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Soul
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♣ Chef des Soigneurs ♣


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MessageSujet: « Ce n'est pas la balle qui tue, c'est la destinée »    Jeu 21 Mai 2015 - 7:46


... Procession funéraire issu d'un Guet-Appen avorté.



Tout n’est qu’enchaînement. Chaque soupir, chaque regard, n’est qu’un maillon de cette fatalité. Appelez-la fortune. Désastreuse aventure à la plus humble… Destinée. C’est ainsi qu’elle pleure sur lui, ses larmes d’aciers.
L’immuable est déjà blessé, ses hardes déchirées laissent apparaître des chairs tuméfiées et ouvertes.
Des sillons  creusent sa chemise autrefois blanche, de traînées meurtrières, comme s’imbibant de vie. Celle qui allait bientôt le fuir. Comme d’autres lacérations, que l’austère fumée d’un canon vient d’honorer.

Il est touché.

Sa jambe.

Le colosse, ce fantoche d’argile qui voulait lutter, celui qui s’était feint Tigre, et des pirates : avait fait danser. Celui qui ne voulait gagner … que du temps ; ploie et ne tarde à s’effondrer.

Qui résisterait à la balle d’un mousquet ?

Peter n’a pas bougé, à peine aura-t-il tressauté. Et dans sa chute, l’immuable ne peut s’empêcher de le fixer, se noyant un peu au fond de ses abîmes.
A terre, il n’y a déjà plus que l’obscurité.

Le pirate ne semble pas satisfait, se ragaillardi d’en rajouter.  Soul, que les larmes de douleurs aveuglent, comprend qu’il est de nouveau tenu en joue.
Au faciès grimaçant d’une mouche… est-ce un nouveau tir ?

Le soigneur est déjà à terre, que lui faut-il de plus ? Il n’y aura pas d’autres impactes, l’île se sera déjà satisfaite, laissant au pirate de quoi s’enivrer d’une pluie fantasmée.
Les béances constellant son corps, elles, sont bien réelles. La marque du chien qu’il aura défiguré. Celle que le second s’ingénue à piétiner telle une misérable victoire achevée.

Le médecin se plie, il se tord. Drapé de gerbes carmines. Son visage est marbré d’un autre sang guerrier. Il sent le feu. Il sent le froid. Cette insidieuse présence qui l’envahie… C’était donc ainsi ?

Oui, c’était cela. Et c’était aussi cette réconfortante chaleur, celle qu’il répandait à l’accoutumée, celle qui le transperçait, le secouait ; à son chevet :

- Alexandre...

Cette voix ; un peu rauque et brisée. C’est comme un bruit, comme un souffle expié. Il l’avait oublié, n’est-ce pas ? Il l’avait oublié… Cet autre « lui », cette moitié dont on l’avait séparé. Il se souvenait désormais, il se souvenait de la générosité de ses flammes, celles que le dragon avait toujours haranguées.

Alors, entre les sillons vermeils, les insultes et secousses acharnées, ses prunelles semblent luire, telle une étoile mourante. L’immuable voudrait sourire, il voudrait –comme lui – se moquer. De ce qui se terminerait avant d’avoir même commencé. Ce qu’il n’osait plus rêver.

Ce que le dragon – comme toujours  –  s’ingéniait à défier.

Au loin, les ombres d’un vestige s’effacent. Une autre grandit. Et s’amuse de cette tragédie…


L’enfant-trop-grand ne sentira plus le froid, couvert du feu désespéré de son meilleur-ami. Et quand les brumes se dissipent, effilant tombes et mausolées d’une augure aussi cynique, que le rire du monstre qui les avait envoyé ici...

Alexandre ose s’abandonner. Dans son étreinte, la seule qu’il reconnait. La seule qui ; vraiment ; comptait.
Il lève faiblement son bras, et appose sa main, elle aussi teinte de carmin, sur le visage inquiet de ce fantôme du passé. Celui dont les yeux, jamais, ne lui mentait.
Ses doigts semblent suivre les courbes d’une larme, avant de mollement retomber.

Oui. Il voudrait sourire. Qu’importe le reste. Pourrait-il, de toute manière agir ? L’adolescent blessé, ne peut que se concentrer. Calmer sa respiration saccadée, la chamade de son cœur. Tenter de réguler par l’intérieur, ce qui se répandait et venait déjà nourrir les cendres consumées.


Post-Scriptum:
 






« C'est un peu de ton espoir,
ce que les années en ont perdu.
On dirait ton ombre et qu'elle cherche
à se mettre debout. N'appelle personne.
Ton cœur ce n'est pas toi, c'est un enfant
qui se tourmente avec la crainte de tomber. »

Joe Bousquet


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Lòng
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MessageSujet: Re: « Ce n'est pas la balle qui tue, c'est la destinée »    Jeu 18 Juin 2015 - 22:59


C’est comme un coma. Une absence de 3 secondes, un tourbillon de ténèbres qui s’empare de lui pour le dissoudre, le refondre dans un ailleurs encore moins accueillant que le Bois Joli joliment souillé de sang. Dans la panique sincère qui s’empare de lui, Bình n’a qu’un seul réflexe : celui de s’accrocher à l’autre - celui qui se meurt. Peut-être est-ce grâce à ce geste que, lorsqu’il revint à lui, le Dragon n’est pas seul. Ses mains sont toujours agrippées à la chemise du mourant et Lòng aimerait tellement croire que rien n’a changé sauf le décor qu’il se met à scruter rapidement.

