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Ancienne Fée
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MessageSujet: Le Dépit amoureux   Ven 3 Avr 2015 - 0:46

Le Dépit amoureux


Quels effets étranges cela faisait de retourner ici après tant d'années ! En soit, rien n'avait changé : les jolies maisonnettes étaient toujours là, la vie grouillait partout et les fées faisaient toujours autant peu attention à lui. Seulement, ces fées-là, il ne les avait jamais vu. Elles faisaient parties d'une toute autre génération. Celles qui vivaient là autrefois étaient mortes depuis bien longtemps.
L'Ebloui se fit bousculer alors qu'il était à même le sol, le nez en l'air, plongé dans ses pensées.

- Regardez où vous allez ! Le sermonna l'une de ses semblables aux parures dorées et à la robe drapée.

Il ne répondit pas. Un sourire vint étirer légèrement ses lèvres quand il se dit qu'à sa dernière venue, cette fée n'existait même pas. Le bébé porteur de son rire même pas dans le ventre de sa maman.
Pourquoi était-il venu, d'ailleurs ? Prit d'une pulsion, il avait volé jusqu'ici dans le désir fou de voir la Reine Mab. Il se rendait d'habitude directement au Palais mais l'envie de revoir les Beaux-Quartiers avait modifié sa trajectoire. De toute manière, il en avait assez de ne voir de sa belle que sa silhouette dessinée derrière un rideau – quand il avait de la chance. Cela avait trop duré. Il voulait plus. Il voulait la voir, bien en chair, devant lui. Juste quelques secondes. Seulement quelques secondes ...

Un soupir lui échappa. Il joignit ses mains derrière son dos et observa autour de lui, à la recherche d'une idée. Qui était assez proche de la Reine pour pouvoir faire quelque chose pour lui ? Il y avait bien ce petit fé qu'elle couvait et chérissait par-dessus tout, mais il ne quittait jamais ses appartements. Comment s'appelait-il, déjà ?

- Ciel, murmura-t-il en levant les yeux vers le crépuscule déjà décoré d'étoiles.

Obéron profita qu'un autre aristocrate le bouscule malencontreusement pour l'arrêter. Il lui demande si Ciel venait ici, parfois, ou s'il en savait plus sur lui. Le fé darda sur lui un regard sceptique.

- La nuit, quelque fois. Il survole les Beaux-Quartiers dans une direction aléatoire à chaque fois. Pourquoi donc, si je puis me permettre ? Oh, ce jeune fé n'est pas un aventurier, c'est certain.
- L'aventure n'existe pas. Elle est dans l'esprit de celui qui la poursuit et dès qu'il peut la toucher de doigt, elle s'évanouit pour renaître plus loin, sous une autre forme, aux limites de l'imagination.

----------

Il attendait, les yeux rivés vers le ciel. De cette branche, loin des habitations, Obéron avait une superbe vue sur le Palais Royal qui semblait briller dans la nuit. Spectacle envoûtant qui pourtant n'émouvait pas le fé des champs, ancré dans son objectif.
Il attaquait la seconde nuit d'observation sans sourciller prêt à agir. Éloigné de la population, personne ne pouvait le voir et se questionner sur sa présence ici excepté la Nature elle-même.
Sourcils froncés et regard grave, rien ne pouvait le détacher de sa surveillance qui se muait petit à petit en obsession malsaine. Ciel pourrait l'amener prêt de sa Reine, il en était certain. Ce qu'il ne savait pas, c'était ce qu'il allait faire une fois qu'il rencontrerait le Petit Prince ...

Après de longues heures assit dans la même position à scruter les hauteurs, du mouvement fit réagir l'Ebloui qui se mit aussitôt sur ses jambes, prêt à s'envoler. Trois ombres filaient à toute vitesse, s'éloignant du Palais. Trois oiseaux. Il fallait agir vite s'il ne voulait pas laisser filer sa seule chance de revoir sa belle et tendre. Une puissante bourrasque fouetta le visage d'Obéron alors qu'il réfléchissait rapidement à un moyen d'interception. Un regard vers les ombres mouvantes qui se rapprochaient bien trop vite, et le voici qu'il s'élança à leur rencontre sans se soucier des conséquences.
Il perçait l'air verticalement, paniqué à l'idée de ne pas réussir son coup. À côté, les oiseaux approchaient. Un choc brutal allait avoir lieu dans à peine quelques instants. Le fé ferma les yeux pour anticiper la douleur, et quand le fruit de son envie fut assez prêt, il s'arrêta net dans sa course effrénée et fit face.

D'un mouvement sec et vif, l'oiseau évita l'Ebloui et passa par-dessous lui. Les deux autres volatiles continuèrent leur route sans faire attention.
Un léger grondement de colère lui échappa. Il allait lui filer entre les doigts ! Ses mains se tendirent devant lui et il releva les bras d'un geste rageur, peu enclin à accepter cela. Au même instant, un peu plus bas, juste devant Ciel et sa monture qui avait considérablement perdu en altitude, un mur de fleurs apparut, prenant naissant sur les arbres pour se dresser, assez épais et solide pour que l'oiseau soit stoppé. De là, il vit les bois s'agiter, certains insectes s'envolèrent, effrayés par cette soudaine attaque.

Après avoir calmé sa brusque montée de colère, Obéron se décida à rejoindre l'emplacement précis. Des branches gisaient au sol et un peu plus loin, l'oiseau, sonné par cette chute. Sonné, ou mort. Sur l'instant, cela n'était pas le problème de l'Ebloui qui s'enfonça un peu plus loin, plus prêt des Beaux-Quartiers. Il pouvait entendre les rumeurs, le village ne devait se trouvait qu'à quelques pas de là, à peine. Des lumières perçaient à travers les arbres.

Il avisa une mince silhouette et avança lentement sur lui sans le détacher des yeux. Le dos raide et le visage neutre, il se pencha légèrement en avant et finit par ouvrir la bouche.

- Est-ce que ça va, petit ? S'enquit-il doucement.

La crainte qu'il l'ait vu dans les airs l'empêchait de faire autre chose.
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Ciel
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MessageSujet: Re: Le Dépit amoureux   Sam 4 Avr 2015 - 15:29



Le Dépit Amoureux

Ciel & Obéron





— Êtes-vous bien harnaché, sire ?

La fée employée au palais scruta d'un œil attentif l'enchevêtrement de feuilles reliées aux épaisses toiles d'araignées qui constituaient l'attelage du petit prince. La reine ne tolèrerait aucun écart. Ciel hocha sa petite tête blonde coiffée d'un casque en gland, pressant ses doigts contre les cordes. Cela faisait un long moment – et comme toujours, ce moment était encore rallongé par le fait qu'il fût une fée – qu'il n'avait pas volé, car Mab était devenue encore plus casanière à son égard depuis la Nuit du Croquemitaine.
Ciel était surexcité, tout jovial depuis que le Cocorico avait chanté – les fées l'entendaient aussi, comme l'île entière très certainement, et y voyaient aussi un encouragement à s'activer – car il savait qu'il volerait. Ses ailes désuètes frétillaient dans son dos.

— Un ! Deux ! TROIS !

