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Ciel
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☼ Prince des Fées ☼


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MessageSujet: Les poupées sont des fées sans ailes.    Dim 22 Mar 2015 - 18:09



Les poupées sont des fées sans ailes.

Ciel & Astyh




— Qu'y a-t-il, mon doux prince ?

Ciel soupira, emmitouflé dans une robe de chambre ouvragée et accoudé à la fenêtre de sa vaste chambre princière – du moins était-elle vaste du point de vue des fées – il observait la nuit qui miroitait de nouveaux de milliers d'éclats vivaces et jolis. La nuit était redevenue celle de l'île, vivante, riche, éclairée par une lune réelle. Pas une lune croquemitaine.
Ciel se remettait tout juste des récents évènements. Le noir, l'horreur et l'atmosphère oppressante qui avaient assiégé le Pays l'avaient plongé dans un état proche de la mort. Il s'était vidé de forces et de couleurs. Du fait qu'on l'avait tenu éloigné des réalités du monde qui, pourtant était le sien, il ne savait même pas réellement ce qui s'était passé. Il avait juste remarqué que la nuit avait changé. Il y avait plus de bruits, plus de lumière, et les regards des enfants qu'il voyait de lui étaient moins vitreux ou moins terrifiés. C'est aussi grâce à leurs prunelles qu'il avait compris que quelque chose de grave se passait. Et puis... Et puis Mab avait retrouvé un sourire moins feint, une aura plus chaude, et il avait compris que le pire était derrière eux.

Soleil, qui avait sa taille réduite en cet instant, sauta sur le rebord pour obtenir quelques caresses. Ciel lissa son poil roux d'un air distrait, absent. La lune accaparait toute son attention, se reflétant dans ses iris luisants.
Enfin, il daigna répondre à sa rose, une fleur d'un rouge éclatant qui s'épanouissait derrière sa fenêtre, et qui n'avait en tout et pour tout que quatre épines.

— Je ne sais pas, ma rose. Je me sens vide. Je me sens très vide.

La rose agita ses pétales d'un air perplexe. Comme l'ensemble du personnel, elle n'aimait pas savoir son prince englué dans ses états de mélancolie.
Il ne pleurait pas, ni ne gémissait, et son regard lui-même n'était pas embué de quelque chagrin. Pourtant, son visage nacré exprimait un chagrin terrible, profond, incurable.
Brusquement toutefois, il se redressa, alerte, le regard vif, arrêtant son geste – au grand damn de Soleil qui lui lança un coup d'oeil contrarié. Il venait d'apercevoir quelque chose. Ses ailes, bien plus pâles que les autres fées, frétillaient dans son dos. Il tendit le doigt vers une direction bien précise et s'écria dans un souffle :

— Regarde, ma rose ! Cette fée n'a pas d'ailes ! Cette fée est comme moi ! ... Qu'a-t-elle donc sur la tête ? Elle se dirige vers l'Arbre aux Fées !

Il se mit sur la pointe des pieds et tendit son cou afin de l'apercevoir à travers les branches épaisses, car elle marchait sur le sol. Des fées voletaient autour de l'arbre en dispersant une poudre lumineuse dans leur sillage, ce qui rendait difficile son observation.

— Je ne la vois plus, glapit-il. Ah si je... AH !

Il se baissa aussitôt, car il lui semblait que la fée sans ailes avait tourné la tête en sa direction. L'avait-elle vu ?? Ciel avait beau être prince, son caractère émotif et son existence recluse le rendait très peu à son aise au contact direct d'autres individus.

Hélas, Soleil paraissait tout aussi intrigué par la petite fée sans ailes et il bondit du rebord en disparaissant dans les branchages. Ciel tenta de le rappeler mais le chenard n'en faisait qu'à son museau. Il miaulait probablement déjà aux côtés de la fée sans ailes...

Et s'il la ramenait dans le palais ??
Cette idée excita et terrifia Ciel à la fois.
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MessageSujet: Re: Les poupées sont des fées sans ailes.    Lun 23 Mar 2015 - 21:40

HRP:
 

Il faisait froid. Un froid doux, un froid tendre, un froid qui vous glissait sur la peau comme une caresse légère et ne s’accrochait pas à vos os en vous rongeant la moelle de ses dents aiguisées. La Nuit avait quitté le ciel tranquille qui s’était revêtu de son manteau prussien, chassant au plus loin les dernières traces qui témoignaient insolemment de ce qu’avait été l’agonie de l’île. Tout autour, le décor avait repris quelques couleurs plus belles à l’image de leur créateur éternel, revenu d’entre les morts pour faire pleuvoir à nouveau une avalanche de rêveries sordides et sucrées.
Astyh déambulait. Toute seule, toute perdue, l’esprit encore un peu embrumé par les images macabres qui avaient peuplées la grande bataille, puis les effusions de joie qu’avait suscité son avènement final. Elle s’était sorti du cauchemars bien abimée et si elle n’avait pas perdu son éclat toujours un peu pâle, les fissures sur son bras menaçaient toujours d’emporter le petit bras blanc. L’enchantée souffrait encore un peu mais cela lui était à présent bien égal, désireuse de retrouver cette vie où le danger, bien qu’omniprésent, ne prendrait guère plus la forme de ses tourments les plus inavouables.

Elle marcha d’ailleurs si bien à la recherche de quelques fruits à manger que ses pas la conduisirent jusqu’ la frontière de l’Arbre aux fées dont elle visitait parfois les réserves lorsqu’elle n’avait pas la force –ou l’envi- de vagabonder à tout va le ventre vide.

Certes, ce n’était pas bien joli ! Mais allez donc découvrir le monde l’estomac aussi creux qu’une bouteille de rhum à 22h passé.

               La petite poupée s’était donc approchée tout doucement, dissimulée à demi par la végétation et l’obscurité cassée par la lueur de poussière de fée qui voletait un peu partout. Trottinant sur le sol, elle levait de temps en temps prudemment la tête car il lui était déjà arrivé de se retrouver nez à nez avec un garde plus ou moins commode qui n’avait pas apprécié le fait qu’elle se sauve avec les framboises des réserves…

« Ce palais est toujours magnifique…
soupira l’enchantée à elle-même. Quel dommage que la sécurité y soit si bonne, je suis certaine que…HA ! »

Ses grands yeux d’un bleu cristal venait d’apercevoir une petite silhouette penchée à l’une des plus hautes fenêtres et qui, lui semblait-elle, avait regardée dans sa direction. Elle avait bien entendu ouïe dire de l’existence du fils de Mab, jeune fé à la santé fragile -comment se nommait-il déjà...nuage...orage...soleil...fichue mémoire- mais…
Elle se tapit sur le sol à l’ombre d’énormes champignons mousseux : « Faites qu’il ne donne pas l’alarme s’il vous plaît, grands esprits… »

        Elle n’avait pas fini sa prière qu’une truffe humide vint se coller contre son visage en miaulant – il lui fallut par ailleurs toute la maîtrise du monde pour ne pas hurler de frayeur et se mettre l’Arbre entier à dos.  La créature était une espèce de chat qu’elle n’avait jamais vu, de plutôt petite taille et d’un pelage couleur feu des plus agréables. Astyh gratta la tête de la curieuse bestiole :

« Chuut gentil gentil… Que fais-tu donc là tout seul ? Tu t’es perdu ? »

Pour toute réponse, le chat étrange la poussa de la tête vers l’extérieur à découvert et grandissant légèrement jusqu’à atteindre la taille d’un petit cheval à l’échelle de la poupée qui eut un rire :

« Tu veux que je monte ? Tu es une curieuse créature mais tu as l’air plus intelligente qu’un chat ordinaire… J’espère que tu ne me joue pas un vilain tour ! »

Le canifeu avait le regard si brillant d’intelligence qu’insensée, elle se plia à la volonté de la petite chimère pour s’agripper à son pelage en se couchant prudemment contre son dos. Le chat s’élança alors avec une vélocité qu’elle ne lui aurait pas deviné au vu de sa propre charge, et grimpa souplement dans l’Arbre au nez et à la barbe de son petit peuple, ombre ésotérique sous la lune qui pleurait de la lumière blanche. Droit en direction de la fenêtre ouverte.

« He ?! Attends petite créature, attends ! Je vais avoir des ennuis si j’entre ainsi dans le palais de la reine et tu ne devrais pas… »

Elle n’avait pas achevé sa phrase que le canifeu la déposait sur le rebord de la fenêtre, face à la chambre ouverte et faiblement éclairée. Face à un fé aux yeux aussi bleus qu’un ciel d’automne et à la peau si blanche qu’elle crut un instant qu’il était fait comme elle. Portant les doigts à ses lèvres, elle recula légèrement, hésitante…mais rongée par ce péché incurable et incuré de curiosité :

« Je suis navrée, j’ai suivi ce chat et… -Elle descendit doucement du rebord et mis pieds à terre devant le petit prince – Et voilà. Etes-vous le fils de la reine Mab ? Oh s’il vous plaît, n’allez pas lui dire que je suis ici, elle serait furieuse et je vais encore avoir des ennuis ! »

Elle allait ajouter un « je m’en vais tout de suite » mais comme il n’était pas dans sa nature de résister à la tentation d’un nouveau décor, ses lèvres parlèrent toutes seules :

« Je suis impolie. Je m’appelle Astyh –elle s’inclina légèrement, notant la pâleur de son visage, et cru l’avoir effrayé – Ho par l’esprit nuit je vous ai effrayé ? Je suis tellement désolée… S’il vous plaît n’appelez pas la garde, je ne me sens vraiment pas devoir leur échapper ce soir ! »
Elle rougit de sa bourde et balbutia :

« Enfin…je veux dire…Peu importe… Je crois qu’il est coutume que les messieurs se présentent également, j’espère que vous me pardonnerez d’avoir omis de vous demander de suite votre nom. Quel est-il, vous qui me ressemblez un peu ?»