À peine éclairées par la lumière blafarde de l’astre grimaçant, des tombes dressées semblent avoir été plantées un peu au hasard, ne laissant cependant aucun doute sur l’endroit où ils ont été envoyés.

Un cimetière, bien entendu.

L’ironie est sublime, elle prend aux tripes et Lòng grimace presque malgré lui, haletant en silence d’un rire mécanique qui l’étouffe et le réchauffe. Il ne craint pas ce qui rampe dans le noir, non : sa seul peur - l’angoisse démentielle qui se mêle au rire - est dirigée vers celui auprès de qui il se tient, celui qu’il tient encore. Soul, Alexandre, son meilleur ami peu importe l’appellation.

Alors qu’il reporte sur regard sur le soi-disant enfant, le pirate ne peut s’empêcher de sentir son ricanement mourir dans sa gorge : la panique à nouveau s’empare de lui, laissant le masque se fendre alors que ses yeux bondissent d’une plaie à l’autre, contemplant le sang qui n’arrête pas de se répandre. Ces déchirures, il les reconnaît pour les avoir tant de fois infligées à d’autres. Il les connaît par coeur, saurait exactement quoi faire pour aggraver la situation s’il le voulait et ses mains en tremblent malgré lui, mécaniquement. Et ses pensées vont trop vite pour lui, le perdent alors qu’il tente de comprendre quoi faire, quoi dire. Mais la constatation est vite faite, amère : il n’a jamais rien pu reconstruire, alors pourquoi saurait-il aujourd’hui comment réparer ?

Et il y a ses mains, qui ne cessent de trembler.

Le contact poisseux d’une paume contre sa joue stoppe net le flot de pensée, le laissant sonné. Au bout de cette main, il y a Soul qui parvient encore à sourire malgré tout ce foutu sang qui le quitte. Et Lòng sans réfléchir saisit la main de son ami, la serre trop comme si cela pouvait aider.

- Reste avec moi.

Le ton est terrifiant, l’ordre implacable - bien loin de tous les artifices dont il fait preuve habituellement. À nouveau l’autre main du Dragon vient s’emparer du col de son ami, se retenant néanmoins de le secouer.

Ne pas faire de mal, ne pas toucher plus.

C’est important, parce que s’il commence...

- J’ai besoin que tu me dises quoi faire.

Ses mains tremblent.

... s’il commence, il ne s’arrêtera pas avant qu’il ne soit bien trop tard et pour la première fois depuis si longtemps, Lòng croit ne pas vouloir qu’il ne soit trop tard...

Ne pas toucher plus, NE PAS FAIRE DE MAL.

- Reste éveillé, espèce de fils de pute.

Plus qu’un ordre cette fois, c’est un grondement. Il est sous tension, le Dragon, et il ne peut qu’attendre, guetter une réaction.

HRP:
 








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MessageSujet: Re: « Ce n'est pas la balle qui tue, c'est la destinée »    Lun 29 Juin 2015 - 2:43


Il aurait probablement dû s’évanouir, mais la présence de Bình le garde éveillé, ses cris, le contact de sa main, son déchirement, le tire du brouillard vers lequel il sombrait.
Non. Il ne faut pas s’endormir. Non. Pour rien au monde. De peur de ne plus le retrouver. De goûter l’amertume d’un rêve terrifiant, d’oublier un peu plus ce qu’était… l’Avant. Sans avoir conscience qu’il pouvait tout aussi bien mourir, sans Après et laisser s’évanouir l’avenir de tant d’enfants…

En cet instant, Soul est heureux. Heureux de percevoir dans le tremblement de son meilleur ami, tout un discourt qu’aucun des deux n’auraient jamais osé. Il est heureux de le revoir en vie. Il est heureux d’être avec lui. Oui.
D’avoir cette dernière chance. Il est heureux de ne plus avoir à s’inquiéter de l’homme qu’il devenait. Il est heureux et tellement léger. Peut-être est-ce tout ce sang, tout ce poison qui s’échappe en fait, qui le libère de ses responsabilités.
Comme enivré, il voudrait le serrer plus fort encore. Le remercier d’être là, peut-être pour la dernière fois.

- Reste éveillé, espèce de fils de pute.

Avait-il fermé les yeux ? Alexandre, sous l’ordre et l’insulte vient de les rouvrir promptement, et soudain ; il comprend. Il réalise. Qu’il n’avait pas été loin de tout abandonner, dans l’embrasement de cette poigne convulsée. Qu’il s’était laissé aller, quelques instants seulement. Quelques secondes de répit qui durent paraître infinies.
Était-ce digne de lui ? Était-il de ceux qui ne feraient que fuir sans affronter, sans essayer, sans lutter ? Est-ce que cela même lui ressemblait que de ne pas tout oser, de s’accrocher même à ce qui paraissait déterminé, de réveiller et de sauver. De s’élever contre cette fatalité, et d’aider encore, de soutenir, malgré la mort.