La fée employée lâcha les deux oiseaux blancs qui dirigeraient son périple – modeste, mais déjà fabuleux pour lui. Ses pieds quittèrent le sol, le vent agita son petit corps réjoui, et il embrassa le ciel, le vrai. Un rire s'échappa de sa bouche agrandie en un sourire de ravissement absolu. Il survolerait les Beaux Quartiers jusqu'à la Prairie Sauvage, où il observerait un instant le travail consciencieux et incessant des fées des champs.

Tout absorbé par ces pensées joviales, il remarqua à peine le brusque élan de son oiseau qui prit de l'altitude. Il réprima simplement un hoquet et s'assura de maintenir un équilibre. Lorsqu'on est pas responsable de son propre vol, c'est forcément plus compliqué. Plus effrayant, aussi.
Il remarqua, toutefois, l'étrange déploiement de fleurs qui officiait droit devant lui. Ce processus n'avait rien de naturel. Des fleurs de toutes les couleurs apparaissaient comme par magie, recouvrant les branches jusqu'à former...

— AH !

Ciel battit des pieds, inutilement bien sûr, tout en tirant – tout aussi inutilement – sur les cordes en fil d'araignée. Son oiseau allait percuter inévitablement ce qui ressemblait à présent à un véritable barrage. Un mur floral.
Le choc fut plus doux qu'il ne le pensait, mais la chute non moins impressionnante. L'oiseau s'effondra mollement sur le sol, assommé, et son frère ne fut pas non plus épargné. Ciel avait miraculeusement rebondi sur un gros champignon avant de toucher le sol, ce qui avait évité bien des dégâts. C'était la première fois qu'il vivait une expérience aussi intense.
Ce fut ce choc, certainement, qui le pétrifia. Il resta un instant étendu sur le sol, son casque de gland lui barrant la moitié du visage, le corps aussi raide qu'un bâton. Lorsqu'il fut tout à fait certain de ne pas être mort, il se releva avec rigidité, les muscles douloureux sous l'effet de l'angoisse.

Il s'était éraflé le bras. Il avait abîmé, parfois déchiré, ses habits magnifiques. Et les toiles d'araignées étaient toutes entortillées autour de lui. Tout cela était si incroyable, exceptionnel, si saisissant qu'il en oubliait de respirer.

— Est-ce que ça va, petit ?

Ciel se retourna vivement, les yeux éberlués. Qui donc l'appelait "petit" ??
Il leva la tête, toujours encombrée du casque en gland, pour aviser son interlocuteur. Son aspect était solennel, très grand, il détonnait un peu parmi les autres fées – qui s'attroupaient d'ailleurs, probablement excitées par l'arrivée en fanfare et suspectant peut-être son identité. La fée était familière à Ciel, mais il était incapable de trouver le nom qui accompagnait son visage. Une fois qu'il l'eut examiné assez longtemps – bien trop longtemps pour que ce fût décent – il contempla sa propre silhouette et dit d'une voix étranglée :

— Je... Je me suis écrasé. Oh ! Je saigne ! Je saigne ! Que dois-je faire ?

Depuis la morsure du Serpent, et en dehors de quelques maigres saignements de nez, Ciel n'avait jamais connu une seule blessure.

— Vais-je mourir ? demanda-t-il, grave sans être implorant, d'une voix étonnant basse qui ressemblait à un souffle.

Ses prunelles soudainement bleu sombre, dardèrent sur l'inconnu un regard profond.


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MessageSujet: Re: Le Dépit amoureux   Dim 5 Avr 2015 - 22:57

Son regard passa furtivement sur les quelques fées s’étant approchées. Obéron ne s’attendait pas à ce que cela attire du monde, cela était fortement embêtant, et s’il ne trouvait pas un moyen de les faire partir, elles avaient vite fait de faire le campement ici et vouloir s’adresser au Petit Prince, voir lui venir en aide.
Gardant son expression parfaitement neutre, l’Ebloui écouta Ciel se lamenter et s’inquiéter de son sort.

- Non, mais non tu ne vas pas mourir … Laisse-moi quelques instants et je vais voir ce que tu as.

Il s’avança vers ses semblables et s’éclaircit la gorge :

- Messires et gentes dames, en tant que garde royal, je vous demanderais de bien vouloir circuler s’il vous plait. Notre Prince a fait une mauvaise chute mais je tiens à vous rassurer sur son état : il est quelque peu choqué, mais rien de grave.

La chance tournait vers lui. Les aristocrates prirent en compte ses paroles, se fiant probablement à son allure robuste et à ses vêtements de soie. Ils finirent par s’éloigner sans poser davantage de questions. Les rumeurs allaient de toute manière fuser dans leur petit village.
Le fé des champs retourna prêt du petit blond et lui adressa un petit sourire amical en s’agenouillant prêt de lui. Leur grande différence de taille était notable, Ciel semblait vraiment fragile à côté d’Obéron … Il s’en voulait de lui avoir fait du mal, d’avoir pu causer sa mort, car même en ayant prévu un système d’atterrissage, tout aurait pu tourner au drame. Et il ne se le serait jamais pardonné.

- Puis-je ? demanda-t-il en prenant son bras blessé. Oh, mon dieu !

Il ouvrit de grands yeux faussement horrifié, mais reprit aussitôt une expression bienveillante afin d’éviter d’effrayer le Petit Prince.

- Je plaisante. Ce n’est qu’une éraflure. Je peux nettoyer cela avec un peu d’eau et si tu veux, on te fera un bandage histoire de te rassurer.

Il marqua une pause et plongea un instant ses yeux dans ceux du jeune fé avant de se reprendre :

- Pardonnez mon insolence et mon affront. Je vous ai tutoyé inconsciemment et je ne me suis même pas présenté. Je me nomme Obéron.

Il inclina légèrement sa tête en avant en guise de révérence, puis se redressa.

- Vous avez eu beaucoup de chance, c’était une chute impressionnante. J’espère que votre oiseau va se remettre …

Il pointa un doigt vers le village.

- Il me semble qu’il y a une source d’eau. Souhaitez-vous vous y rendre un moment ? à moins que vous ne désiriez retourner directement au Palais ?
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Ciel
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MessageSujet: Re: Le Dépit amoureux   Jeu 9 Avr 2015 - 19:57



Le Dépit Amoureux

Ciel & Obéron





Le casque toujours de travers, l'habit tout froissé, le teint encore plus pâle qu'à l'ordinaire, Ciel laissait l'inconnu – familier, mais pour l'instant toujours inconnu – rassurer les aristocrates sur son propre état. Il était un peu perplexe par l'assurance du grand fé – comment ce dernier savait qu'il était indemne, hm ? – mais lui qui craignait les foules du fait qu'il y était trop peu accoutumé, il se trouva plutôt soulagé de les voir s'écarter. La plupart, toutefois, s'étaient contentés de s'éloigner de quelques pas tout en s'assurant de garder le petit prince en vue. Il était si rare de pouvoir l'approcher qu'ils ne souhaitaient pas manquer pareille occasion. Ciel aurait voulu que Mab soit là.

— Puis-je ?

Ciel acquiesça en déglutissant difficilement. La vue de son propre sang n'était pas pour le tranquilliser.

— Oh mon dieu !

— Qu'y a-t-il ?! glapit-il, des larmes embuant déjà son regard.

