




mot:
 


Ses pas l’avaient mené presque mécaniquement au Grand Arbre. Il regardait droit devant lui, sans ciller, sans cligner, comme hypnotisé, et marchait sans prendre aucune précaution. Sa vision était redevenue normale, pourtant – l'effet du Patapon s'était dissipé. Le sang, pas encore tout à fait séché, qui imbibait ses habits et poissait ses cheveux, attiraient les mouches autour de lui. Il avait laissé son sac sur la plage.
Grenouille apparut à l’orée des bois qui entouraient, à une centaine de mètres environ, le camp des Garçons Perdus. Quelques enfants accroupis levèrent le nez vers lui lorsqu’il traversa la distance qui le séparait du tronc, toujours aussi raide et robotique, et le Funambule ne leur adressa pas un regard. Plus loin, une petite marée d’enfants s’égosillait en cris de joie et d’excitation, tandis que Peter, perché en apesanteur, s’amusait à leur lancer des trucs (des jouets suspendus à un fil qu’ils tentaient d’attraper ou des bombes à eau qu’ils cherchaient à éviter, à moitié pour de faux). Le regard de Grenouille les rasa mollement.

Il se dirigea de ce même pas sans âme, avec ce même visage sans expression, en direction de la Cabane des Éclaireurs, la Base. Stealth ne s’y trouvait pas. Il eut juste le temps, alors qu’il accédait à la plateforme de la Cabane Principale, de repérer l’écharpe de Scarf disparaitre dans une cabane plus en hauteur. Ses prunelles pâles, vitreuses, s’attardèrent à peine sur les cartes qui jonchaient les murs et les tables. Le bruit des mouches, enivrées par la fragrance ferreuse, qui le suivaient l’étourdissait.
Son étrange cadence reprit et le mena, lui et ses mouches, vers la Fabrique, Cabane Principale des Artisans. Sur son passage, des enfants se bouchaient le nez ou rentraient prestement dans leur cabane, révulsés ou effrayés par la vision de ce garçon comme téléguidé et couvert de sang.

Plusieurs Artisans étaient en plein labeur au sein de leur immense Cabane Principale, mais absorbés par leur tâche, ils ne firent guère attention à lui. Le bruit des outils, l’odeur du métal et de la sciure, la pénombre environnante, masquaient efficacement les manifestations de sa présence.
Grenouille repéra aussitôt Moony, car il était grand (très grand) et chevelu (très chevelu aussi). C’était un des plus grands Garçons Perdus. Grenouille redoutait avec angoisse qu’il vînt à grandir.

Il faisait très chaud dans la Fabrique, et le climat engendré par l’humeur euphorisée de Peter n’arrangeait rien. Grenouille s’approcha de l’Artisan.

Je n’ai pas trouvé de voile pour mon bateau.

Il fixa ses yeux clairs sur le visage de Moony, accrocha son regard comme un enfant s’accroche à une mère mourante.

J’ai trouvé un poste de télévision. Mais je ne l’ai pas réparé, je n’ai pas trouvé d’outil.

Ses yeux, à présent, étaient très ronds, très intenses, comme fous. Son corps écarlate demeurait stoïque, raide comme un pieu. Moony, lui, avait un genre d’air absent pourtant. C’était l’air qu’il avait depuis la Bataille contre les Horreurs.

Au fait, Lolita est morte.



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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: Toi qui n'a pas de bras, comment bercer l'enfant ?    Dim 14 Juin 2015 - 12:25

Comment bercer l'enfant ?


L'univers de Moony était devenu aussi mécanique que les objets qu'il s'échinait à fabriquer. La nuit du Croquemitaine lui était resté en travers de l'âme, les émotions, les doutes, la peur ne passaient pas et il essayait de les chasser en s'aidant d'une vie monotone et robotique, une vie d'adulte, même s'il n'en avait pas vraiment conscience. Il se levait et n'allait pas jouer, ne jouait jamais. Il se rendait aussitôt dans l'atelier des artisans, y restait du matin au soir et du soir au matin. Les personnes trop curieuses qui le fixaient avec un drôle d'air recevaient toujours un sourire rassurant. Il expliquait que les artisans n'étaient pas nombreux, que beaucoup étaient morts en affrontant le Croquemitaine et qu'il y avait beaucoup de travail à faire. Il aurait aimé jouer, oh oui il aurait aimé. Du moins c'est ce qu'il prétendait.

Aujourd'hui il s'était installé loin de la fenêtre. Le soleil tapait de plus en plus fort, faisant écho à la bonne humeur de leur roi. Une bonne humeur destructrice, déshydratante, ravageuse. Il se demanda combien d'enfants avaient déjà été victime de cette chaleur : des insolations terribles, des langues gonflées, sans eau, des cervelles grillées, des accidents, chutes du haut des arbres, des têtes qui tournent et des pieds moins sûrs.
STOP.
On ne pense pas du mal de Peter. Ne pas commencer, ne pas RE-commencer.
Moony se plongea dans la sculpture, ses doigts agiles caressant le bois, le sculptant pour former la structure encore mal dégrossie d'un bateau pirate. Il créait beaucoup de jouets ces derniers temps, la plupart destinés à une seule personne : l'enfant roi. Le Fabricant n'était pas idiot, il savait bien que son comportement devait être étrange et éveiller les soupçons ; mais un soupçon ça s'endort, ça disparaît sous le poids des cadeaux et des jolis mots, les mots qui massent, les mots qui endorment, ceux qui gonflent les plumes du coq, qui taquinent l'orgueil.