Alexandre est épuisé, il le sait. Il sent bien qu’il aurait peut-être du déjà partir. Mais il y avait encore des histoires qui n’avaient pas été contées, de celles qu’il regretterait tant de ne pas avoir étrenné. Alors, l’immuable puise dans ce qui lui reste, il tire encore, un peu plus fort, sur cette inébranlable volonté de croire, de ne pas faire qu’espérer. Et d’aider à réaliser. De créer l’impossible, de quelques poussières de fées.

« Tu sais bien… que ..ai jamais su …c’qu’elle …faisait. » - halète-t-il dans leur langue, en réplique ‘offensée’.

Et d’en rire intérieurement. Rire à cette fatalité, pour mieux la bafouer, pour mieux la défier. De rire, comme le Dragon le faisait. De rire, à sa manière, en conquérant. De rire de souffrir mais persévérer. De ne jamais tenter à moitié. De se donner sans faux-semblant.

Calme-toi le cœur, calme toi la peur, calme toi et écoute. Ecoute, et sens. Sens, devine, occulte la douleur. Tu es ton propre patient.

« Aide-moi. » - ce n’est pas une supplique, c’est un murmure impérieux. « Il faut… que …vérifie… je sente, si… » - le soigneur s’essouffle, il désigne ses mains, peine à rester conscient, mais lutte bravement ; « Trop de sang…  » . Et si c’est le cas, si c’est bien de cette artère-là, il sait déjà qu’il aura peu de chance de s’en sortir. Mais il ne se laisserait pas mourir. Non. Pas comme ça, pas si vite. L’Île le lui devait bien, à celui qui n’avait jamais rien exigé pour lui-même. Elle lui devait bien.

Ne pas accuser. Se concentrer. Il ne tiendrait pas longtemps éveillé, même avec toute la hargne de son ami enflammé. Soul réfléchit, vite. Avec un tel diagnostique : il serait déjà mort. Peut-être que ses plaies n’étaient pas si fatales. La balle a sûrement explosée en éclat dans sa jambe, ce sont les muscles et les nerfs qui auront surtout souffert. Au torse, Soul ose espérer qu’aucun organe n’aura été atteint.

« Fais-moi… boire. » - L’alcool l’aidera à tenir, à soutenir et résister. Alexandre a conscience que son meilleur-ami ne pourrait accomplir ce que son état requerrait.

« Imbibe en…, et… empêcher… perdre… plus. Serrer. » Tente-t-il d’expliquer.
Sa vision se brouille encore, les yeux orageux sont dévorés par la nuit qui le consume petit à petit.

« Trouve… quelqu’un. »  






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Dernière édition par Soul le Sam 11 Juil 2015 - 0:49, édité 1 fois
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Ancien Médecin
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MessageSujet: Re: « Ce n'est pas la balle qui tue, c'est la destinée »    Mer 8 Juil 2015 - 23:11


Taz a toujours été douée pour passer inaperçue de nuit. C'est qu'elle a le camouflage de naissance, ce qui n'a pas cessé de se révéler pratique lors de ses expéditions sous la lune. Le reste du temps ça lui donne l'occasion de critiquer gratuitement les caucasiens ce qui est bien aussi. Ça détend les nerfs.  

Malgré cela, elle reste incertaine là tout de suite quant au judicieux de se promener dans le moins célèbre et plus infâme des cimetières de l'Île alors que les monstres affluaient de partout ces derniers temps (pour tromper le macabre et l'odeur de terre froide du lieu, elle chique un peu de tabac à la menthe). Mais l'herbe très spéciale qu'elle cherche ne fleuri que sous les rayons lunaires et à cet endroit uniquement, du moins de ce qu'elle en sait. C'était une plante aux vertus analgésique hors du commun en plus d'avoir un effet cicatrisant et elle n'avait pas un goût trop dégueu. Ce qui facilitait les choses quand elle devait en faire bouffer aux pirates qui en plus de venir pleurnicher à chaque égratignure, se montraient pointilleux sur le goût des médicaments.

Mais avant d'avoir pu trouver l'objet de sa quête, elle aperçoit du coin de l'oeil un type avec une tignasse penché sur un autre visiblement mal en point et qui murmure trop doucement pour qu'elle ait la moindre chance de capter quoique ce soit.

Curieuse, la Phalange s'approche néanmoins de l'étrange duo, s'arrêtant un instant en reconnaissant l'un des protagonistes. Le souvenir de la fois où Lòng l'avait surprise à materner lui revient à l'esprit et elle se dit qu'elle tient peut-être là sa revanche. Sans bruit – ce qui est plutôt inhabituel pour elle – elle les rejoint et passe au passage les doigts dans les cheveux du jaune encore plus petit qu'à son habitude ainsi accroupi. Geste qu'elle regrette aussitôt quand elle retire sa main poisseuse. De sang, de sueur, de saleté, d'autre chose ?

— T'sais Dragon, tu me croiras pas mais ''se laver'' est un concept qui existe vraiment, elle jette un coup d'oeil au garçon perdu – presque homme toutefois – étalé par terre dans son hémoglobine comme un agneau qu'on vient d'égorger ; tu l'as pas raté hein, t'es vraiment un taré.