Il fut très fâché lorsqu'il comprit que le fé s'était joué de lui. On ne plaisante pas avec pareilles choses !
Lorsque son interlocuteur lui présenta ses excuses toutefois, Ciel se rendit compte qu'il n'avait même pas noté l'affront en question. Personne ne le tutoyait jamais, Mab compris, et ce n'était finalement pas si désagréable. Puis, il tiqua. Obéron.
Ses yeux revinrent prestement se fixer sur le visage très noble du fé.
Obéron... Obéron... Ce nom lui était si familier ! Mais impossible de l'associer à autre chose qu'à une impression vague...

Sa pensée fut interrompue par la proposition d'Obéron. L'hésitation l'étreignait. Il tourna la tête vers les branchages du Grand Arbre, où l'on pouvait distinguer l'éclat scintillant du palais de cristal.

— Il serait certainement plus sage que je lave la plaie...

En vérité, malgré l'angoisse qui tambourinait toujours être ses côtes, Ciel n'avait guère envie de rentrer. La peur était étouffée par la présence puissante et rassurante d'Obéron, l'incitant à poursuivre ce qui ressemblait de plus en plus à une aventure.
De plus, les fées curieuses lui étaient de plus en plus déplaisantes.

— Oh !

La panique envahit de nouveau son visage décidément bien agité.

— Mes oiseaux ! Mes pauvres oiseaux ! Seigneur Obéron, vous devez m'aider à les retrouver, à les sauver...

Il s'élança sans réfléchir vers ce qu'il croyait être l'emplacement de la chute des volatiles, qui étaient tombés plus loin. L'un était à terre, respirant difficilement et remuant l'aile de façon frénétique, poussant des pépiements de douleur. L'autre... Ciel le chercha des yeux, jusqu'à ce qu'un piaillement dans les hauteurs le fît lever la tête. L'autre oiseau était toujours empêtré dans le mur de fleurs !

— Seigneur Obéron ! appela-t-il d'une voix fluette. De grâce, venez en secours à mon oiseau, il est tout emmêlé ! Je crois que l'autre est blessé... Soleil et maintenant lui... Oh, comme Mab sera attristée, comme elle sera déçue... Le mur a surgi de nulle part...

Il arrêta de parler, car il craignait trop de laisser les sanglots secouer sa voix d'ores et déjà toute chevrotante.

— Nous nous occuperons de mon bras plus tard.

Dans les situations les plus intenses, même le prince des fées renonçait à se montrer douillet.


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MessageSujet: Re: Le Dépit amoureux   Ven 10 Avr 2015 - 12:44

Il avait mal joué son coup. Oui, il avait agi sans réfléchir, comme une jeune fée impulsive qui ne penserait pas aux conséquences. Tôt ou tard, le Petit Prince allait découvrir que le créateur de ce mur n'était autre qu'Obéron. Il fallait qu'il se rattrape très vite s'il ne voulait pas que la situation se retourne contre lui.
Il leva le nez quand Ciel désigna son oiseau, toujours coincé entre les fleurs colorées, toujours en train de se débattre inutilement.

- J'ai bien peur que tout cela soit de me faute, avoua-t-il après s'être mordillé la lèvre inférieure. Quel sot, quel être stupide je fais ! J'étais en train de tenter un nouveau sort, malheureusement, je ne suis pas parvenu à doser mes pouvoirs. Tout le reste ne résulte que d'un déplorable hasard.

Sur ce, il s'envola pour se retrouver à hauteur de l'oiseau coincé et d'un geste ample, fit s'écarter les plantes. L'animal s'extirpa aussitôt et sans un regard pour le fé des champs - il devait savoir que cela était de sa faute, retourna prêt de son cher Prince pour le câliner. Obéron se posa à sa suite et se tourna vers l'autre oiseau, blessé et visiblement paniqué. Ses deux yeux sombres se posèrent sur l'Ebloui, et il s'agita un peu plus. A l'évidence, les volatiles ne portaient pas le fé dans leur coeur, ce qui pouvait se comprendre après son acte de cruauté injustifié.

Il leva une main vers l'aile abîmée en essayant de ne pas se la prendre en plein visage, mais la bête se traîna lamentablement jusqu'à se plaquer contre un arbre. Son petit coeur devait tambouriner contre sa poitrine.

- Je veux juste t'aider, dit-il à l'animal. Ciel, je vous pris, aidez-moi à le calmer, il risque de se blesser davantage.

Une fois fait, Obéron, bien qu'il ne possède aucune compétence de soigneur, tenta de voir ce qu'il clochait sur son aile, en vain. Peut-être était-elle juste foulée, ou cassée ... il n'en avait aucune idée, et cela l'énervait fortement.

- Hm, la Reine Mab est peut-être en mesure de lui venir en aide ... Nous pourrions le ramener au Palais avec l'aide des deux autres oiseaux, l'ennui c'est qu'ils ne pourrons probablement pas le soulever et lui, et vous. Je peux vous proposer de laisser vos trois amis rentrer par voie aérienne, et nous rentrerons à pieds. Vous n'avez pas à craindre les foules, je suppose qu'ils sont assez respectueux envers leur Prince pour ne pas être oppressants.

Tout en parlant, il entreprit de remettre en place le casque sur la tête du jeune fé et de lisser ses habits, en frottant un peu au niveau des genoux pour retirer la terre accrochée. C'était là un bon compromis pour retourner au Palais. Il espérait simplement que Ciel ne lui en voudra pas par rapport à ce mur de fleurs. Il espérait que la Reine Mab n'apprenne pas cette 'erreur' de sa part. Elle le connaissait, elle savait qu'il maîtrisait ses pouvoirs. Qui sait comment elle pourrait réagir ? Enfin, encore fallait-il qu'il la voit, ce qui pour l'instant n'était pas encore gagné.

- Je vous prie de m'excuser pour cette grossière faute de ma part ...

Il fallait mieux une mauvaise excuse que pas d'excuse du tout, après tout.
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MessageSujet: Re: Le Dépit amoureux   Lun 13 Avr 2015 - 14:28



Le Dépit Amoureux

Ciel & Obéron





Ciel désirait très fort être fâché contre Obéron. Ce dernier avait mis sa vie en péril, tout de même ! Mais c'est une chose très difficile d'être fâché contre une personne, dont, par ailleurs, on recherche la présence et le réconfort. Il se mit donc à rougir de colère, mais cela ne dura qu'un quart de seconde – ce qui équivaudrait certainement à une moyenne de trois/quatre secondes pour une fée.

Avec un petit pincement au coeur, le petit prince contempla l'envolée gracieuse de l'Ébloui. Il se tordait les doigts d'angoisse et ses ailes s'agitaient fougueusement dans son dos, comme si elles étaient aussi frustrées que lui de ne pouvoir agir.
Un sourire ému, aussi grand que son soulagement, éclaira son visage lorsqu'il vit le premier oiseau se libérer de sa prison florale pour le rejoindre. Le volatile vint aussitôt se lover dans son étreinte pourtant minuscule, son petit coeur palpitant encore très vite, le temps qu'il reprît une contenance.
Ciel décida qu'Obéron s'était racheté.

— Ciel, je vous pris, aidez-moi à le calmer, il risque de se blesser davantage.