Il m'est arrivé quelques fois
De suivre le fil d'une bobine
Qui s'enroulait autour des toits
Des cheminées et des racines
De tous les arbres que l'on croisaient,
Tous brandissant leurs feuilles frèles.
Et je dansais et je dansais
Sur le bord azuré du ciel.
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MessageSujet: Re: Les poupées sont des fées sans ailes.    Mer 25 Mar 2015 - 17:35



Les poupées sont des fées sans ailes.

Ciel & Astyh




Vous qui me ressemblez un peu.

Ainsi Ciel ne s'était-il pas trompé.
Son cœur battait si fort qu'il semblait entreprendre de briser sa cage thoracique. Le petit prince était tout confus, incapable du moindre geste, du moindre son. Qu'il devait paraitre idiot ainsi immobile et muet, un véritable empoté !
L'apparition subite de la fée sans ailes l'avait totalement désemparé. Il ne se souvenait pas qu'un seul être ait pénétré sa chambre par la fenêtre, et bien que le fait soit peu significatif du fait que sa vie était encore très courte, il n'en demeurait pas moins exceptionnellement exceptionnel aux yeux du prince des fées.

Astyh. Tout était décidément singulier à propos de cette fée. Ciel dut résister à ne pas la détailler des yeux tant elle éveillait une curiosité irrépressible chez lui.
L'inquiétude d'Astyh, toutefois, rétablit un peu l'équilibre. Dans un sens, chacun redoutait l'autre en même temps d'en être attiré.

— Je n'appellerai pas la garde, murmura Ciel d'un ton lent, la voix rauque, comme si elle restait partiellement coincée dans le fond de sa gorge.

Cette fois, il n'y résistait plus et se mettait à décortiquer du regard la silhouette qui se tenait devant lui. Astyh était plus grande que lui, et son éclat était... bizarre. Il ne ressemblait en rien à celui des autres fées. Il était plus de l'ordre de la réflexion lumineuse que de la production de lumière. Son épiderme, particulièrement, avait quelque chose de satiné, luisant. Il fut tenté de la toucher, mais cette proximité aurait paru bien incongrue, surtout pour un individu de son rang. D'ailleurs, l'insistance même de son regard était déjà outrageux.

Ciel secoua la tête comme pour reprendre une contenance et adressa à la fée sans ailes une révérence sobre mais gracieuse.

— Mon nom est Ciel. Il n'est pas étonnant que vous n'ayez jamais entendu parler de moi. Je suppose que mon existence est pratiquement inconnue des gens de l'île, en dehors que quelque rumeur.

Il avait prononcé cette dernière phrase d'un ton amer. Ses ailes s'étaient abaissées dans son dos.
Il marqua une pause. Ciel n'osait pas mentionner l'absence d'ailes d'Astyh. Peut-être que cette infirmité la mettait mal à l'aise, ou réveillait chez elle une douleur passée.

— Votre nom, lui, est fort charmant. Je n'ai jamais entendu pareil nom parmi les fées. Est-ce un fruit ? Un vent ? Une étoile peut-être ?

Il se demandait sérieusement de quelle espèce de fée Astyh appartenait.
Plus il l'observait, plus la pensée qu'elle pût appartenir à une espèce unique, une espèce dont elle serait l'unique représentante, s'imposait à lui.

— Venez, nous allons nous asseoir sur le lit.

Le vent était chaud, mais il en fallait peu à Ciel pour attraper un rhume et éternuer de la poussière de fée. Il préféra fermer la fenêtre et gagner son immense lit, dont le chevet – un morceau d'étoile – diffusait une clarté bleutée dans la pièce.
Le plafond, lui, avait été sublimé par Mab elle-même et imitait les humeurs du ciel, et les meubles étaient tous d'une élégance royale. Ciel, lui, avait toujours connu ce cadre et ne l'appréciait de ce fait pas singulièrement.

Il fit signe à Astyh de s'asseoir à ses côtés, ses grands yeux toujours dardés sur elle.
Elle était belle.


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Dernière édition par Ciel le Sam 28 Mar 2015 - 21:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les poupées sont des fées sans ailes.    Jeu 26 Mar 2015 - 19:33

Je n’appellerais pas la garde.

         A ces mots, l’enchantée ne put retenir un profond soupir de soulagement en portant la main sur sa poitrine, toute inquiétude quant à sa présence quelque peu interdite en ces lieux venant de la quitter. Elle adressa un sourire empli de gratitude au jeune prince qui semblait, l’espace d’un instant, figé dans le temps…
Ses yeux d’un bleu lapis profond et d’une beauté douce qui la fixait avec une sorte de curiosité insistante ne la gênaient en rien car elle avait l’habitude d’être ainsi dévisagée par les autres êtres vivants. Qui plus est, cela lui donnait tout le loisir d’observer son hôte princier sans que la chose ne lui paraisse déplacée. La fragilité délicate qui émanait du fé aux cheveux d’or intriguait Astyh qui n’avait jamais vu que les fées ruisselantes de poussière dorée, les ailes vrombissantes et leur langue de grelot bien pendue…était-il plus souffrant que d’ordinaire ?

         De petite taille mais le port de tête altier, le prince des fées apparaissait à la poupée, comme tout nouvel être dont elle se prenait de fascination, d’une poésie singulière et d’un aspect charmant. Son teint neigeux et lisse la ravissait car il semblait fait d’une porcelaine bien plus fine que la sienne, et le bleu de ses yeux, d’un verre plus noble et plus joliment fait que son propre regard. Bien que ses ailes semblent tristement faiblardes dans son dos, leur transparence laiteuse gardait cette beauté et cette légèreté qu’Astyh avait toujours adorée chez le peuple ésotérique et pétris de magie.

Ciel, Ciel Ciel…

Joignant les mains en souriant, la petite poupée s’enthousiasma :

- Ciel ! Quel nom amusant ! Etes-vous comme lui ? Changez-vous donc toujours d’humeur et de couleur de vêtement ? Ciel…c’est tellement joli le ciel…oui vraiment ! Ne soyez pas amer, prince, et détrompez-vous. Vous êtes peut-être une rumeur, mais n’est-ce pas là le chemin vers le mythe et la légende ? Vous êtes une personne inaccessible mais ça ne rendra le fait de vous rencontrer que plus extraordinaire !

Le jeune fé ne semblant plus effrayé outre mesure par sa présence impromptue, l’insensée se détendit à son tour doucement, mangée par son habituelle curiosité et le regard voguant de ça de là entre son hôte et la pièce qui devait bien être la plus incroyable qu’elle ait jamais vu. Tiré de sa contemplation par le compliment quant à son prénom, la poupée rosit et pencha la tête avec curiosité, laissant passer quelques secondes sans quitter des yeux son interlocuteur…avant de lâcher un rire argentin :

- Une étoile ? Rien de cela, prince, je ne suis pas une fée ! Je suis une poupée, une poupée de porcelaine pour être exacte mais vous êtes bien gentil de me comparer aux si jolies créatures que vous représentez. Hélas je ne suis qu’un jouet bien inutile ! Ni assez joliment faite pour amuser les petites filles, ni assez solide pour distraire les garçons, et ma maison est là où je le souhaite ! Pour l’heure, -elle lui sourit joyeusement - elle est ici avec vous !

A l’invitation, l’enchantée prit place sur le lit en s’amusant à rebondir sur le matelas moelleux, les yeux pétillants rivés sur le plafond magique. Tout autour, le mobilier était orné de décorations et de lambrissages incroyables, donnant au décor l’aspect irréel d’un rêve. Jusqu’au sol, une richesse de tentures, de broderies, de bois et autres matériaux embellissait l’espace. Une bibliothèque avait été aménagée et des jouets semblaient s’entasser un peu partout. Une caverne aux merveilles pour la curieuse petite chose qui avait l’impression de tacher le décor brillant par la pâleur de son corps,  plus fragile à présent, et le sombre ternis de sa robe délavée par le temps.

- Quelle pièce fabuleuse…» murmura-t-elle, submergée par les alentours royaux qui l’assaillait de grandeur et de beauté. « Comment pourrait-on s’ennuyer dans un endroit pareil ! Est-ce la reine qui est la créatrice de tout ceci ? Comme cela change de l’extérieur !