Sauf que cette phrase sonne fausse. Il y a quelque chose qui cloche dans la scène, le Dragon n'a pas l'air de prendre son pied et le gamin a il semblerait bien été canardé plutôt que découpé. Elle tente de comprendre ce qui se passe, mais rien ne fait un foutu sens.
Même si à sa décharge elle n'a jamais eu un sens de la déduction – lorsque ce n'était pas médical – très poussé.

— Ok. C'est quoi le truc ici ? qu'elle demande finalement.

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MessageSujet: Re: « Ce n'est pas la balle qui tue, c'est la destinée »    Sam 11 Juil 2015 - 0:09



- Tu sais bien… que ..ai jamais su …c’qu’elle …faisait.

Quel con mais quel con. Lòng observe Soul avec une violente consternation même s’il ne peut s’empêcher de sourire, d’un sourire bien plus différent que ses masques habituels.

- Ferme ta gueule. Réplique-t-il alors d’un ton qui contredit l’expression. Et, attentif et anxieux, il tente de comprendre les murmures de son ami, de ne pas perdre le fil mais c’est peine perdue : les conseils sont décousus, déchirés comme les plaies qui continuent de béer, vomissant globules sur globules alors que Bình tente de comprendre quoi faire, comment s’y prendre pour réparer.

À la première injonction compréhensible, il acquiesce avec fièvre et, tirant de ses poches la flasque de rhum flibustier qu’il garde avec lui, entreprend de faire boire Alexandre avec précaution, soutenant sa tête pour l’aider à déglutir tout en cherchant dans ses ressources les plus anciennes un éclat de délicatesse, un éclat intact pour tenter de faire au mieux. Ne rien casser.

Puis il y a ce dernier ordre - peut-être le plus lucide que Soul aurait pu donner :

- Trouve… quelqu’un.

Il aimerait bien, le Dragon. Mais sur cette Île qu’il a si bien souillée, si bien brûlée, qui pourrait bien leur servir d’allié ?

La réponse vient, sous la forme d’un contact. Effaré, garde baissée, Lòng sent une main lui caresser les cheveux comme s’il était un brave chien que l’on remercierait pour avoir ramené le bâton. Aussitôt - ça le surprend lui-même, il se redresse, tire l’une de ses lames de sa poche et se met en position d’attaque. Ça le surprend car il n’a jamais été aussi prompt - rapide, bien sûr qu’il l’est, mais... jamais autant. La différence, là, pourtant, est évidente : il se retrouve avec quelque chose à perdre, quelque chose à sauver.

Quelqu’un à protéger.

Et ça fait toute la différence.

- T'sais Dragon, tu me croiras pas mais ''se laver'' est un concept qui existe vraiment.

La grande face de nègre qui le surplombe, de même que sa voix lui sont familières : la personne qui lui fait face n’est autre que Taz, médecin de bord du Jolly Roger...

... et aussi la seule foutue personne sur cette Île qui pourrait les aider.

À cet instant, Lòng est si soulagé de la voir qu’il pourrait lui sauter au cou. Mais la réplique qui suit, de même que le regard qu’elle lance à son ami, le fige sur place.

- Tu l'as pas raté hein, t'es vraiment un taré.

- C’est pas moi !

Les élans spontanés, chez Lòng, sont rares, poussiéreux tant ils datent d’un autre temps, d’un autre lui. Et Bình s’approche alors de Taz, s’accrochant à sa veste comme pour la secouer.

- Ok. C'est quoi le truc ici ?

- Pas le temps. Grogne-t-il alors que sa rage revient, faisant brûler son regard comme le ton même de sa voix. Il se bat pour deux, le Dragon, il garde deux rages de vivre avec obstination. Mais ses émotions le rendent moins efficaces, prennent le contrôle sur ses manipulations.

Il faut qu’il se calme.

Qu’il respire.

Lorsqu’il rouvre les yeux, il s’est à nouveau revêtu de son regard mauvais, de son sourire de serpent.

- Ton secret contre sa vie, Phalange. Lance-t-il d’un ton dans lequel transparaît néanmoins l’urgence. D’un geste, il désigne Soul. Si tu le sauves, je te donne ma parole que jamais je ne trahirai ce que je sais de toi.

Il faut faire vite, ils ont déjà perdu trop de temps. Et il ne quitte pas Taz des yeux, désespéré sous ses allures de manipulateur cassé, au masque trop vite reconstruit, fissuré, imparfait.








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MessageSujet: Re: « Ce n'est pas la balle qui tue, c'est la destinée »    Dim 8 Nov 2015 - 23:34

Il y a quelque chose dans les yeux du Dragon qui la met mal à l'aise. Plus que d'habitude. Quelque chose, le temps d'une seconde, quand il pose ses pattes sur son paletot et la regarde avec une espèce de colère qui implore.
Il a bien vite fait de remettre sa gueule habituelle en place mais elle oublie pas cet éclair dérangeant.

— Ton secret contre sa vie, Phalange. Si tu le sauves, je te donne ma parole que jamais je ne trahirai ce que je sais de toi. lui dit finalement le pirate en désignant du doigt le gamin par terre qui tient à l'instant plus du déchet organique que de l'humain.

— Tu sais où tu peux te la fourrer ta parole ? Si t'essaies de parler t'auras pas le temps d'articuler mon nom que mon pied t'auras déjà envoyé en orbite.