Absorbé par le premier oiseau, le petit prince avait tout oublié du second. Il hocha vigoureusement la tête – ce qui eut pour effet de rabattre encore un peu plus son casque-gland sur son faciès.
Il s'approcha du volatile affolé en tintinnabulant doucement, ce qui avait le don de calmer la plupart des oiseaux. C'était regrettable que Ciel ne sût guère utiliser le don d'enchantement que maitrisent d'ordinaire les fées demeurant au palais... Il tenta tout de même de tout son coeur de faire luire son thorax jusqu'à diffuser autour de lui une aura chaleureuse, rassurante, comme celle des veilleuses.

L'oiseau finit ainsi par se tranquilliser. Ciel s'écarta humblement afin de laisser à Obéron le loisir d'inspecter l'animal. La fée des champs dégageait une prestance charismatique qui laissait entendre que quelle que fût la situation dans laquelle il venait à être projeté, il en serait le maitre.


*


Lorsque l'Ébloui proposa une nouvelle fois de rentrer au palais, Ciel ne put dissimuler l'expression quasiment dépitée qui s'étalait sur son petit visage de nacre. Il pensait beaucoup à Mab, qui, si elle avait eu vent des évènements, aurait aussitôt tout entrepris pour le rapatrier. Une fois qu'elle aurait découvert l'entaille qui barrait son bras et que les oiseaux lui auraient narré le péril qu'ils avaient encouru, combien de temps avant qu'il n'eût de nouveau le droit de gagner l'extérieur ?

— Ne vous morfondez point, Seigneur Obéron, dit-il d'une voix douce et reportant son attention sur la fée des champs. Ce n'est pas comme si vous aviez fait exprès ! Je vais sommer à mes amis de rentrer au palais pour se remettre de leurs émotions.

Une idée, vite !

— Quant à moi, je n'ose pénétrer le château ainsi accoutré. Il me faut non seulement me nettoyer mais aussi trouver d'autres habits. Voici donc ce que nous allons faire : tout d'abord, trouver une source d'eau claire – une fontaine ou un court d'eau ; puis, vous me guiderez jusqu'à quelque boutique de vêtements où je pourrai obtenir une parure neuve. Je présume que vous connaissez bien ces quartiers ?

Ouf.
Il lui prit alors la main, dans un geste qui paraissait le plus naturel du monde. Souriant légèrement, il ajouta :

— Et dites-moi aussi... Que faisiez-vous donc avec ces fleurs ? Un tableau de pétales...?  Si c'est cela, c'est une fort jolie idée. En outre, je suis quasiment certain que, de ma chambre, je pourrais l'admirer. Ou peut-être de la chambre de Mab...

Il réfléchit, les sourcils froncés, un doigt sur le menton.

— Oui, je suis prêt à parier ma couronne que de la fenêtre de Mab, on l'apercevrait. Vous devriez poursuivre votre ouvrage. J'espère ne pas l'avoir trop abîmé.


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Dernière édition par Ciel le Ven 24 Juil 2015 - 15:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Dépit amoureux   Ven 17 Avr 2015 - 16:15

Le Petit Prince était bien naïf, à un tel point qu'Obéron se demanda un instant s'il n'en rajoutait pas. L'Ebloui n'avait jamais été habitué à mentir, se contentant de simplement toujours dire la vérité, même si elle s'avérait être blessante, et ne jugeant pas utile de camoufler le fond de ses pensées. Peut-être était-il plus doué qu'il ne le pensait. Il est aussi vrai que le hasard faisait parti du quotidien, à NeverLand.

- Je ne viens ici que très rarement. Ces lieux me sont presque inconnus
, rectifia-t-il en laissant Ciel glisser sa main dans la sienne. Mais nous trouverons bien. Je suppose qu'il est simple de trouver ce genre de boutiques, ici.

L'effet de la paume du jeune fé contre la sienne l'attendrie, lui qui n'avait pas l'habitude du contact et qui pensait ne pas aimer cela, il se surprit à trouver cette petite étreinte réconfortante, chaleureuse. Quand la Petit Prince supposa que son mur pourrait être un tableau de fleurs et qu'il serait idiot de ne pas poursuivre cet ouvrage, Obéron sourit.

- Oui, un immense tableau fleuri. J'espère le faire assez somptueux pour satisfaire vos goûts artistique.

Il n'avait jamais pensé à cela avant. Bien sûr que Mab serait en mesure de le voir de ses appartements, pourquoi n'avait-il pas eut cette idée avant le jeune fé ?
Souriant, il enchaîna :

- Nous y allons ?

Les fées étaient toujours autant intriguées de voir débarquer le Petit Prince sans grande escorte. Apparemment, il ne devait pas souvent descendre aux Beaux-Quartiers, ce qui était compréhensible : tout le monde bousculait tout le monde. Heureusement, la présence de Ciel faisait que les gens s'écartaient à leur passage, souvent en le saluant avec respect et admiration.
C'était un village coloré de part la poussière de fée qui jaillissaient en permanence des ailes frémissantes. Des maisonnettes étaient creusées dans les arbres, plus ou moins en hauteur, mais la plupart des commerces restaient bien au sol pour faciliter leur accès.
Un puits trônait fièrement au milieu de la grande place. Une jolie fée à la longue robe bleue et aux cheveux fleuris s'en éloigna, un pot de terre cuite rempli de ce liquide précieux. Elle s'inclina, surprise, en remarquant la présence du protégé de la Reine.

Sans un mot, Obéron fit tourner la roue afin de remonter le seau. Il gardait son visage quelque peu fermé, pensif. Il s'imaginait Mab au retour des oiseaux, sans le jeune fé. Qu'allait penser ? Était-elle seulement au courant qu'il s'était éloigné ? Sûrement que les volatiles la rassureraient. Sûrement qu'ils lui stipuleraient la présence d'un fé des champs fautif. L'Ebloui craignait sa réaction.

Humidifiant une partie de son foulard, il s'éclaircit la gorge, avant de s'agenouillait devant Ciel et de lui tamponner doucement son bras blessé. Le tissu vert se tâcha très vite de rouge.

- Qu'alliez-vous faire en dehors du Palais, si ce n'est pas indiscret ? Aviez-vous quelque chose d'important de prévu ?

Il rinça son foulard avant d'appuyer sur l'entaille pour faire cesser le sang de couler.

- La Reine Mab était-elle au courant de votre sortie ? Elle risque de s'inquiétait dans tout les cas.


Il fit un petite moue embêté avant de plonger son regard dans les deux prunelles azurées du jeune fé.
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Ciel
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MessageSujet: Re: Le Dépit amoureux   Mar 21 Avr 2015 - 19:40



Le Dépit Amoureux

Ciel & Obéron




Les gens des Beaux Quartiers traitaient Ciel avec un respect typiquement aristocratique – mais l'aristocratie féerique, qui n'est pas en tout point semblable à celle des hommes – qui ne perturbait guère le Petit Prince. Sans faire preuve de prétention, il y était accoutumé. Les courbettes et les éloges à répétition ne formaient qu'un grand manège, celui qu'il avait toujours connu... Le seul qu'il avait toujours connu.
Il était bien plus inquiété par leur contact, leur proximité ! D'autant qu'en dehors d'Obéron, aucun garde n'était là pour veiller sur lui. La sécurité de l'être le plus couvé de l'île de Jamais dépendait exclusivement de l'Ébloui. Ciel resserra son étreinte.