        Elle tourna un visage confus vers le petit prince, les joues rouges d’embarras en ramenant ses genoux contre sa poitrine. Elle s’avouait être plus fasciné par le fé aux yeux saphir qui lui ressemblait un peu que par le mobilier, fusse-t-il d’une splendeur étourdissante. Il avait un cœur qui battait. Il était vivant. Unique. :

- Je dois vous paraître sotte n’est-ce pas ? A m’extasier ainsi, devant vous qui côtoyez sans cesse ces merveilles. Ne soyez pas trop dur, prince, les poupées sont des personnages creux. »

Elle sourit et avança la main sans crainte –car il n’avait en aucunement l’air dangereux – pour effleurer sa joue pâle avec curiosité. Froide pour un autre être de chaire, elle apparut tiède à l’enchantée :

- J’ai entendu si peu de choses à votre sujet, et vous semblez préoccupé… Le Croquemitaine vient tout juste de disparaître, vous causerait-il encore du tourment ? –son visage se transforma soudain en prenant cette expression fantastique qu’ont les poupées souriante et figée, et qui semble vouloir pénétrer au fond de votre âme- Ou êtes-vous donc si perplexe que l’on puisse entrer par une fenêtre ? –elle rit- C’est pourtant un moyen bien plus direct que la grande porte. »




Le rêve se poursuivait ainsi :
Le ciel se fendait sur la ligne
D’un horizon coupé de gris
Pleins de nuages chargés de pluie
Poussés par une brise taquine.
La curiosité l’emportant,
Je laissais toutes peurs et tourmentes
Pour sa bleue beauté cristalline.
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MessageSujet: Re: Les poupées sont des fées sans ailes.    Sam 28 Mar 2015 - 22:19



Les poupées sont des fées sans ailes.

Ciel & Astyh




C'était un sourire teinté de surprise mais non moins ravi qui s'étirait sur les lèvres presque décolorées de Ciel. L'enthousiasme d'Astyh était tombé... comment disait-on dans les couloirs du palais... Comme un cheveu dans le nectar.
Il ne s'y était pas attendu, et même en y étant confronté, il ne savait pas comment le gérer, comment y réagir et l'appréhender.

Toutefois, son propre zèle fut bientôt supplanté par une confusion profonde, intense, et même entortillée d'une espèce de déception qu'il se reprocha beaucoup de ressentir.
Il ne trouvait pourtant pas Astyh moins intéressante, moins valeureuse, ou même moins jolie. Tout ce qu'il regrettait intimement, c'était qu'elle ne soit pas comme lui. Qu'elle ne soit pas un autre spécimen raté venu rompre l'immensité chargée de honte et d'impuissance de sa solitude...

Par chance, il se trouvait que l'Enchanté, puisque c'en était une, était par ailleurs tout à fait intrigante. Et l'autre gros sentiment qui encombrait le coeur de Ciel en dehors de la mélancolie, c'était bien la curiosité ! En outre... Ciel eut le temps de discerner, malgré son propre émoi qui l'envahissait en rosissant ses joues pâles, qu'Astyh aussi se trouvait moins. Il eut envie de la réconforter, de lui faire comprendre que malgré qu'il n'eût jamais rencontré d'autre poupée auparavant, elle lui semblait tout aussi belle que ses congénères. Mais il mettait tant d'ouvrage à organiser ses pensées pour les changer en mots qu'Astyh avait déjà eu le temps de passer à autre chose.

— Je dois vous paraître sotte n’est-ce pas ? A m’extasier ainsi, devant vous qui côtoyez sans cesse ces merveilles. Ne soyez pas trop dur, prince, les poupées sont des personnages creux.

Ciel rougit pour de bon, cette fois, alors même qu'un tel constat – qu'il jugea par ailleurs très dur – ne lui avait pas effleuré l'esprit. Il agita ses mains devant lui faiblement, comme pour se défendre, mais la poupée poursuivait. Elle parlait vite, d'une voix chantante assez différente de celle des fées. Elle lui imposait un rythme qu'il n'avait jamais connu, bien au contraire puisque tous autour de lui s'acharnaient à tempérer ses ardeurs.

— Je...

La dernière déclaration d'Astyh l'avait entrainé plus loin encore dans la confusion. Il n'avait quasiment rien su du Croquemitaine et de ses rafles, de l'étendue de son mal. Oh, bien sûr, il s'était senti mourir, comme toutes les fées de l'île – peut-être du monde – mais ses accès de faiblesse étaient si récurrents qu'ils ne l'inquiétaient guère – à l'inverse du personnel, qui ce soir-là n'avait évidemment pas pu s'agiter fébrilement autour de son chevet.
Il était très honteux de son ignorance, et se mura dans un silence contrit pendant un moment qui, pour une fée, se trouve être assez long. Ses ailes trainaient complètement sur la soie qui recouvrait son lit.

— Je vous remercie pour vos compliments, dit-il sobrement, presque froidement. Astyh l'avait un peu blessé malgré elle, et il ne savait comment s'extirper de cette offense malencontreuse. C'est bien vrai, que votre maison est ici ?

Il hésita à lui montrer sa salle de jeux, mais préféra attendre de la connaitre davantage. Il risquait d'amorcer une quelconque méfiance chez elle, du reste.

— Je goûte bien des merveilles, certes, renchérit-il, mais son ton évoquait celui du mensonge, mais je suis sûr que vous aussi. On ne peut qu'avoir une vie trépidante lorsqu'on change de foyer chaque lune. Quand bien même n'a-t-on pas d'ailes...

Il se rengorgea un peu et ajouta en levant le menton :

— Cependant, il est vrai que je côtoie la reine très souvent. Voyez-vous ce plafond ? Il est de son œuvre. Elle est très proche de Peter Pan lui-même, puisque leur relation s'est établie dans son jardin d'origine. Il ne se souvenait plus du nom. Bien sûr, elle préfère passer son temps avec moi. Nous... Nous volons dans les airs pour danser.

Il s'en voulut aussitôt.
Pourquoi mentait-il ? Astyh elle-même avait exhibé sa fragilité, son infirmité, avec une sincérité simple et pure que lui dénigrait totalement. Mais comment revenir en arrière maintenant ? Un transport inédit et saisissant accaparait sa raison. Il eut envie de pleurer.

— Vous savez, dit-il pour changer de sujet, mes vêtements ne sont pas si magiques que mes yeux – qui eux, ont des nuances variables. Toutefois, j'ai quelques tuniques en velours d'arc-en-ciel, une ceinture sertie de pépins de pomme d'or, et une écharpe brodée dans la voie lactée. Mais j'en ai bien d'autres, et... et il me serait d'une grande joie de vous offrir quelque étoffe. Non pas que votre tenue soit de moindre qualité ! J'ai juste envie de vous léguer un... un cadeau.

Peut-être cherchait-il à se racheter.
Il se précipita donc avec une étrange hâte en direction de sa grande armoire en bois de Brocéliande et l'ouvrit à la volée, dévoilant une collection de parures extraordinaires.

— Venez, regardez, et choisissez ce qui vous séduit. Certaines capes vous iraient, à mon humble avis, à ravir.

Il avait éludé bien des questions de la poupée, et il espérait qu'elle n'en serait pas offusquée. Bien plus que le Croquemitaine, Ciel craignait d'être voué au ridicule. Ou pire, à l'esseulement.



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MessageSujet: Re: Les poupées sont des fées sans ailes.    Lun 30 Mar 2015 - 22:09

Il était étonnant d’observer comme le visage incroyablement expressif du prince des fées pouvait passer du ravissement le plus total à la confusion la plus absolue, en passant par quelques faciès contrariés ou plus curieux encore. Notant la moindre des émotions qui pouvaient transparaître chez le jeune fé, Astyh s’amusait et s’inquiétait à la fois de ses attitudes avec un ravissement et un étonnement non dissimulé tout en hochant la tête et murmurant à la première question de Ciel :

« Ma maison est partout où l’on ne m’interdit pas d’aller, prince. Et vous ne m’avez pas interdit d’entrer n’est-ce pas ? »

           Elle avait laissé le petit prince prendre à son tour la parole en conservant cette fois le le silence, attentive à ses moindres mots et décelant toutefois dans ses traits de fausse porcelaine, quelque chose comme de la crainte. Puisqu’il avait éludée certaine de ses questions, la poupée ne s’en formalisa guère, les ayant déjà balayées de son esprit pour ne pas le contrarier ou le mettre plus mal à l’aise qu’il ne l’était peut-être déjà.
Il y avait dans ses manières et ses paroles une marque de noblesse et de bonne éducation qui fit sourire l’enchantée avec ravissement, car il est bien naturellement toujours plaisant de converser et de s’amuser avec quelqu’un qui a quelque chose à dire. Le décor tout autour ne faisait qu’embellir la chose mais ce fut l’image des fées dansantes et les « yeux magiques » qui plurent le plus à l’enchantée. Ecarquillant les yeux, elle se redressa légèrement en regardant le plafond somptueux :

« Danser avec la reine en personne… quelle chose magnifique, ça doit être tout à fait formidable… »

Elle n’eut guère le temps de lui demander de quoi tenait la couleur de ses yeux que Ciel s’était déjà levé pour se hâter vers un meuble immense après une énumération de parure qui firent hoqueter Astyh… Etait-il seulement possible de faire les tissus et les vêtements ainsi ? Comme il était grand le fossé entre cette somptueuse royauté et sa forêt de bois.
Et c’était là ce qui l’enchantait sûrement le plus. Les différences avaient, selon elle, toujours plus à dire.

Mais lorsque le prince émit le souhait de lui faire un présent, le jouet animé se figea, balançant entre refuser poliment car en aucun cas elle ne pensait pouvoir mériter un si joli présent, et accepter la chose avec joie.