Franchement, des fois elle avait trop bon coeur pour son propre bien. Elle s'agenouille près du blessé et l'observe avec un peu plus d'attention.

— Il est vraiment dans un sale état, t'es sûr que tu préfères pas l'achever tout de suite ?

C'est ce qu'elle dit mais elle s’attelle quand même à estimer les dégâts parce qu'avant tout c'est son job, et parce que l'attitude de Lòng la rend assez perplexe pour qu'elle aie presque envie d'en savoir plus. Elle jette un regard en coin au Dragon et lui ordonne :

— Va lui tenir la tête et fait en sorte de le garder réveiller. Parle-lui et surveille qu'il s'étouffe pas avec son propre vomi.

Elle va essayer, même si elle n'a pas grand espoir. La plupart de son matériel est bien au chaud dans sa cabine, il fait froid et les conditions sanitaires sont vraiment pathétiques. Mais elle va essayer, parce qu'éventuellement elle se sentirait coupable de laisser crever ce garçon ici.
Ce qui serait vraiment ridicule. Vraiment.

Enlevant sa veste, elle en sort une trousse de soin minimaliste et frissonne un peu quand elle sent l'air sur ses épaules nues. Mais elle en aura besoin pour couvrir-

— C'est qui en fait ?

Tout de suite ce n'est pas pour satisfaire sa curiosité – ou pas entièrement. Mais plutôt, qu'aux vues de l'état du patient, il ne réagira probablement pas à grand chose d'autre que son prénom si elle doit lui parler.

Sans attendre la réponse, elle use de son couteau pour découper les vêtements du garçon. D'abord sa jambe, rapidement, utilisant le bout de tissus pour nouer un garrot serré autour de sa cuisse et freiner le saignement le temps qu'elle s'occupe de la blessure la plus inquiétante. Celle au torse.
Elle couvre en vitesse les membres inférieurs de sa veste puis passe au reste. Même schéma ; elle scinde sa chemise en deux, du nombril à la gorge, et expose un torse adolescent et rougi par une hémoglobine à moitié coagulée.
Au moins ça ne saigne pas trop, ce qui ne veut néanmoins pas dire que les dégâts sont moins importants, mais ça reste positif. Elle passe ensuite une main délicate sous le dos de son patient, le trouve lisse et non-charcuté.

— La balle est pas ressortie, ça peut être bien comme mauvais. Mais au moins il arrive plus ou moins à respirer et est pas encore mort ce qui est une bonne nouvelle. Par contre si je veux la sortir de là je vais devoir y aller avec les doigts et niveau chance de réussite...je parierais pas ma prochaine tournée dessus.

Il était possible qu'il s'en sorte, ça dépendait de la profondeur de l'impact, mais elle ne peut rien promettre de plus que des spéculations hasardeuses.

— C'est ton ami, ou peu importe, donc c'est toi qui me dit si je tente le coup ou pas, Dragon.
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MessageSujet: Re: « Ce n'est pas la balle qui tue, c'est la destinée »    Mer 11 Nov 2015 - 23:33



- Tu sais où tu peux te la fourrer ta parole ? Si t'essaies de parler t'auras pas le temps d'articuler mon nom que mon pied t'auras déjà envoyé en orbite.

La réponse est brutale, en forme de gros refus. Lòng ne peut pas s’en offenser, en même temps : tournée ainsi, la tentative de chantage est pathétique. Mais il perd ses moyens, le Dragon, il a l’impression de tout perdre en perdant son ami à nouveau. Et - heureusement pour ce qu’il lui reste de fierté - Taz se met à examiner Soul avant qu’il ne commence à la supplier.

- Il est vraiment dans un sale état, t'es sûr que tu préfères pas l'achever tout de suite ?

- Sûr.

Il est sobre, pour le coup. Gravement sérieux et franchement inquiet alors qu’il observe Taz faire.

- Va lui tenir la tête et fait en sorte de le garder réveiller. Parle-lui et surveille qu'il s'étouffe pas avec son propre vomi.

Obéir à la Phalange n’est absolument pas dans ses habitudes et pourtant, le Dragon s’exécute sans un mot. Se plaçant de l’autre côté du blessé, il s’agenouille à son tour, venant soutenir sa tête avec une délicatesse inquiétante. Et avant même qu’il ne réfléchisse vraiment à quoi ne pas dire parmi tout ce qu’il voudrait, les mots sortent tous seuls.

- Tu sais, quand t’as disparu... j’ai tout de suite compris que c’était le Démon Blanc qui t’avait emporté.

Commencer par le commencement, pourquoi pas. De toute façon Alexandre a l’air un peu trop dans les vapes pour se plaindre de la qualité du récit. L’important est qu’il ne perdre pas conscience définitivement, que Taz fasse ce qu’elle peut pour le maintenir en vie. Parce que sinon...

... il ne veut pas y penser, absolument pas. Et ses yeux passent d’un doc à l’autre, trop animés pour être menteurs, trop vifs pour ne pas être inquiets.

- C'est qui en fait ?

- Ale... Soul. C’est... une vielle connaissance.

