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L'Ombre
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MessageSujet: Le Bannissement    Dim 7 Juin 2015 - 17:16

Le Bannissement





Avait-il été dénoncé ? Probablement. Le garçon avait passé la nuit attaché au Poteau du Banni. Ses poignets étaient en sang et des éclairs de douleur lançaient son dos éprouvé. Des Sentinelles avaient surveillé le garçon toute la nuit sous les ordres de Peter afin qu’il ne bénéficie d’aucune aide extérieure. Peter avait entendu dire qu’il avait des alliés. Le garçon servirait donc de double exemple. Au matin, le garçon avait vu tous les enfants marcher vers lui. Peter n’était pas encore venu. Le garçon gardait l’espoir que des Diplomates plaideraient en sa faveur.  Son dernier espoir. Deux Sentinelles de grande taille scindèrent la foule en deux. Peter, vêtu d’un ensemble militaire plutôt précieux bien qu’étrange en les circonstances – mais chacun était accoutumé à le voir costumé pour les occasions, que ce fut en roi, en cosmonaute, en gangster, en général ou en pharaon – apparut, la démarche raide et dure. Il adressa un regard éminemment froid au fautif. Les Diplomates s’étaient déjà avancés, préparés à prendre la parole comme le voulait l’usage. Les Sentinelles encadraient Peter d’un côté, le garçon de l’autre, dans une étrange symétrie. Il y avait même des sons de tambours de plus en plus puissants, mais le garçon ne savait pas d’où ils venaient.
Et toujours aussi huilée, la mécanique se poursuivit. Les enfants silencieux et graves étaient compactés en face du poteau, dardant sur le garçon un regard tour à tour neutre, désapprobateur, haineux ou désolé. Une fille qui pleurait fut emmenée au loin par un Sentinelle après que Peter eût effectué un geste discret de la main. La plupart des mères étaient en première ligne, comme de coutume. Les onze chefs s’avancèrent et se mirent en ligne derrière Peter, entre lui et la foule. Certains paraissaient tout de même plus près, d’autres plus en retrait… Peter ne le remarquait pas. Normalement, le chef du groupe du banni aurait du prendre la parole pour énoncer les faits reprochés et exprimer sa déception. Mais Peter ne semblait pas enclin à suivre ce protocole. Laisser planer le mystère sur les méfaits du garçon ne ferait qu'accroitre la crainte des enfants d'être châtiés pour des raisons diverses, redoutant encore davantage de pécher. En dehors des tambours battants, le silence accablait la scène.
Le Roi ordonna finalement d’une voix forte qu’on lui donne son sceptre et sa couronne. Bow, presque collé à lui, lui tendit le sceptre aussitôt, tandis que le chef des Raccommodeurs le coiffait lui-même d’une grosse couronne sertie de pierres. Les Diplomates attendaient, à quelques pas, que la parole leur fût accordée. Peter leva alors la tête et déclara que ce jour-là, il n’y aurait pas de plaidoirie. Si le garçon avait des alliés comme il lui avait été rapporté (par Bow, en qui il avait hélas toute confiance), l’Enfant Roi ne prendrait pas le risque qu’il soit défendu. Il fit tomber la sentence. Bannissement pur et simple. Un Diplomate fit mine de répliquer mais Bow lui intima silencieusement de se taire. Le garçon demanda de l’eau et des vivres. Peter hésita, avant de déclarer que chacun était libre de donner quelque chose au banni, mais que lui ne le ferait pas. Les enfants désireux de l’aider auraient le droit de s’avancer un à un. Bow salua d’un sourire cette tactique. La chose serait un parfait moyen de distinguer ceux qui étaient le plus susceptibles de poser problème. Peter observerait son assemblée : ceux qui le défient plus ou moins consciemment, ceux qui restent à leur place par crainte ou confusion, et ceux qui l’approuvent corps et âme.  Peter prit d’ailleurs la peine de préciser que toute atteinte physique ou morale portée au banni ne serait pas réprimandée.


Il leva son sceptre et déclara d’un ton solennel : JE TE BANNIS !






Ce RP permet d’introduire votre personnage et ne concerne que les mères et les garçons perdus (ou créatures). Anciens comme nouveaux peuvent y participer, mais il ne s’agit pas d’un RP de groupe, aussi une seule réponse doit être donnée. La lecture des post précédents le vôtre n’est pas obligatoire. Il s’agit avant tout de faciliter l’intégration dans l’univers.


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Ancienne Mère
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Invité



MessageSujet: Re: Le Bannissement    Lun 8 Juin 2015 - 4:11


>> Le banissement <<

Tu étais droite, au milieu de la petite foule qui entourait le poteau. Certains de tes enfants à tes cotés, le regard froid. Tu avais essayé de tous les réunir mais ça n’était pas tout à fait possible. Certains trop excités par l’événement  c’étaient présentés en avance pour épier le fautif, d’autres trop compatissants c’était cachés en quelques endroits. Tu étais un peu déçue de toi-même, tu aurais aimé montrer à Peter à quel point tu menais bien tes enfants et comme ils étaient obéissants. Mais rien de cela n’était pas à propos de toi. De ta petite taille tu ne voyais pas grand-chose si ce n’était, à travers un enchevêtrement de mains et de bras, les liens qui retenaient le fautif au poteau. En levant un peu le menton tu apercevais le reste du pilier au dessus de têtes toujours trop hautes pour toi. Bouger n’aurait servit à rien, tu n’étais pas non plus avide d’un tel spectacle, et se trouver un chemin jusqu’à la première ligne ne dénotait que d’une envie malsaine de voir la souffrance; envie que tu ne ressentais pas.  Cette place convenait parfaitement, tes enfants devraient s’y faire. D’ailleurs eux n’étaient pas si petits que toi.

L’arrivée de Peter dans les rangs provoqua une vague de mouvements assez diffus qui finit par obstruer totalement ta vision déjà pauvre de ce qui se déroulait. Il ne te restait plus qu’à te fier à tes oreilles. Tu attendis donc, avide d’entendre la voix de ton chef proférer sa sentence. Tu acquiesçais inconsciemment chacun de ses mots, trouvant que le refus d’accorder une plaidoirie était tout à fait justifié. Tu étais trop absorbée par les mots de Peter pour observer le comportement de tes enfants. De toute façon il allait de soi qu’ils étaient d’accord. Aucun de d'eux n’aurait eu l’audace de le contredire, tu le prenais pour acquis.

Ton attention revint sur eux cependant, lorsqu’il fut question de donner des vivres au traitre. Tu observais leur réaction, leur faisant bien sentir que le moindre geste de compassion serait sévèrement puni, qu'il soit question d'offrande ou d'un semblant de sanglot. Puis tes yeux se mirent à chercher les têtes blondes qui t’avaient échappées pour leur faire part du même avertissement. Tu n’accepterais pas qu’un infidèle fasse partie de tes rangs.

Tu ne te penchas pas pour ramasser une pierre ou un bâton comme certains le firent pour l’envoyer sur l’exilé mais n’arrêtas pas non plus ceux des tiens qui à tes cotés imitèrent ce geste.

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Papillon Celeste
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MessageSujet: Re: Le Bannissement    Lun 8 Juin 2015 - 16:07




« LOVELY VEUT Y ALLER ! »

Tu retournas ton fauteuil vers la petite tête blonde, stupéfaite, jamais tu ne contredirais Peter, tu l'admirais et l'accusé avait mérité son sort, mais tu étais trop bienveillante Jay et tu savais que tu ne supporterais pas , à nouveau, ce spectacle. Pourtant tu devais y aller. Tu le savais, par respect pour Peter Pan.