L'outil qu'il utilisait pour vider certaines parties du bois ripa et vint lui entailler le doigt. Moony jura, même si ce n'était pas beau, très inélégant et malpoli. Il porta la blessure à ses lèvres et la suçota, aspirant le sang en espérant naïvement que ça calmerait le petit flot. Il se prit à rêvasser, comme souvent. Posture d'absent, rêve en l'air et tête volante. Ses oreilles entendaient vaguement le bruit des jeux à l'extérieur, les éclats de rire, le bruit des bombes à eaux qui explosent, le tissu qui frôle et la voix du tyran.

Moony n'avait pas entendu grenouille, Moony ne l'avait pas senti et il sursauta vivement lorsque la voix du petit garçon vint chatouiller son oreille.
Cœur qui bat
Mémoire morte.
Il mit du temps à le reconnaître, à calmer la peur et à rappeler son esprit divaguant.  
Voile et bateau.
« Il faut utiliser des nuages »
Le grand garçon avait l'esprit étrange et ça lui semblait la réponse la plus logique à donner.
Le regard de l'éclaireur le mit très mala à l'aise, surtout parce qu'il venait de percuter celui de Moony et que Moony n'aimait pas ça. Il baissa les yeux pour fuir, et dans sa fuite il repéra enfin le sang et les mouches, l'odeur et la mort. Il ne comprit pas ce qu'était une télévision, il n'en avait jamais entendu parler et de toutes façon son attention se tourna entièrement vers la dernière phrase.
Nausée.
« Ah... »
C'était tout ce qu'il trouvait à dire, il ne savait même pas qui était Lolita.

Le grand garçon cligna plusieurs fois des yeux, un peu affolé par le regard fou que lui lançait la Grenouille. Le fabricant savait au fond qu'il devait faire quelque chose, mais quoi ? En temps normal il aurait délégué, il ne s'occupait pas de ça lui, il était artisan, ça ne l'intéressait pas d'aider. Il ne fallait pas aider : trop d'émotions, trop de peur, trop de choses à ressentir qu'il ne savait pas bien digérer.
Le mort.
Toujours elle.
« Je vais m'occuper de toi... »
Pourquoi le disait-il à haute voix ? Pour essayer de se persuader peut-être. Il aurait dû confier le garçon à Soul ou alors au chef des éclaireurs, quelqu'un de plus compétent, quelqu'un de plus... adulte, au moins un peu. Plus responsable.

L'artisan repoussa son ouvrage. Les autres ne bougèrent pas, ne les regardèrent pas. Au fond tous les artisans étaient un peu pareils, trop concentrés sur leurs travaux pour observer le monde qui les entoure. Il prit la main de Grenouille, avec beaucoup de douceur, et lui fit refaire le chemin de l'aller au retour. Mais où aller ? Quoi dire et quoi faire ? Il n'en avait aucune idée...


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Grenouille
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MessageSujet: Re: Toi qui n'a pas de bras, comment bercer l'enfant ?    Sam 20 Juin 2015 - 16:05



Comment bercer l'enfant ?

Grenouille & Moony





Qu’est-ce qui était le plus choquant entre les boyaux de Lolita explosant sous ses yeux ou le regard complètement éteint de Moony ? Qui de Lolita ou de Moony était le plus mort ?
Grenouille, tendu comme un arc depuis qu’il avait quitté le Rivage, sentit tout son corps s’affaisser d’un seul coup. Son dos ploya et ses épaules se voûtèrent sous le poids invisible, intense, qui l’accablait. Le ton de l’Artisan évoquait celui d’un robot, d’une machine, ou même de ces poèmes que les écoliers récitent sans en comprendre le sens. Moony... Pourquoi lui. Et pourquoi donc Grenouille s’était-il dirigé vers lui puisque, tout à fait manifestement, c’était Moony qui avait le plus besoin qu’on s’occupe de lui. Pourtant, aux yeux de Grenouille, le Fabricant restait un grand. Infaillible, dur, résistant sous ses airs lunaires un peu fragiles… Et surtout, Moony avait été son mentor, son ancre, et voir une ancre dériver au loin provoque toujours une sensation d’angoisse et d’abandon, en même temps qu’un brûlant chagrin. Grenouille ressentait tout cela et n’avait aucun mot pour l’expliquer, l’exprimer.

Ca va aller.

Peut-être que Moony était fou. Peut-être que le Croquemitaine l’avait eu finalement. Après tout, même Peter était bizarre, bien trop excité. Tout le monde le pensait au fond, il en était sûr, même si personne n’osait le dire. En d’autres circonstances, il aurait trouvé l’évocation des nuages poétique, tout à fait respectueuse du côté Pierrot de Moony, mais en l’occurrence, cela ne fit que diffuser en lui un lent frisson glacé. Quelque chose n'allait pas.
Mais déjà, son ancien mentor s’évadait de la sombre Cabane Principale des Artisans. Personne ne se retourna sur leur passage. Lorsqu’ils regagnèrent la lumière éblouissante qui régnait au dehors, Grenouille se plaqua une main sur l’arcade pour se protéger les yeux. Il observa en silence l’attitude du Fabricant, qui portait autour de lui un regard hagard, comme débranché.