« Je ne sais si… »

     Que pouvait-elle donc bien lui offrir en échange pour exprimer sa gratitude ? Etait-il correct de refuser quelque chose à un prince dont on a pénétré la chambre ? Comment prendre soin de l’étoffe précieuse en pleine forêt ? Etait-il juste qu’elle accepte un cadeau alors qu’elle n’avait pas vraiment le droit d’être au palais ?
      Il y avait néanmoins un tel empressement dans ses gestes que la petite chose se leva avec hésitation, les joues rouges et n’osant plus articuler le moindre mot. Avec douceur et précaution, elle fit courir ses doigts blancs le long des tissus avec un émerveillement non feint… Tissus d’étoiles, manteaux de safran et de rosée, coiffes de plumes et de neige, écharpes de nuages et de brume…Cela en devenait étourdissant d’étrangeté et de beauté.
Elle porta finalement son choix sur une longue étoffe coupée en cape et faite dans un morceau de nuit étoilée tranchée par la voie lactée. C’est timidement qu’elle la posa sur ses épaules avant de faire quelques pas pour tournoyer avec… Ce dernier était si léger qu’il semblait flotter derrière elle et Astyh ne put s’empêcher de rire aux éclats en virevoltant avec légèreté et emphase :

« Merci pour votre si joli présent ! Je ne sais comment vous remercier convenablement… C’est un cadeau dont je prendrais grand soin, comme j’aimerais pouvoir vous rendre la pareille ! Demandez-moi n’importe quoi. »

Elle fit encore quelque pas en lissant de la paume une constellation qui semblait se mouvoir, avant de faire une révérence amusée et maladroite devant le jeune fé en soulevant les pans moirés de la cape.





Il y a parfois derrière le ciel
Quelque orage sombre et capricieux
Mais qui à terme, sous son soleil
Dévoile son habit de soie bleue.
Le temps est une chose immuable,
Autant que les rêves qui protègent
De cette réalité coupable,
Qui teinte de sang la blanche neige.


Dernière édition par Astyh le Jeu 2 Avr 2015 - 19:52, édité 1 fois
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Crocodile & Cie
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MessageSujet: Re: Les poupées sont des fées sans ailes.    Mer 1 Avr 2015 - 18:49

Joyeux 1er avril !





Oups !
Un poisson d'avril jaillit de nulle part et accroche Ciel au plafond !


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Ciel
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☼ Prince des Fées ☼


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MessageSujet: Re: Les poupées sont des fées sans ailes.    Jeu 2 Avr 2015 - 16:38



Les poupées sont des fées sans ailes.

Ciel & Astyh




petit mot:
 


Ciel tentait avec ardeur de ne pas rendre son sourire trop grand. Son statut royal lui donnait bien des privilèges, mais ceux-ci étaient souvent couplés à des contraintes sociales et protocolaires. L'une de ces contraintes, c'était de retenir dans les limites de la courtoisie les élans émotifs qui pouvaient le transporter. Et pour une fée, une fée si jeune de surcroît, ce n'était pas chose aisée !

Le petit prince resta bouche bée devant la vision d'Astyh tournoyant sur elle-même, l'étoffe nouvellement acquise flottant autour d'elle comme un pétale céleste. Elle était si belle qu'elle l'empêchait de respirer. Mais Ciel ne lui en voulait pas.
Il toussota, plusieurs fois, et finit par répondre d'une voix étranglée :

— Cette parure vous va... fort bien.

Il referma doucement la porte de son armoire. L'espace d'un instant très bref, il se sentit triste pour les autres habits qui ne connaitraient pas la grâce d'être portés par la poupée.
L'éclat de la lune, par la fenêtre, se reflétait sur la peau de porcelaine d'Astyh et la rendait toute bleue. Il n'avait encore jamais vu un être tout bleu.

Il demeura ainsi à la contempler, comme la plus rare et la plus précieuse des choses, avant de s'élancer dans la pièce adjacente à sa chambre — sa salle de jeu incroyable — et de revenir en poussant un étrange objet, plus grand et plus vaste que lui-même. Il s'agissait d'un cadre en branches de bois d'or, légèrement biscornu, qui servait de structure à une surface très lisse, fine, et translucide : une flaque de gouttes de rosée verticale, scintillante sous l'éclat de l'astre lunaire. Ce qui s'apparenterait, en fait, à un miroir.
Les joues rougies et les muscles bandés sous l'effort, Ciel soupira et rejeta des mèches de cheveux blonds en arrière, avant de pousser Astyh vers le miroir.

— Regardez. Vous êtes bleue, entièrement bleue. Même la fée Bleue n'est pas aussi bleue. Comment vous trouvez-vous ainsi ?

Son regard s'attarda malgré lui sur le bras d'Astyh, qui semblait très abîmé. Ce constat l'ébranla beaucoup, non pas qu'il le trouvât laid, mais la meurtrissure de la poupée était singulièrement apparente ainsi baigné d'argent. Il sembla alors remarquer l'insistance de son propre regard et releva la tête prestement, en espérant que l'Enchanté ne l'aurait pas, elle, noté.

Un désir germa en lui.

— J'ai bien une idée, pour me rendre la pareille comme vous dites... Mais je ne vous y contraint en rien. En fait, je...

Un poisson surgit alors, un poisson volant exhibant un immense sourire. Ciel recula brusquement en poussant un cri vif. Le poisson le saisit par le col et l'emportant jusqu'au plafond où il l'accrocha au lustre, avant de disparaitre aussi vite qu'il était apparu. Un jeu de Peter, assurément.
Ciel agita des bras et des jambes, complètement paniqué. Il n'avait jamais été dans une situation d'une telle détresse, à si grande distance du sol sans un oiseau pour le porter. Et pour couronner le tout, il avait laissé entendre à Astyh qu'il savait voler, alors qu'il en était tout à fait incapable et que c'était présentement le seul moyen de s'extraire de cette terrible situation !
Quel imbécile il était, oh, quel imbécile.

Rouge de honte et de malheur, le petit prince se cacha alors le visage dans les mains et se mit à pleurer.

— Laissez-moi ! hurla-t-il, la voix brisée. Partez ! Je ne veux pas être vu ainsi...

Et pourtant, pourtant, il ne voulait tellement pas qu'elle parte...



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MessageSujet: Re: Les poupées sont des fées sans ailes.    Mar 7 Avr 2015 - 23:21

Devant la face translucide aussi lisse que son propre visage, l’enchantée s’était tenue dans la lumière bleue en esquissant un large sourire, détaillant avec un amusement non feint les reflets moirés et pigmentés qui lui donnait un aspect encore plus surréaliste. Les joues rouges du petit prince qui se reflétaient dans le miroir faisait de son visage un petit tableau charmant et ce ne fut que la bienséance qu’elle tentait de conserver en présence d’un membre royal qui la retint de ne pas se retourner pour les lui embrasser, toute emplie d’une affection étrange et totalement inexplicable pour son petit cœur vide, vide, vide.

« La fée bleue…c’est un charmant compliment ! Je me trouve un peu étrange mais cela change un peu du blanc. »

     Elle tourna la tête pour lui adresser un sourire lorsqu’elle nota l’attention toute particulière que semblait porter les orbes saphir du jeune fé sur son bras fêlé qui pleurait une fragilité décadente. Un peu gênée par l’apparente blessure qui détonnait avec la beauté figée du décor autour, Astyh porta deux doigts sur son membre et le rabattit légèrement contre elle en s’efforçant de ne pas avoir l’air plus dépitée et inquiète qu’elle ne l’était déjà… Elle n’aimait pas cela. Non pas que le regard insistant du petit prince l’ai offensé, mais elle avait l’impression poisseuse de traîner à la vue de tous son inutilité flagrante quant à défendre la vie, tant la moindre fêlure était pire que de briser un os. Elle murmura en oscillant du regard entre le miroir et le fé aux cheveux d’or :

« Ce n’est pas joli n’est-ce pas ?... Je dois y faire attention, je n’ai pas encore trouvé le moyen de réparer mon corps, et si je devais me briser définitivement…-elle secoua la tête et fit retrouver à son visage un sourire ravi- Ce n’est pas important ! »

Elle se tut en laissant le soin à Ciel de rompre une nouvelle fois le bref silence qui s’était installé dans la pièce baignée de bleu d’azur sombre. La voix de grelot de ce dernier coupa une nouvelle fois l’atmosphère tranquille, semblant visiblement enclin à répondre à l’avance enthousiaste de son hôte impromptue. Tendant plus attentivement encore l’oreille, Astyh était toute prête à répondre à la quête du prince lorsqu’un rire sonore tinta soudain dans la pièce et arracha le jeune fé à son regard !

« Mais que- ! »

      Clignant des yeux, la poupée n’eut guère plus le temps que de saisir du regard la queue frétillante d’un poisson  qui s’était volatilisée par la fenêtre en ne laissant derrière lui qu’une farce pour le moins étrange… Levant les yeux, l’enchantée écarquilla les yeux en voyant se débattre le petit prince suspendu au lustre ! La plaisanterie lui parut d’abord amusante, si bien qu’elle sentit l’hilarité retrousser ses lèvres, prête à faire éclater un rire clair. Il lui semblait simple que le fé s’envole de cet incongru perchoir pour redescende au sol et…

Son sourire s’effaça brusquement lorsque la voix brisée de Ciel lui intima l’ordre de partir.