« T'es qu'une trouillarde Jay ! » cria Lovely en pleurs.

Ton regard devint froid et tu prononças tout aussi glacialement :
« Je finissais mon travail et puisque tu es guéri, va-y mais avec ta VRAIE mère. »

Tu savais cette faiblesse chez le tout petit garçon et tu te devais, pour son bien, de l'en protéger. L'enfant te regarda surpris puis partit en courant pleurnichant :
«  Lovely te déteste Jay ! »

Tu haussas les épaules, il reviendrait, tu le savais. Tu finis de ranger l'infirmerie et pris avec toi un canif qui traînait. Tu te mis en route.

Tu roulas jusqu'au son des tambours, les enfants étaient attroupés autour du poteau. Tu rejoignis la foule en silence. Certains te laissèrent passer, tu avais un air grave Jay, un air qui faisait peur. Tu vis enfin le petit garçon.

Les poignets en sang il tremblait.

Tu le connaissais, il avait été à l'infirmerie il y  a peu, il ne cessait de se plaindre du fonctionnement des Garçons Perdus, pour calmer son esprit inquiet tu lui avais appris à faire un bracelet qu'il portait toujours à la cheville. Tu lui avais expliqué que Peter Pan ne voulait que le bien de tous et que c'était mal de le remettre en question. Ta voix était restée douce Jay mais il avait quand même trahi...

L'enfant demanda des vivres et de l'eau.  Tu pris une grande inspiration et t'avanças avec le canif.


«  Jay c'est moi ! Tu me reconnais ! Toi tu vas m'aider Jay ! Aide moi ! » implora le petit garçon.

Mais tu n'avais ni eau ni vivre avec toi.

Devant le roi Peter Pan tu n'avais pas peur ni étais en colère, il avait raison tout simplement.  Le banni t'implorait du regard. Tu lui lanças un regard glacial. Il comprit et la peur se lut sur son visage.

«  Tu...tu...tu ne vas pas m'aider ? » demanda t-il incrédule.

«  Pourquoi n'as tu pas écouté ? » demandas-tu catégorique et froide.

Silence...

Tu levas le bras et coupas le bracelet à sa cheville, il tomba sans blessure physique mais le visage du banni exprimait une infinie blessure alors que Peter Pan exprimait sa sentence.


«  Pourquoi as-tu trahi Peter ? »
demandas-tu au banni.

Des larmes emplirent les yeux du Banni. Tu restas de marbre.


« Je ne veux plus te voir ! »
dis-tu simplement avant de rejoindre les rangs en silence en poussant les roues de ton fauteuil sans un mot de plus.


Dernière édition par Jay le Lun 8 Juin 2015 - 17:48, édité 2 fois
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Lovely
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MessageSujet: Re: Le Bannissement    Lun 8 Juin 2015 - 16:23




Lovely était tout excité, hier il était tombé et à présent il pressait Jay d'aller voir le jugement de Peter Pan mais Jay ne semblait pas très très pressée. Il grogna d'impatience quand elle enleva son bandage au genou.

«  Lovely n'a plus mal ! » dit Lovely la voix pleine d'excitation, mais Jay se contenta de lui sourire comme si elle n'avait pas compris.

Là Lovely était vraiment énervé ! Pourquoi Jay voulait pas jouer ?


« LOVELY VEUT Y ALLER ! »
cria alors Lovely quatre ans et demi en croisant les bras très mécontent. Lovely ne comprit pas le regard étonné de Jay. Ce n'était qu'un jeu, non ?

« T'es qu'une trouillarde Jay ! 
» finit par brayer Lovely en pleurs.

Lovely sursauta alors devant le regard très froid de sa fée-sœur. Pourquoi était-elle aussi sérieuse ? Ce n'était qu'un jeu...


« Je finissais mon travail et puisque tu es guéri, va-y mais avec ta VRAIE mère. »
dit glacialement Jay. Un frisson de surprise parcourut le corps de Lovely qui pensa boudant : * T'es même pas drôle Jay !*

Il détestait qu'elle lui rappelle qu'il était trop près d'elle, c'était comme nier sa propre existence, cela faisait mal, à chaque fois. Lovely commença à pleurer à gros sanglots.


«  Lovely te déteste Jay ! »
cria Lovely en partant en courant, pleurant. Lovely ne détestait pas Jay mais Jay était vraiment pas drôle là...

En tapant dans un caillou de sa chaussure, Lovely décida d'y aller seul en grand. Tant pis si Jay voulait pas jouer ! Arrivé sur les lieux, Lovely entendit les tambours, cela l'enjoua encore plus.

Tout content il essaya de voir en sautillant mais rien à faire. Il se mit à pleurer, un grand finit par le prendre sur ses épaules, il vit Jay s'approcher quand le méchant demanda de l'aide. Un frisson de peur le parcourut. Jay allait quand même pas aider le vilain pas beau ? Tous sauf Jay ! Jay pouvait pas faire ça ! Lovely gesticulait de peur sûrement un peu trop car le grand resserra sa prise sur ses chevilles.  

Et là, le grand geste d’allégeance envers Peter Pan de Jay remplit d'admiration Lovely. Elle n'aida pas le plus grand, au contraire elle appuya la sentence de Peter en lui enlevant ce que les petits patients de l'infirmerie recevaient comme un trésor : son bracelet à la cheville qui console les bobos.

Puis elle partit en silence. Lovely le regard plein d'admiration suivit des yeux le fauteuil. Oui Jay respectait Peter.


«  Lovely aussi respecte Peter Pan ! Lovely veut une pierre ! »
dit Lovely exécutant ce qu'il prenait pour un « jeu » avec le plus grand sérieux suivant l'exemple de Jay à présent partie.

Le grand donna une pierre à Lovely.

Le bâton du grand fut lancé sur le banni en même temps que la pierre du petit enfant Lovely.


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Pit
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le SWAG


MessageSujet: Re: Le Bannissement    Sam 20 Juin 2015 - 15:12


Une journée amusante se montrait, surtout lorsque le mot "bannissement" était entré en jeu. L'éternel recommencement se faisait mais, avec ce moment, c'était un rebondissement plaisant. Bien qu'il pouvait se montrer fréquent.

Voilà, fréquent, tout dépendait de la disposition des Garçons Perdus à se faire bannir après tout. Surtout les grandissements.

Beaucoup de personnes, beaucoup de pièces du jeu de cette île s'était réunies ici, face à celui qui avait grandi.
Scène bien triste, ou vecteur de colère pour d'autres. Un sentiment de trahison pouvait, peut-être, naître dans le cœur de tous ces chers jeunes êtres.

Pit, lui, ce qu'il ressentait, c'était de l'amusement. Il était persuadé que c'était le cas des autres aussi, enfin, peut-être. Qu'importait ? Il était en rang, avec les autres chefs et le Roi de leur château de cartes. Juste à côté de Peter Pan, tout comme Bow qui faisait un reflet contraire. L'un portait la couronne, l'autre le sceptre.
Durant tout la partie, la cérémonie, le Joker avait un sourire à s'en déchirer les joue. Il retenait ses gloussements. Avait-il donner un conseil ou quelque chose qui aurait conduit ce pauvre Garçon à la place du banni ? Pit n'arrive pas à s'en souvenir, ce ne devait pas être lui, les gens n'ont pas forcément besoin d'un coup de pouce pour rendre le jeu intéressant.