Qu’est-ce que vous faites ? Vous ne participez pas au jeu ?

Un garçon d’une quinzaine d’années marchait sur eux, traversant à la hâte un pont avant de gagner leur hauteur. Devant l’absence de réaction de ses interlocuteurs, il renchérit :

Le jeu ! Peter a décidé de fabriquer un grand château en pierre, juste devant le Grand Arbre. Un vrai château fort. Même ceux qui n’ont pas fini leur travail peuvent participer. Il y aura même des récompenses et tout ça.

Les yeux de Grenouilles passaient alternativement du visage enjoué du garçon à celui, impassible, de Moony. Il savait qu’il s’adapterait à la décision de l’Artisan. Et il savait, avec une certitude tout aussi nette, que l’Artisan en question ne participerait pas à cet énième jeu.

Je dois d’abord me laver, nous viendrons plus tard. finit-il par dire.

Le Garçon Perdu parut quelque peu perplexe, certainement troublé par le contraste évident entre leur apathie et son propre zèle. Il finit par bredouiller un « Comme vous voulez » avant de prendre congé, tout aussi hâtif.
Sans prononcer un mot, le Funambule agrippa le poignet de Moony et traversa les ponts suspendus qui reliaient les Cabanes entre elles, jusqu’à déboucher sur la Cabane Principale des Livreurs. Ne s’y trouvaient que deux Garçons, Freckles et Crackers. Intimidé – il l’était toujours en présence de chefs – Grenouille demanda au Lionceau une bassine d’eau pour se rincer. Ce n’était pas très autorisé en principe, puisque les réserves d’eau et de nourriture étaient scrupuleusement réparties – en particulier en ces temps de grosse chaleur –, mais malgré son ostensible sujétion à Peter, Freckles était particulièrement bienveillant. Il demanda à Grenouille s’il était blessé et lui recommanda d’aller trouver Soul. Mais Grenouille n’était pas blessé, du moins pas en dehors, et quoiqu’il en fût Soul croulait sous les patients. Il prétendit tout de même être un peu amoché, craignant que son indemnité ne soit un prétexte à rejeter sa requête. Freckles finit par demander à Crackers de leur remplir une bassine que Grenouille emporta, Moony avec, quelque part sur une plateforme plus en hauteur.

Il se nettoya longuement, captivé par les ondulations rougeoyantes qui envahissaient l’eau à mesure qu’il plongeait et replongeait sa chemise dedans. C’était à la fois beau et dégoûtant. Puis, il sortit un long mouchoir de sa poche et l’imbiba avant de se le passer sur le visage. Il le tendit à Moony.

Tiens, tu as l’air d’avoir chaud.

Et en même temps, tu as l’air de ne rien ressentir du tout.

Plus bas, les cris joyeux des enfants, ponctués par les rires aigus de Peter, s’élevaient jusqu’à eux, glissant sur leur peau sans pouvoir les pénétrer.

Est-ce que tu sculptes encore des jouets, dis ?

Est-ce que tu es encore là, dis ?


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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: Toi qui n'a pas de bras, comment bercer l'enfant ?    Sam 18 Juil 2015 - 10:07

Comment bercer l'enfant ?


Ça va aller... ces quelques mots semblaient bien peu sûr, davantage une tentative de se convaincre que tout irait bien plutôt que de constater une réalité. Moony ressentit un brin d'inquiétude, et cette inquiétude — même minime — ne le rassurait pas. Il avait toujours eu ce comportement égoïste et nombriliste propre aux enfants solitaires : les autres ne l'intéressaient pas, sauf s'ils pouvaient lui apporter quelque chose. Mais depuis quelques temps il se trouvait un peu trop concerné par ses camarades... oh bien sûr il avait toujours détesté les voir mourir, ou blessé, mais il n'aurait jamais eu l'idée de lui venir en aide, il tenait trop à son propre vie. Aide n'était qu'un mot, un mot qui commençait à prendre un peu trop de consistance.

La lumière du dehors lui fit mal aux yeux et il les plissa, gardant ses bras ballants le long du corps. Aider oui, mais aider comment ? Il se sentait fatigué, c'était si compliqué... Il n'était pas ce genre de garçon qui sait prendre soin des autres, ce n'était pas pour rien qu'il n'était jamais passé chef malgré ses talents : d'abord il ne le voulait pas, ensuite il ne le pouvait pas.

Lorsqu'on leur posa une question Moony tourna vers l'autre enfant un regard agacé : ils avaient vraiment une tête à avoir envie de subir une nouvelle lubie de Peter ? Sérieusement ? Le coté pratique du Fabricant avait très envie de répondre qu'un château en pierre ne se construisait pas comme ça et que les simples bases pouvaient déjà mettre des années à être mises en place. Si c'était mal fait le tout s'effondrerait comme un château de carte et il y aurait des morts... encore. Il se promit d'aller jeter un coup d’œil plus tard, histoire d'éviter un nouveau drame. Enfin... si il trouvait le courage de sortir de l'atelier. De toutes façons ils avaient plus important à faire pour le moment. Il fallait nettoyer Grenouille, couvert de mouches. Ça lui semblait bien plus important que de subir les caprices d'un enfants roi, et de risquer une insolation.