Hébétée, en proie à une totale incompréhension, elle regarda quelques secondes le petit prince cacher sa honte dans ses mains, la poitrine subitement compressée par les sanglots qui tintaient malheureux à ses oreilles. Elle ne comprenait pas. Pourquoi ne volait-il pas ? Pourquoi restait-il là-haut…Il avait pourtant dit que…
Elle secoua la tête et protesta d’une voix inflexible mais douce :

« Ne dites pas de telles choses, prince ! Comment pourrais-je vous laisser là-haut ainsi ? Ce n’était qu’une mauvaise farce, s’il vous plaît, séchez vos larmes et ne me congédiez pas ainsi…je m’en voudrais trop de vous abandonner maintenant. »

Avisant la pièce autour d’elle, Astyh porta son choix sur trois tabourets d’ébène qu’elle empila en y ajoutant une grosse peluche, quelques livres et un coffret. L’édifice érigée, elle le poussa de toute ses forces contre l’armoire et y grimpa cahin caha et tirant la langue, terrifiée à l’idée de chuter malgré la faible hauteur, et néanmoins plus inquiète par les larmes du fé qui brouillait ses traits de fausse porcelaine. Lorsqu’elle fut en haut de la grande armoire, elle se pencha sur son bord en tendant la main en direction du lustre où se débattait toujours l’infortunée victime de l’aigre plaisanterie :

« Tendez la main s’il-vous-plaît je ne peux pas aller plus loin…Je vous en prie, faites-moi confian—

SLAM

La porte de la chambre royale s’ouvrit brusquement à la volée, faisant hurler l’enchantée de surprise qui se rejeta en arrière…pour chuter de l’armoire. Elle ne dut son salut qu’à l’édifice érigé où la peluche amortit le choc qui ne la fit pas moins piailler de douleur. L’entrée béante vomissait des fées armées à l’air affolé et furieux, brandissant épées et lances bien droites ! Celle qui semblait diriger la petite troupe écarquilla les yeux devant la scène aberrante qui tenait plus lieu d’hallucination que de vive réalité :

« Votre…votre Majesté…mais qu’est-ce que… »

Il dardait sur Ciel un regard éperdu d’incompréhension et ordonna immédiatement que deux de ses hommes descende l’infortuné fils de Mab de son perchoir. Ceci se faisant, il fondit en vrombissant sur Astyh qui recula précipitamment au milieu de tous les objets en désordre pour se recroqueviller, ses grands yeux translucides affolés en quête d’une échappatoire qu’elle ne trouvait pas à présent que la fenêtre était bien refermée et la porte gardée. De plus, son bras la relançait après la chute, ne faisant qu’amplifier le désastre de la situation… La voix du chef de garde tempêta à son visage :

« Qui es-tu ! Que faisais-tu dans la chambre de son Altesse ! Grotesquerie, un jouet animé, quel sortilège t’as fait ainsi bouger !? Est-ce toi qui a ainsi malmené le fils de la reine ?!
- Mais non, je…balbutia la poupée, c’est un malentendu…c’est un poisson qui –
- Un poisson, tiens donc ! Fichez-moi cette chose au fond d’un trou ! Dès qu’elle aura arrêté de bouger, jetez-là dehors !

L’enchantée jeta un œil de l’autre côté du fé qui lui vociférait à la figure et ne pu retenir un soupir de soulagement lorsqu’elle vit Ciel pieds à terre, visiblement en état de choc et soutenu par deux gardes qui le remettait sur pieds. Deux autres virent la tirer brusquement pour la remettre debout et lui chatouillèrent le dos de la pointe de leurs lances.

« Ecoutez-moi je vous en prie ! Ce n’est pas ce qui s’est passé, c’est –
- Tu portes une étoffe qui appartient au prince ! –l’un des gardes la lui arracha- Mab te punira sévèrement !

Et à présent, que pouvait-elle encore dire ? Elle tendit vers le petit prince un regard embué où se mêlaient une tristesse profonde, l’excuse, la peur et cette affection qu’elle ne pouvait s’empêcher de lui accorder.

C’était un malentendu…




Elles tonnent et vrilles votre bon sens
Elles s’évertuent à faire pâlir
Elles vous livrent à toutes décadences
Elles tuent le moindre des plaisirs
Elles se bousculent et vous rendent sourds
Elles font chuter au précipice
Elles se déchirent un peu chaque jour
Ces noires sirènes de l’Injustice.
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MessageSujet: Re: Les poupées sont des fées sans ailes.    Sam 11 Avr 2015 - 19:03



Les poupées sont des fées sans ailes.

Ciel & Astyh



encore un mot:
 



Tout s'était passé si vite. Les mots s'étaient succédés, les gestes s'étaient enchainés. Et sans même savoir comment, Ciel s'était retrouvé à terre, séparé d'Astyh par une palissade de gardes outragés.
Le petit prince était encore en proie à l'émoi brûlant qui l'avait envahi dès lors qu'il s'était trouvé suspendu au lustre. Les sentiments s'accumulaient en lui, sans ordre, sans mesure. La honte n'était point encore partie que s'y ajoutait le choc, l'angoisse, la confusion. Le dépit.

Plusieurs fois, un élan l'avait poussé à interrompre le flot de paroles des gardes qui se méprenaient ; plusieurs fois même il s'était vu s'interposer entre eux et la poupée, brave, juste, noble comme il aurait dû l'être.
Pourtant, ces visions fantasmées de lui-même ne s'accordaient en rien avec la réalité répugnante qu'il s'infligeait à lui-même autant qu'à Astyh. Car Ciel n'avait rien dit. Ciel n'avait rien fait. Ciel demeurait vissé dans l'inaction par l'étreinte du garde autant que par sa réflexion atrophié. Agis. Agis. Agis.


*


Astyh n'était pas partie. Astyh avait agi.
Alors même qu'un représentant royal lui intimait de prendre congé de la façon la plus rude possible, Astyh n'avait pas cédé à la peur ou la facilité. Astyh avait accumulé des objets et s'était suspendu au danger comme lui l'était au plafond, faisant fi de l'entaille dramatique qui grignotait déjà son étrange épiderme.
Astyh n'avait pas faibli, pas renoncé, pas fui. Astyh avait agi.
Pour lui.
Qu'était-il, si ce n'était pas un lâche, un fourbe, un coeur vide ?? Il n'était pas digne d'être prince ! Il n'était pas digne d'Astyh !

— NON !

Son cri s'adressait davantage aux terribles vérités qu'il se jetait à la figure qu'à la situation, mais il eut l'avantage de paralyser les mouvements des gardes.
Ciel n'avait jamais crié si fort. Les soldats dardaient sur lui un regard éberlué, comme s'il venait de se changer en crapaud. Le petit prince, respirant avec effort, se libéra doucement de l'étreinte du garde qui l'avait arraché à sa position humiliante.

— Vous ne comprenez rien. Nous étions en train de jouer. Ne voyez-vous pas que cette petite personne est en fait une poupée ? Elle fait partie de ma salle de jeu.

Les gardes décortiquèrent des yeux l'Enchanté, dubitatifs, tout en se lançant quelques coups d'oeil perplexes.

— Demandez-donc à la reine, si vous ne me croyez point ! Je vous avertis tout de même qu'elle sera plutôt mécontente d'avoir été dérangé pour un si moindre détail.

— Mais, sire, nous l'avons vu vous accrocher au... enfin...

Le garde était tout confondu, car il craignait d'offenser son prince réputé pour sa susceptibilité.

— C'était un simple jeu.

— Mais... Ce cri...

— Un éclat de rire.

— L'étoffe...

— Même une poupée mérite d'être vêtue, valet. Je suis permis d'apprêter mes jouets comme je l'entends !

Face à la pointe d'agacement, presque d'indignation, qui perçait dans les mots du prince, celui qui s'était fait appelé "valet" n'osa pas répliquer d'avantage. Il bredouilla quelques excuses à l'égard de Ciel – il ne lui vint pas à l'idée d'en donner à la poupée, ne sachant trop si elle avait une âme – et ordonna à ses troupes de se retirer. Il précisa, au grand dam de Ciel, qu'il consulterait tout de même la reine. Le petit prince était parfois un fieffé menteur, et nul ne l'ignorait. Ciel conserva un visage placide.
Une fois la porte refermée, il se tourna vers Astyh et lui saisit les mains. Le contact fut atypique.

— Trouverez-vous la force de me pardonner ?

Il aurait voulu se jeter au sol et l'implorer, ayant tout oublié de l'étiquette. Mais il n'osa pas.

— Je ne pouvais leur dire la vérité, ni à propos de votre intrusion ni de la venue du poisson, car ils m'auraient condamné à rester enfermé sans même pouvoir ouvrir ma fenêtre et... oh, je ne peux m'y résoudre. C'est là ma seule ouverture sur le monde. J'espère ne pas vous avoir offensé. Nous n'avons plus beaucoup de temps, la reine connait tous mes jouets et ne tardera pas à comprendre la supercherie.

Sans lâcher l'un des poignets d'Astyh, il courut vers la fenêtre et l'ouvrit à la volée.

— Revenez me voir dès demain. Je vous confierai mon souhait et... et peut-être autre chose.