Puis vint le moment de coiffer le Roi de sa couronne précieuse, un léger rire et le Joker s'appliqua à poser l'objet symbolique et riche sur la tête de l'Enfant Roi. C'était comme soigner sa poupée, enfin, embellir sa carte du roi surtout.

Ensuite, la manche suivante n'était pas comme à son habitude. Intéressant, amusant. Le Chef des Raccommodeurs eut une lueur agréablement surprise dans ses prunelles verdoyantes, il ne put retenir son rire bien qu'il serrait les dents. C'était si distrayant. Surtout lorsque Peter avait dit que les règles étaient favorable aux mauvais traitements. Qu'est-ce que ça pouvait bien faire d'être à la place d'un banni d'ailleurs ? Intéressant, mais pas pour le moment. L'esprit du Chef Raccommodeur s'égarait, puis revint s'enchaîner à la scène qui se jouait.

Un air hautain et pourtant muni d'une touche sympathique se dégageait du "fou" du Roi.

- Hokus Pokus, un banni apparut.

Un rire, il savourait ce moment hilarant du jeu. À force, il en deviendrait accro.
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Lewis Steel
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MessageSujet: Re: Le Bannissement    Jeu 25 Juin 2015 - 21:17




Le BanissementDans chaque ami, il y a la moitié d'un traître.



Lorsque la rumeur avait commencé à parler d’un traitre au sein des garçons perdus, Crackers avait cru sentir son cœur louper plus d’un battement. Qu’est-ce qui se passait exactement ? De quoi était accusé l’enfant dont tout le monde parlait ? Personne ne le savait exactement, certains avaient soufflé que le traître avait osé grandir, d’autres qu’il avait vendu son cœur à la méchante Carabosse, tandis que certains avaient même émis l’hypothèse des pirates. Gloups. Dans tous les cas, personne ne savait réellement ce qu’il s’était réellement passé, mais ça, cela semblait bien obsolète pour les garçons perdus du Grand Arbre. Si l’Enfant Roi avait découvert un traître parmi leur assemblée, alors il se devait d’être châtié, puni, voire même pire encore ; banni. La gorge serrée, le Sans-Visage essaya de ne pas penser à tout cela tandis que sous ses yeux – et ceux de nombreux autres perdus – le coupable était attaché à un poteau.

Le jugement attendrait demain ; au grand damne des plus excités des enfants, qui auraient sans doute aimé connaître le verdict de leur chef tout de suite. Alors, tandis que certains des petits hommes purent ne pas trouver le sommeil à cause de la hâte du procès, Crackers, lui, ne le trouva pas à cause de la peur.

Alors, au petit matin, le blondinet à la respiration sifflante eut du mal à sortir de son hamac ; mais toutes les insomnies du monde ou les soucis de santé n’auraient pu le soustraire à cette assemblée. Tout le monde y était convié, tout le monde semblait vouloir y participer. Dehors, de nombreux garçons perdus se pressaient autour du poteau, se poussant, chahutant, criant après le traître, certains hésitant même à lui jeter des objets au visage ; peut-être s’en serait-il même prit un ou deux après l’arrivée du maître de cérémonie. En retrait, Crackers fut surprit qu’un grand un peu trop hardis lui fasse de la place pour qu’il puisse se glisser aux premières loges ; quand bien même le marmot avait secoué la tête pour dire qu’il n’en avait pas envie. Et, au final, il n’était qu’à quelques longueurs de pied du traître, devant ce bon samaritain qui lui avait offert un peu de place. Dire qu’il aurait aimé se faire oublier.. c’était raté !

Et voilà que le Roi fit son arrivée, habillé avec un drôle d’uniforme. Malheureusement pour le garçon perdu attaché, le procès ne fut pas équitable – l’était-ce seulement parfois ? – et il n’eut même pas le droit d’argumenter pour chercher à se sauver. Aucun diplomate ne lui viendrait en aide. Aurait-il le droit à la rédemption, au pardon ? Rien de tout cela, nada. Bim, tchak, la sentence venait de tomber.

Le voilà désormais banni.

Déglutissant nerveusement face à cette sanction que bon nombre de garçons perdus semblaient approuver au vu des cris parmi l’assemblée, le Sans-Visage lui aurait bien aimé pouvoir se fondre parmi la masse, que personne ne remarque plus sa présence, ni même que sa respiration c’était considérablement accélérée depuis que le verdict avait été annoncé. Après une quinte de toux assez forte, Crackers finit par reprendre ses esprits, tandis qu’autour de lui, certains garçons perdus avaient commencé à jeter des objets sur le pauvre coupable. Après tout, si Peter Pan ne l’avait pas interdit, pourquoi s’en priver ? Les traîtres se devaient d’être punis, d’une manière comme d’une autre. A croire que le bannissement n’était pas chose suffisante. Enfin, n’allez pas croire que le blondinet était contre tout ça – oh non ! – car de son point de vue, toute personne menaçant l’équilibre du Grand Arbre et de leur famille se devait d’être puni ou sorti du groupe si sa faute était terriblement grave. Sauf qu’au fond de lui, il ne pouvait s’empêcher d’avoir une petite – une énorme même ! – boule au fond de la gorge lorsqu’il imaginait qu’un jour, ça pourrait bien être lui qui serait attaché ici.

Alors, pour suivre le groupe, et se faire bien voir, le Sans-Visage attrapa l’un des œufs de ses poches, le mira au soleil et.. le jeta de toutes ses forces inexistantes sur le coupable.

Splorch.


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« Si tu ne tiens pas tes promesses,
le Dragon te trouvera,
le Pied-Beau te tranchera les pieds
et tu ne pourras plus jamais te sauver...
»
- Kit Skelton



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Puzzle
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Le visage de Puzzle [bonnes manières]
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MessageSujet: Re: Le Bannissement    Ven 26 Juin 2015 - 15:45

Le bannissement

Le futur banni était attaché au poteau depuis le soir précédent. Ce matin, dès le lever du soleil, on jugerait du sort du criminel.
Beaucoup de garçons et de garçonnes étaient arrivés avant l'aube pour ne pas être en retard. Tout le monde restait debout, silencieusement et n'attendait plus que l'enfant-roi.
Puzzle ne connaissait pas l'accusé, ou seulement de visage, elle ne parvenait pas à se souvenir de son nom. Elle ne savait pas non plus de quel crime il avait pu être coupable, mais il fallait tout de même qu'elle vienne au procès, comme tous les enfants. Personne n'en avait donné l'ordre, personne ne s'était jamais donné rendez-vous, mais tout monde savait qu'il fallait y assister, sous peine de paraître louche aux yeux des autres et d'un jour, se retrouver au poteau. Assister aux procès n'était pas une obligation chez les enfants perdus, c'était un instinct, un mouvement de groupe contre lequel on ne pouvait lutter, on suivait bêtement les autres pour se sentir moins coupable que le pauvre prisonnier. Certains y voyaient parfois un divertissement, un spectacle.