Grenouille répondit et Moony en fut fortement soulagé, ça l'arrangeait bien au fond, de ne pas avoir à ouvrir la bouche. Ils se rendirent ensuite à la cabane des Éclaireurs. Le Funambule était un petit mais il semblait exactement quoi faire et Moony suivit simplement, reprenant son rôle de passif, celui qui emboîte toujours le pas des autres et observe leurs dos sans jamais les dépasser. Le grand garçon n'ouvrit pas le bouche devant Freckles et Crackers, même pas pour dire bonjour. Il fut soulagé que le chef des éclaireurs ne lui adresse pas la parole et il grimpa bien vite à la suite de Grenouille pour s'éloigner de la cabane et monter sur une plate forme. Ils se trouvaient sur une hauteur. Il était bien en hauteur : la tête plus prés du ciel. Il se sentait bien plus en sécurité que sur la terre ferme, c'était paradoxal.

Juste regarder.
Le regard fixé sur le manège du petit garçon, les mains qui bougent, le rouge dans la bassine. Il sursauta en fixant le mouchoir et se rendit compte que oui, il avait chaud. Il ne l'avait pas senti jusqu'à présent. Son corps devait avoir chaud mais son esprit était trop loin pour le sentir. Il fixa l'objet sans le prendre et passa simplement le revers de la main sur son front, chassant pour un temps l'humidité.
« Oui. Souvent. J'étais en train de faire un bateau. Je me demande si avec lui on pourrait voguer loin d'ici. »
La fuite.
Le vide.
« Tu lis toujours Jules Verne ? Tu sais toujours lire ? Mon grand père lisait Jules Verne. C'était le seul de la famille à savoir lire. »
Il s'en était souvenu. Il y a peu. Ce qui semblait flou et inexistant revenait par vague et mourait au bord de sa conscience, laissant des traces d'écume mémorielle. Ça lui avait fait penser à grenouille. Puis il avait oublié.
« Pourquoi tu portes toujours cette étoile ? »
C'était décalé. Il aurait pu poser cette question n'importe quand mais il n'en avait jamais eu l'idée à vrai dire. Pendant que le Funambule se débarbouillait il l'avait vue, ça lui avait fait penser à la lune.
« Et pourquoi elle est jaune ? C'est banal une étoile jaune... »
Ça manque de charme et de folie. Il ne pouvait pas savoir que les nazis ne manquaient pas de folie mais avaient bien peu de véritable charme...

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Grenouille
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MessageSujet: Re: Toi qui n'a pas de bras, comment bercer l'enfant ?    Sam 8 Aoû 2015 - 16:43

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Grenouille & Moony




Je me demande si avec lui on pourrait voguer loin d'ici.

Grenouille redressa la tête brusquement, arrêtant son geste tout en fixant intensément Moony. Il était sérieux, là ? Ce genre de phrase, même lancée si spontanément, si innocemment, était dangereuse. Il y avait pas de « loin d’ici » sur l’île, pas de regard au-delà de l’horizon, pas de fuite. Les départs n’existaient pas. C’était le Pays de « Jamais plus ».
Moony n’était pas particulièrement fervent au sein des Garçons Perdus. Mais Grenouille savait que Peter se fiait à lui, que rien dans le regard du roi ne trahissait une quelconque suspicion quant à sa loyauté. Grenouille s’était toujours dit que Moony était bien ici. En plus, il y avait quelque chose de tellement enfantin en lui, que même son immense corps ne parvenait pas à cacher. C’était perturbant de voir les yeux de Moony regarder le ciel, un espoir mort dans les yeux, un espoir auquel il ne croyait pas vraiment.

Grenouille rabattit ses bretelles sur ses flancs d’un mouvement sec avant de retremper son linge. Il ne répondit pas. Même lorsque Moony évoqua Jules Vernes et qu’il sentit son cœur sautiller, il poursuivit son action, avec plus d’ardeur encore. Ses yeux pâles se tournèrent fébrilement en direction de l’agitation, loin au-dessous d’eux, savamment orchestrée par Peter. Le roi ne pouvait les entendre. Même de près il ne les aurait pas entendu, tant le bourdonnement de sa joie devait être fort, intense, dans ses oreilles…

Je n’ai pas lu depuis… Pause. La Bataille. Depuis la Bataille. Je n’ai pas rouvert les livres. Mais je sais encore lire.

Le doute l’étreignit subitement.
Vraiment ? Il savait encore ?
On oubliait si vite ici. L’Oubli était le vrai Croquemitaine, tellement vorace et infaillible.
Il se mit à répéter les noms en boucle, en lui-même, comme chaque fois.
David, Maman, David, Maman, David, Maman. Comment s’appelait ce drôle de chat… tout roux… Ah. David, Maman...

Pourquoi tu portes toujours cette étoile ?