Sale euphémisme, Dragon à pincettes. Alors qu’il observe du coin de l’oeil les mouvements de Taz, Lòng reprend dans sa langue natale :

- J’ai passé des mois à l’appeler. À tenter de faire apparaître ce foutu gamin volant pour qu’il m’emmène aussi. Et c’est ce qu’il a fait, je me suis retrouvé chez les mômes... on aurait pu se croiser. Mais j’y suis pas resté longtemps, je... j’ai cru que tu serais ailleurs.

S’il s’en veut pour son impatience ? Profondément. Mais heureusement, l’urgence de la situation ne lui laisse guère le loisir de laisser ses remords le noyer. Et la voix de Taz le tire de son récit, le poussant à relever la tête vers elle, la fixer avec un air perdu.

- La balle est pas ressortie, ça peut être bien comme mauvais. Mais au moins il arrive plus ou moins à respirer et est pas encore mort ce qui est une bonne nouvelle. Par contre si je veux la sortir de là je vais devoir y aller avec les doigts et niveau chance de réussite...je parierais pas ma prochaine tournée dessus.

Les nouvelles ne sont pas bonnes, et c’est drôle comme Lòng peut sentir sa cage thoracique se serrer, son sang bouillonner contre les parois alors que cela fait si longtemps.

- C'est ton ami, ou peu importe, donc c'est toi qui me dit si je tente le coup ou pas, Dragon.

Il aurait pu relever le "peu importe", mais il y a des choses qui ne se font pas et de toute façon il a autre chose à penser. Ainsi le Dragon se laisse à peine le temps de réfléchir avant de donner sa réponse. Il déglutit.

- Fais-le.

Plus ils hésiteront, plus ils perdront du temps. Et s’ils ne font rien, Alexandre mourra de toute façon. Alors Lòng livide accompagne ses paroles d’un hochement de tête vigoureux alors qu’il se penche de nouveau vers son ami, cherche son regard derrière la vitre de ses yeux.

- T’as pas intérêt à crever, pas maintenant.

Éclat de sourire fou, rire en forme de lame.

- Ou crois-moi, je te jure que ce que je ferais à ton cadavre n’aura rien d’agréable.

Fais ce que tu veux, Dragon aux yeux océan. Menace comme tu peux, de toute façon tu n’as aucune prise sur les événements.








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MessageSujet: Re: « Ce n'est pas la balle qui tue, c'est la destinée »    Ven 13 Nov 2015 - 17:24

Que vois-je ?




Les Esprits auraient pu t'aider, Soul. Les Fumerolles auraient pu t'aider, Soul. Les Peaux-Rouges auraient pu t'aider, Soul. Mais la nuit les a mangé, Soul. Et la nuit te mangera toi. Tu dois avoir si froid. Une lumière dans la nuit. Elle se débat, elle vient vers toi. Elle survole ton corps tremblant et se pose sur ton front. Elle est pâle, si pâle. C'est une fée aristocrate, celles qui maitrisent l'enchantement et la lumière. La fée dépose sur ta plaie un halo apaisant qui incite le sang à tourner en rond, comme hypnotisé, et la douleur a s'endormir, comme anesthésiée. Puis, c'est ton esprit qu'elle emporte, comme dans un songe opiacé, elle l'entraine dans les hauteurs de tes chimères, de tes rêveries, le temps que l'opération se déroule. Elle y laissera probablement sa vie. Mais tu n'auras pas mal, et tu seras sauvé. C'est ce qu'elle espère. Ce que tous espèrent. Même ceux qui l'ignorent.

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Ancien Médecin
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MessageSujet: Re: « Ce n'est pas la balle qui tue, c'est la destinée »    Ven 12 Fév 2016 - 2:20

C'est d'une poésie à vomir, ce scintillement bref qui vient se poser sur le front de Soul, frêle, dévoué à sa cause. Quel destin terrible pour une chose si minuscule. Et pourtant elle est soulagée, presque, pour ce morveux...ouais. Il a quand même pris cher, le pauvre. Et puis il y a le Dragon qu'elle n'a jamais vu ainsi, comme quoi même lui pouvait être bouleversé et tout dégoulinant d'émotions. À un autre moment, elle aurait sans doute fait un commentaire sur sa sentimentalité. Quelque chose qui aurait inclus des noms de fleurs et autres délicatesses comme ça.

Seulement, voilà, pour l'instant elle ne voit que deux adolescents s'accrochant l'un à l'autre et c'est presque touchant bordel. Foutu instinct maternel qui ne la quitte pas et s'accroche à ses bottes comme une sangsue, que sa manifestation soit positive ou non. D'ailleurs Lòng l'avait déjà surprise un jour qu'elle cherchait à combler l'absence de son bébé. Ça avait été humiliant, elle avait voulu le hacher menu quand elle l'avait croisé qui l'observait. Elle a peut-être même tenté de le faire, des détails.

La Phalange secoue la tête. Pas le moment de penser à ça. Et c'est des doigts – fidèle à son surnom – qu'elle plonge dans la blessure du garçon. Soul. Sa concentration est intense, ses yeux plissés dans la pénombre. Le blessé, lui, est parti. Envolé très haut grâce à la petite fée, son sacrifice et son trip enchanté, le gosse sans doute à rêver comme un demeuré. Peut-être de ce pirate jaune à côté qu'elle ne reconnaît plus et qui chuchote à sa connaissance dans une langue bizarre.