Obéron semblait savoir où il allait. Soit cela, soit ses pas étaient habitués à une certaine détermination tranquille, une assurance qui décidément, ne laissait pas le Petit Prince indifférent. Ce fut ainsi qu'ils dénichèrent rapidement un puits. Ciel aimait les puits. Il les trouvait précieux. Exceptionnels. Il se demanda si celui-ci était ressourcé par la Rivière Mystérieuse.

— Qu'alliez-vous faire en dehors du Palais, si ce n'est pas indiscret ? Aviez-vous quelque chose d'important de prévu ?

Ciel était trop absorbé par l'action qu'Obéron opérait sur lui. Il était à la fois captivé par son propre courage et par la plaie carmin qui suintait sur son bras. Au fond, l'entaille n'était pas très importante, mais la façon dont le sang avait imbibé son chemisier était plutôt romanesque. Il pinçait des lèvres, pâle mais résolu à tenir bon. Il espérait qu'Obéron le trouvât fort.

— La Reine Mab était-elle au courant de votre sortie ? Elle risque de s'inquiétait dans tout les cas.

Cette fois-ci, Ciel releva les yeux et adressa un drôle de regard à la grande fée. Il venait de réaliser que cela n'était pas la première fois qu'Obéron évoquait avec insistance la reine.

— Pourquoi mentionnez-vous sans cesse le nom de la reine ?

Devant l'étonnement d'Obéron, il renchérit :

— C'est bien vrai ! Vous ne cessez de parler d'elle ou du palais ! Ne vous en faites point, seigneur Obéron. Mab est si occupée, elle n'a pas de temps à me consacrer.

Il dit cela avec une pointe de rancune un peu exagérée.

— Ne pensez plus à elle... Elle doit être avec ses ministres en ce moment-même ! C'est pour cette raison, en vérité, qu'elle concède à me laisser sortir. Elle se sent coupable. Je le sais. Il hocha gravement la tête. Je n'ai le droit de sortir du palais que pour me rendre à la Rivière Mystérieuse. A l'occasion de mes bains guérisseurs. Je crois que ce puits y tire sa source... Mab dit que la Rivière est aussi ma mère, puisqu'elle m'a rendu la vie. Mais je sais bien que les fées n'ont pas réellement de mère. Mab prétend cela car je suis très frêle pour une fée ordinaire. Surtout une fée aristocrate, comme moi !

Il pencha alors la tête, les sourcils froncés.

— Oh, mais vous-mêmes n'êtes pas issu de l'aristocratie, n'est-ce pas ? Si vous étiez en mesure d'agir sur la flore... Vous êtes une fée des champs. C'est encore plus étonnant de vous trouver là ! Mais les artistes n'ont pas de foyer, c'est ce que l'on dit.

Il enviait les artistes. Il les admirait.

— Votre port est pourtant si altier, je vous aurais volontiers pris pour une fée aristocrate. D'autant que votre nom m'est bien familier. Peut-être ai-je entendu une histoire à votre sujet ?

Il se pencha en avant et ajouta sur le ton de la confidence :

— Lorsque je suis d'humeur curieuse, j'ai l'habitude d'écouter les conversations des fées qui parcourent le palais. Je connais énormément d'histoires, mais ce sont souvent des ragots sans grand intérêt...

Constatant qu'Obéron ne paraissait guère se détendre, il lui tapota le bras d'un geste absurdement paternaliste et finit dans un soupir :

— Croyez-moi, il n'y a aucune inquiétude à avoir au sujet de Mab. Je serai rentré bien avant qu'elle ne s'aperçoive du contretemps. D'ailleurs, elle ne saurait vous punir pour cela. Vous savez, elle est sévère, mais pas injuste. Un jour, je vous la présenterai ! Non, décidément... Ne pensez plus à elle.

Il adressa à l'Ébloui un grand sourire confiant. S'il savait.


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MessageSujet: Re: Le Dépit amoureux   Jeu 23 Avr 2015 - 20:33

Le foulard resta un instant en suspend au-dessus du bras de Ciel, avant de reprendre sa danse silencieuse entre lui et le seau d’eau. Obéron resta muet, car il ne savait pas comment réagir. Beaucoup était au courant de l’amour qu’il éprouvait pour la Reine … à vrai dire, c’était l’une des rumeurs les plus répandues dans le monde des fées. Alors il ne savait pas s’il ne devait rien dire au Petit Prince où en parler comme de la chose la plus naturelle qui soit. Peut-être qu’il ne comprendrait pas. L’amour était un sentiment existant sous de nombreuses formes, et bien complexes pour ces si petites créatures …

Elle était occupée ? L’Ebloui aurait payé cher pour savoir quelles obligations devaient-elles accomplir au sein du Palais. Il était curieux d’en savoir plus sur elle. Tout simplement.
Obéron sourit quand Ciel parla de la Rivière Mystérieuse et de ses vertus ‘maternelles’. C’était une jolie façon de voir les choses, il reconnaissait bien là la douce poésie de Mab. D’ailleurs, Ciel en possédait la délicatesse et le lyrisme.

Le jeune fé avoua que le nom d’Obéron ne lui était pas inconnu, avant de le rassurer sur la possible réaction de Mab.

- J’en suis rassuré, affirma-t-il en formant un pansement naturel au Petit Prince fait d’une feuille de rose recouverte d’une fine pellicule de rosée.

Il se mit sur ses jambes et glissa quelques mèches blondes derrière ses oreilles pointues tout en fixant le jeune fé.

- Cela devrait suffire jusqu’à ce que nous rentrions. Plus de peur que de mal, visiblement. Je ne me serais pas pardonné de vous blesser davantage.

Sa main alla cherche la sienne.

- Maintenant, allons transformer ce vilain petit canard en cygne royal !

Les boutiques de vêtements étaient dispersées un peu partout autour de la grande Place. Obéron marchait lentement, sans vraiment savoir laquelle conviendrait le mieux au protégé de la Reine. En même temps, il lui avoua ce que Ciel se demandait un peu plus tôt :

- Il est fort possible que vous ayez entendu parler de moi. D’aussi loin que je me souvienne, la Reine Mab et moi avons le même âge. Je suis peut-être né du même rire qu’elle, un éclat de rire si puissant qu’il suffit à la naissance de deux fées en même temps, et qui suffit à leur donner une vie éternelle. Ou peut-être avons-nous toujours existé. Personne ne connaît notre histoire, et moi non plus. Pour ce qui est de Mab, je n’en ai pas la certitude. Après tout, elle n’est pas Reine des fées pour rien.

Il jeta un coup d’œil en direction de Ciel :

- C’est bien de ce genre d’histoire dont tu as entendu parler ?

En quoi savoir cela pouvait lui causer du tort ?
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MessageSujet: Re: Le Dépit amoureux   Mer 13 Mai 2015 - 12:57



Le Dépit Amoureux

Ciel & Obéron




Ciel écoutait distraitement la fée des champs, mais son regard dérivait surtout sur les multiples boutiques ravissantes qui encerclaient la place centrale des Beaux Quartiers. L'ensemble évoquait un petit village naturel mais sophistiqué, un peu pittoresque. Ciel s'y était si rarement rendu que le lieu le fascinait. Il se sentait libre et excité, car les autres fées ne lui prêtaient guère attention à présent. En vue de son aspect miséreux, chiffonné, il ne leur venait pas à l'idée qu'il pût être une personnalité royale... C'est à leur contact, d'autre part, que Ciel put remarquer comme Obéron était grand en comparaison de ses congénères.