Il sursauta légèrement. Stoppa son geste, encore. Son regard se posa sur l’étoile rapiécée, un peu effilochée par endroits, qui ornait son chemisier aujourd’hui. Il demandait parfois à un raccommodeur de la lui coudre. Peter trouvait ça joli, en plus.

Banal...

Il fut un peu triste de la remarque de Moony.
Il aimait bizarrement son étoile. Il y était attaché. Bien plus que la honte, la douleur ou la peine, son étoile le rattachait à un socle qui lui manquait trop. Passé, souvenir, famille, un truc réel, entier, fixe.

Ce n’est pas moi qui l’ai fabriqué.

C’est ma mère. La vraie.

Elle n’est pas si banale, elle a six branches.

Là, il se sentit un peu fier de sa répartie.
Il ne se souvenait pas, par contre, pourquoi six branches. Il savait que ça avait un sens. Il ne savait plus lequel.

Tu fais toujours attention à ne pas grandir ?

Pour certains enfants, c’était acquis. Ils ne grandiraient pas. Ils étaient inachevés, arrêtés, Peter avait fait son œuvre. Ils n’avaient même pas à se méfier.
Et d’autres… D’autres devaient prendre garde. Grenouille distinguait vite la différence. Le fossé qui séparait les uns et les autres. Les Conscients et les Inconscients. Lui-même, il était convaincu que sans la Peur, il aurait grandi. La Peur le gardait petit.

Grenouille avait entendu les rumeurs sur Stealth. Grenouille avait vu les combats d’arène de Soul. Grenouille avait perdu Sail. Ils n’avaient pas fait attention. Ils n’avaient pas pu lutter. Ou pas voulu. Et Moony, maintenant ? Il était où ? Il était déjà si grand. Plus grand que la plupart des enfants. Et son regard dérivait tellement. Jusqu’où ? Il parlait de loin, il parlait de souvenir, et il parlait d’étoiles banales. Grenouille le contemplait comme l’on contemple un virus s’étendre dans un organisme. Impuissant et affolé.

Qu’est-ce que tu aimes le plus à Neverland ? Les fées ? Les jeux ? Peut-être quand Harmony chante le soir ?

Reste avec nous, Moony, reste avec moi. Résiste encore un peu. Bientôt l’Oubli viendra pour de bon et tout ira mieux.



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MessageSujet: Re: Toi qui n'a pas de bras, comment bercer l'enfant ?    Sam 19 Sep 2015 - 13:56

Comment bercer l'enfant ?


Pas lu depuis la bataille ? Ça semblait logique... ce moment avait marqué l'esprit de tous les enfants, il était terrible et douloureux, hantait encore leurs cauchemars. Moony se souvint de l'après combat, ce moment où il s'était rendu à l'infirmerie pour soigner ses blessures et voir si il pouvait aider un peu. Il était tellement choqué à ce moment là, tellement à coté de la plaque, qu'il en avait même oublié que les corps ne s'enterraient pas, que seul Peter pouvait prendre soin des camarades morts...
Ca lui avait rappelé des souvenirs... un grand homme brun, des cheveux bouclés, un corps maigre et dévitalisé qui creusait. Le son de la pelle qui heurte le sol, de la terre qui tombe avec un son mat.
C'est le monde des adultes Jim...
Dis au revoir.

Moony battit des cils, prenant conscience qu'il ne faisait pas nuit, que le froid et la brume avaient disparus, qu'il n'y avait aucune odeur de charbon. Et Grenouille était là.
« Tiens c'est vrai ça... elle a six branches... »
C'était rigolo ça... pourquoi six branches ? Et pourquoi cinq en réalité ? Pourquoi représentions-nous toujours les étoiles à cinq branches ? Ce n'était que des petits points de lumière, elles ne ressemblaient pas aux petits dessins qu'on en faisait parfois sur un bout de feuille.

Le Fabricant pinça les lèvres... la question de son camarade le perturbait un peu. Moony aimait parfois poser des questions mais il n'aimait pas y répondre.
Une discussion se fait toujours à deux Jim... Toujours...
« Je fais attention... j'ai l'impression que grandir c'est mal. »
Mais cette impression était-elle justifiée ? Avait-elle réellement une réalité ?
« J'entends des voix en ce moment... je me demande si c'est normal. »
Pas des vraies voix, des voix brumeuses au fond de sa tête, qui apportaient avec elles des impressions, fugaces, éphémères, mais qui laissaient des traces de plus en plus visibles, un peu comme si un homme marchait sur un plancher de bois avec les pieds mouillés. Les traces finissent par s'estomper, mais elles mettent un peu de temps.

« Oh non je n'ai jamais aimé les fées... elles sont bruyantes et parfois égoïstes, je n'aime pas quand elles viennent me déranger alors que je travaille. Les jeux sont dangereux et les autres sont souvent méchants. Je ne suis pas fort et je perds toujours, ou alors je sors avec des bleus et des coups. Je n'aime pas les chansons... ça m'empêche de dormir... »
C'était une bonne question en réalité... qu'aimait-il à Neverland ?
« J'aime bien l'île... elle est dangereuse mais elle est pleine de choses que je peux utiliser... les bois sont supers et je peux faire des jouets ! »
Le grand garçon tourna vers Grenouille un regard rêveur et lui adressa un petit sourire entre gentillesse et... folie...
« Et toi alors ? Qu'est-ce qui peut bien te plaire ici ? »


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Dernière édition par Moony le Mer 23 Déc 2015 - 15:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Toi qui n'a pas de bras, comment bercer l'enfant ?    Sam 14 Nov 2015 - 20:11

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Grenouille & Moony




Il y avait quelque chose d'un peu bancal dans le regard de Moony, même dans sa voix. Il menaçait de tomber. Ce sentiment était si fort chez Grenouille qu'il ne cessait de jeter un oeil en direction du sol et de s'assurer d'un regard que les appuis de son ancien mentor étaient solides. Il était quasiment sûr que Moony s'en fichait de tomber en cet instant. De mourir.