Ciel tintinnabula délicatement. Soleil, le chenard, accourut presque aussitôt, et comprenant instinctivement le désir de son maitre il se mit à grandir.

— Grimpez et réfugiez vous quelque part dans l'Arbre. Prenez garde de ne pas être vue ! Tâchez de dénicher quelque fil d'araignée pendant la journée. Je ne peux rien vous dire de plus, mais je vous prie de vous fier à moi.

Il caressa la fourrure de Soleil qui ronronna allègrement, prêt à bondir dans les branches. Puis il contempla encore un instant la peau luisante, bleutée, de la poupée.

— Pardon, encore pardon, souffla Ciel. A demain, Astyh.

Demain, c'était déjà tellement loin, pour une si petite fée.


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MessageSujet: Re: Les poupées sont des fées sans ailes.    Mer 22 Avr 2015 - 18:11

Post-it:
 

La voix du petit prince avait raisonné si fort comparé aux précédents instants où elle avait doucement crevée le silence, que l’enchantée s’était prise à sursauter en dardant sur lui un regard où se bousculaient milles émotions contradictoires. La chose lui parut d’ailleurs plus surprenante encore au vu des visages décomposés des gardes qui semblaient s’être transformés en soldats de plomb, figés dans une seconde d’éternité.
Encore déboussolée par sa chute, elle suivait l’échange entre Ciel et le garde avec attention et inquiétude…Et s’ils ne le croyaient pas ? Et si la reine survenait à cet instant ? Et si son bras devait tomber en miette en la privant de ses chances de fuir si besoin était ?

Et si… et si Ciel s’était lassé et la dénonçait pour qu’elle soit retournée vers l’extérieur en mille morceaux ? Pourtant, si l’on prêtait attention aux véhémentes protestations du fils de Mab, tout n’était qu’un joli tissu mensonger dans lequel s’embourbait le chef de garnison qui semblait plus ou moins disposé à le croire. Du tac au tac, le jeune fé transformait la farce du poisson en un jeu enfantin, ses cris en rire et ses présents en parure de babiole dont il avait apprêté ses affaires personnelles. Si Astyh était dotée de malice et que le mensonge lui était parfois salutaire, en entendre de la bouche de Ciel pour la protéger l’émut et la fit rougir, si bien qu’elle en devenait presque navrée.

Avait-on jamais menti pour elle ?

Lorsque la porte de la chambre se fut refermée, la poupée laissa échapper un profond soupir de soulagement…soupir qui se mua en hoquet surpris lorsqu’elle sentit les petites mains tièdes de Ciel contre ses paumes.

« Trouverez-vous la force de me pardonner ?
-  Vous pardonnez ? Mais…mais vous ne-

             Elle n’eut pas le loisir d’achever sa bredouille un peu égarée que le prince avait continué son discours empressé. Il semblait si bouleversé et le bleu de ses yeux si vivant que l’enchantée ne put le couper pour démentir ce dont il semblait s’accuser à tort. La fenêtre qui apparaissait finalement comme une unique ouverture sur le monde lui parut soudain terriblement étroite, la fraîcheur de l’air extérieur, un parfum précieux et le moucheté blanc des étoiles, quelques diamants des plus purs roches. Le confinement lui étant insoutenable, elle pâlit en s’imaginant cloîtrée chaque jour dans cette prison dorée, aussi belle qu’étouffante et aussi douillette qu’étroite.
Ciel l’emmena jusqu’à la fenêtre qu’il ouvrit en faisant venir à ses côtés le chenard rencontré plus tôt et qui l’avait mené au rebord interdit. Les directives du prince lui parurent un peu étranges mais cette insatiable et dévorante curiosité l’emportant, elle hocha la tête en plissant des paupières, l’air songeur :

« Des fils d’araignée…Oui c’est aisé à trouver, ces créatures mandibulaires tissent souvent à l’aube ! »

Elle reporta son regard sur le petit prince qui la regardait toujours, aussi pâle qu’elle était bleue dans la clarté froide de la lune. Elle sourit encore, son cœur vide qui ne pouvait s’empêcher d’aimer ce qui l’entourait, battant de manière imaginaire. Reprenant les mains du jeune fé dans les siennes, elle s’inclina légèrement pour déposer un baiser sur son front de porcelaine tiède :

« Bonne nuit Ciel, guettez le jour, je viendrais avec le soleil.»

Elle grimpa sur le dos du Chenard qui s’élança dans les branchages épais pour disparaître à la vue du palais.


*


        Astyh avait finalement trouvé refuge sous une protubérance moussue de l’Arbre des fées, qui laissait en son sein vert une sorte d’alcôve où elle s’était établie à l’abri des regards. Cassant des brindilles et s’armant d’un brin de patience, l’enchantée amassa mousse et feuille qu’elle plia soigneusement et scella entre elles par un système de croisement de fines branches qu’elle aimait à confectionner. Soleil s’en était retourné chez son petit maître et il ne restait à la poupée pour seule compagnie que la lumière tintinabulée des fées encore éveillée et la pâleur céleste de la voie lactée. Voie lactée…

HA !

Sotte qu’elle était ! Le présent étoilé de Ciel, confisqué par le garde, était resté dans la chambre royale et elle n’avait pris le soin de la récupérer avant de partir. Allons, cela serait chose faite demain et elle avait une petite tâche à accomplir. Se ressassant en baillant, toute fourbue, la rencontre étrange qu’elle venait de faire, la poupée se lova dans sa couche de fortune avec délice pour sombrer dans un sommeil où le ciel avait la couleur de saphir et le soleil, la blondeur un peu pâle du blé que l’on laisse sécher.


*


            L’aube ne posait pas encore ses bras de rose frais sur la cime des branches que l’enchantée s’était attelée à son petit travail, naturellement curieuse de ce que pouvait faire Ciel de fils d’araignée. Un air frappé par les premiers rayons s’infiltrait par les touffes de mousse, faisant du ciel tout juste éveillé un tableau de maître italien touché par la grâce. L’odeur humide de la rosée gouttait contre les feuilles opaques où furetait Astyh, à la recherche de quelques toiles délaissées par leurs propriétaires qui n’étaient généralement pas de nature assez généreuse pour lui laisser le loisir de détruire leur ouvrage d’argent.
Il lui fallut une bonne dizaine de minute avant de dénicher un de ces hexagone perlé de rosé, qu’elle s’empressa de défiler entoure de son bras pour disparaître à nouveau, peu désireuse de croiser la bestiole acariâtre dont elle venait de voler le travail. Déjà, le petit peuple féérique semblait sortir d’une torpeur amollie alors même que le jour pointait tout juste sur la ligne rouge de l’horizon.
Lorsque l’enchantée s’en retourna d’où elle était venu, Soleil l’attendait déjà, la truffe brillante et l’œil vif d’une intelligence peu commune. Astyh chuchota en posant un doigt rieur sur sa bouche :

« Chut, ne fais pas de bruit, j’ai les fils…Mais veux-tu bien m’attendre encore une petite minute ? J’ai quelque chose à chercher avant, d’accord ? Je ne serais pas longue, reste sagement ici ! »

Déposant son chargement d’argent sur le dos de la chimère de feu, la poupée fit volte-face et s’éclipsa en direction des racines de l’arbre. Ciel lui avait fait un présent. Et elle avait une idée.
La chose achevée – et Peter seul sait de ce dont il s’agissait, elle retourna auprès du Chenard qui trépignait à présent que les rayons frappaient bien les murs d’une beauté insolente du palais. Une fois au rebord, Astyh posa pieds à terre en saluant au passage une rose qui semblait la regarder curieusement, pour toquer doucement deux fois du bout des doigts contre la vitre en s’assurant qu’une fées ne passait déjà dans les parages :

« Ciel ? »




La peur ne m'effraie pas.
Elle me terrifie moins
Que quatre murs étroits
Dans leur précieux écrin.
La mort ne m'effraie pas.
Elle me terrifie moins
Que de voir près de moi
Tomber en milles éclats
Un coeur fait comme le tien.
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MessageSujet: Re: Les poupées sont des fées sans ailes.    Jeu 7 Mai 2015 - 22:34



Les poupées sont des fées sans ailes.

Ciel & Astyh




Ciel n'avait pas dormi. Le cœur battant d'un rythme aussi soutenu que celui des ailes d'un moustique, il avait consenti à se mettre au lit sans quoi jamais les gardes royaux ne l'auraient laissé en paix. Ses yeux clairs avaient fixé son plafond nocturne, magique, sans ciller ni ressentir la moindre sensation de torpeur. Il avait attendu.
Une larme avait échappé à sa vigilance résolue et fière. La présence de Soleil, inébranlable d'ordinaire, lui manquait tant qu'il avait l'impression qu'on avait criblé son cœur de plomb. Absorbé par ces sentiments anxieux et lourds, il avait même fini par oublier la lenteur du temps et s'était laissé surprendre par le jour, venu déposer la voix d'Astyh à sa fenêtre.

Il bondit de ses draps comme un diable d'une boite, et se précipita vers les vitres lumineuses. Il retint le geste impulsif qu'il le poussait à les ouvrir en grand tout en hurlant son allégresse. Prudence. Le petit prince regarda à droite et à gauche, fixa un long instant la porte d'entrée, avant de s'autoriser à ouvrir. Le visage nacré d'Astyh l'attendait.
Son aspect était un peu différent sous la lumière diurne. Elle n'était plus bleue. Elle était plutôt argentée. Mais Ciel demeurait vaguement choqué par sa pâleur. A présent, il voyait bien qu'elle n'était pas semblable aux autres fées.