Le soleil apparut dans ciel rosâtre et Peter arriva à ce même moment. La foule se sépara en deux pour laisser passer l'enfant-roi, le silence fit place à un brouhaha d'encouragements ainsi qu'à des cris de haine contre l'accusé. On lui jetait de la terre, des fruits pourris, des cailloux pendant quelques minutes. Puzzle n'appréciait pas vraiment cet enjouement général pour cela. En effet, les autres, tout comme elle, n'avaient pas l'air de savoir de quoi était taxé le prisonnier, peut-être n'avait-il rien fait, peut-être avait-il commis le pire des crimes ? Pourtant, tout le monde était à la fois juge et bourreau, sans savoir ce qu'il avait fait, sans même le laisser se défendre.

Puis, Peter fit un geste de la main, les enfants s'arrêtèrent aussitôt et, désormais, un silence de plomb régnait autour du poteau des bannis.
Le roi commença à parler, il rappela que les bannis n'avaient aucun droit et que n'importe quel atteinte physique pouvait leur être faite impunément mais il ne mentionna pas les erreurs de l'accusé. Il était probable qu'il avait grandi, mais cela pouvait aussi très bien être autre chose.
Même si elle n'appréciait pas les violences qui lui avaient été faites, si le coupable avait en effet grandi, la fillette se réjouirait du bannissement de ce dernier, car à ses yeux, les adultes étaient mauvais et n'avaient pas leur place ici !

Peter s'approcha du condamné, leva son sceptre et prononça la sentence d'un ton cérémoniel.
On le détacha, puis on le poussa violemment tandis qu'il était hué par la foule en délire. On le somma de partir loin, il s'enfonça dans la forêt. Pour lui, la mort était maintenant quasi-certaine, ce n'était qu'une question de temps : c'était le sort réservé à tous les traîtres !


Dernière édition par Puzzle le Mar 7 Juil 2015 - 21:27, édité 2 fois
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Soul
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L'âme naît vieille dans le corps; c'est pour la rajeunir qu'il vieillit.

Points de Sutures...:
 


MessageSujet: Re: Le Bannissement    Dim 28 Juin 2015 - 5:42

Un frisson qui lui parcourt l’échine – comme à chaque fois – Comme à chaque fois qu’il foule ce sol-là.
Celui, pétri de sang et de violence, nourri de larmes et d’agonie, s’il est bien un lieu, s’il est bien une chose que l’immuable puisse vomir au Pays de Jamais ; ce sera l’Arène.
L’Arène, si souvent synonyme de haine, de revanche infortune, de vies que l’on écourte. L’Arène, à juste titre porte si bien son nom. L’Arène et le bourreau de cette étrange satyre qu’est leur survie sur l’île. Cette Arène où l’immuable, une fois encore est convié. Dont il ne peut se défiler.

Impuissant, le chef des soigneurs devait de nouveau y comparaître, malgré ce que l’endroit représentait pour lui – ce sol qu’il avait trop foulé, ce sable que le tyran obligeait à salir d’une primalité qu’il tachait pourtant de contenir. Comme si cela aurait pu l’empêcher réellement de… vieillir.
Tous les souvenirs qu’il avait enfoui, et qu’il noyait la nuit venue, sous l’ambre de son poison, resurgissaient, le foudroyant par leur intensité. Car depuis que Pan savait. Depuis que Pan avait compris que Soul grandissait sans réussir à l’enrayer, le voleur d’enfant prenait un malin plaisir à le torturer. A le tester. A le retenir.
N’alourdissant que plus encore, sa culpabilité de mains souillées, lui, le soigneur ; celui qui ne voulait que sauver. Celui qui était obligé au combat. Par la lubie d’un enfant-Roi.

Alors, c’était d’un pas traînant et d’une apparence un peu blême qu’il se rendait à cet énième jugement ; ce nouveau bannissement. Le visage fermé, ne laissant rien percevoir de ses troubles, Soul avait rejoint ses semblables derrière Peter, saluant ceux déjà présent d’un rapide hochement, voire d’un sourire triste, tachant de se tenir le plus loin du bien trop jovial chef des raccommodeurs.
Très solennelle, il avait pris soin de ne croiser aucun autre regard.

Le condamné n’était qu’un pauvre bougre. Un perdu plus tenté que les autres. Ivre d’une liberté qu’on ne lui aurait jamais accordée. Un jeu dangereux contre lequel Soul l’avait  mis en garde, l’exhortant à la prudence. Si l’Immuable n’avait jamais trahi, il ne pouvait encourager cette émancipation, cet interdit. Qu’adviendrait-il après ? Plus de morts. Plus de visages à incarner encore en son morbide carnet.
Combien d’autres avant lui, l’avait traité de lâche ?  Ils ne comprenaient pas. Ils ne mesuraient  décidément pas les conséquences. Ni ne réalisaient vraiment. Soul était un rempart ; à la sauvagerie, au désespoir. Il ne pouvait oublier son rôle, il n’avait pas le droit de se laisser choir. Il ne pouvait en abandonner aucun.
Alors, fatalement, l’Immuable avait appris à endurer ce que beaucoup ne pourraient jamais tolérer.

Dans l’arène, les enfants s’animaient.  Et le chef des soigneurs suivit le manège de Jay  avec consternation. Il aurait largement préféré qu’aucun des siens ne se démarque, mais ne pouvait montrer ouvertement sa réprobation. La plupart des Soigneurs étaient encore plus sensibles aux démonstrations de violence, puisqu’en première ligne à tenter d’en réparer les conséquences, mais à l’image de bien des enfants, leur dévouement au Démon Blanc les changeait inévitablement… en monstre. Soul le savait. Il l’avait maintes fois constaté.

Il se contenta alors, de fixer l’accusé sans ciller au moment où les premières slaves de projectiles l’atteignaient. Comme s’il était en mesure d’atténuer la tragédie  de ce qui allait être soufflée sous la vindicte d’anciens alliés.
Soul ne pouvait se détourner. Il lui devait de ne pas oublier. Silencieuse oraison d’un portrait rejoignant trop tôt son carnet.

A sa manière, de cette étrange dignité que rien ne semblait altérer ; Soul… priait.






« C'est un peu de ton espoir,
ce que les années en ont perdu.
On dirait ton ombre et qu'elle cherche
à se mettre debout. N'appelle personne.
Ton cœur ce n'est pas toi, c'est un enfant
qui se tourmente avec la crainte de tomber. »

Joe Bousquet


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MessageSujet: Re: Le Bannissement    Dim 28 Juin 2015 - 15:00



LE BANNISSEMENT

Les Garçons Perdus




Grenouille trottinait, ses galoches dispersant des nuages de poussière terreuse lorsqu’il empruntait les endroits que les Garçons Perdus avaient martelés. La foule d’enfants était si hâtive et fébrile qu’il ne cessait de percuter celui qui le précédait tout en étant compressé par ceux qui suivaient. Certains bousculaient même les autres afin d’arriver les premiers et d’avoir un meilleur point de vue du spectacle. Car c’était cela avant tout, en plus de la ferveur collective plus ou moins primitive qui les emportait, c’était cela un bannissement. Un grand spectacle, dramatique, terrible, bouleversant et, pour un grand nombre d’enfants, excitant. Grenouille, lui, ne savait pas ce qu’il ressentait. Il suivait l’élan général car c’était comme ça que les choses se passaient au Grand Arbre.