Les images de Lolita, d'une Lolita à jamais défigurée dans son souvenir, revenaient en sa mémoire comme une marée tenace et bousculaient tout son corps. Même la beauté était versatile à Neverland, et savait se muer en laideur, en horreur, plus rapidement qu'un soupir.

Grenouille ôta son maillot et le trempa également dans la bassine. Il n'avait pas froid. Il faisait rarement froid au Pays de Jamais, et quand bien même, le temps semblait encore plus éclatant qu'à l'accoutumée. Peut-être à cause de l'humeur du Roi. C'était apaisant. C'était réchauffant.

Lolita, Lolita toute rouge.

Grenouille cligna des yeux et frotta plus fermement sur le tissu de son maillot, les dents serrées. Il s'interrompit lorsque Moony reprit la parole.

J'ai l'impression que grandir c'est mal.

Le Funambule acquiesça en silence. Oui. Mal. Lui aussi avait cette sensation. Et au fond, il ne savait plus très bien. Est-ce que c'était la crainte qui impulsait cette impression ? Etait-ce une vraie conviction ? Une certitude ? Une sorte de morale ? Il ne savait plus.
C'était plus facile encore de combattre les pirates que de combattre les règles de Peter Pan.

J'entends des voix en ce moment... je me demande si c'est normal.

Grenouille déglutit. Il faillit lui parler de David, là tout de suite. David encore là, agrippé à lui, entre souvenir et hantise, entre réconfort et effroi, David dans les limbes. Il faillit mais se retint, parce qu'il avait trop peur pour lui, et presque aussi peur pour Moony. Parce que Moony tombait.
Il essora son maillot.

Le discours de Moony était décousu. Non. Démembré, décomposé, comme un meuble mal monté. Mais Moony, tu es un Artisan. Tu devrais savoir te retaper. Tu devrais. T'as perdu tes outils ?

Et toi alors ? Qu'est-ce qui peut bien te plaire ici ?

Grenouille plongea son regard alerte, lucide et éveillé, bien que traumatisé, dans celui de Moony. A l'opposé du sien, déjà débranché. Il comprit d'instinct, sans même réfléchir, qu'il ne devait pas répondre à cette question. Pas vraiment. Pas apporter de réponse sincère et émue, une réponse personnelle, authentique, non. Il fallait convaincre Moony. De revenir. De se recomposer, se reconstruire. Clou par clou.

Presque tout. Sa voix était bizarre, alourdie par cet énorme mensonge. C'est vrai que ce n'est pas tous les jours faciles, mais par rapport au Monde Ordinaire, c'est un paradis. Tu imagines comment nous serions ? Vieux, courbés, sûrement... Non, la mort, Moony s'en fout. Qu'est-ce qui est si important pour Moony. Les rêves, ah ben oui. Sûrement incapables de rêver ! Ou de jouer ! Nous n'aurions plus d'insouciance. Bientôt, nous oublierons les Horreurs. Ah tu crois ? Et tout le reste. Tu te rends compte, le Père Noël, le Lapin de Pâques... Moi je n'ai jamais fêté Pâques, mais c'est une bonne raison de rester.

Il fit une pause. Plus il parlait vite, plus son accent était mauvais. Il avait soif, maintenant. Mais l'eau de la bassine était tiède, sale. Rouge.


On peut peut-être construire quelque chose pour chasser tes voix. Moi, je veux chasser des images. On peut construire un casque hermétique pour toi. Des lunettes opaques pour moi. Un truc pour... protéger nous.

Il s'extirpa de la branche et bondit sur une plate-forme, à quelques pieds.

Tu veux ? Si... si on ne fait rien, elles vont devenir de plus en plus fortes. Et un jour, tu deviendras fou.

Parce que tu ne l'es pas encore.

On peut encore te réparer. il finit, d'une voix étranglée.


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MessageSujet: Re: Toi qui n'a pas de bras, comment bercer l'enfant ?    Mer 23 Déc 2015 - 15:32

Suicide inconscient ? Mais non... c'est pour la science


« Tu mens ».
Moony l'avait su avant même que Grenouille n'ouvre la bouche. Il l'avait senti, de toutes ses forces et ça l'avait frappé, si fort.
« Comment tu peux savoir que le monde ordinaire était si horrible ? Moi je ne m'en souviens pas... mais c'était il y a longtemps je crois. Ca sent le charbon, ça sonne les coups de pelle et la voix rauque. Il y a du noir partout. »
Il avait si peu l'occasion d'en parler. Personne ne disait jamais ce qu'il y avait eu avant et Moony... et bien Moony ne s'en souvenait plus : il avait oublié. Le temps ne passait pas sur l'île, il était impossible de distinguer le matin du soir, le jour du lendemain ; mais parfois le grand garçon se disait qu'il était là depuis longtemps. Depuis trop longtemps. Il regardait Grenouille qui essayait d'être heureux et hâtif, qui bondissait en parlant d'inventions qui n'existaient pas et d'événements qui ne lui faisaient plus peur. Il devenait fou ? Mais n'étaient-ils pas tous fous, ici ?