L'opération se déroule donc, Taz s'applique. Elle ne parle même plus, respire à peine. C'est son métier, ce qu'elle a appris à faire à l'aube de sa vie de bâtarde, et ça passe devant le fait que ce gamin est censé être son ennemi, qu'elle aurait du dans l'absolu ; l'achever. L'égorger comme un petit cochon avant la fête du jambon. Mais non, elle a vraiment trop bon coeur.

Ici, elle la sent, la balle sous ses ongles. Au milieu de la chair à vif qui lui enserre la peau comme un étau.

Elle est là. Je vais tenter, Dragon. Et comme je suis exceptionnel je vais réussir. Tu vas m'en devoir une, et une grosse.

Encore un peu de sueur, encore un peu de douleur et c'est fait. Le fer mortel repose dans sa main et plus près du coeur et des côtes du garçon. Un voyage aller-retour qui aura coûté cher.

Souvenir pour toi, dit-elle en présentant sa paume ensanglantée à Lòng, et la balle comme une alliance.

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Soul
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✘ AGE DU PERSO : 16 ans... Mais sombre inéroxablement vers la maturité.

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« L'âme naît vieille dans le corps ; c'est pour la rajeunir que celui-ci vieillit. »
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Ended : I - II - III - IV - V - VI - VII - IX - XI - XIV - XV - XVI - XIX



MessageSujet: Re: « Ce n'est pas la balle qui tue, c'est la destinée »    Sam 13 Fév 2016 - 12:34


Surréelle sont ces voix qui s’animent, ses apparitions qui le dominent et paraissent se concerter. Son champ de vision – malgré sa lutte – continue de s’obscurcir, seuls les yeux de Bình continuent de luire comme des phares dans cette tempête désespérée où les récifs l’auront déjà déchiré.
La voix un peu éraillée semble se gausser. Il ne la reconnait pas. Voilà quelques instants qu’il ne fait plus qu’entendre sans plus rien… comprendre. Seule celle  de son meilleur ami perce encore le voile opaque de sa conscience, comme s’acharnant à le lacérer, à s’accrocher au mince filet qui les reliait encore.

Cette langue, leur langue est telle une clef pénétrant ce cœur qu’il tentait d’ignorer. Elle lui fait presque mal – encore plus même – que ses plaies. Il voudrait répondre à la mélopée du Dragon, mais ne parvient qu’à l’écouter, qu’à en déglutir l’amertume ferreuse. La nostalgie s’y mêlant dangereusement, Alexandre voudrait serrer, serrer sa main, le rapprocher un peu plus, lui murmurer que cela n’a plus d’importance. Plus rien n’en a désormais ; ils se sont retrouvés.

Mais il en est incapable, plus aucun de ces membres ne veut bouger. Seuls ses yeux à demi-clos persistent encore à lutter, à répondre à l’enragé. Pâle lueurs d’émeraudes où les éclats d’or détonnent, comme s’ils répondaient à l’orage de son ami par quelques rayons de soleil, qui devraient – tous –  les guider.

Des volutes paraissent s’échapper tout autour ; des ombres voraces  semblent s’avancer et danser vers lui. Prenant vies,  toutes ses réminiscences de visages, de portraits, d’enfants qu’il connaissait qui se rapprochent. Et les voix, les voix qui continuent. Et Bình qu’il croit entendre crier.

Et soudain ; elle lui apparait. Déchirante, brillante, il en aurait cligné les yeux s’il ne craignait pas qu’ils se ferment à jamais ; il ne reconnait pas une fée… Juste la chaleur de son éclat. Elle est bénie ; l’Immuable le sait. Est-ce le Dieu dont parle si souvent Cross et Mary qui aurait eu pitié de lui ? Ou l’ïle qui l’aura exaucé ?

Et elle fond en lui, comme si elle s’y noyait. Il ne sait pas, il ne sait plus ce que c’est. Ce qu’il doit penser. Seule une profonde reconnaissance émerge de sa conscience, et en son sein l’âme d’Alexandre accueille la lueur, la berce quand elle s’éteint, comme un enfant qu’il aurait accompagné jusqu’à la fin. Il ne saura jamais son nom, mais elle fera pour toujours  parti de lui. Et le reliera au petit peuple jusqu’à jamais. A jamais.

La fée dans sa conscience s’est évaporée, éparpillée en une poussière colorée qu’il effleure d’un regard caressant, il se met à suivre ses éclats, à marcher, à flotter ? Tiens, comme s’il volait. Oui, il semblerait ? Comme lors de son envolée, la première fois ; avec Pan. Son ombre à lui parait le guider et il continue ce lent cheminement. Il sent plus qu’il ne sait, où cela va l’amener.

Mais Alexandre n’appréhende plus. Alexandre accepte ce dernier présent. Et chacun de ses visages, de ses ombres tout à l’heure menaçantes,  l’accueille généreusement. Ce sont des sourires, des encouragements, tous ces enfants, ces âmes qui n’existent plus, le supportent, solidaires, en un chœur palpitant, bruyant d’énergie, celle qui vibre en lui, à qui il devra sa survie.