La majorité des enfants étaient là. Les Chefs avaient obligation d’assister aux évènements, et c’était quasiment une garantie que tous leurs garçons suivraient le mouvement. Grenouille se mit en deuxième ligne, juste derrière les plus petits, tout en prenant le soin de se distancer de Crackers. Une agitation qu’il n’avait pourtant pas tellement envie d’éprouver frissonnait en lui, tandis qu’il tentait d’apercevoir la silhouette sacrifiée du Banni. Il ressentait tout à la fois une pulsion irrépressible de le voir et un autre désir, plus ancré mais moins fiévreux, de partir de là et tout oublier. Le Banni entra enfin dans le champ de vision de Grenouille, qui ne put dès lors en arracher son regard.
Le Banni les regardait tous et tous regardaient le Banni. Il était plus vieux que Grenouille mais le Funambule ne savait pas si c’était là la raison de son châtiment. Pour l’instant, personne ne le savait, et chacun brûlait de le découvrir. A côté de lui, deux marmots de son âge déblatéraient sur  le déroulement de la cérémonie : peut-être que Peter lui couperait la main, comme il l’avait fait à Hook ? Peut-être qu’il lui ordonnerait de prouver sa loyauté au Grand Arbre et se montrerait magnanime, comme il aimait à le faire parfois ? L’un des Garçons exprima sa déception quant à cette hypothèse. Peut-être encore le défierait-il au combat ou dans le cadre d’un jeu. Les Bannissements avaient un protocole précis mais le Roi en modifiait régulièrement les formes et les détails, selon son humeur. Tous les enfants étaient là à présent, les petits tout devant, les plus grands derrière, tandis que les Sentinelles, coordonnés par Scar, veillaient à préserve l’ordre dans les rangs malgré l’effervescence contenue qui envahissait l’assemblée. Grenouille tenta de se faire une idée de leur nombre. Ils étaient plusieurs centaines. Peut-être 200, peut-être 500, un million même ? Il ne savait pas. Tout était difficile à quantifier ici. Ce fut alors que Peter arriva.

Les enfants devaient sentir instinctivement son arrivée, car ils cessèrent de se trémousser tout en adressant des chuchotements saccadés à leurs voisins. « Il arrive » « Ça va commencer » « C’est lui » « Tu le vois ? ». Grenouille sentit lui-même son cœur se serrer et il chercha nerveusement des yeux l’Enfant Roi, s’attardant sur la petite vague qui fendait la foule. Un parfum étrange, à la fois très léger et entêtant, agrippa ses sens. Celui de Peter. Il était habillé en prince militaire, quelque chose dans ce goût-là, mais personne n’en était surpris – malgré que son pantalon fût toujours constitué de feuillages tissés… Grenouille baissa automatiquement les yeux lorsque Peter s’approcha de l’endroit où il se trouvait, alors même que plusieurs enfants les séparaient et que Peter ne lui prêtait aucune attention. Il risqua un regard en direction de son visage et sentit une boule se former dans sa gorge : Peter était crispé, ses yeux plus noirs que jamais, il était très en colère. Le marmot pouvait se rassurer. Ce n’était pas aujourd’hui que Peter serait magnanime. Grenouille observa, silencieux et confus, la cérémonie se poursuivre. Tous les symboles de Peter, la couronne, la position des Chefs, les déclarations solennelles, tout ce folklore dont il s’entourait, était du plus grand effet sur son esprit. Il en était saisi, comme n’importe quel mortel du peuple devant les manifestations de force de son roi. C’était le cas de la plupart des enfants, même ceux qui étaient mal à l’aise ou effrayés. Peter savait simplement entretenir son aura de souveraineté.
Grenouille balaya du regard les Chefs. De là où il se trouvait, il en voyait beaucoup de dos, mais il put distinguer le faciès presque réjoui de Pit et le sourire tout en retenue de Bow. Les deux lui inspiraient une crainte égale. Le Chef des Chasseurs était droit et austère, et son propre chef adoptait une attitude assez semblable. Clumsy avait l’air petit à côté d’eux. Soul était encore plus blême et contracté qu’à l’accoutumée. Alors que Grenouille décortiquait son expression tendue, Peter cria la sentence finale avec une véhémence grave et théâtrale qui fit sursauter le Funambule. Pas d'argumentaire, pas de défense, pas de merci.

Puis… Puis il hésita. Le Banni attisait en lui une pitié que, depuis longtemps, il essayait de museler. Il aurait pu lui donner ne serait-ce qu’un peu d’eau, un canif ou… Mais déjà, des Garçons Perdus s’acharnaient à le lapider de trucs en tous genres. Grenouille en fut totalement désemparé. Même les plus tendres d’ordinaire s’y mettaient, avec une hargne féroce. Sa respiration se fit plus laborieuse, plus vive, comme si la violence de cette scène s’était transposée à son propre corps. Une idée bizarre, prématurée par l’urgence, lui vint : il sortit de sa poche le briquet qu’il avait trouvé un jour à l’Infirmerie et qu’il avait gardé sans en parler à personne. Il s’en servait lors des nuits trop noires. Il contempla longuement l’objet, en proie à une grande hésitation, et finit par le projeter d’un geste ample en direction du Banni. La plupart des Perdus y verraient un énième acte de lynchage et il espérait que la manœuvre véritable passerait ainsi inaperçue. Peter, en tous cas, ne lui adressa aucun regard. Pourtant, tandis qu’il tentait vainement de retrouver un souffle normal, Grenouille vit la tête de Bow, encadrée de ses longs cheveux noirs, pivoter légèrement avant de darder sur lui des yeux luisants. Le Funambule déglutit et soutint avec effort son regard.

Est-ce que quelqu’un pouvait deviner qu’en agissant si noblement, il avait pensé à sa mère ? Est-ce qu’on pouvait lire dans sa tête ? Est-ce que c’était un motif suffisant pour être attaché à un poteau et caillassé par des centaines d’enfants ? Non, Peter n’était pas si puissant, et Bow encore moins… Pas vrai ?



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Grenouille côasse en steelblue.  
.....

merci Arrow ♥:
 


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Shrub
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MessageSujet: Re: Le Bannissement    Dim 28 Juin 2015 - 22:49


Y a des jours comme ça.

Y a des jours où ça va pas, y a des jours où cette ombre plane sans qu'on ne puisse l'éviter. Y a des jours où vaudrait mieux pas se lever.

Shrub il a couru, déjà, lui et Fluff se sont baignés. Il a fallu batailler bien sûr, le petit frère ne voulait pas. Tout transformer en jeu, le titiller, c'est toujours comme ça que le Soigneur parvient à ses fins. Parce qu'il faut être propre si on côtoie des malades, et que si Shrub en voit, Fluff aussi. Obligé, ils sont toujours ensemble.

Il y a des jours comme ça, où le temps s'enfuit sans qu'on ne comprenne comment ni pourquoi. Shrub a refait ses stocks de tambouilles guérisseuses, d'herbes et de choses. Y a des bricoles, des petites choses qu'il aime avoir au cas où, ça peut servir, ça peut sauver. Y a des babioles inutiles que Fluff a ramené et qu'il cache au fin fond de sa poche quand Shrub a le dos tourné.

Et puis ça s'anime, l'air s'électrise et les deux frères suivent le mouvement sans trop savoir que redouter ni qu'espérer. Pour Fluff, c'est toujours une épreuve ce genre de rassemblement. Toute cette foule, tous ces cris, toutes cette excitation qui lui fait faire des bonds. Fluff n'aime pas, Fluff redoute. Et Shrub avec lui.

Il y a des jours comme ça où le mieux est de se taire, de suivre docilement sans chercher à penser ni à comprendre. Ne pas penser, non, jamais, pour ne pas s'enliser et gaspiller son énergie. Ne pas penser pour ne pas s'attarder sur les ombres, sur le Silence qui guette toujours, sur tous ces muets que personne n'a pu refaire parler.