« Je suis pas un objet Grenouille. Un humain ça se répare pas comme ça. Je suis même pas sûr d'être cassé en fait. Parfois je me demande si en fait... je serais pas en train de redevenir un truc que j'aurais toujours dû être. »
Comme si, actuellement, il n'était qu'un leurre, un petit quelque chose d'anormal qui ne devrait pas exister, qui n'avait aucune chance, qui allait contre toutes les lois. Des lois qui n'avaient pas été édictées par Peter.

« Tu vas aller le dire à Peter ? »
Lui rapporter les paroles, avec innocence, sans savoir ce qu'elles pouvaient entraîner, ce qu'elles pouvaient créer ; de la même manière que lui l'avait fait avant, à une époque où il ne comprenait pas que l'on puisse remettre Peter en question.
« Je t'en voudrais pas je crois. »
Non pas qu'il ait, au fond, l'envie de quitter l'arbre : oh ça non ! Simplement il se disait parfois qu'il était bien fatigué, que son masque pesait lourd et que son âme était douloureuse. On l'étirait de tous cotés, comme un vieux jouet usé pour lequel on se battrait. Tout était désarticulé et il commençait à se demander s'il ne valait pas mieux que ses pauvres petites articulations finissent par céder.


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MessageSujet: Re: Toi qui n'a pas de bras, comment bercer l'enfant ?    Mar 5 Jan 2016 - 19:21



Comment bercer l'enfant ?

Grenouille & Moony




Grenouille eut un drôle de mouvement de tête, à peine perceptible, comme lorsqu'on se secoue le bocal pour se réveiller. Il ne comprenait rien aux mots de Moony. Son "Tu mens" lui avait glacé les os malgré la chaleur ambiante. Il avait piqué un fard et son coeur avait sursauté.

Lorsque Moony se mit à évoquer le Monde Ordinaire, le Funambule observa furtivement les alentours afin de s'assurer que personne ne les écoutait. Ces mots-là, on les murmurait à la faveur de la nuit ou dans un coin de cabane. Et ces mots-là, aussi interdits fussent-ils, venaient tout de même frapper le crâne de Grenouille, ébranlant le squelette de ses frêles certitudes.
Lui-même se prenait à douter. Peut-être que Moony n'était pas fou. Peut-être que Moony revenait juste de loin, revenait de la folie elle-même, qu'il voyait enfin des choses que personne ici ne voyait plus et que c'est pour cette raison qu'il parlait comme ça. Grenouille était perdu et son regard était celui des petits d'animaux égarés qui cherchent leur chemin.

Un truc que tu aurais toujours dû être...

Sa voix s'effilochait.
Non. Non. Moony ne lui échappait pas parce qu'il était fou.
Moony lui échappait parce qu'il reprenait prise avec la réalité. La grande, celle de Neverland, de l'Ordinaire, de Tout. Même de Lui.

Je suis pas un rapporteur. dit-il sombrement en baissant les yeux, shootant dans un caillou qui dégringola jusqu'au sol. Tu parles comme ceux qui grandissent. Tu parles comme les grands qui sont fatigués. Comme Scar quand il s'est mis à grandir. Il ne te laissera pas de chance tu sais, tu es déjà grand ! S'il sait que tu... que tu changes comme ça, il va te bannir !

Il se rapprocha de nouveau de Moony, vérifiant une fois encore qu'ils n'étaient pas épiés.

Laisse-toi du temps, Moony... S'il te plait... Tu sais bien, l'île fait oublier. Tu oublieras que tu es fatigué. Il faut juste que tu dormes un peu. Et pourquoi tu ne chantes pas quand il y a les voix ? Elles finiront par s'en aller...

Là, plus qu'un mensonge, un espoir.

C'est elles qui te font redevenir ce truc ? Redevenir, c'est devenir, et devenir c'est grandir. Il ne faut pas devenir, Moony. Devenir c'est mourir.


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MessageSujet: Re: Toi qui n'a pas de bras, comment bercer l'enfant ?    Ven 5 Fév 2016 - 19:35

Toi qui n'as pas de bras...


Il va te bannir... les mots de Grenouille résonnaient dans la caboche de Moony et rebondissait en écho dans son crâne. Il le savait, il voulait l'éviter mais c'était comme ça. Finalement peut-être qu'il arrivait à un stade où il ne pouvait plus reculer et qu'il fallait sauter le pas. Il aurait cédé avant Soul finalement. Sa petite flamme d'enfance vacillante allait être soufflée, il en fallait peu, bien trop peu, pour que tout s'éteigne et que Moony soit plongé dans le noir.