Il s'apprêtait à pénétrer dans une boutique dorée, dont il n'était pas insensible au charme clinquant. Juste avant qu'il eût pu passer le pas de la porte, Obéron fit sa déclaration. Ciel demeura immobile, figé, sa petite main diaphane encore posée contre la poignée ouvragée de l'échoppe. Sa distraction frivole quant aux propos d'Obéron s'était évanouie dès lors que ce dernier avait mentionné la relation qui l'unissait à Mab. Pourtant, bien que chacun de ses mots eût frappé la conscience du petit prince avec une force et une précision totales, il peinait à réellement accepter la réalité de telles affirmations.
Il releva les yeux vers le visage doux de l'Ébloui, plissant des paupières d'un air dur, suspicieux. Mais rien dans l'attitude d'Obéron ne ressemblait à une manifestation, aussi habile fût-elle, de vantardise, de fanfaronnade. La fée des champs semblait attentive à la réaction du prince, révélant une vague appréhension, mais il reflétait un esprit humble et sincère. Ciel restait prudent, même si une voix en lui-même lui assurait que son interlocuteur ne mentait pas.

Qu'aurait-il préféré, en fin de compte ?
Le fait qu'Obéron se fût cru apprécié de Mab alors qu'il n'était qu'une fée parmi tant d'autres aux yeux de la reine, cela l'aurait irrité et fâché. Il aurait interprété cette prétention manifeste comme une offense, un affront en la personne de sa mère adoptive.  
Mais le fait qu'Obéron dît vrai signifiait qu'il n'avait plus l'exclusivité d'une relation privilégiée avec Mab. Obéron avait connu plusieurs vies auprès de la reine, des vies où lui-même était bien éloigné de la simple existence, et des réjouissances quasi intimes auquel il n'accéderait jamais.

— Non. Non, ce n'était pas cela. répondit-il froidement.

Il abaissa son bras et darda sur la fée des champs un regard encore plus sévère.

— Et comment avoir la certitude que vous n'affabulez pas ? Beaucoup de fée souhaitent s'approcher du cercle de Mab. Peut-être que vous-même, tout ce qui vous intéresse est de profiter à loisir de son prestige, de son pouvoir, et que vous employez le mensonge pour parvenir à vos fins !

Oui, décidément, cette version-là l'aurait arrangé.  


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MessageSujet: Re: Le Dépit amoureux   Jeu 14 Mai 2015 - 0:12

De toute évidence, Obéron aurait mieux fait de garder cela pour lui. Les prunelles du Petit Prince devinrent plus sombres et son regard durcit. Était-il jaloux ? L'Ebloui avait pensé qu'il aurait été judicieux de se confier à lui, pour une quelconque question de 'mise en confiance', ou simplement pour se montrer sociable, mais il était maintenant évident que non. Il est vrai que le fé des champs ne se prêtait que rarement au jeu de la conversation, lui qui généralement errait seul à travers la flore.
Ciel ne le croyait pas. Allons donc ! Obéron était d'avance las de devoir se prêter au jeu des preuves, mais c'était lui qui avait ouvert cette porte, c'était maintenant à lui d'assumer.

- Mes fins ? Si mes mots n'étaient qu'affabulations, la Reine aura tôt fait de les démasquer. Pourquoi prendrais-je le risque de mentir en sachant qu'il serait simple de démontrer la vérité ? Cela ne m'apporterais rien de positif. Si toutefois des doutes subsistent, vous n'aurez qu'à questionner vos valets ou directement, notre Reine. Ou bien, demeurez avec vos interrogations.

Un petit sourire vint étirer ses lèvres, et après l'avoir détaillé un instant, il abaissa la poignée, tira la porte et s'effaça sur le côté, ouvrant le chemin au jeune fé.

- Vous entrez ?

De l'intérieur, la boutique était beaucoup moins vaste que ce qu'elle paraissait. Des couleurs jaillissaient de partout, les vêtements semblaient flotter dans les airs. C'était un lieu ravissant, tout de bois et de lierre. Obéron se surprit à admirer de loin les tissus raffinés et les détails travaillés.
Il chercha des yeux une quelconque vendeuse, mais personne ne se trouvait dans son champs de vision. Elle devait se trouver en arrière boutique, très probablement. Lui qui n'avait absolument pas idée des goûts du Petit Prince, c'était bien sa chance … De plus, il ne connaissait pas non plus sa taille, ni rien qui toucherait les vêtements. Lui-même n'allait jamais dans ce genre de boutiques. Ses vêtements étaient généralement composés d'éléments naturels, et il lui arrivait parfois de recevoir des présents d'autres fées, en échange de certaines fleurs.

L'Ebloui espérait que Ciel ne tienne pas rigueur de leur conversation. Ses espoirs de revoir Mab étaient désormais bien vains. Et puis, de toute manière, qu'est-ce qui lui disait qu'il se retrouverait devant elle, comme cela, simplement parce qu'il avait raccompagné le Prince des Fées ? Le plus logique serait que ce soit les gardes qui le récupèrent à l'entrée, laissant le fé des champs à la porte et sans plus s'occuper de lui. Comme c'était frustrant, ce sentiment d'impuissance ! Il se sentait totalement détaché de son destin, il se sentait comme une âme en peine, comme un assoiffé dans un désert, dont l'oasis s'éloignerait à mesure qu'il avancerait. Son seul et unique but était là, à quelques mètres de lui, et pourtant, il lui semblait intouchable.

- Y'a-t-il quelque chose qui retient votre attention ? Demanda-t-il en parcourant les allées, ses yeux passant d'une tenue à l'autre.

Il se tourna vers le jeune fé et l'interrogea du regard. Lui était dans l'incapacité de lui apporter son aide sur ce point.

- Est-ce que vous vous choisissez vos étoffes seul, au Palais ? Cela est peut-être nouveau pour vous.
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MessageSujet: Re: Le Dépit amoureux   Sam 23 Mai 2015 - 17:40



Le Dépit Amoureux

Ciel & Obéron




Ciel ne put masquer – le chercha-t-il seulement ? – l’expression d’offuscation qui imprégna chaque trait de son visage au moment où Obéron répondit à sa propre tirade, que l’Ébloui semblait interpréter comme une forme de calomnie. Ciel n’était point stupéfait devant ses mots, mais devant la liberté familière dont la fée des champs usait à son égard.

Ou bien, demeurez avec vos incertitudes.  
Pourtant, c’était peut-être bien cette rudesse sans équivoque, probablement un brin outrée, qui donnait au récit d’Obéron toute son authenticité. Obéron se montrait calme mais ferme, il n’explosait pas ni ne se rétractait, il se contentait de déclarer une vérité simple et sans artifice qui, de ce fait, ne saurait être erronée. Ainsi, en son for intérieur – tout au fond encore, car la conscience directe de Ciel était encore embrumée, embrouillée – le petit prince le crut.

— Vous entrez ?

Oui. Ciel entra.