Ils suivent le courant tous les deux, se retrouvent dans la foule. Fluff koalate Shrub, qui le garde contre lui et le rassure comme il peut de son calme serein. La tempêche humaine fait rage, il y a des cris, il y a des regards fiévreux. Aucun des deux frères ne se sent à sa place. Le Tout-Terrain passe devant les Chasseurs qu'il reconnaît sans s'y reconnaître, il dépasse les Racommodeurs, les Cueilleurs, les Livreurs, tous. Son refuge à lui, sa place est près de Soul. Cela fait quelques temps qu'il y est, et Shrub ne s'en voit pas partir. Fluff lui aussi apprécie l'Immuable. D'ordinaire Fluff ne le fuit pas, Fluff le taquine, Fluff lui grimpe dessus.

Il y a des jours comme ça où on a des bleus à l'âme, et Fluff le sentira. Toujours. Alors au milieu de la foule, il se décolle de Shrub et va frotter sa tête poilue contre l'épaule de Soul qui a des nuages dans les yeux. Shrub comprend, Shrub entend. Alors lui aussi se campe non loin, épaule contre.. Bras. Soul est grand, plus que lui. Pas grave. Ca ne change rien au fond. Shrub est là. Autour c'est la pagaille, des pierres volent et le sol se teinte t'écarlate. Le Tout-Terrain froisse son museau, mécontent et peu convaincu. Le sang, c'est quelque chose à laver, à soigner. Pas à provoquer. La fureur enfantine lui échappe, en même temps qu'il entend sa bestialité. Ne pas entendre, ne pas voir, ne pas penser. Shrub aurait pu goûter cette ambiance, et sans doute l'a-t-il fait avant, quand il était chasseur. A force de traquer et d'être prédateur, on en oublie où est la limite et on garde le goût du sang. De guerrier, il est devenu soigneur, et son regard a évolué. Se battre, il continuera à le faire s'il le faut, avec ses tripes et son coeur comme avant. Mais ce sera plus par résolution que par volonté.

Il y a des jours comme ça où mieux vaut ne rien voir, ne rien retenir des évènements. Juste se concentrer sur un contact, comme un aimant. Ne pas voir ne pas penser.

Rester aveugle pour avancer.






Shrub te renifle en #9C7B68.
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MessageSujet: Re: Le Bannissement    Lun 29 Juin 2015 - 14:02


Ça arrive, à ce qu’il paraît. Un jour, il se passe un truc chez un gamin, un déclic ou dieu sait, mais le mal se fait : l’enfant grandit, se fait pincer et... voilà, ça arrive. On se rassemble, on hurle, pas moyen d’y couper.

Tu as essayé, pourtant, de jouer aux abonnés absents. T’as râlé, t’as grogné comme un animal blessé. « On a autre chose à foutre. », ou une excuse du genre. Mais la loi de Peter Pan est inflexible et tu n’as rien d’une exception : si même tes patients et ta collègue infirme se bougent, de quoi aurais-tu l’air en restant ? Je sais que les apparences t’importent, comme avant. Et que même si tu vas t’en mordre les doigts, tu ne peux pas désobéir à ton tyran. Alors tu te traînes, tu suis le mouvement jusqu’à l’Arène et tu es grande mais tu gardes les yeux vissés au sol. Quelque part dans la cohue, tu perds ton Chef de vue mais c’est normal : les Chefs avec les Chefs, les autres avec les autres et toi... dans ton coin.

Ça rugit, ça gronde et entre deux mèches d’un immonde vert fluo tu aperçois le condamné alors que tu lèves les yeux. Tu as peur, grande fille ? Tu veux un câlin ? Ils sont beaucoup, de ceux qui te bousculent, à être plus petits que toi pourtant tu les crains, tu abhorres cette foule mugissante et infantile qui réclame sa dose de sang.

Personne mieux que moi ne connaît la sensation de perdition qui te saisit en ce moment, ce mélange bizarre d’envie de réconfort et d’horreur que cette même envie inspire. Alors tu croises les bras sur ta poitrine, tu rabats ta capuche et tu pries que ce soit fini. C’est drôle, car je sais qu’au fond le sort de ce petit ne t’atteins même pas vraiment : pour toi, le grandissement est une affaire de volonté, pour toi c’est chacun ses problèmes et tant pis pour ce quasi-banni dont tu connais le nom, cette victime que tu vas faire de ton mieux pour oublier. Mais l’ambiance, la violence... les cris. Tu les ressens comme si c’était toi la victime de cette mascarade.

Ma petite éponge verte.

Puis il y a ce moment, ce silence pesant alors que Peter annonce que ceux qui le veulent peuvent s’avancer une dernière fois. D’un coup d’oeil, tu aperçois Jay, la voit manifester sa désapprobation et tu frissonnes tant le contraste avec sa gentillesse habituelle est glaçant. Mais tu le sais, que chaque être humain possède une part de violence, non ? Si c’était ton Chef, là-bas, à la place du banni du jour, qui me dit que tu ne te serais pas avancée à ton tour ?

...

Oh, pardon. Désolée. J’avais oublié que certains sujets sont plus sensibles que d’autres, chérie. Et si tu crois que de te voir ainsi, mains sur les oreilles et tête baissée pour ne plus rien entendre me fait plaisir, tu te trompes. Alors que certains se décident à manifester leur désaccord de plus en plus violemment, je te vois chercher du regard Soul, comme pour t’assurer que mes mots ne se sont pas réalisés, pas encore. Et dès que tu l’as trouvé tu soupires de soulagement mais tu n’oses pas bouger. Au contraire, tu fermes les yeux et au milieu des hurlements tu pries. Tu me pries et c’est tellement surprenant.

- Fais que ça s’arrête.

Oh, je l’aimerais tant. Mais, ma chérie, je suis loin à présent. J’ai vieilli contrairement à toi même si je ne t’ai jamais oubliée. Et mon pouvoir, ici, sur toi est si faible alors penses-tu vraiment que j’aie une réelle prise sur les événements.

Bien sûr que non, petite fille, tu ne le penses pas.

C’est juste que, malgré tout, tu n’as jamais pu te débarrasser de ce réflexe-là, celui qu’ont tous les petits enfants.

Celui qui consiste, lorsque ça ne va pas, à appeler leurs mamans.








I don't want to be saved
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MessageSujet: Re: Le Bannissement    Lun 29 Juin 2015 - 14:07

Le réveil ce matin là avait une allure de cri de guerre. A peine Peter l'avait-il lancé que l'arbre s'éveillait, chaque perdu désertant son hamac comme si il était en feu. Pas de grand jeu, pas d'aventure, non, encore mieux : un spectacle. Avec la totale, la foule, le sang, les larmes et la violence gratuite. Et tout ça au doux son des tambours. Un bannissement, quoi. De qui, pourquoi, Freckles n'en savait foutre rien. Il savait juste qu'il devait se grouiller pour arriver avant Peter. Comme à chaque fois, il devait être là, et en premières lignes, s'il-vous-plait ! Et comme à chaque fois, il était terriblement excité.
Non pas que ça lui plaisait spécialement de bannir qui que ce soit. Ça lui faisait même un peu de peine. Mais tant qu'il ne voyait pas le visage du banni, il réalisait pas. Ouais, Freckles, il avait toujours été un peu naze pour gérer l'abstraction. C'est le sourire aux lèvres qu'il fit un tour rapide de ses taches, courant de la maison souterraine jusqu'à la citerne pour aller réveiller les derniers livreurs et leur répéter de pas être en retard. Et leur répéter une dizaine de fois encore, au cas où. Et puis un nouveau sprint jusqu'à l'arène.