« Devenir ce n'est pas mourir Grenouille... c'est changer. C'est Peter qui nous fait croire qu'être adulte c'est mal mais les indiens n'ont pas l'air malheureux eux. Peut-être... peut-être que toi, moi, tous les autres on est dans le faux, et peut-être même que Peter Pan n'est rien d'autre que le pire des menteurs. »
Un menteur qui ne se rendait pas compte de ce qu'il provoquait, un menteur qui jouait au meneur et qui entraînait vers la mort des enfants qui se pensaient sauvés.
« Peut-être aussi qu'il ne nous a pas volé que nos ombres... »
Ça il s'en était rendu compte il y a peu. Jamais encore il n'avait porté attention à cette chose là et c'était la dernière fois, cette fois où il avait créé le parfum avec le pirate fou, qu'il s'était souvenu qu'avant il avait quelque chose à ses pieds, quelque chose qui le suivait, fidèle comme...
Une ombre.
Son ombre.
Les paroles de Whity lui revinrent en mémoire. Il avait oublié Whity et pourtant... comment avait-il pu ? Ils avaient été proches, amis, et Moony l'avait oublié comme il avait oublié tout le reste, mis de coté tout ce qui était important, tout ce qui aurait dû l'être : « Peter nous a volé nos ombres Moony, et avec elle il nous a volé une chance de grandir. C'est tout ce qu'on est, tout ce qu'on devrait être qu'il a pris. »
Cette fois là le Fabricant avait fait comme si de rien était, il s'était bouché les oreilles et était parti en chantonnant. Il fuyait la réalité.

« Ces voix je crois que ce sont juste des souvenirs... »
La voix d'un homme grand avec des cheveux bouclés et noirs. La voix d'une femme trop maigre avec un enfant à chaque bras. La voix de la mine qui fait tant de bruit, qui déchire le silence de ses rouages, qui gronde et qui avale dans un tonnerre de noir.
« Ce sont des souvenirs et je crois qu'ils me rappellent...»
Que rappelaient-ils déjà ?
Ne pas oublier.
Ne pas effacer.
« … Ils me rappellent que je devrais avoir aussi un avenir. »
Ca lui devenait plus évident maintenant, tellement plus, et il ressentait un besoin impérieux et didacteur, celui de mettre des mots sur une impression qui le hantait.
« Peter nous a volé notre avenir. »
Une flamme dans la nuit, danse comme une sentence.


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MessageSujet: Re: Toi qui n'a pas de bras, comment bercer l'enfant ?    Mar 15 Mar 2016 - 18:05

hrp:
 



Comment bercer l'enfant ?

Grenouille & Moony




Il l'écoutait. Il ne parlait plus, respirait à peine, écoutait chaque mot.
Moony avait un air sérieux qui ne lui ressemblait pas, et l'espace d'un instant, Grenouille pensa que ce n'était plus Moony, qu'un jumeau grave l'avait remplacé. Peut-être qu'il était possédé ? Ou malade ? Pourquoi se mettait-il à parler comme ça ? D'un seul coup ? Moony était tout froid. Une éclipse cachait la lune dans sa tête. Tout froid et tout noir.

Peter nous a volé notre avenir.

Grenouille s'était mis à pleurer, sans bruit et sans éclatement, des pleurs tout doux, tout faibles. Juste des chemins de larmes que les mots de Moony, leurs conséquences surtout, guidaient malgré lui.
Mais quand le Fabricant eut proféré ces dernières paroles, alors Grenouille oublia toute contenance, toute prudence, et il se jeta sur lui en plaquant sa main contre sa bouche. Moony tomba à la renverse et Grenouille, pratiquement étendu sur lui, lui siffla d'une voix brisée, pleine d'une colère sourde :

Arrête, maintenant. C'est trop tard, tu ne les récupéreras jamais. Ni tes souvenirs, ni ton futur. Ce qu'il prend, il ne le rend pas. Alors ne laisse pas la révolte entrer en toi, tu ne peux pas le combattre ! Tu ne peux plus devenir, c'est trop tard. Tout est trop tard. Tu vas juste mourir, et mourir ça ne sert à rien !!! Tu ne penses qu'à toi, tu ne penses qu'à toi !!

Il se releva et tourna le dos à l'Artisan, les joues rougies par le flux salé qui les maculait.
Si Grenouille perdait Moony ? S'il n'était plus là, un jour ? Si Grenouille était si triste que ses souvenirs, ses souvenirs de Moony, se mettaient à lui parler, lui aussi ? Et lui rappeler qu'il avait un avenir, et lui rappeler qu'il aurait du grandir.

Je te déteste. mentit-il.

Il ne voulait plus le regarder. Il voyait, il voyait si nettement, Moony attaché au Poteau du Banni. Peter qui criait « Je te bannis ! » dans un cri qui résonnait dans toute l'île. Et Moony qui ne bronchait pas, qui ne disait rien, n'avait même pas l'air d'avoir peur. Un air vide, oh tellement vide. Tellement vide qu'il creusait des trous dans le cœur de Grenouille.


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MessageSujet: Re: Toi qui n'a pas de bras, comment bercer l'enfant ?    Dim 15 Jan 2017 - 19:36

The End


Car ce qui finalement est peut-être le pire,
C'est surtout de regarder les autres grandir.


FIN DE L'AVENTURE




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