— Bonjour, dit-il doucement, d'un air à la fois ravi et quelque peu gêné.

Son visage était diaphane et tiré par la fatigue. Mais l'apparition d'Astyh suffisait à le ragaillardir.

— Où avez-vous dormi ? Soleil n'a pas été trop envahissant ? Il est doté d'un caractère quelque peu expansif et capricieux, mais il a bon cœur...

Ciel lui grattouilla le crâne et Soleil rapetissa jusqu'à pouvoir s'allonger sur le rebord de la fenêtre.

— Avez-vous trouvé les fils d'arai... OH !

Il tira brusquement le bras d'Astyh afin de la ramener vers lui. Derrière lui, sa rose dardait sur elle l'une de ses quatre épines. Peut-être pensait-elle que la poupée était une forme de parasite. Mais Ciel n'oserait pas lui dire. Il se demandait même si sa fleur n'était pas un peu jalouse...
L'épine percuta tout de même le dos de la fée, ce qui provoqua un petit son grinçant. Ciel serra Astyh contre lui, entravé par le rebord de la fenêtre.

— Cela suffit, ma rose ! Regarde comment tu te comportes ! Je suis déçu, je suis très déçu.

La rose parut attristée et contrite et ses pétales s'abaissèrent, avant qu'elle ne se détourne d'eux.

— Veuillez l'excuser. Êtes-vous blessée ? Teniez-vous quelque chose dans votre dos ?

Il marqua une pause, embarrassé, puis poursuivit :

— En tant que poupée... On peut soigner vos blessures, n'est-ce pas ?




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MessageSujet: Re: Les poupées sont des fées sans ailes.    Jeu 11 Juin 2015 - 22:18

Hrp:
 



Patiente, la petite poupée avait attendu que les carreaux s’ouvre pour s’incliner avec légèreté devant le jeune fé aux yeux encore tout tirés par le sommeil. Il ne lui avait pas semblé polie de déranger aux aurores mais puisque cela avait été le souhait du prince, elle ne s’en formalisa pas et sourit à ce dernier avec un mélange d’espièglerie et d’enthousiasme.
Tout à son excitation de revoir le visage hyalin de son hôte impromptu, elle en oublia presque de rester bien droite pour dissimuler son précieux paquetage. A la question de Ciel, elle hocha la tête en fermant les yeux, un faciès tranquille sur ses traits immuables :

« Je n’ai pas dormi loin, petit prince, votre Arbre est bien assez grand pour que je m’y dissimule sans éveiller l’attention. Quant à votre adorable créature, il fut un compagnon agréable…et patient. »

Elle émit un rire dont le son faisait penser à un grelot avant de sautiller d’un pied sur l’autre. Ho oui, oui elle avait trouvé les fils. Elle s’employa à les dérouler doucement pour créer une bobine fluide en déposant son paquet bien derrière elle, avant de présenter la toison d’argent à l’héritier.

« J’espère qu’il y en aura assez. Auquel cas je retournerais en chercher ne vous inquiétez-pas ! Dites-moi, dites-moi quel usage voulez-vous en faire ? Ma curiosité est titillée depuis hier soir, et je n’arrive pas à imaginer ce que –

Crr

Astyh sentit quelque chose de dur et de pointu racler vilainement la porcelaine de son dos… Son cœur imaginaire rata un battement et l’espace d’une seconde, elle ne sentit plus l’air circuler entre ses lèvres. Pétrifiée, elle n’osa regarder si l’attaque aussi soudaine que mordante avait laissé quelque nouvelle éraflure qui fragiliserait un peu plus sa carcasse fantomatique et précaire. La rose ? Pourquoi ? Qu’avait-elle fait de mal ? Etait-elle la gardienne de Ciel et lui avait-elle manquée de respect ? La punissait-on pour hier soir ? Lorsque les bras de Ciel se refermèrent autour d’elle, elle ne réprima pas le réflexe de s’agripper à la robe de chambre au niveau des omoplates, plus blanche que jamais - si cela était possible.
                  Les réprimandes du petit prince eurent l’effet escompté car la rose s’abaissa avec une sorte d’affliction. La poupée s’étonna quelque peu car elle n’aurait jamais pensé que la délicate plante à l’aspect si crémeux puisse faire preuve de cette jalousie venimeuse qu’elle prêtait habituellement aux Mères ou aux Sirènes. Se détendant un peu, elle décrocha ses doigts du tissu pour sourire au fé aux yeux d’azur, un air un peu contrit sur le visage :

« Ne vous inquiétez pas…ce n’est rien. (Elle montra le paquet, soigneusement enveloppé dans un lange de feuilles) Je tenais ceci, je ne voulais pas effrayer votre rose, je suis navrée. »

Elle osa enfin jeter un regard à l’endroit de l’impact. Si l’épine n’avait pas fait de vilains dégâts, on pouvait à présent lire sur son dos, le dessin irrégulier d’une éraillure. L’enchantée soupira avec une pointe de dépit…Dire que son dos était l’un des rares endroits qui avait échappé jusqu’à présent aux craquelures. Reportant son attention sur le prince, elle lui sourit une nouvelle fois en posant une main contre sa joue frêle :

« Je ne sais pas si on peut me soigner, petit prince…Pour l’instant je n’ai pas encore trouvé le moyen de le faire. Je souhaite dénicher assez vite quelque chose avant de finir en morceaux (elle se mit à rire) mais je ne suis pas au seuil de la casse. Il me reste des levers de soleil à exister. »

Se détachant de la silhouette fluette, elle recala son emballage sous son bras en posant un doigt sur ses lèvres, chuchotant avec malice, les prunelles pétillantes d’excitation. Trop longtemps qu’elle se demandait quel usage le blondinet pouvait bien trouver à sa bobine argenté qui miroitait tranquillement sur le bord de la fenêtre :

« Dites-moi maintenant…qu’allez-vous faire de ces fils ? (elle baissa encore la voix) Moi aussi je vous ai amené un secret… Je vous le dévoilerais plus tard d’accord ? Comme ça nous sommes un peu à égalité. »

Elle sauta souplement sur le rebord intérieur de la chambre et descendit doucement sur le sol en déposant le lange contre le mur, qu’elle tapota, soucieuse, avant de se retourner vers la forme qui jouait un jeu d’ombre sur le tableau italien de maître qu’était le ciel aux aurores. Sa main se tendit vers elle :

« Jouons ensemble Ciel. Voulez-vous ? »




L'aurore sur mes paupières
Pose un chaste baiser,
Déchirant la nuit froide
De ses ongles dorés,
Et goûtant au matin
Sur ses lèvres gercées
La pâleur translucide
D'un portrait ethéré.
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Ciel
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☼ Prince des Fées ☼


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MessageSujet: Re: Les poupées sont des fées sans ailes.    Sam 27 Juin 2015 - 16:17



Les poupées sont des fées sans ailes.

Ciel & Astyh



mot:
 


Ciel baissa les yeux vers le paquet soigneusement emballé qu’Astyh lui présentait. En d’autres circonstances, il aurait certainement été béat, peut-être même gêné, mais le rouge qui envahissait ses joues pâles n’avaient d’autre origine que l’angoisse fâchée qui continuait de pulser en lui. Il s’en voulait également à lui-même, de n’avoir pas été assez vigilant, de n’avoir pas protégé la poupée comme tout prince assez digne l’aurait fait. Au lieu de cela, il s’était laissé soumettre par la crainte que lui inspirait Mab et avait rejeté celle qu’il osait prétendre son amie ! A cause de lui, Astyh avait dormi dans un arbre et s’était fait perforer le dos. Une fois encore, il se révélait un hôte catastrophique et fut presque sur le point de repousser une fois encore l’Enchantée, afin de ne pas faire face au reflet de lui-même qu’elle renvoyait. Chaque embellie semblait aussitôt obscurcie par un nuage dense et gris, à l’image d’un ciel – d’un Ciel – inconstant. Ses yeux, d’ailleurs, en suivaient le mouvement.

Une autre chose troublait Ciel. Astyh présentait une attitude désinvolte, plutôt sereine, voire légère, qui le dépassait. Elle disait « avant que je tombe en morceaux » avec une telle aisance que Ciel en était profondément frappé. Il ne savait même pas quoi répondre. Il fut seulement quelque peu apaisé par sa mention des couchers de soleil, car lui-même était un grand amoureux des couchers de soleil. Ce qui expliquait le nom de son chenard.

Cette désinvolture tranquille, qui avait même quelque chose de charmant – chacun aura compris que Ciel était de plus en plus charmé par Astyh –, induisit une docilité tout aussi tranquille chez le Petit Prince. Il acquiesça lentement lorsque la poupée lui proposa de jouer.
Cela étant, la tentation était trop grande pour qu’il ne révélât pas l’un de ses  jeux favoris.

— Mon jeu n’est pas compliqué et ne demande pas de gros effort physique. En revanche, il faut déployer toute la force de son esprit.