Le lieu impressionna plus Ciel par son chaos et son étroitesse – malgré qu’il fût ravissant, mais à cela Ciel était fort accoutumé – que par sa beauté. Il s’attarda un instant sur les étoffes en pagaille, bien que plutôt raffinées, qui se présentaient à eux à chaque coin. Mais son regard, légèrement assombri, ne cessait de revenir se poser sur la longue silhouette qui, décidément, déchainait les émotions en son petit cœur.
Obéron avait conservé un ton doux, tranquille, respectueux, et déjà l’objet de son propos avait dérivé vers des choses bien moins graves, bien moins conséquentes. Ciel ne parvenait pas à s’adapter à ce brusque changement. Il fixait la fée des champs d’un regard perçant, analytique, comme s’il tentait de savoir ce qu’elle pensait réellement. Mais Obéron s’était fermé. Même ses yeux ne venaient plus rencontrer les siens. Ciel sentait, également, une sorte de tristesse planer au-dessus de son aura, comme un nuage d’orage invisible… Il ne l’expliquait pas. Il ne comprenait pas.

Ciel fit finalement l’effort de répondre à ses questions soudainement revenues à la futilité. Mais il avait l’impression que sa voix était lointaine, brouillée, et que tout ceci n’avait pas beaucoup de sens. Par chance, il savait faire semblant. Cela faisait partie du protocole.

— Au Palais, nous… Un tailleur est à ma disposition. Il me présente des pièces, parfois je décide des parures que je désire porter. J’aime particulièrement le velours et la soie, mais seulement les tissus féériques, ceux des humains sont grossiers. Parfois, c’est aussi Mab qui décide de…

Il s’interrompit.
Parler de Mab était bizarre, quasi insupportable. Cela le mettait mal à l’aise.

— Quelqu’un ! cria-t-il avec autorité.

Un vendeur vêtu d’un ensemble argenté en crin de licorne accourut en sautillant. Il darda sur Ciel un regard suspicieux que le petit prince ignora. Il devenait agacé.

— Que puis-je pour vous ?

—Veuillez me fournir une chemise de lin blanc ainsi qu’un veston de velours. Auriez-vous quelque étoffe parsemée d’éclats d’anneaux de Saturne ?

Le vendeur se mordit les lèvres.

— Je m’en vais me renseigner, monseigneur.

Monseigneur ? Comme cela était cocasse ! Mais Ciel ne rit pas et devina ce que la phrase du vendeur signifiait.

— Cela ne fait rien. Contentez-vous d’un tissu en coquelicot, plutôt souple.

Le vendeur repartit dans l’arrière-boutique de son pas trottinant. Ciel remarqua le regard insondable de l’Ébloui et, sans raison, en fut énervé.

— Qu’y a-t-il ? Je ne vais point perdre mon temps à essayer chaque vêtement de cette boutique ! Cela prendrait un temps fou et me fatiguerait. Sachez que Mab m’aurait approuvé.

Pourtant, Obéron n’avait pas dit un mot. Ciel était ainsi. Il interprétait chaque geste, chaque regard, chaque mot, persuadé qu’il portait d’une façon ou d’une autre un jugement sur sa singulière petite personne…

—Pourquoi donc n’a-t-elle jamais évoqué votre nom en ma présence… Pourquoi… Croyez-vous qu’il y en ait d’autres ? D’autres comme vous ? …

Tout concentré sur sa propre confusion, sa propre frustration, il ne se rendait même pas compte que sa remarque pût être terrible et douloureuse pour Obéron. La pudeur émotionnelle de ce dernier ne l’aidait en rien à comprendre qu’il pût être en souffrance. Il régnait dans la petite boutique luxueuse une atmosphère de plus en plus tendue, crispée, et triste.



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MessageSujet: Re: Le Dépit amoureux   Mar 2 Juin 2015 - 17:59

Il s'en doutait, que quelqu'un était à sa disposition, au Palais. Obéron sourit et ne réagit quand le nom de sa bien-aimée fut évoquée, contrairement à Ciel. L'Ebloui demeura silencieux, surpris du changement brutal d'attitude du jeune prince. En effet, il aurait dû ne jamais se confier à lui. Il venait de détruire toutes ses chances de s'approprier la confiance du fé blond. Que pensait-il ? Que de par son jeune âge, il serait juste impressionné et s'extasierait de se secret inédit ? Quel idiot ! Obéron perdait en tact au fil des années. Serait-il en train d'atteindre un âge trop avancé pour pouvoir réfléchir et agir convenablement ?
Le fé des champs observa la conversation entre Ciel et le vendeur du coin de l'oeil avant de les rejoindre. Son attention était surtout figée sur le Petit Prince dont le regard demeurait étrangement sombre. Le fé possédait donc aussi sa part de noirceur malgré son apparence douce et amicale.
Il remarqua d'ailleurs les yeux d'Obéron posés sur lui et réagit plutôt brutalement, si bien que l'Ebloui fronça les sourcils, sceptique. Il gardait des attitudes bourgeoises que l'Ebloui trouvait fascinantes à regarder. Il lui semblait voir sa Reine dans ses plus jeunes années.

- Pourquoi donc n'a-t-elle jamais mentionné votre nom en ma présence … pourquoi … Croyez-vous qu'il y en ait d'autres ? D'autres comme vous ? ...

Le fé des champs considéra la question, stoïque en apparence. Un long moment de silence lui permit de faire le tri dans sa tête. Il avala sa salive.

- Peut-être. Peut-être vivent-ils aussi dans un autre monde, et c'est pour cela que la Reine ne mentionne pas mon nom. Car je ne suis peut-être pas le seul. Je ne suis peut-être pas le seul à me sentir si lié à elle. Sache que si je pouvais avoir la réponse, bien des choses pourraient changer pour moi. Cette vie éternelle n'aboutirait à rien, mais je cesserais de me bercer dans des illusions, dans de fausses affirmations.

Le vendeur réapparu, bras chargés d'étoffes somptueuses. Obéron lui intima de ne pas s'approcher d'un geste sec de la main, sans daigner lui adresser un regard.

- Pardonnez-moi, Ciel. Je n'aurais sûrement pas dû vous brusquer avec ses rumeurs que nous ne pouvons ni nier ni confirmer. Je vous ai dis de demander à la Reine, mais à vrai dire, il n'est même pas sûr qu'elle se souvienne de quoique ce soit. Cela remonte à des centaines d'années.

Il hocha la tête pour s'imprégner de ses propres mots. C'était dur de matérialiser à l'oral les pensées furtives qui le terrassaient bien trop souvent.

- Ne prenez pas en compte mes désillusions déprimantes je vous prie. Je ne suis qu'un vieux aigri.

Il se permit un sourire qu'il espérait sincère et qui remonterait le niveau de ses sombres paroles. D'un geste, il permit au vendeur de s'approcher pour présenter ses vêtements. Lui s'écarta quelque peu et lia ses mains derrière son dos en portant un regard neutre sur la scène.
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MessageSujet: Re: Le Dépit amoureux   Jeu 11 Juin 2015 - 17:41



Le Dépit Amoureux

Ciel & Obéron




Ciel avait déjà vu de vieilles fées. Parmi les conseillers du palais, beaucoup étaient de vieux bonhommes barbus, ou aux cheveux argentés, ou aux ailes fripées. Obéron prétendait être vieux – ou plutôt ancien, car c’était un terme que les fées préféraient à son synonyme, plus péjoratif – mais en dehors de son regard usé, de sa noblesse aguerrie, rien ne semblait si âgé en lui. Ciel, qui n’avait jamais pu terminer sa croissance à cause du rire brisé qui l’avait mis au monde et qui, à l’inverse de Peter, en souffrait beaucoup, remarquait ces choses-là. Puis, Ciel se souvint de la première révélation d’Obéron. Même rire. Même âge. Même destin. Mab.
Lui qui n’avait probablement même pas une année entière, la vétusté  des deux êtres lui semblait titanesque, étourdissante. Des centaines d’années. Incroyable. Pas croyable. Son esprit était trop informé, trop juvénile pour mesurer l’étendue d’une telle période.