Bondé, déjà. Il se détacha de la masse d'enfants perdus agglutinés pour aller rejoindre les autres chefs, se plaçant à coté d'Harmony. Leur lança à chacun un sourire éblouissant. La plupart d'entre eux n'avaient pas l'air franchement jouasses. Soul était blanc comme un cachet d'aspirine, il manquait sûrement de vitamine D. Peter lui-même avait l'air de franchement faire la gueule. Freckles lança un coup d’œil curieux vers le poteau où se trouvait le banni. Il avait du faire quelque chose de sacrément grave. Ou alors leur roi était tout simplement de très mauvaise humeur.
Il chercha du regard les livreurs présents dans la foule. Il repéra Crackers, inimitable avec son masque à gaz, et d'autres encore éparpillés au milieu de centaines de têtes. Il croisa le regard de Grenouille, aussi. Se retint de lui faire un signe malgré l'air terrifié du gamin. Il fallait qu'il soit sérieux, lui aussi. Même si il mourrait d'envie que la cérémonie commence, pour savoir ce qu'avait fait ce gars dont il ne pouvait se rappeler le nom.

Les diplomates n'ouvrirent pas la bouche. Et Peter, qui avait l'air bien plus grand avec sa couronne et son air grave, lança la sentence d'une voix dure. Freckles se redressa. Tacha de ne pas sautiller et de prendre un regard grave. Ce n'était plus si difficile. Son enthousiasme était retombé, maintenant. Il n'allait pas savoir ce que le banni avait fait, ni si il méritait sa punition. Il n'allait pas savoir comment il s'appelait. Il allait juste rester stoïquement debout pendant que le sable de l'arène se teintait de sang et de larmes, sans oser regarder si les siens étaient responsables de cette pluie de pierres meurtrières.
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Ancienne Perdue
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MessageSujet: Re: Le Bannissement    Mar 30 Juin 2015 - 14:36

Être Chef n’était jamais agréable.

Pourtant, c’est en silence que ses pas la guidèrent jusqu’au Poteau du Banni. Dans l’Autre Monde, Harmony aurait égoïstement pensé qu’elle suivait, tout comme l’accusé, une ligne verte. Cette ligne invisible, tracée par la société du petit roi, qui menait inlassablement les condamnés à la mort.

Sa ligne invisible la guida jusqu’au poteau du Banni.

Elle aurait presque été en avance. La place se remplissait petit à petit d’une foule terriblement silencieuse. La tension était lourde, malgré les chuchotements que l’on pouvait parfois percevoir. Toujours droite, la birmane se fraya un chemin entre les différentes têtes, et se posta à proximité des Chefs qui s’étaient rassemblés, attendant l’arrivée de Peter. La foule se scinda en deux, lorsque l’Enfant Roi fit son apparition. Dignement, fièrement. Froidement. Ce n’était jamais bon signe, lorsque notre tyran et sauveur affichait cet air. Tout était orchestré. Dans une effroyable perfection. Enfin, la ligne des Chefs du Grand Arbre s’avança silencieusement jusqu’au niveau du petit Roi. Harmony n’eut pas peur de s’avancer plus que nécessaire, ni de jeter un regard neutre au Banni. Il ne fallait pas ignorer ce qu’il se passait là. Pour autant, il ne fallait pas non plus être en colère. C’était de sinistres poisons, qui pouvaient à tout instant ronger la conscience des individus. Harmony avait été élevée dans une croyance bouddhiste. Et malgré le fait qu’elle était figée dans ses seize ans depuis plus de cinquante trois ans, malgré le temps qui avait effacé ses souvenirs, des récits d’un autre temps étaient restés ancrés en elle. Pas tous, malheureusement. Mais la jeune fille était presque persuadée que c’était le début d’une nouvelle vie pour le Banni. Expie tes fautes et suis l’enseignement.

Si seulement c’était aussi facile. Sa propre naïveté l’étonna.
Du coin de l’œil, près de Chefs tantôt ravis, tantôt effarés, elle remarqua un éclair orange. Mains l’une contre l’autre, cachées dans ses amples manches, elle tourne la tête, et jette un coup d’œil à Freckles. Un peu hébétée. On avait l’habitude de ses sourires sous toutes les coutures, on ne cherchait pas à comprendre comment trouver le sourire dans de telles circonstances. Dans l’ignorance, sans doute ? Mais l’ignorance, était un poison. Pourtant, toi qui pense ça, tu te doutes bien que l’oubli amène l’ignorance. Et l’oubli est un moteur du Pays de Jamais. Tu ignores, tu oublies. Toi aussi, tu es condamnée à renaître sans cesse, sans jamais être délivrée. T’es coincée. Comme les autres. Définitivement.

L’impitoyable « Je te bannis ! » atteignit les oreilles bourdonnantes de la Mélodie. Elle cligna des yeux, revint à la réalité, et reposa son regard impassible sur le fautif. A jamais âme errante. Ici aussi, ils n’atteindront jamais l’apaisement. Tout le monde faisait du mal à son prochain. Mais n’était-ce pas la nature de l’être humain, qui avait aimé se parer de Chefs, de Rois, de Présidents ? On les suit et on se tait. On acquiesce sans ciller à son Roi. La Chef acquiesce silencieusement à son Roi. Sans avoir de pensées néfastes. Aujourd’hui, Peter n’est pas d’humeur. Les Diplomates n’ont pas leur mot à dire, pas plus que l’ex-Chef du Banni. Harmony observe l’assemblée pour repérer ses Artisans. Il y en a, comme partout, qui hésitent à l’aider. Beaucoup ne le feront pas. On appelle ça l’oppression, la dictature. Des réminiscences de là ou elle vivait, avant. Il y a bien longtemps.

Les premiers projectiles fusent çà et là de la foule. L’asiatique ne bougeait pas d’un pouce et s’abreuvait de l’image du Banni, avant de l’oublier tôt ou tard. Droite comme un pic, figée comme une image. On montre l’exemple et on se tait. C’est là la meilleure chose à faire. Malgré l’étrange cauchemar que tu vis, malgré la noirceur que tu vois ressortir de chaque être présent. Même en Jay. Elle d’habitude si douce. Tu affrontes tout cela pour ne pas ignorer, et tu te tais. Même si cela pourrait te faire grandir. Mais ça n’a pas lieu d’être. Tout le monde a peur de l’inconnu, et tu n’y échappes pas non plus. Les projectiles jaillissent de la foule et le sol se parent de mille-et-une couleurs. Harmony observait tantôt l’éventail de couleurs, tantôt le Banni. Toujours plus souffrant.

Être Chef n’était jamais agréable.
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MessageSujet: Re: Le Bannissement    Lun 27 Juil 2015 - 0:13

Lana Del Rey - Carmen

She said "you don’t wanna be like me
Don’t wanna see all the things I’ve seen
I’m dying, I’m dying..."


Elle n’avait jamais aimé ce genre de rassemblement.