Un visage culmine, et les domine tous, d'une ombre plus sombre est plus grande, plus massive et terriblement plus douce…. Ses bras se tendent  et l’enlacent. Sa voix grave lui murmure sa fierté de le voir persister. Lui aussi l’encourage. Le cœur d’Alexandre a envie de pleurer devant lui, Ce visage vieilli, ce visage marqué qu’il reconnait pourtant, cette bienveillance déterminée, cet écho. Ce même vert, cette même vie, ce même acharnement à croire.

Ce sera bientôt terminé. C’est ce que son père lui promet: « Il faut que tu les retrouves. Continue de t’accrocher Alexandre. Continue. Crois. Ne perd jamais la foi en l’homme, capable du pire et des plus grandes noblesses. Ne perd jamais foi. Et continue d’aimer. »

Alexandre se perd entre les mondes, d’âmes perdues, de regards souriants, qui se mêlent à ce tragique Présent, alors que deux pirates font tout ce qu’ils peuvent pour le garder… vivant.






« C'est un peu de ton espoir,
ce que les années en ont perdu.
On dirait ton ombre et qu'elle cherche
à se mettre debout. N'appelle personne.
Ton cœur ce n'est pas toi, c'est un enfant
qui se tourmente avec la crainte de tomber. »

Joe Bousquet


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MessageSujet: Re: « Ce n'est pas la balle qui tue, c'est la destinée »    Ven 19 Fév 2016 - 18:48

Il se serait attendu à tout, le Dragon. Attendu au pire, attendu aux monstres sortis du brouillard pour les attaquer, attendu à ce que Soul lui crève, là, maintenant, dans les bras. Attendu à ce que l'Île le pourrisse comme lui l'a pourrie, continuellement, régulièrement et avec la plus adorable des déterminations. Mais le Pays de Jamais a ça de magique : même après toutes ces années, il parvient à surprendre.
Il n'aura suffi que d'un éclat pour retourner la situation.

Elle est là, la brave petite Fée. Elle file devant ses yeux, opère de sa magie alors que Lòng doit se retenir pour ne pas la repousser, l'empêcher de toucher son meilleur ami. Et lorsqu'elle s'éteint, enlevant sa douleur et leur offrant un bref temps de répit, le Dragon sent comme quelque chose se serrer au fond de sa gorge. Quelque chose qu'il ignore soigneusement, quelque chose de trop humain. A croire qu'ils sont tous pareils devant le sacrifice, devant la plus pure bonté. A croire qu'il y a encore quelque chose, en lui, qui n'a pas été encore vicié.

Il ne veut pas y penser, se force à se concentrer sur Taz et sa manière d'opérer. C'est comme s'il avait dix ans à nouveau, quand ses appréciations étaient sincères et qu'il se permettait de les montrer ; il n'a pas le courage de lutter, grimace alors que la doc met les doigts, part en quête de la balle. Un bref regard à Soul qui ne semble absolument pas souffrir. Ailleurs. Tant mieux, Lòng continue de le soutenir mais ne lui dit rien, évitant - pour une fois - de déranger.

- Elle est là. Je vais tenter, Dragon. Et comme je suis exceptionnel je vais réussir. Tu vas m'en devoir une, et une grosse.

Le Dragon hoche la tête lentement, livide, tente une esquisse de sale sourire. Ok, ils verront. Ils traiteront après. Lòng a beau être un monstre, il sait tenir ses promesses. Il fera de son mieux.

La suite est l'affaire d'un instant, quelques secondes élastiques avant qu'elle n'extraie le projectile et ne le lui tende.

- Souvenir pour toi.

Le geste est étrange, pourtant il l'accepte sans ciller. Machinalement, comme sonné. Sa paume recueille la balle tachée de sang, qu'il glisse, hésitant, dans la poche de son manteau. Il s'en fera un collier, pour ne pas oublier ce que l'Île a failli faire. Pour les prochains qui tomberont dans ses filets.

Il y a un temps. Lòng expire, son souffle est tremblant. Sa voix brise le silence à nouveau.

- Et maintenant ?

Il ne la reconnaît plus.

- Il va s'en sortir ?

- A peu près autant que t'as de chance de pécho le Capitaine, mais on sait jamais.

La réponse a au moins le mérite d'être claire.

♠ ♠ ♠

Il y a des soins, encore. Des gestes moins urgents, plus posés, jusqu'à ce qu'il soit temps de quitter les lieux. Lòng s'est forcé à faire confiance, guettant autour d'eux dans le but d'affronter la moindre Horreur qui aurait l'audace de s'approcher de trop près. Mais il n'y a personne, que des ombres fugaces dans la brume et de vagues grognements, lointains. Puis la Phalange l'appelle, ils conviennent de la suite.

Le retour du frère prodigue aura été bien plus chaotique que prévu.
Et la suite, bien que le danger soit momentanément écarté, ne risque pas d'être moins mouvementée.

L'aventure se poursuit ici.


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MessageSujet: Re: « Ce n'est pas la balle qui tue, c'est la destinée »    Dim 28 Fév 2016 - 15:00

The End


L'île de Jamais, au-delà des rêveries,
Est célèbre pour briser même les familles unis,
Aussi les retrouvailles qui s'opèrent sous nos yeux,
Même en sang et violence, relèvent du merveilleux.


FIN DE L'AVENTURE




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