Plus énergique, Ciel alla chercher deux chaises en velours de bouton de tournesol et les plaça face à la fenêtre. Il continuait de jeter un œil au paquet qu’Astyh avait déposé mais, par respect et bienséance, il n’osait pas s’en approcher malgré sa curiosité démangeante. Il incita la poupée à s’asseoir sur la chaise de gauche tandis que lui-même prenait place sur celle de droite. Tous deux contemplèrent, immobiles, le soleil, levant cette fois. Peter Pan devait certainement émerger du sommeil et l’île se remettait en marche. Ils ressemblaient, en cet instant, tous deux à des poupées.

—Voici en quoi consiste mon jeu, dit Ciel tout bas, pour ne pas brusquer l’aurore. il s’agit de projeter notre corps par notre esprit dans un endroit du ciel. C’est très difficile au début, mais avec la pratique cela devient naturel. Par exemple, moi-même je m’imagine en cet instant au-dessus de ce nuage, celui qui ressemble à une tortue. J’imagine que je glisse sur son dos comme sur un toboggan. J’ai des ailes brillantes et puissantes qui me permettent de tourbillonner, de bondir sans élan et de voler où bon me semble.

Il laissa son esprit déambuler au gré de son imagination, ses yeux présentement très pâles rivés sur les teintes d’aquarelle qui emplissaient l’horizon.

—C’est là mon jeu préféré, je ne sais pas s’il vous plaira. Peut-être que vous entendiez un jeu plus distrayant. Nous ne sommes pas obligés de… de le poursuivre.

Il fit doucement pivoter sa tête vers elle.

— Dans ce jeu, on peut être et faire ce que l’on veut tout en restant assis. C’est pour cela que je le trouve magique. Je ne sais pas si les poupées peuvent le faire, mais je crois que c’est  à la portée de tous les êtres puisque moi-même, pour une fée, ne suis point très doué sur les choses de magie.  

Il se pencha et, d’un air un peu plus malicieux, ajouta encore plus bas :

—N’est-ce pas la plus grande des magies que celle qui ne requiert aucun pouvoir ?

Ses yeux bleus fixaient les yeux gris.

—Alors, dites-moi. Que voyez-vous.

Son regard passa très rapidement sur le dos égratigné d’Astyh, qui lui donnait un aspect encore plus fragile. Sa gorge se contracta, mais il ne dit rien et détourna vite les yeux. Une esquisse d’idée avait germé en lui, mais il n’osa la formuler tant qu’il n’était pas sûr d’avoir l’audace de la réaliser.

Décidément, cette rencontre était entourée de mystères, que personne n'était pressé d'élucider…



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Ciel murmure en darkkhaki.

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MessageSujet: Re: Les poupées sont des fées sans ailes.    Sam 24 Oct 2015 - 20:06

Il y avait soudain dans la pièce baignée par l’astre s’éveillant, une nouvelle couleur qui teinta de feu et de rose crémeux tout ce qui se trouvait à portée des rayons tièdes. Le bleu serein de la nuit faisait lentement place à la clarté céleste de l’aurore qui éclorait comme un bouton parme, charmante et délicate comme l’étaient les deux étranges petits êtres que rien ne semblaient vouloir déranger dans leur échange à mi-voix.

             Astyh avait déjà oubliée la douleur de son dos, déjà fait un trait sur ses inquiétudes, déjà perdue de vue son état de petit jouet aussi immortel que fragile. Pour l’heure, elle profitait dans toute la simplicité des choses, de l’instant figé dans l’éternité du lever de l’aurore sur leurs visages tournés vers le ciel. La petite créature que la vie refusait et dont l’esprit tortueux emmêlait ses fils dans l’inextricable labyrinthe assurant sa survie, souriait comme un petit enfant, battait des mains et s’extasiait comme à son habitude, devant ce qu’elle ne connaissait pas. Elle était charmée ! Charmée par le palais, charmée par le présent qui lui avait été fait, charmée par des sensations d’excitation sans cesse différentes et plus que tout…charmée par cet étrange fé qui semblait sortir droit d’un rêve, et dont le cœur semblait torturé de la plus poétique, la plus triste et la plus délicate façon.
              Lorsque l’héritier au visage hyalin lui présenta son jeu comme un art nécessitant un déploiement important de son esprit, elle eut un rire amusé, presque tendre, tout en se laissant guider de bon gré jusque devant la chaise qui faisait face au dehors :

« Vous demandez de l’esprit à une créature qui n’est douée que de sa froide coquille ? Vous êtes charmant de me prêter pareil atout, j’ose espérer pouvoir me prêter à l’exercice avec autant d’habilité que vous. »

               Patiemment, elle écouta les explications de Ciel, notant avec soin chaque petite information et admirant avec une sincérité non feinte, l’exemple qu’il lui apportait… Voler au-dessus des nuages sans magie aucune ? Posséder des ailes que l’on n’a pas ? L’exquise idée ! Tournant à son tour son visage sans âge vers le petit prince, elle le rassurant en secouant à peine la tête, chassant les mèches dorées par la lumière qui barrait son front baigné de rose :

« Mais poursuivons au contraire, Ciel. – sa voix se fit plus douce encore, et empreinte d’un sérieux certain – Dans ce monde, il n’y a rien qui soit réellement impossible, sommes-nous bien d’accord ? Que nous soyons tous deux assis, debout, dans le ciel ou sous les racines de la terre, nous avons le droit de faire ce qu’il nous plaît. La magie est une chose belle qui vous est permit autant à vous qu’à moi, alors ne dites pas manquer de talent. N’êtes-vous pas né d’un rire, aussi ténu soit-il ? S’il ne m’est pas possible de projeter le peu d’esprit que je possède dans ces belles hauteurs célestes, je trouverais tout aussi charmant d’être simplement à vos côtés, dans cette chambre, aussi loin du ciel fut-elle. »

           Elle se redressa alors et ferma les yeux, sa face de porcelaine tournée vers l’œuvre du Roi tout entière. Que voyait-elle… que pouvait-elle voire…Projeter son esprit, s’imaginer toute entière ailleurs, là où l’on ne pouvait l’atteindre, là où elle serait éternelle à tout jamais… Elle murmura dans un souffle :

« Je vois un arbre doré aux feuilles de pétales, dont la caresse est aussi légère que la plus fine étoffe qui soit… Ses branches ploient en silence et sa ramure est aussi douce que la peau tiède d’un enfant. Son écorce est d’un bois tendre où je puis danser, où je puis me reposer sans craindre tout ce qui gronde à ses pieds majestueux. Ho je souhaiterais bien voler également…voilà que deux ailes me poussent…elles sont semblables à celles d’un papillon il me semble…Elles pèsent contre mon dos—Ha ! »

L’enchantée ouvrit brusquement les yeux en fronçant du nez, partagée entre le dépit et l’incompréhension…

*Comme c’est étrange…je n’arrive pas à m’envoler…-elle eut un sourire un peu déçu- Après tout c’est bien naturel, je ne suis pas une fée ! Je ne dois avoir le droit de voler en aucune façon, comme cela est dommage. Mais comme le jeu est plaisant !*

Son regard translucide se porta sur le petit prince qui semblait plongé dans une rêverie n’appartenant qu’à lui, et s’abstint bien de l’en tirer tant il était adorable ainsi baigné dans l’irréelle clarté qui brodait de l’or sur les fenêtres ouvertes. Il semblait si fait comme elle, ainsi immobile et veiné d’orange, qu’elle s’en émut en lui trouvant cette fragilité magnifique et terrible qui faisait chaque jour de sa vie. Sans émettre le moindre bruit, à pas de velours, elle se leva doucement pour aller prendre le paquet qu’elle avait amené plus tôt, en tirant son contenu.
Sans faire plus de bruit, elle glissa comme un petit esprit auprès du fé et déposa l’objet sur ses genoux, si légèrement qu’il dut à peine le sentir ; c’était une bien maigre chose, presque laide en comparaison des trésors du palais, cette écharpe argentée de fils d’araignée, brodée de rosée qu’elle s’était amusée à confectionner. Après tout, il lui était toujours plaisant d’offrir quelque chose aux gens qu’elle rencontrait. Puis, retournant son sa chaise, elle murmura à mi-voix tant pour le prince que pour elle-même :

« Je vous sens inquiet, comme je vous comprends… cette fragilité vous est-elle désagréable ? La trouvez-vous affreuse ? Chaque créature possède ses propres faiblesses, chacune craint ce que l’autre a, désire ce qui lui est interdit, possède ce que souhaite un autre et hais ce qui lui échappe… Ciel… »

Le temps s’arrêta une seconde, figé dans une glue d’éternité. L’insensée se releva une seconde fois et se plaçant devant l’étrange héritier qu’elle se sentait aimer de plus en plus, de l’amour et de l’affection que peuvent offrir les jouets, lui prit les mains comme pour le tirer de son songe :

« Vous ne pouvez pas voler…n’est-ce pas ? »

A cet instant précis, la poupée découpée dans la lumière décida une chose.
Elle lui montrerait à son tour, la beauté de son propre univers.





Si vous parlez « fragilité »
Elle dira « je suis éternelle »,
SI vous parlez « poupée brisée »
Elle dira « ma vie fut bien belle ».
Si vous parlez « creuse à pleurer »,
Elle dira « qui vient s’en soucier ? »
SI vous parlez « laideur infâme »
Elle dira « oui, c’est là mon drame. »
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MessageSujet: Re: Les poupées sont des fées sans ailes.    

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