Les spectacles publics - aussi violents et magiques puissent-ils être - l’avaient toujours dérangées, et ce pour une unique raison : elle disparaissait aux yeux des autres, se dissolvait dans la foule au profit d’un autre centre d’attention. Déjà du temps du cirque elle peinait à s’y résoudre... et cela n’avait été que plus difficile avec le temps - avec la paralysie de sa coquille, la disparition lente de son âme et son esprit.

Elle continuait de s’y rendre, pourtant. Aux combats, aux bannissements. Et parfois elle s’endormait et elle buvait, avant. Pour rendre sa disparition moins difficile, pour se faire encore plus vaporeuse. Elle n’avait que son apparence, que les regards des autres pour la constituer. Sans eux, elle se perdait.

Elle n’était arrivée que tard et s’était glissée dans un coin, non loin de la plupart de ses Sentinelles. Sa démarche, changée par l’alcool, s’était faite vacillante - presque douloureuse, comme une biche boiteuse que l’on aurait saignée.

Danse inconsistante.

En la voyant, les quelques Perdus du premier rang s’étaient poussés pour lui faire une place qu’elle avait occupé aussitôt, soupirant et allumant une cigarette dans la foulée. Elle aimait qu’ils l’aient remarquée, elle était en manque. Mais déjà Peter apparaissait et elle s’effaçait de leurs regards.

Il y avait beaucoup de monde, beaucoup d’agitation. Soûlée par le bruit comme par l’alcool, Love observait ceux qu’elle connaissait d’un regard brouillé, comateux. Qu’il était beau, leur Roi, dans ses habits militaires. Qu’ils étaient beaux, les Chefs, à l’entourer comme de bons petits soldats. Et les Sentinelles, si parfaites dans leur rôle.

Personne ne la regardait. Même Pit n’avait d’yeux que pour le Roi. Oh, elle ne pouvait pas leur en vouloir : il brillait de mille feux, l’Enfant Tyran. Il brillait comme un soleil, il l’éclipsait. Sa propre fumée à elle l’entourait comme un boa alors qu’elle fixait le Banni, observait avec une curiosité lasse la peur intense sur son visage. Beaucoup d’enfants avaient l’air excités. Heureux. Et certains, au contraire, semblaient si malades. Pas comme elle : elle souffrait de ne plus exister mais c’était temporaire. Non, ceux-là souffraient d’empathie. D’horreur, de bruit.

Alors qu’elle inspirait profondément une nouvelle bouffée de tabac, Love se fit la réflexion qu’avoir un coeur devait être profondément handicapant.

Puis vint la Rupture. La sentence. Alors que l’on jetait des choses diverses au condamné, un regard vint croiser celle de la Lascive qui - de surprise - manqua presque de réagir.

À la place, un sourire léger comme une brise vint soulever ses lèvres de sang.

- Ce n’est rien, mon amour.

Un geste. Elle laissa tomber sa cigarette à terre.

- Cela ne sert à rien de s’inquiéter. Tout sera bientôt... terminé.

Elle faisait son travail, voilà tout. Elle rassurait la seule pour laquelle elle existait à cet instant. Cela l’aidait, la réchauffait. Même s’il ne s’agissait que de Shark, au fond, peu importait.

Un regard, un seul, suffisait à la faire revivre.

Un regard, un seul, et elle se recomposait.
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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: Le Bannissement    Mer 5 Aoû 2015 - 22:12

Le flot d'enfants le happa, similaire à la marée qui semble lointaine mais qui souhaite vous engloutir. Rien de tout cela n'aurait dû provoquer une joie quelconque. Slumber vivait dans une certaine confusion, qu'importe combien il était habitué à ce genre d'événements. Après tout, il était ici depuis si longtemps, que ce n'était pas le premier gosse qu'il voyait partir pour une existence désolante loin de toute famille. Si un tel sort était si pitoyable, pourquoi tant de cris et un tel besoin de sang ? L'incompréhension resta peinte sur son visage tandis qu'une enfant chuta à ses pieds, poussé par la foule. Slumber hésita, son regard ignorant sur la forme floue du banni au loin. Bientôt une petite main agrippa sa cheville. En silence, il releva rapidement la gamine. Soigner était son rôle après tout. Rapidement, ses petits pieds la poussèrent de nouveau au sein de la masse d'enfants. Au moins, Peter était toujours juste.

Une confiance aveugle en un tyran qui n'avait rien de sensé. Pas alors que chaque bannissement se transformait en une fête barbare. Cependant, l'exemple était important, et il était assez bon dès qu'il s'agissait de trouver des excuses à leur chef suprême. Malgré les bousculades constantes, les coups de coudes pour la meilleure place, Slumber était en avance. Cela était important, il était là depuis longtemps, et avait le sentiment qu'on le jugerait pour le moindre retard. Du revers de la main, il retint un bâillement. Sa sieste pourrait se poursuivre plus tard après tout ça. Pour l'instant, il se devait de rester éveillé et concentré. L'arrivée de Peter ne tarda pas à attirer son attention de toute manière. Amusant comme l'enfant n'avait pas offert la moindre attention visuelle au banni. Pour garder ses distances sans doute.

La justice pouvait être implacable et nécessaire. Elle n'en restait pas moins triste. Slumber avait l'avantage de ne pas afficher cette peine sur ses traits. D'autres suivraient, se faisant bannir ou punir pour d'effroyables crimes envers sa famille. Pleurer pour ce genre de choses aurait donné un mauvais exemple aux plus jeunes. Leur vision du bien et du mal aurait été altérée. Il se tint au milieu des enfants, droit et fier d'avoir été choisi par Peter des années auparavant. Ignorant ceux qui poussaient derrière, Slumber leva son regard vers son chef et s'y accrocha. Les plaidoiries n'avaient que peu de sens à ses yeux. Peter ne commettait jamais d'erreur, alors à quoi bon. Il ne se rendit pas compte qu'il avait hoché la tête légèrement en entendant que aucune clémence ne serait accordée. Une cruauté enfantine, basée sur le désir d'être important, de faire les choses bien.

Banni. Privé d'être un rouage dans le grand projet de Peter, celui qui changeait à chaque lever de soleil. Bien fait. On ne joue pas avec quelque chose qu'aussi important. Il faut obéir et suivre son rôle, sans jamais s'écarter de ce chemin entouré de ronces et d'une mère qui menace de vous punir au moindre faux pas. Sa respiration se fit plus brutale lorsqu'une pierre frôla son visage, lancée par quelqu'un derrière lui. Bien sûr, il est plus simple de détruire que d'offrir. Sa main ne se leva pas, et Slumber refusa d'infliger une quelconque attaque envers ce gosse qui n'avait déjà plus rien. En tant que soigneur, ça aurait été mal. A quoi bon frapper une personne qui n'existait déjà plus ? Le Bélier accepta, finalement, d'observer l'enfant banni. Son regard teinté par une amertume dans laquelle il paraissait vouloir noyer l'autre.

Peut-être qu'il pourrait mourir vite, affaibli par ses blessures. Ça serait plus simple. Moins douloureux. Il valait mieux ne plus être vivant que de se retrouver seul sur l'île. Contrairement à certains enfants, Slumber n'affectionnait pas cette violence gratuite. Ou plutôt en ignorait le sens. Rien de tout cela n'était une fête. Plutôt un enterrement où le mort allait être poussé vivant dans son cercueil.

Ce n'était pas important, Slumber ne ferait rien d'aussi mal, ne subirait jamais une telle punition, il aimerait toujours Peter. Il n'était pas un traître, lui.
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