— Est-ce très long, cent ans ? Est-ce qu’à la fin, on est fatigué ? Cela représente combien de couchers de soleil ?

Obéron ne perdait rien de sa prestance, de sa hauteur quasi dominante. Pourtant, quelque chose paraissait abattu en lui. Ciel s’en trouva étrangement attristé. Il allait dire quelque chose lorsqu’une fée femelle pompeusement apprêtée, mais plutôt jolie, pénétra dans la boutique. Par réflexe, Ciel s’approcha prestement d’Obéron, car la proximité avec les autres fées demeurait toujours rare et effrayante à ses yeux.
La fée leur adressa une révérence policée, comme il était d’usage dans les Beaux Quartiers, avant de darder sur l’Ébloui un regard d’une bizarre intensité.

— Nom d’un lutin, vous êtes Obéron ! Mon amie Satin m’a dit tant de bien de vos œuvres florales… Acceptez-vous d’en concevoir sur commande ? Oh oui, c’est bien vous, je vous reconnaitrais entre mille fées, vos cornes, votre carrure…

Ciel baissa les yeux tout en fronçant les sourcils, perplexe d’être ainsi projeté devant l’évidence : il était bien ignorant. Obéron semblait plutôt connu parmi les fées, y compris les aristocrates, qui n’étaient pourtant pas sa caste féérique !

— Oh et qui est cette charmante petite fée qui vous accompagne ? Vous lui enseignez votre art, certainement ?  

Ciel rougit jusqu’à la racine de ses cheveux dorés. Il était si pétrifié qu’il ne s’offusqua même pas d’avoir été pris pour une fée des champs, ni même que la fée ne l’eût point reconnu. Après tout, Mab ne dévoilait les tableaux les représentant tous deux qu’à des connaissances privilégiés, des âmes de confiance. Quant à lui-même, en dehors des domestiques, il ne croisait quasiment jamais personne en poussière et en os.
Le Petit Prince, toujours quasiment plaqué à l’Ébloui, releva prestement la tête vers ce dernier. Il ne voulait pas qu’il dît la vérité. Il ne voulait pas être démasqué. Pas ainsi, pas maintenant. Il voulait être protégé. Mais il avait si mal traité Obéron qu’il doutait, angoissé et coupable, que celui-ci fît l’effort de le comprendre et le secourir.

Or, déjà, la fée aristocrate s’approchait d’eux d’une démarque quelque peu insolite, légèrement chaloupée, tout en extrayant d’on ne sait où un éventail composé de fougères bleue et violettes.

— Toutefois, je me dois d’ajouter que vous êtes bien plus bel homme que ce que l’on m’avait rapporté… Mes compagnes et moi-même organisons un modeste bal ce soir. Nous y ferons venir un petit orchestre de grenouilles et de grillons très en vogue et le thème de la soirée est : « Je suis un insecte ». Une soirée déguisée, vous l’aurez compris. Je… Ce serait une joie immense que de vous recevoir à cette occasion.

La fée s’éventa avec un charme quelque peu exacerbé tout en papillonnant de ses cils immenses.
Ciel la considérait d’un regard si rond que ses propres cils, eux, semblaient tenter de toucher le plafond.



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MessageSujet: Re: Le Dépit amoureux   Mer 17 Juin 2015 - 18:09

Machinalement, la main d’Obéron vint se poser sur la tête du Petit Prince dans une étreinte presque paternelle. Il ne se détachait pas de son sourire songeur. Le vendeur posa les étoffes près d’eux avant de s’éclipser non sans s’être plusieurs fois inclinés.

- Oui, c’est long. Mais le temps passe de plus en plus vite au fil des années. Plus le passé s’entasse, plus les jours défilent rapidement, comme un sablier que l’on retourne. Le sable coule, lentement au début. Et quand il ne reste presque plus rien, il se fait absorber à la vitesse de l’éclair. Pourtant, ce n’est qu’une illusion, une simple illusion.

Il marqua une pause et attrapa une tunique jaune pour la détailler, avant de la replier et de la remettre à sa place.

- Cent ans, cela fait dans les trente-six mille couchers de soleil, quelque chose comme ça. J’ai bien eu le temps d’admirer la beauté de cette étoile comme tu peux l’imaginer. Le monde, aujourd’hui, paraît plus fade. Il y règne toujours une impression de déjà-vu difficile à expliquer.

L’entrée de la fée à la chevelure bleutée coupa Obéron dans son élan narratif. Un fin sourire égaya son visage et il inclina légèrement sa tête en guise de salutation. Elle était visiblement enchantée de rencontrer l’Ebloui qui se trouvait quelque peu flatté d’être ainsi admiré. Pourtant, il aurait tout donné pour que ce soit Mab qui démontre tant de joie à le voir.
Il échangea un regard avec Ciel et lui pressa amicalement l’épaule.

- Il s’agit de mon apprenti, oui. Un jeune fé prometteur bien qu’encore maladroit, expliqua-t-il calmement.

La fée complimenta le physique d’Obéron, qui sourit de plus belle et posa une main sur son cœur, faussement touché.

- C’est trop d’honneur. J’aurais été enchanté d’être compté parmi vos convives, mais le travail est fort conséquent depuis la fin du règne du Cauchemar. La Flore a besoin de renaître, et je ne peux me résoudre à laisser mes sœurs fées des champs s’en charger seules. Mais votre invitation me touche.

Il tendit la main devant lui. Une rose aux couleurs froides et lumineuses s’y matérialisa, rose que la fée aristocrate récupéra aussitôt après avoir lâchée une exclamation ravie.

- J’espère que cela suffira pour excuser mon refus.

Oui cela pouvait passer pour de la pure séduction. A vraie dire, Obéron se comportait toujours ainsi, et le statut de beau parleur pouvait régulièrement sortir quand deux fées discutaient à son sujet. Il n’en était pourtant rien. L’éducation de l’Ebloui lui forgea un vocabulaire élaboré et des expressions charmeuses dont il appréciait user. Pour lui, cela ne semblait être que de la simple politesse.

- Quelle déception, se lamenta la fée femelle. J’aurais au moins eu l’honneur de poser les yeux sur vous. Au plaisir de vous recroiser, seigneur Obéron.

Elle s’inclina gracieusement et après avoir englobé l’Ebloui et Ciel d’un regard attendri, elle sortit prestement, sûrement pressée d’aller raconter sa rencontre à ses amies.
Obéron se tourna vers le Petit Prince, la mine amusée :

- Vous étiez intimidé, messire ?

De nouveau, il saisit un vêtement qu’il tendit au jeune fé :

- Avez-vous fait votre choix ?

Le fé des champs commençait à se sentir quelque peu à l’étroit à l’intérieur de cette petite boutique, lui qui n’était pas du tout habitué à ces petits espaces. Sans pour autant être de la claustrophobie, il avait l’impression de manquer légèrement d’air. Et il était pressé de rejoindre le palais car malgré tout, il gardait en tête son objectif premier.
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